Présentation de l’Estonie

Données générales

ESTONIE {JPEG}

Nom officiel : République d’Estonie
Nature du régime : République parlementaire
Président de la République : Mme Kersti Kaljulaid (10 octobre 2016)
Premier ministre : M. Jüri Ratas (23 novembre 2016)

Données géographiques

Superficie : 45 339 km²
Capitale : Tallinn
Villes principales : Tartu, Narva, Kohtla-Järve, Pärnu
Langue(s) courante(s) : estonien (langue officielle), russe
Monnaie : euro (depuis le 1er janvier 2011)
Fête nationale : 24 février (indépendance de 1918)

Données démographiques

(sources : Eurostat, Banque mondiale, PNUD)
Population (2018) : 1 319 133
Densité : 29 hab/km²
Croissance démographique (2017) : 0,0 %
Espérance de vie (2017) : 73 ans pour les hommes, 82 ans pour les femmes
Taux d’alphabétisation (2016) : 99,9 %
Religion(s) : Pas de religion officielle. Protestantisme luthérien, orthodoxie russe
Indice de développement humain (2017) : 0,871 (30e rang en 2016)

Données économiques

(sources : Eurostat, Trésor, BIT)

PIB (2018, en prix courants) : 25,6 milliards €
PIB par habitant (2018, aux prix du marché) : 15 100 €
Croissance (2018) : 3,9 %
Chômage (au sens du BIT) (2018) : 5,4 %
Inflation (2018) : 3,4 %
Solde budgétaire (2018) : -142 millions € (-0,6 % du PIB)
Balance commerciale (2018) : -1,7 milliard € (6,6 % du PIB)
Principaux clients (2017) : Suède (17 %), Finlande (14,5 %), Russie (9,7 %)
Principaux fournisseurs : Finlande (10 %), Russie (9,8 %), Allemagne (9,7 %)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2017) :

  • agriculture : 2,5 %
  • industrie : 23,5 %
  • services : 74 %

Exportations de la France vers l’Estonie (2018) : 332,2 millions €
Importations de la France depuis l’Estonie (2018) : 351,2 millions €
(Douanes françaises)

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://ee.ambafrance.org/
Communauté française (2017) : 300 Français immatriculés
Communauté estonienne en France (2017) : 686 Estoniens immatriculés

Éléments d’actualité

Apparu sur la scène internationale en 1918, l’État estonien a été envahi par l’Union soviétique en 1940, par l’Allemagne nazie en juin 1941 et de nouveau par l’Union soviétique à partir de 1944. En 1991, l’Estonie a restauré son indépendance.

Politique intérieure

Kersti Kaljulaid a été élue le 3 octobre 2016 à la présidence de la République estonienne. Première femme à occuper ce poste, K. Kaljulaid, âgée de 49 ans, a travaillé de 2004 à 2016 à la Cour des comptes européenne. Très populaire en Estonie, conservatrice en économie et libérale en matière sociale (migrations, questions LGBT), elle réaffirme régulièrement les engagements européens de son pays.

En novembre 2016, l’élection d’un nouveau chef de file pour le parti du Centre (soutenu par les russophones, qui représentent 25 % de la population dont 80 000 non-citoyens), Jüri Ratas, au profil moins proche du Kremlin et moins controversé que son prédécesseur, a également contribué au renouvellement de la scène politique estonienne. À la tête d’une large coalition rassemblant, à parité, le parti du Centre, les conservateurs (IRL, renommé ensuite Isamaa) et les sociaux-démocrates (SDE), ce gouvernement a procédé à plusieurs réformes sociales (fiscalité, politique familiale, hausse des droits d’accise, lutte contre l’alcoolisme, politique de grands travaux). Les orientations de la politique européenne et étrangère n’ont pas été modifiées.

