Déclaration des ministres des Affaires Étrangères du G7 (Münster, 4 novembre 2022)

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1. Préambule

Nous, ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni, et haut Représentant de l’Union européenne, soulignons notre volonté inébranlable de demeurer unis et notre attachement indéfectible à l’ordre international fondé sur des règles de droit afin de protéger les droits de tous, notamment des personnes les plus vulnérables.

Tous les États membres des Nations unies doivent s’abstenir, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre la souveraineté et l’intégrité territoriale d’un État, quel qu’il soit, conformément à la Charte des Nations unies. Toute violation des principes fondamentaux juridiquement contraignants et agréés par tous, tels que la coopération pacifique, la souveraineté, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et l’intégrité territoriale, est inacceptable. Nous sommes fermement déterminés à demander des comptes aux auteurs de violations flagrantes de ces principes fondamentaux du droit international.

2. La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine

Nous appelons une nouvelle fois la Russie à cesser immédiatement sa guerre d’agression contre l’Ukraine et à retirer toutes ses forces et ses équipements militaires. Nous condamnons, avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, la récente escalade russe, notamment les attaques menées par la Russie contre des civils et des infrastructures civiles dans l’ensemble de l’Ukraine, visant en particulier les installations en énergie et en eau, à l’aide de missiles et de drones et formateurs iraniens. Avec ces attaques, la Russie cherche à terroriser la population civile. Les attaques indiscriminées contre des populations et des infrastructures civiles constituent des crimes de guerre. Nous réaffirmons notre détermination à ce que les auteurs de ces crimes et de crimes contre l’humanité rendent pleinement compte de leurs actes. Nous condamnons également la violation de l’espace aérien moldave.

La rhétorique nucléaire irresponsable de la Russie est inacceptable. Tout emploi d’armes chimiques, biologiques ou nucléaires par la Russie aurait de graves conséquences. Nous rejetons aussi les fausses allégations russes, selon lesquelles l’Ukraine préparerait une bombe « sale » radiologique. Les inspections menées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont confirmé que ces allégations sont sans fondement et nous félicitons l’Ukraine pour sa transparence.

Nous condamnons également la poursuite par la Russie de l’occupation et de la militarisation de la centrale nucléaire de Zaporijjia, l’enlèvement de membres du personnel ukrainien et les mauvais traitements qui ont été signalés, ainsi que la déstabilisation intentionnelle de son fonctionnement. Nous soutenons les efforts menés par l’AIEA pour mettre en place une zone de protection pour la sûreté et la sécurité nucléaires.

Nous continuerons à imposer des coûts économiques à la Russie et à d’autres pays, personne ou entité apportant un soutien militaire à la guerre d’agression menée par la Russie, comme plusieurs d’entre nous l’avons déjà fait s’agissant de la fourniture par l’Iran de drones à la Russie.

Nous réitérons nos appels aux autorités biélorusses pour qu’elles cessent de faciliter la guerre d’agression menée par la Russie, notamment en autorisant les forces armées russes à utiliser leur territoire pour lancer des missiles contre l’Ukraine. Si les autorités biélorusses s’engagent de manière plus directe dans la guerre menée par la Russie, le G7 imposera au régime de ce pays des coûts supplémentaires écrasants.

Nous réaffirmons notre détermination sans faille à continuer d’apporter le soutien financier, humanitaire, politique, technique, juridique et en matière de défense dont l’Ukraine a besoin pour atténuer les souffrances de sa population et défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale dans ses frontières internationalement reconnues. Nous saluons le courage et la résilience du peuple ukrainien face à l’agression russe qui ne fait suite à aucune provocation et nous sommes déterminés à aider l’Ukraine à faire face à ses besoins en préparation de l’hiver.

Nous créons aujourd’hui un mécanisme de coordination du G7 pour aider l’Ukraine à réparer, remettre en état et défendre ses infrastructures essentielles d’énergie et d’eau. Nous nous félicitons de la conférence internationale du 13 décembre prochain à Paris visant à soutenir la résilience civile de l’Ukraine, organisée conjointement par la France et l’Ukraine. Nous nous félicitons des résultats de la conférence internationale d’experts qui s’est tenue à Berlin le 25 octobre dernier et nous soulignons notre volonté de contribuer à la reconstruction, à la relance et à la modernisation de l’Ukraine. Nous nous tiendrons résolument aux côtés de l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra.

