Présentation de l’Égypte

Pour évoquer la spécificité et la profondeur historique de notre relation bilatérale, les Égyptiens se référent volontiers aux liens extrêmement étroits qui ont prévalu entre nos deux pays tout au long du XIXe siècle, ainsi qu’à notre contribution à la modernisation et au développement de l’Égypte.
La relation entre la France et l’Égypte se caractérise toujours par cette proximité. Elle est marquée par un dialogue politique régulier et de haut niveau, et une coopération étroite dans le domaine de la sécurité et la défense. Alors que l’Égypte est un pays francophone et francophile, la coopération culturelle est un pilier essentiel de notre relation bilatérale. Enfin, avec plus de 160 entreprises implantées en Égypte, la France figure parmi les premiers investisseurs et partenaires commerciaux de l’Égypte.

Données générales

ÉGYPTE {JPEG}

Présentation du pays

Nom officiel : République arabe d’Égypte
Chef de l’État : Abdel Fattah Al Sissi (depuis le 8 juin 2014)

Données géographiques

Superficie : 1 002 000 km²
Capitale : Le Caire (22 millions d’habitants)
Villes principales : Alexandrie (4,1 millions d’habitants), Port-Saïd, Assiout, Louxor, Assouan
Langue officielle : arabe
Monnaie : Livre égyptienne (1 € ≈ 20 LE)
Fête nationale : 23 juillet (en commémoration de la révolution des officiers libres du 23 juillet 1952)

Données démographiques

Population (2018) : 98 M d’habitants en Égypte
Densité : 83 habitants/km² (95 % de la superficie de l’Égypte est désertique. La densité dans le delta et la Vallée du Nil est évaluée à 1 500 habitants/km²)
Croissance démographique (2018) : 2 % par an
Indice de fécondité (2017) : 3,2 enfants/femme
Espérance de vie (2017) : 71,6
Taux d’alphabétisation (2017) : 71 %
Religions : islam sunnite ; christianisme (environ 10 % de Coptes)
Indice de développement humain (2017) : 0,70 / 1

Données économiques

PIB (2018) : 250 milliards de dollars
PIB par habitant (2019) : 2 549 $/habitant
Croissance du PIB (2018) : 5,3 %
Chômage (2018) : 11,4 %
Inflation (2017) : 29,5 %
Déficit public (2018) : 9,7 % du PIB
Balance commerciale (2018) : - 10,45 % du PIB
Principaux clients : Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Italie, Allemagne, Turquie, États-Unis
Principaux fournisseurs : Chine, États-Unis, Turquie, Arabie saoudite, Russie, Allemagne, Italie
Exportations de la France vers l’Égypte (2018) : 1,7 milliards d’euros
Importations françaises depuis l’Égypte (2018) : 769,1 millions d’euros

(Sources disponibles : Banque centrale d’Égypte, DGTPE, FMI, Banque mondiale, OCDE, BIT, PNUD - Rapport mondial sur le développement humain)

Géographie

L’Égypte se caractérise par sa position géographique stratégique, au carrefour de trois continents et de deux mers reliées par le canal de Suez.

La superficie de son territoire s’étend sur près d’un million de km², soit presque deux fois la France, divisée administrativement en 27 gouvernorats, dont Le Caire, Giza et Alexandrie qui regroupent près du quart de la population et concentrent la majeure partie de l’activité économique. Plus de 95 % de la population est concentrée sur 7 % du territoire, soit à peu près la taille des Pays-Bas. Le Caire, la capitale, compte près de 22 millions d’habitants.

L’Égypte possède une frontière commune avec le Soudan au sud, la Libye à l’ouest, Israël et le territoire palestinien de Gaza à l’est, ainsi que 995 km de côtes sur la mer Méditerranée et 1 941 km sur la mer Rouge, le Golfe de Suez et le Golfe d’Aqaba.

