Relations bilatérales

Partager

Relations politiques

Les relations entre Paris et Banjul ont connu un essor inédit depuis l’avènement de la démocratie en Gambie. L’élection d’Adama BARROW, en début d’année 2017, a mis fin aux plus de 20 ans de dictature de Yaya JAMMEH. La France a accompagné et soutenu cette transition, en reconnaissant très tôt le nouveau président élu et en ouvrant une antenne diplomatique dès 2017.

Lors de la conférence des bailleurs de la Gambie (Bruxelles, mai 2018), la France a annoncé un soutien au Plan national de développement gambien (PND) à hauteur de 50 millions EUR sur la période 2018-2021. La France est ainsi devenue le premier partenaire bilatéral de la Gambie. Cette aide a fait l’objet d’un Memorandum of understanding, signé par le ministre, lors de sa visite à Banjul en novembre 2018. Elle est composée d’un soutien budgétaire (5 millions EUR) et de deux projets AFD dans les secteurs de l’eau (20 millions EUR en appui à l’entreprise nationale) et dans l’agriculture (5 millions EUR). Les 20 millions EUR restant pourront venir appuyer de nouveaux projets.

La Gambie, qui cherche à confirmer le succès de sa transition démocratique (mise en place d’une forme de justice transitionnelle au travers d’une Commission vérité, réconciliation et réparation), fait cependant face à de nombreuses faiblesses.

L’économie, tout d’abord, reste fragile. La dette héritée du régime de Yahya Jammeh représente encore 130 % du PIB. Par ailleurs, les entreprises françaises sont peu implantées en Gambie, malgré les perspectives offertes par le développement des infrastructures et le renforcement du secteur touristique.

Enfin, la situation politique reste tendue. Le Président s’est ainsi séparé récemment de son vice-président Ousainou Darboe, afin d’avoir les coudées franches et de ne plus être concurrencé par cette figure historique de l’opposition à Yahya Jammeh.

Présence française

Ambassade de France au Sénégal et en Gambie
Un chargé d’affaire pour la Gambie a été nommé à Banjul en novembre 2017
Une Alliance française à Banjul
Communauté française : 139 inscrits (2017), un consul honoraire

Visites

  • Visite à Paris de M. Mamadou Tangara, ministre des Affaires étrangères gambien, en mars 2019
  • Visite de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, à Banjul, le 5 novembre 2018
  • Entretien de M. Darboe, ministre des Affaires étrangères, et de M. Sanneh, Ministre de l’économie et des Finances, avec M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, le 24 mai 2018
  • Entretien de M. Tambadou, ministre de la Justice de Gambie, avec M. Jean-Baptiste Lemoyne (8 septembre 2017)
  • Entretien d’Ahmad Fatty, ministre de l’Intérieur de Gambie, avec Matthias Fekl, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger, le 24 mars 2017
  • Visite officielle en France d’Adama Barrow, du 14 au 16 mars 2017
  • Le président Barrow a participé au sommet de Bamako pour le partenariat, la paix et l’émergence, les 13 et 14 janvier 2017, où il a notamment rencontré le président François Hollande
Ambassadeur de France en Gambie (basé à Dakar) : Philippe LALLIOT
Chargé d’affaires français à Banjul : Joël GODEAU


Ambassadeur de Gambie en France : Ebrima Ousman CAMARA

Relations économiques

Les relations commerciales entre la Gambie et la France demeurent modestes. La France est le 13e fournisseur du pays et son 15e client. Les importations françaises sont constituées exclusivement de produits agroalimentaires (arachide et produits dérivés), tandis que les exportations concernent principalement des biens d’équipement et des biens intermédiaires.

En 2019, les exportations françaises en Gambie s’élèvent à 17,6 millions EUR en 2019, en hausse de 124 % par rapport à 2018. Alors qu’elles étaient nulles en 2018, nos exportations de céréales (hors riz), légumineuses et oléagineux atteignent 7,2 millions EUR en 2019, soit 41 % des exportations totales françaises vers la Gambie.

Les entreprises françaises sont peu présentes en Gambie. Total dispose d’un réseau de stations-services. Castel a repris en 2009 une unité de production de bière et de boissons non alcoolisées. CFAO conserve une concession automobile. CMA CGM et AGS sont présents dans les transports et la logistique, Eiffage dans les travaux publics, Bolloré dans la logistique. Le secteur électrique notamment les ENR (solaire, éolien) et le traitement de l’eau pourraient représenter de nombreuses opportunités. Une délégation d’entrepreneurs basés à Dakar s’est rendue à Banjul les 15 et 16 mai 2017.

Lors du comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) du 8 février 2018, présidé par le Premier ministre, la Gambie a été ajoutée à la liste des 19 pays prioritaires de l’aide au développement française. L’AFD soutient déjà l’Organisation de mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG), et peut intervenir en Gambie en prêt non souverain via sa filiale PROPARCO. L’ajout de la Gambie sur la liste des pays prioritaires lui ouvre de nouvelles perspectives d’intervention sous forme de subvention projet. La France est le premier bailleur bilatéral du pays avec une annonce de 50 millions EUR d’aide en mai 2018, tous instruments confondus.

Coopération culturelle, scientifique et technique

La coopération culturelle franco-gambienne a pour objectif principal de promouvoir le bilinguisme en Gambie dans une perspective d’intégration régionale. En effet, si la langue officielle de la Gambie est l’anglais, le français y tient une place importante compte tenu de la situation géopolitique de ce pays. Le bilinguisme anglais-français étant perçu comme facteur de développement économique, les autorités gambiennes en ont fait un objectif de leur politique d’éducation.

L’école française de Banjul compte une centaine d’élèves dont une vingtaine de Français. Seul « centre culturel » étranger en Gambie, l’Alliance française de Banjul constitue le pilier de notre action culturelle dans le pays. Fondée en 1949, elle dispose d’une bibliothèque de plus de 3000 ouvrages, d’une médiathèque et d’un centre de ressources pédagogiques mis gratuitement à la disposition des enseignants de français. La coopération linguistique et éducative pourrait reprendre à partir de cette année, notamment dans le domaine de la formation au français.

Afin d’accompagner les réformes en cours en Gambie, un séminaire portant sur la « justice transitionnelle » a été organisé en octobre 2017. Des rencontres culturelles sur ce thème ont été organisées en avril 2018.

Autres types de coopérations

La France, depuis 2012, n’avait plus de coopération de sécurité et de défense avec la Gambie. Pour tenir compte du dénouement positif de la crise électorale, elle s’est mise en mesure, dès 2017, d’initier de nouvelles actions, notamment en matière de formation de militaires gambiens. Plusieurs projets ont été lancés : appui à la réforme du secteur de la sécurité, consolidation de l’Etat de droit, formation linguistique.

Mise à jour : 22.02.21

Informations complémentaires