Présentation de l’Égypte

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Présentation du pays

ÉGYPTE {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République arabe d’Égypte
Chef de l’État : Abdel Fattah Al Sissi (depuis le 8 juin 2014)
Chef du gouvernement : Moustapha Madbouli

Données géographiques

Superficie : 1 002 000 km²
Capitale : Le Caire (22 millions d’habitants)
Villes principales : Alexandrie (4,1 millions d’habitants), Port-Saïd, Assiout, Louxor, Assouan
Langue officielle : arabe
Monnaie : Livre égyptienne (1 € ≈ 20 LE)
Fête nationale : 23 juillet (en commémoration de la révolution des officiers libres du 23 juillet 1952)

Données démographiques

Population (2019) : 100,4 M d’habitants en Égypte
Densité : 83 habitants/km² (95 % de la superficie de l’Égypte est désertique. La densité dans le delta et la Vallée du Nil est évaluée à 1 500 habitants/km²)
Croissance démographique (2018) : 2 % par an
Indice de fécondité (2018) : 3,3 enfants/femme
Espérance de vie (2018) : 71,8
Taux d’alphabétisation (2017) : 71 %
Religions : islam sunnite ; christianisme (environ 10 % de Coptes)
Indice de développement humain (2017) : 0,70 / 1

Éléments d’actualité

Politique intérieure

L’Égypte a été touchée par la vague des printemps arabes à partir du 25 janvier 2011. Le président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, a quitté ses fonctions le 11 février. Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a assuré le pouvoir par intérim. Les élections législatives, tenues entre novembre 2011 et janvier 2012, ont vu la victoire des candidats du Parti de la liberté et de la justice (PJD), aile politique des Frères musulmans. Cette victoire a été suivie par celle de Mohamed Morsi lors de l’élection présidentielle de mai-juin 2012. En juin 2013, Mohamed Morsi est destitué et remplacé par le ministre de la Défense Abdel Fattah al-Sissi.

Une nouvelle constitution a été adoptée par référendum, les 14 et 15 janvier 2014, avec un taux d’approbation de 98,1 % et un taux de participation de 38,6 %.

Lors du scrutin des 26 et 28 mai 2014, l’ancien ministre de la Défense, Abdel Fattah Al Sissi, a été élu président de la République avec 96,9 % des suffrages. La participation s’est élevée à 47,5 %. Des élections législatives se sont tenues en deux étapes entre le 17 octobre et le 2 décembre 2015. La coalition « Pour l’Amour de l’Égypte », qui regroupe des partis favorables au président Sissi, a remporté la totalité des 120 sièges pourvus au scrutin de liste.

Le 2 avril 2018, le président Sissi a été réélu pour un mandat de quatre ans, avec 97,1 % des suffrages exprimés et un taux de participation de 41,1 %. L’approbation par référendum (88,8 % des suffrages exprimés pour une participation de 44,3 %), en avril dernier, de la révision de la Constitution égyptienne, prolonge le mandat actuel du président jusqu’en 2024, et l’autorise à briguer un troisième mandat lors des élections présidentielles de 2024.

Au plan économique, la mise en œuvre des réformes engagées depuis l’automne 2016 se poursuit. Les mesures prises ont contribué à restaurer la crédibilité de l’Égypte sur les marchés financiers et à améliorer les fondamentaux de l’économie égyptienne (croissance, déficit, réserves de la banque centrale). Toutefois, sous l’effet du flottement de la livre égyptienne (qui a perdu 50 % de sa valeur face au dollar et à l’euro) et de la hausse des prix des carburants et de l’énergie, l’inflation s’est envolée et pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des Égyptiens.

La menace terroriste subsiste de manière diffuse sur le territoire égyptien. Plusieurs attaques ont frappé l’Égypte au cours des dernières années : attentat contre le consulat italien en juillet 2015 au Caire, attentat dans une église copte du Caire en décembre 2016 qui a fait 26 victimes, double-attentat en avril 2017 contre les églises de Saint-Georges (Tanta, delta du Nil) et Saint-Marc (centre d’Alexandrie) qui a fait 46 victimes, deux attentats contre un bus de pèlerins coptes à Minya en mai 2017 et en novembre 2018, attaque contre un bus à proximité des pyramides de Gizeh en décembre 2018. C’est à la suite de l’attentat du 24 novembre 2017 contre la mosquée al-Rawda dans le nord-Sinaï que l’Égypte a lancé, en février 2018, l’opération d’envergure « Sinaï 2018 », afin d’éradiquer la présence de groupes terroristes se revendiquant de l’Etat islamique.

Des défenseurs des droits de l’homme ont été arrêtés ces dernières années et certaines lois, portant notamment sur la lutte contre le terrorisme ou la régulation d’internet et des média, ont suscité la préoccupation de la communauté internationale, de même que des mesures récemment prises à l’encontre des homosexuels et des personnes LGBT.