Nous réaffirmons notre soutien à la liberté de la presse et à l’accès à des informations fiables partout dans le monde. Nous continuerons à contrer la désinformation menée par la Russie, notamment ses fausses allégations concernant les armes biologiques. Nous renforçons les capacités du mécanisme de réaction rapide du G7 pour mener une réponse concertée.

Rappelant la déclaration des chefs d’État et de gouvernement du G7 du 11 octobre dernier, nous saluons la disposition du Président Zelensky à parvenir à une paix juste fondée sur le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Ukraine et son droit légitime à se défendre contre toute agression. Les appels de la Russie en faveur de négociations ne sont pas crédibles, lorsque dans le même temps cette dernière mène une escalade dans sa guerre, profère de nouvelles menaces et continue de propager sa désinformation.

3. Les conséquences mondiales de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine

La guerre d’agression menée par la Russie a engendré les crises énergétiques et alimentaires mondiales les plus graves de l’histoire récente. Nous condamnons les tentatives de la Russie d’utiliser les exportations énergétiques et alimentaires comme un outil de coercition géopolitique. Les crises qui en résultent frappent particulièrement durement les pays et les groupes vulnérables, en aggravant une situation déjà précaire du fait de la crise climatique, de la pandémie de COVID-19 et des autres conflits en cours. Nous continuerons à coordonner nos efforts au sein du G7 et au-delà pour contribuer à atténuer les répercussions de la guerre d’agression de la Russie sur la stabilité économique et la sécurité alimentaire, nutritionnelle et énergétique mondiales, en répondant aux besoins les plus pressants, comme en investissant à moyen et long terme dans des systèmes résilients.

Nous soutenons fermement l’appel du Secrétaire général des Nations unies à prolonger l’Initiative sur les céréales en mer Noire, qui a permis de faire baisser les prix des denrées alimentaires dans le monde. Nous demandons instamment à la Russie de suivre cet appel du Secrétaire général. Le G7 conduit également d’autres initiatives internationales essentielles, telles que l’Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire (GAFS) et les corridors de solidarité de l’UE. Nous intensifions aussi notre action pour veiller à ce que les plus vulnérables soient approvisionnés en engrais. Nous sommes déterminés à promouvoir partout dans le monde des systèmes alimentaires durables, résilients et solidaires, et nous demandons au G20 de soutenir ces efforts.

Nous continuons d’encourager les pays producteurs de pétrole à accroître leur production, ce qui permettra de réduire la volatilité sur les marchés de l’énergie. Nous achèverons la mise en œuvre du plafonnement du prix du pétrole russe acheminé par voie maritime dans les semaines à venir.

4. Enjeux globaux

Nous réaffirmons la nécessité de renforcer et de moderniser les Nations Unies afin d’accroître leur efficacité face aux défis mondiaux croissants, et nous exprimons notre soutien à l’approche du rapport du Secrétaire général des Nations Unies « Notre programme commun ».

Nous sommes déterminés à renforcer les efforts en matière de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération en faveur d’un monde plus sûr et plus stable. renforçons le contrôle des exportations, notamment grâce à des régimes internationaux de contrôle des exportations, portant sur les matériaux, les technologies et la recherche susceptibles d’être utilisés pour mettre au point des armes de destruction massive et leurs vecteurs. Dans ce contexte, nous soutenons l’entrée rapide de l’Inde dans le groupe des fournisseurs nucléaires.

Nous poursuivrons par ailleurs notre coopération et la coordination de nos efforts, dans le cadre du G7 et au-delà, notamment pour faire face aux défis en matière de sécurité économique, et nous résisterons aux actes de coercition économique.

Nous réaffirmons notre intention d’accroître la transparence de la dette et de trouver des solutions aux vulnérabilités liées à la dette, en particulier par l’obtention rapide de résultats grâce au Cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de l’Initiative de suspension du service de la dette.