Les élections législatives du 3 mars 2019 ne se sont toutefois pas traduites par un plébiscite pour le parti du Centre, arrivé 2e avec 23 % des suffrages (26 sièges). Le Parti de la réforme (centre droite) est arrivé en tête (28,8 % des suffrages, 34 sièges), tandis que le Parti populaire conservateur d’Estonie (EKRE, extrême-droite) a effectué une percée significative (17,8 % des voix, 19 sièges). Après une tentative avortée de négociations initiée par le Parti de la réforme en vue de former un gouvernement avec le parti du Centre, celui-ci a formé une coalition tripartite avec EKRE et Isamaa (11,4 % des voix, 12 sièges).

La Constitution de 1992 a instauré une démocratie parlementaire. Le Parlement monocaméral (101 membres) est élu pour quatre ans au scrutin proportionnel. Le président de la République est élu par les députés pour un mandat de cinq ans. Il propose la nomination du Premier ministre au Parlement.

Situation économique

Après deux années d’une récession très profonde, l’Estonie a retrouvé en 2010 le chemin d’une croissance robuste et assainie. Cette tendance s’est poursuivie depuis, notamment en 2017, et l’investissement a pris le relais de la consommation des ménages comme principal moteur de cette croissance. Les finances publiques sont exemplaires et le gouvernement Ratas I, même s’il s’était engagé sur une légère inflexion sociale (réforme fiscale visant à relever le seuil d’imposition notamment), n’entendait pas déroger à sa traditionnelle orthodoxie en la matière (léger déficit budgétaire en 2018 et dette équivalente à 8,4 % du PIB). Le taux de chômage a décru au cours des dernières années, s’établissant à 5,4 % en 2018. L’inadéquation croissante entre offre d’emploi et offre de travail, sur fond de baisse constante de la population et d’émigration persistante, apparaît néanmoins comme un problème saillant.

Le numérique est devenu un réel levier de croissance en Estonie (les nouvelles technologies de l’information ont contribué à la création de 6,8 % du PIB en 2016), facilitant les procédures administratives (99 % des démarches administratives se font en ligne, signature électronique, possibilité de création d’entreprise en quelques heures), et attractif pour des investisseurs étrangers : en 2014, l’Estonie a été le premier pays au monde à créer une « e-résidence », qui donne à des ressortissants de pays tiers accès à certains des services en ligne proposés par l’État estonien à ses citoyens (création d’entreprises, opérations bancaires, signature numérique sécurisée, etc.). En mai 2019, on comptait déjà plus de 50 000 « e-Estoniens », issus de 165 pays différents.

Riche en schiste bitumineux, l’Estonie tire de cette ressource une grande partie de sa production énergétique (plus de 80 % de l’électricité produite). Cette filière est toutefois menacée par l’obsolescence des installations que l’Estonie a commencé à moderniser en investissant dans des équipements plus performants en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Elle développe par ailleurs la filière des énergies renouvelables (environ 15 % de la production électrique et objectif de contribuer à 25 % de la consommation finale d’énergie du pays d’ici 2020), notamment la biomasse (bois) et l’éolien. Encore totalement dépendante des approvisionnements en hydrocarbures russes, l’Estonie a entrepris de réduire la part du gaz dans sa consommation (chauffage à partir de cogénération et d’incinération de déchets), et de diversifier ses approvisionnements (installation du gazoduc Baltic Connector qui doit la relier à la Finlande début 2020). Elle est en outre désormais reliée à la Finlande par deux câbles électriques (Estlink 1 et 2) et s’inscrit dans les projets de synchronisation des réseaux électriques balte et polonais avec le système européen continental soutenus par l’Union européenne.

Dans le domaine des transports, l’Estonie, avec ses voisins baltes, prévoit de créer une liaison ferroviaire reliant Tallinn à la frontière polonaise, en passant par Riga et Kaunas. Rail Baltic est inscrit comme projet prioritaire du réseau transeuropéen de transport (TENT-T) et sera financé par l’Union européenne à hauteur de 85 %. Une connexion par tunnel sous-marin est envisagée à terme entre Tallinn et Helsinki.