Relief

Trois zones géographiques peuvent être distinguées :

  • La vallée du Nil, propice à l’agriculture, qui n’occupe que 4 % du territoire et abrite la quasi-totalité de la population. En aval, le Nil se ramifie en de nombreux bras pour former un vaste delta de 23 000 km² (Basse Égypte).
  • Le désert libyque ou désert occidental, ensemble de plateaux peu élevés (de 300 à 400 mètres), souvent couverts de dunes. Cet ensemble est coupé de plusieurs oasis (Kharga, Dakhla, Farafra…).
  • Le désert arabique ou désert oriental, qui s’étend jusqu’à la mer Rouge ainsi que sur l’ensemble de la péninsule du Sinaï. Une chaîne montagneuse le long de la côte dépasse parfois 2 000 mètres : le point culminant d’Égypte, le mont Sainte Catherine dans le Sinaï, s’élève à 2 637m.
Climat

De type saharien très chaud et aride au sud du pays et dans les déserts, le climat s’adoucit vers le nord grâce à l’influence de la Méditerranée. Un vent de sable sec, le Khamsin, est fréquent au printemps.

Histoire

  • 3150 avant J.-C : Égypte pharaonique.
  • 332-30 av. J.-C : domination grecque. Conquête de l’Égypte par Alexandre le Grand. Fondation d’Alexandrie.
  • 30 av. J.-C.-395 ap. J.-C : domination romaine. Diffusion du christianisme.
  • 395-640 : domination byzantine. Fondation de l’Église copte.
  • 640-642 : conquête arabe.
  • 642-1250 : dynasties musulmanes successives (Omeyyades, Abbassides, Fatimides, Ayyubides, etc.). Fondation du Caire en 969.
  • 1250-1517 : Règnes des sultans Mamelouks (dynasties des Bahrites et des Burjites).
  • 1517-1805 : l’Égypte est une province de l’Empire ottoman gouvernée par un pacha. Dans les faits, les Mamelouks administrent le pays.
  • 1798-1801 : campagne d’Égypte de Napoléon Bonaparte.
  • 1805 : Méhémet-Ali, militaire albanais, prend le pouvoir et modernise le pays.
  • 1869 : inauguration du canal de Suez.
  • 1882 : occupation militaire et contrôle du pouvoir par les Britanniques.
  • 1914 : l’instauration du protectorat anglais officialise l’occupation.
  • Février 1922 : monarchie indépendante de Fouad, mais qui reste sous tutelle britannique (contrôle du canal de Suez, défense et affaires étrangères).
  • 1928 : fondation, par Hassan al-Banna, de la confrérie des Frères musulmans.
  • 1936 : Le roi Farouk accède au trône. Indépendance du pays, mais maintien des troupes anglaises dans la zone du canal de Suez.
  • Mai 1948-janvier 1949 : première guerre israélo-arabe.
  • 23 juillet 1952 : révolution des officiers libres.
  • 1953 : proclamation de la République d’Égypte.
  • 1954-1970 : Nasser contrôle le pays (il devient président de la république en 1956). Il milite pour l’unité arabe et se rapproche de l’URSS. Sa politique économique est d’inspiration socialiste.
  • 1956 : nationalisation du canal de Suez. Expédition franco-britannique.
  • 1958-1961 : République arabe unie entre l’Égypte et la Syrie.
  • 1960-1964 : construction du haut barrage d’Assouan.
  • 5-10 juin 1967 : guerre des « Six-Jours » : Israël occupe le Sinaï. Le canal de Suez est fermé.
  • 1970 : décès de Nasser. Anouar el Sadate lui succède.
  • Octobre 1973 : guerre du « Kippour ».
  • 1977 : visite historique du président Sadate en Israël.
  • 1978 : accords de Camp David entre l’Égypte et Israël.
  • 1979 : traité de paix israélo-égyptien.
  • 1981 : assassinat du président Sadate. Le vice-président Hosni Moubarak lui succède.
  • 1989 : retour de l’Égypte au sein de la Ligue arabe.
  • 1991 : Guerre du Golfe. Participation de l’Égypte à la coalition internationale contre l’Irak.
  • 1992 : début du regain de violences islamistes (attentats, assassinats).
  • Décembre 2005 : les Frères musulmans, interdits mais tolérés, obtiennent 20 % des sièges aux élections législatives.
  • 6 et 7 avril 2008 : émeutes sociales dans la cité industrielle de Mahalla.
  • Novembre 2010 : élections législatives.
  • 25 janvier 2011 : début de la révolution.
  • 11 février 2011 : démission de Hosni Moubarak, transition conduite par le Conseil suprême des forces armées (CSFA)
  • Janvier 2012 : élections législatives, les Frères musulmans et les partis salafistes en tête.
  • 18 juin 2012 : élection de Mohamed Morsi.
  • 3 juillet 2013 : destitution de Mohamed Morsi, puis mise en place d’un gouvernement de transition dirigé par Hazem Al-Beblaoui.
  • 18 janvier 2014 : adoption d’une nouvelle constitution.
  • 1er mars 2014 : nomination du gouvernement dirigé par Ibrahim Mahlab.
  • 8 juin 2014 : investiture du nouveau président élu, Abdel Fattah Al Sissi.
  • 6 août 2015 : inauguration du nouveau tronçon du canal de Suez.
  • 10 janvier 2016 : entrée en fonction de la nouvelle chambre des représentants.
  • 2 avril 2018 : réélection du Président Sissi avec 97 % des voix.
  • 14 juin 2018 : nomination du gouvernement dirigé par Mostafa Madbouli.