Soulignant notre approche mondiale et géostratégique en matière de connectivité, nous réitérons notre engagement de mettre en œuvre le Partenariat du G7 pour les infrastructures mondiales et l’investissement, notamment l’objectif de mobiliser ensemble jusqu’à 600 milliards de dollars américains d’investissements publics et privés au cours des cinq prochaines années.

5. Iran

Nous, membres du G7, exprimons notre soutien à l’aspiration fondamentale du peuple iranien à un avenir dans lequel sa sécurité humaine et ses droits de l’Homme universels soient respectés et protégés. Nous condamnons la mort violente de la jeune Iranienne « Jina » Mahsa Amini après son arrestation par la « police des mœurs » iranienne. Par ailleurs, nous condamnons l’emploi brutal et disproportionné de la force contre des manifestants pacifiques et des enfants. Nous demandons instamment aux autorités iraniennes d’honorer leurs obligations internationales en vertu du droit international, et notamment du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Nous défendons le droit de tous les Iraniens à avoir accès à l’information, et nous déplorons le fait que le gouvernement iranien réduise l’espace civique et le journalisme indépendant, prenne pour cible les défenseurs des droits de l’Homme, notamment en interdisant l’accès à l’internet et aux réseaux sociaux. Nous demandons instamment aux autorités iraniennes de traiter les femmes sur un pied d’égalité, dans le respect des droits universels que leur accordent les conventions internationales pertinentes en matière de droits de l’Homme. Nous demandons également aux autorités iraniennes de libérer les prisonniers détenus injustement, en particulier les manifestants, les enfants, les journalistes et les défenseurs des droits de l’Homme arrêtés récemment, et de veiller à ce que les auteurs de violations des droits de l’Homme rendent des comptes. Nous continuerons à mettre en œuvre toutes les mesures diplomatiques à notre disposition pour demander des comptes aux autorités iraniennes. Nous demandons à l’Iran d’autoriser les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales des Nations unies en matière de droits de l’Homme à se rendre dans ce pays.

Nous condamnons fermement la détention arbitraire de citoyens étrangers ou binationaux pratiquée par l’Iran, et nous appelons l’Iran à mettre fin à la pratique inadmissible de ces détentions arbitraires visant à obtenir des bénéfices politiques.
Nous apportons notre soutien ferme aux efforts internationaux visant à demander des comptes à l’Iran pour l’abattage du vol PS752 qui a entrainé la mort de 176 civils innocents. Nous demandons à l’Iran de mettre en œuvre ses obligations internationales sans délai.

Nous condamnons fermement la poursuite par l’Iran de ses activités déstabilisatrices au Moyen-Orient et dans la région. Il s’agit en particulier des activités concernant les missiles balistiques et de croisière et les drones, ainsi que des transferts de ces armes sophistiquées à des acteurs étatiques et non étatiques. Cette prolifération est déstabilisante pour la région et aggrave des tensions déjà fortes. Nous demandons instamment à l’Iran de cesser de soutenir des acteurs étatiques comme non étatiques et des groupes supplétifs violents et de se conformer totalement à l’ensemble des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris la résolution 2231. Nous soutenons également les efforts déployés aux Nations unies afin que la Russie et l’Iran rendent des comptes pour leurs violations flagrantes de la résolution 2231 du Conseil de sécurité.

Nous réaffirmons notre détermination sans faille à faire en sorte que l’Iran ne puisse jamais développer une arme nucléaire. Les membres du G7 continueront de travailler ensemble et avec d’autres partenaires internationaux pour faire face à l’escalade nucléaire iranienne et à son manque de coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) concernant son accord de garanties dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Nous demeurons extrêmement préoccupés par le développement toujours aussi soutenu du programme nucléaire iranien, qui n’a pas de justification civile crédible. Nous appelons instamment l’Iran à changer de cap et à respecter ses obligations juridiques et ses engagements politiques en matière de non-prolifération nucléaire sans plus tarder. Nous notons qu’en dépit de nombreux mois de négociations intenses pour un retour au JCPoA, l’Iran n’a pas pris les décisions nécessaires.