Politique étrangère

Le retour de l’Égypte sur les scènes régionale et internationale constitue une des priorités du président Sissi, après les années de bouleversements internes qui ont contraint l’Égypte à un certain retrait.

L’Égypte fait de la lutte contre le terrorisme un axe majeur de sa politique étrangère.

Elle est, à cette égard, préoccupée par la situation en Libye, avec laquelle elle partage une frontière de 1 200 kilomètres, et qu’elle considère comme une menace potentielle à sa sécurité nationale.

L’Égypte joue traditionnellement un rôle essentiel dans le dossier israélo-palestinien : médiation dans la crise de Gaza à l’été 2014, rôle clef dans l’accord de réconciliation inter-palestinien du 12 octobre 2017, participation au groupe d’Amman (Egypte, Jordanie, Allemagne et France). Elle œuvre actuellement en faveur d’un accord de trêve durable entre le Hamas et Israël, et de la réconciliation inter-palestinienne entre le Fatah et le Hamas.

L’Égypte s’engage davantage dans la crise syrienne. Elle a notamment rejoint le Small Group en juillet 2018.

L’Égypte cherche, par ailleurs, à renforcer son rôle sur la scène africaine. Elle a pris la présidence annuelle de l’Union africaine en 2019. L’Égypte est particulièrement préoccupée par la construction en Éthiopie d’un grand barrage sur le Nil (« Barrage de la Renaissance ») qu’elle juge susceptible d’avoir un impact sur le débit du fleuve. Elle est diplomatiquement très active concernant la situation au Soudan, pays frontalier dont la stabilité est essentielle pour l’Égypte.

L’Égypte entretient une relation forte avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït, qui lui apportent leur soutien, notamment financier. L’Égypte appuie l’intervention militaire sous égide saoudienne au Yémen. À l’inverse, les relations avec la Turquie et le Qatar restent difficiles.

Avec les États-Unis, l’Égypte entretient une relation de proximité, étant historiquement le 2e bénéficiaire de l’aide américaine dans la région. Le président Sissi a accueilli avec enthousiasme l’élection du président Donald Trump et a effectué une visite d’État à Washington en avril 2017.

L’Égypte cherche à diversifier ses alliances, en se rapprochant de la Russie, avec laquelle la coopération en matière économique et militaire se renforce, mais également de la Chine, avec une relation économique croissante, et l’Union européenne, en particulier depuis la reprise du dialogue d’association à l’été 2017.

Situation économique

Le PIB de l’Egypte, le deuxième d’Afrique, était d’environ 303 mds $ en 2018/19. Il résulte d’une économie diversifiée, structurée autour des secteurs manufacturier (16%), immobilier et construction (16%), commerce de gros et de détail (14%), agricole, forestier & pêche (11%) et extractif (10%). Le secteur public occupe une place prépondérante dans l’économie, représentant 31% de l’activité et 56% des investissements (tout secteur public confondu). L’Armée est également un acteur économique important, y compris dans le domaine civil. Par ailleurs, l’inclusion du secteur informel, qui représenterait 50% de l’emploi total, augmenterait le PIB d’au moins 40%.

L’Egypte bénéficie traditionnellement des revenus de quatre rentes : les transferts de la diaspora (21 mds$ / an en moyenne depuis 2013/14), le tourisme (jusqu’à 12 mds$ par an avant la révolution de 2011, les revenus sont tombés à 3,8 mds$ en 2015/16 et ont significativement augmenté depuis pour atteindre 12,6 mds$ en 2018/19), les redevances d’utilisation du Canal de Suez (5,7 mds$ en 2018/19). A cela s’ajoute les ventes d’hydrocarbures (11,6 mds$ en 2018/19) et une balance énergétique redevenue excédentaire en 2018/19 (8 M$ d’excédent symbolique) après cinq années de déficit, qui représentent 41% des exportations.

A la suite de la modernisation de son économie au milieu des années 2000, l’Egypte a connu des taux de croissance record (7% entre 2005 et 2008). Toutefois, la crise financière de 2008 et l’instabilité politique depuis la chute du Président Moubarak en 2011 ont durablement affaibli l’économie.

La croissance économique est l’une des plus dynamiques de la région ANMO. Elle est néanmoins insuffisante pour compenser le poids des dépenses publiques qui se sont multipliées par 2,2 en 5 ans. Celles-ci se décomposent principalement en remboursement des intérêts de la dette (30% du total), en salaires et traitements des fonctionnaires (23%), et en dépenses sociales (22% du total). En 2018/19, seul 11% du budget a été consacré aux dépenses d’investissement. La croissance est également insuffisante pour absorber de façon inclusive les quelques 700 000 jeunes qui rejoignent chaque année le marché du travail et réduire de façon durable la pauvreté (32,5% des égyptiens vivaient sous le seuil de pauvreté en 2018 – fixé à 1,4$ par jour par les autorités - contre 27,5% en 2015).