L’Estonie a adhéré à l’OCDE en décembre 2010.

Politique européenne

L’Estonie est entrée dans l’Union européenne le 1er mai 2004, dans l’espace Schengen en décembre 2007 et dans la zone euro en janvier 2011. Elle a assuré la présidence du Conseil de l’Union européenne au second semestre 2017, avec quatre priorités : ouverture et innovation économiques, sûreté et sécurité, marché numérique et circulation des données, Europe inclusive et durable.

Présence dans les institutions européennes : Andrus Ansip, Premier ministre de 2005 à 2014, est vice-président de la Commission européenne et Commissaire chargé du marché unique numérique. L’Estonie dispose de 6 députés au Parlement européen.

Brexit : L’Estonie regrette le Brexit, tout en respectant la décision britannique. Elle souhaite le maintien de liens aussi étroits que possible entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni.

Avenir de l’UE : L’Estonie souhaite éviter toute division entre l’Est et l’Ouest du continent et voudrait que l’Union se mobilise sur un « agenda positif », porteur de projets allant dans le sens d’une plus grande unité et cohésion. Elle n’est pas opposée à la mise en place d’une Europe différenciée, dans le cadre d’une approche transparente et inclusive.

Défense européenne : L’Estonie participe à certaines opérations extérieures de la PSDC (Mali, République centrafricaine, Irak), qu’elle souhaite voir évoluer en complémentarité avec l’OTAN. Elle participe à la Coopération structurée permanente et contribue aux travaux en cours dans le cadre de l’initiative européenne d’intervention (IEI).

Réfugiés : Conformément aux décisions du Conseil JAI de septembre 2015, l’Estonie s’est engagée à accueillir 20 personnes dans le cadre des réinstallations (engagement tenu mi-avril 2017) et 329 dans le cadre des relocalisations en provenance d’Italie et de Grèce (147 accueillies en octobre 2018).

Politique régionale : Pour la période 2014-2020, l’Estonie bénéficie de 4,4 Mds € de fonds européens (3 387 € par habitant).

Climat : L’Estonie a ratifié l’accord de Paris le 4 novembre 2016.

Politique étrangère

Russie : L’Estonie perçoit la Russie comme une menace, notamment au regard de la présence d’une forte minorité russophone. L’influence russe en Estonie reste significative, en particulier dans les milieux d’affaires en raison des interdépendances économiques et du fait des actions de communication stratégique développées par Moscou. La Présidente estonienne a rencontré son homologue russe, V. Poutine, à Moscou en avril 2019, au cours de la première visite d’un chef de l’État estonien en Russie depuis 2011.

Ukraine : Inquiètes de la déstabilisation russe et attachées à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, les autorités estoniennes défendent une ligne ferme à l’égard de Moscou, mais continuent à travailler avec les Russes sur les questions d’intérêt commun. Elles soutiennent le maintien des sanctions tant que les accords de Minsk n’auront pas été intégralement mis en œuvre.

Partenariat oriental (PO) : L’Estonie soutient le PO et souhaite ouvrir une « perspective européenne » pour ces pays.

Relation transatlantique : Après une période d’incertitude liée à l’élection de D. Trump à la présidence des États-Unis, qui a fait douter Tallinn de la pérennité de la garantie de sécurité américaine, certains éléments rassurants dans le discours de l’administration Trump ont apaisé son inquiétude.

OTAN : L’Estonie fonde sa sécurité sur l’OTAN, dont elle est membre depuis mars 2004. Elle consacre 2,1 % de son PIB à la défense. En quête de mesures de réassurance face à une menace russe qu’elle juge croissante, elle se réjouit de la mission de « police du ciel » balte fournie depuis 2004 par rotation entre les Alliés, et du déploiement de troupes de l’OTAN, depuis 2017, dans le cadre de la présence avancée renforcée (eFP).

Mise à jour : 16.05.19

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