6. République populaire démocratique de Corée (RPDC)

Nous, membres du G7, condamnons fermement les séries sans précédent de tirs illicites de missiles balistiques effectués par la RPDC en 2022, notamment de multiples missiles balistiques intercontinentaux, ainsi que le tir du 4 octobre 2022 d’un missile balistique à portée intermédiaire tiré de manière irresponsable au-dessus du Japon. Ces tirs démontrent les efforts constants déployés par la RPDC pour accroître ses capacités balistiques, et sont des violations flagrantes de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Nous renouvelons notre demande pressante que la RPDC renonce à ses armes nucléaires, à ses programmes nucléaires existants ainsi qu’aux autres armes de destruction massive et programmes balistiques d’une manière complète, vérifiable et irréversible conformément à toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Nous exhortons la RPDC à cesser immédiatement ses activités déstabilisatrices, à respecter pleinement l’ensemble des obligations juridiques découlant des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et à se conformer totalement au TNP ainsi qu’aux garanties de l’AIEA.

Tout essai nucléaire ou à tout autre acte irresponsable devra faire l’objet d’une réponse internationale rapide, unie et forte. Nous appelons tous les États à mettre en œuvre pleinement et efficacement l’ensemble des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et à surveiller attentivement, prévenir et sanctionner les activités visant à contourner les sanctions. Nous demandons instamment à la RPDC de cesser toute escalade et de s’engager véritablement sur la voie de la diplomatie quant à ses programmes nucléaires et balistiques illicites. Nous restons déterminés à travailler avec tous les partenaires concernés pour concrétiser l’objectif d’une paix durable dans la péninsule de Corée et à défendre l’ordre international fondé sur des règles de droit.

Nous saluons les travaux du Comité 1718 du Conseil de sécurité qui a approuvé rapidement toutes les demandes de dérogation aux sanctions pour apporter à la RPDC l’aide humanitaire en lien avec la COVID-19. Nous appelons la RPDC à permettre le rétablissement de l’accès des Nations Unies et de l’accès diplomatique, conformément aux réglementations appropriées et raisonnables en lien avec la COVID-19. Nous continuons de condamner les violations systématiques, généralisées et flagrantes des droits de l’Homme par la RPDC et nous appelons ce pays à coopérer avec tous les organes compétents des Nations Unies et à régler immédiatement le problème des enlèvements. Nous restons très inquiets au sujet de la situation humanitaire en RPDC, qui résulte du choix qu’elle a fait d’accorder la priorité à ses programmes illégaux d’armes de destruction massive et de missiles balistiques, aux dépens du bien-être de sa propre population.

7. Indopacifique

Nous, membres du G7, réaffirmons qu’il est important de préserver une région indopacifique libre et ouverte, inclusive et reposant sur l’état de droit, la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, les principes démocratiques, la transparence, l’intégrité territoriale et le règlement pacifique et ouvert des différends. Nous sommes déterminés à préserver et à promouvoir l’ordre international fondé sur des règles de droit, à améliorer la connectivité régionale, à renforcer le libre-échange et le commerce équitable ainsi que la résilience nationale, à soutenir une croissance économique solidaire ainsi que la sécurité sanitaire mondiale et à lutter contre les changements climatiques et la perte de biodiversité. Nous réaffirmons notre intention de travailler de concert avec les pays de la région ainsi que notre soutien au caractère unifié et central de l’ASEAN, et nous nous engageons à étudier les possibilités concrètes de coopérer conformément à la Vision de l’ASEAN pour la région indopacifique.

8. Mer de Chine orientale et mer de Chine méridionale

Nous demeurons fortement préoccupés par la situation en mer de Chine orientale et en mer de Chine méridionale ainsi que dans la région. Nous sommes fermement opposés à toute action qui accroisse les tensions et mette en péril la stabilité régionale ainsi que l’ordre international fondé sur des règles de droit. Nous soulignons le caractère universel et unifié de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et nous réaffirmons que cette Convention joue un rôle important dans la définition du cadre juridique qui régit toutes les activités dans les océans et les mers. Nous considérons que la sentence rendue le 12 juillet 2016 par le tribunal arbitral est une étape importante juridiquement contraignante et une base utile pour régler pacifiquement les différends. Nous réaffirmons la nécessité de garantir le respect du principe du règlement pacifique des différends inscrit dans la Charte des Nations Unies.