En termes d’ouverture économique, l’Egypte souffre d’un déficit commercial structurel (38 mds$ en 2018/2019, 13% du PIB) en raison de la faiblesse de son appareil exportateur et d’une part conséquente d’importations incompressible (l’Egypte étant par exemple le 1er importateur de blé au monde, sa production manufacturière et industrielle dépend à 40% d’intrants importés). D’un point de vue conjoncturel, les exportations égyptiennes n’ont pas profité de la dépréciation massive de la devise nationale, car l’effet-prix a surtout impacté négativement les achats de biens intermédiaires importés. Et en tout état de cause, l’avantage change a été largement compensé par l’inflation qui en est résulté et le surenchérissement du coût des intrants.

La situation économique et financière de l’Egypte a été marquée ces dernières années par le programme d’ajustement macroéconomique déployé par les autorités sous l’égide du FMI, en échange d’une facilité de crédit de 12 Mds$ sur trois ans, et dont la dernière tranche vient d’être déboursée. Les effets du programme sur l’économie égyptienne peuvent être résumés ci-après :

  • Consolidation budgétaire : En quasi situation de défaut de paiement à l’été 2016, l’Egypte a procédé à un assainissement conséquent de ses finances publiques via des mesures de consolidation budgétaire comme la loi sur la réforme du service public, la mise en place de la TVA et le démantèlement progressif des subventions énergétiques avec une hausse par vague des tarifs régulés (électricité, eau, gaz, carburants et autres tarifs publics). Le déficit public a été ramené de 12,5% du PIB en 2015/16 à 8,4% du PIB en 2018/19 et un excédent primaire de 2% a été enregistré. La dette publique, détenue en majorité par les banques domestiques, qui avait constamment augmenté depuis 2008 (67% du PIB) pour atteindre 103,3% du PIB en juin 2017, diminue en valeur relative à 85,2% du PIB en juin 2019.
  • Redressement des comptes extérieurs : condition pour signer l’accord avec le FMI, la Banque Centrale a procédé le 3 novembre 2016 à la libéralisation totale du marché des changes. Celle-ci, qui a vu la livre se déprécier fortement avant de se stabiliser aux alentours de 17-18 LE/$ (contre 8,8 LE /$), a permis de drainer le marché noir et de résoudre le problème de disponibilité en devises du système bancaire. Cette libéralisation a entrainé une hausse de l’inflation sans précédent culminant à 33% en juillet 2017 qui a néanmoins entamé sa décrue dès 2018 pour atteindre 3,1% en octobre 2019, soit son taux le plus bas depuis décembre 2005. La libéralisation du taux de change et la bonne performance des rentes traditionnelles a permis de ramener le déficit courant à 2,4% du PIB en 2017/18 et 2,7% du PIB en 2018/19. Les réserves en devises de la Banque Centrale ont également été reconstituées à plus de 45 mds$ fin 2019 contre moins de 16 mds$ en juillet 2016.
  • Retour de l’Egypte sur les marchés financiers internationaux : l’ajustement conjoncturel engagé par l’Egypte a permis de restaurer sa crédibilité sur les marchés financiers (17 mds$ et 4 mds€ ont été levés sur les marchés internationaux depuis janvier 2017 pour couvrir une partie de ses besoins de financement) et aux investisseurs étrangers de portefeuille de revenir en Egypte (12 Mds$ en 2017/18). Les principales agences de notation ont quant à elles relevé la note souveraine de l’Egypte qui s’établit désormais à B2 « stable » pour Moody’s ; B « stable » pour S&P ; B+ « stable » pour Fitch et B+/B « stable » pour Capital Intelligence.
  • Mesures d’ajustement structurel : plusieurs mesures ont été initiées afin de corriger les rigidités de l’économie égyptienne (nouvelle loi sur l’investissement, loi sur les licences industrielles) et d’améliorer l’environnement légal des affaires. L’objectif annoncé est d’améliorer la compétitivité externe de l’Egypte et de soutenir les exportations, le tourisme et les IDE.

L’enjeu désormais sera de poursuivre les réformes structurelles devant permettre d’améliorer l’environnement des affaires et favoriser le développement du secteur privé. Les services du FMI insistent désormais sur trois points prioritaires : une plus grande transparence du secteur public, un renforcement de l’indépendance et des pouvoirs de l’autorité de la concurrence et une plus grande transparence dans l’allocation des terrains industriels. Il sera également de renforcer la qualité des services publics (éducation, santé…) et des filets de protection sociale dans un contexte où le coût social des réformes a été particulièrement élevé pour les populations les plus vulnérables.

Mise à jour : 6.11.20

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