Présence française

Site internet de l’ambassade de France en Égypte : https://eg.ambafrance.org/
Consulat(s) : Le Caire, Alexandrie
Communauté française en Égypte : 5 872 Français immatriculés et 394 étrangers (enfants ou conjoints de Français) également protégés
Communauté égyptienne en France : 15 000 (estimation)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

À la suite de la Tunisie, l’Égypte a été touchée par la vague des printemps arabes à partir du 25 janvier 2011. Le président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, a quitté ses fonctions le 11 février. Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a assuré le pouvoir par intérim et nommé un gouvernement civil dirigé par Essam Sharaf puis Kamal Ganzouri. Les élections législatives, tenues entre novembre 2011 et janvier 2012, ont vu la victoire des candidats du Parti de la liberté et de la justice (PJD), aile politique des Frères musulmans. Cette victoire a été suivie par celle de Mohamed Morsi lors de l’élection présidentielle de mai-juin 2012, face à Ahmed Shafik, dernier premier ministre de Hosni Moubarak. En juin 2013, Mohamed Morsi est destitué et remplacé par le ministre de la Défense Abdel Fattah al-Sissi.

Une nouvelle constitution a été adoptée par référendum, les 14 et 15 janvier 2014, avec un taux d’approbation de 98,1 % et un taux de participation de 38,6 %.

Lors du scrutin des 26 et 28 mai 2014, l’ancien ministre de la Défense, Abdel Fattah Al Sissi, a été élu président de la République avec 96,9 % des suffrages face à Hamdine Sabbahi, homme politique du parti nassérien Karama. La participation s’est élevée à 47,5 %. Enfin, les élections législatives se sont tenues en deux étapes entre le 17 octobre et le 2 décembre 2015. La coalition « Pour l’Amour de l’Égypte », qui regroupe des partis favorables au président Sissi, a remporté la totalité des 120 sièges pourvus au scrutin de liste. Le taux de participation s’est élevé à 28 %.

Le 2 avril 2018, le président Sissi a été réélu pour un mandat de quatre ans, avec 97,08 % des suffrages exprimés et un taux de participation de 41,05 %. L’approbation par référendum (88,83 % des suffrages exprimés pour une participation de 44,33 %), en avril dernier, de la révision de la Constitution égyptienne, prolonge le mandat actuel du président jusqu’en 2024, et l’autorise à briguer un troisième mandat lors des élections présidentielles de 2024.