9. Chine

Nous, membres du G7, nous efforçons d’entretenir une coopération constructive avec la Chine, lorsque cela est possible et dans notre intérêt, notamment s’agissant des enjeux mondiaux tels que la paix et la sécurité, la santé mondiale, les crises du climat et de la biodiversité et la préservation des ressources naturelles. Ces enjeux ne peuvent être traités avec succès que par la coopération dans le cadre de l’ordre international fondé sur des règles de droit.

Nous rappelons à la Chine la nécessité de respecter les principes de la Charte des Nations unies sur le règlement pacifique des différends et de s’abstenir de toute menace, contrainte, intimidation ou de tout emploi de la force. Nous nous opposons fermement aux modifications unilatérales du statu quo dans la région.

Nous réaffirmons l’importance de la paix et de la stabilité de part et d’autre du détroit de Taïwan et nous appelons de nos vœux un règlement pacifique des questions intéressant les deux rives du détroit. Il n’y a aucun changement dans les positions fondamentales des membres du G7 sur Taïwan, y compris concernant les politiques affichées d’une seule Chine.

Nous continuerons à faire part de nos inquiétudes à la Chine s’agissant de ses violations présumées des droits de l’Homme, notamment au Xinjiang et au Tibet. Nous réitérons nos préoccupations au sujet de l’érosion rapide des droits, des libertés et de l’autonomie de Hong Kong et nous demandons à la Chine d’agir conformément à ses engagements internationaux et à ses obligations juridiques.

Nous appelons également la Chine à traiter les diplomates étrangers conformément à ses obligations découlant de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et de la Convention de Vienne sur les relations consulaires.

10. Asie centrale

Nous, membres du G7, avons abordé les multiples enjeux auxquels font face les cinq pays d’Asie centrale, des conséquences économiques et géopolitiques de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine aux problèmes et différends en matière de sécurité régionale, en passant par les changements climatiques. Nous sommes déterminés à renforcer notre coopération avec les pays d’Asie centrale et à travailler avec leurs gouvernements et leurs populations sur le développement socioéconomique, le respect des droits de l’Homme, la mise en œuvre de réformes nationales et institutionnelles ainsi que la sécurité régionale. Nous œuvrerons également de concert pour promouvoir la connectivité, le transport et les liens commerciaux.

11. Afrique

Nous, membres du G7, soulignons l’importance géopolitique et stratégique du continent africain Une coopération étroite avec nos partenaires africains reste vitale. L’Afrique est particulièrement touchée par plusieurs crises mondiales telles que la crise climatique, la pandémie actuelle de COVID-19, l’insécurité alimentaire et la malnutrition, l’insécurité énergétique, les conséquences socioéconomiques de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, le recul de la démocratie et les fluctuations considérables de l’économie mondiale. Notre coopération avec l’Afrique et notre soutien à son égard s’appuient sur les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Accord de Paris, et sur les principes de la Charte des Nations unies. Nous continuerons à travailler avec nos partenaires africains pour bâtir des systèmes agroalimentaires et énergétiques résilients et durables, atténuer les changements climatiques et lutter contre la désinformation.

Nous demeurons déterminés à investir dans des infrastructures de qualité en Afrique reposant sur les Principes du G20 en matière d’investissements dans les infrastructures de qualité, ainsi que dans le cadre du Partenariat du G7 pour les infrastructures mondiales et l’investissement. Nous continuerons à appuyer les capacités régionales de fabrication de vaccins et d’autres produits médicaux essentiels soutenues par des marchés durables.

Nous sommes profondément préoccupés par la détérioration persistante de la situation au Sahel dans les domaines politique, humanitaire, y compris de l’accès humanitaire, et de la sécurité. Nous sommes consternés par les violations des droits de l’Homme commises contre des populations civiles, notamment celles perpétrées au Mali par des groupes terroristes et par les forces du groupe Wagner affilié à la Russie. Nous exigeons que les responsables de violations des droits de l’Homme rendent des comptes. Nous exprimons notre préoccupation au sujet de la présence grandissante de forces associées à la Russie au Mali et ailleurs sur le continent, et de leurs effets potentiellement déstabilisateurs. Nous appelons de nos vœux la préparation rapide d’élections libres et régulières ainsi que la mise en œuvre complète des chartes de transition au Mali, au Burkina Faso et en Guinée et nous réaffirmons notre soutien à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et à l’Union africaine à cet égard. Nous condamnons les violences commises contre des manifestants au Tchad et le non-respect par le gouvernement de transition des principes et des communiqués de l’Union africaine. Nous réaffirmons notre ferme détermination à soutenir les populations des pays du Sahel, notamment les jeunes, et nous soulignons qu’il importe d’œuvrer avec les populations et les gouvernements des États riverains du golfe de Guinée pour renforcer leur résilience face à la menace terroriste de manière globale.

Nous demeurons préoccupés au sujet de la paix et de la sécurité dans la Corne de l’Afrique et des besoins humanitaires pressants, notamment du fait de la famine en Somalie, les femmes et les filles étant touchées de manière disproportionnée. Nous travaillerons avec les pays, les institutions et la société civile de la région pour répondre à ces défis. Nous saluons l’annonce de l’accord conclu entre le gouvernement éthiopien et le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) grâce aux efforts de médiation de l’Union africaine, de l’Afrique du Sud et du Kenya pour résoudre le conflit dans le Nord de l’Éthiopie. Nous demandons instamment au gouvernement éthiopien et au FLPT de respecter et de mettre en œuvre cet engagement de manière pleine et entière. Les violations des droits de l’Homme, les atrocités et les exactions doivent cesser. Les auteurs de ces violations doivent répondre de leurs actes ; justice doit être rendue aux survivants et aux victimes.

Nous félicitons la Somalie de l’élection de son nouveau gouvernement et nous appelons de nos vœux une action internationale concertée pour soutenir les priorités de réforme du président Hassan Cheikh Mohamoud et sa lutte contre le mouvement des Chabab. Nous condamnons fermement l’attaque odieuse perpétrée par le mouvement des Chabab contre des civils le 29 octobre et nous présentons nos condoléances les plus sincères aux familles des victimes. Un an après le coup d’État militaire au Soudan, nous continuons d’enjoindre à l’armée de respecter son engagement de se retirer de la vie politique et nous renouvelons notre appel en faveur du retour d’un gouvernement dirigé par des civils soutenu largement par le peuple soudanais.

Nous sommes de plus en plus préoccupés par la poursuite de l’escalade de la violence et des conflits dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ainsi que par les tensions régionales dans la région des Grands Lacs. Nous exhortons le Mouvement du 23 mars à faire preuve de retenue et nous lui demandons de cesser son offensive actuelle. Nous saluons les mesures prises récemment en faveur d’une plus grande stabilité dans la région, notamment au moyen de négociations avec des groupes armés dans le cadre du Processus de paix de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de la RDC et de la médiation régionale de l’Angola. Nous invitons toutes les parties prenantes à participer de bonne foi à ces efforts et à agir conformément au droit international. Nous sommes convaincus que seule une large coopération multisectorielle et transfrontalière peut conduire à une stabilité durable dans la région.

12. Haïti

Nous exprimons notre vive préoccupation au sujet de la dégradation de la situation humanitaire en Haïti, en particulier du fait de la résurgence de l’épidémie de choléra et de l’aggravation de la crise alimentaire et énergétique. Nous condamnons la violence exercée par des groupes armés et par ceux qui les soutiennent. Ils terrorisent et prennent la population en otage. Nous réitérons notre engagement à soutenir tous les efforts visant à remédier rapidement à la crise humanitaire et sécuritaire. Nous appelons toutes les parties prenantes en Haïti à rétablir l’ordre et la sécurité et à permettre la livraison de l’aide nécessaire pour répondre aux besoins urgents de la population. Nous nous félicitons de l’adoption d’un régime de sanctions par le Conseil de sécurité des Nations unies le 21 octobre. Nous réitérons l’importance de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres et régulières.

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