Au plan économique, la mise en œuvre des réformes engagées depuis l’automne 2016 en application du programme conclu avec le FMI se poursuit. Sous l’effet du flottement de la livre égyptienne (qui a perdu 50 % de sa valeur face au dollar et à l’euro) et de la hausse des prix des carburants et de l’énergie, l’inflation s’est envolée et pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des Égyptiens. Les mesures prises ont contribué à restaurer la crédibilité de l’Égypte sur les marchés financiers et à améliorer les fondamentaux de l’économie égyptienne (croissance, déficit, réserves de la banque centrale). Par ailleurs, une embellie de la situation économique est espérée grâce à la mise en exploitation de nouveaux champs gaziers en Méditerranée et à l’accroissement des investissements étrangers.

La menace terroriste subsiste de manière diffuse sur le territoire égyptien. Plusieurs attaques ont frappé l’Égypte au cours des dernières années : attentat contre le consulat italien en juillet 2015 au Caire, attentat dans une église copte du Caire en décembre 2016 qui a fait 26 victimes, double-attentat en avril 2017 contre les églises de Saint-Georges (Tanta, delta du Nil) et Saint-Marc (centre d’Alexandrie) qui a fait 46 victimes, deux attentats contre un bus de pèlerins coptes à Minya en mai 2017 et en novembre 2018, attaque contre un bus à proximité des pyramides de Gizeh en décembre 2018. C’est à la suite de l’attentat du 24 novembre 2017 contre la mosquée al-Rawda dans le nord-Sinaï que l’Égypte a lancé, en février 2018, l’opération d’envergure « Sinaï 2018 », afin d’éradiquer la présence de groupes terroristes se revendiquant de l’Etat islamique. La situation est également tendue dans le désert occidental, en raison du risque d’infiltration d’éléments terroristes venus de Libye.

Enfin, des militants révolutionnaires et défenseurs des droits de l’homme ont été arrêtés ces dernières années et certaines lois, portant notamment sur la lutte contre le terrorisme ou la régulation d’internet et des média, ont suscité la préoccupation de la communauté internationale.

Situation économique

(Source : DG Trésor)

Le PIB de l’Égypte, le deuxième d’Afrique, était de 256 milliards de dollars en 2016-2017. Il résulte d’une économie diversifiée, structurée autour des secteurs manufacturiers (16 %), immobilier et de la construction (15 %), du commerce de gros et de détail (13 %), des secteurs extractif (12 %), ainsi qu’agricole, forestier et de la pêche (11 %). L’armée est également un acteur économique important, y compris dans le domaine civil. Par ailleurs, le secteur informel représenterait l’équivalent de 40 % du PIB et 50 % de l’emploi total.

À la suite de la modernisation de son économie au milieu des années 2000, l’Égypte a connu des taux de croissance record (7 % entre 2005 et 2008). Toutefois, la crise financière de 2008 et l’instabilité politique depuis la chute du président Moubarak en 2011 ont durablement affaibli l’économie.

L’Égypte bénéficie traditionnellement des revenus de quatre rentes : les transferts de la diaspora (18 milliards de dollars par an en moyenne depuis 2011), le tourisme (jusqu’à 12 milliards de dollars par an avant la révolution de 2011, les revenus sont tombés à 4,4 milliards en 2016), les redevances d’utilisation du Canal de Suez (5 milliards de dollars) et les ventes d’hydrocarbures (6,5 milliards de dollars), qui représentent 37 % des exportations.

L’évolution de la situation économique est marquée un poids important des déficits et de l’endettement publics. Le déficit public s’établit à une moyenne de 12 % depuis 2012-2013. La dette publique, détenue en majorité par les banques domestiques, est en hausse constante et représente 103,3 % du PIB en 2016-2017 (contre 67 % en 2008).

La croissance économique, bien que résiliente (4,2 % en 2016-2017), est insuffisante pour compenser le poids des dépenses publiques qui se sont multipliées par 2,2 en 5 ans. Celles-ci se décomposent principalement en remboursement des intérêts de la dette (30 % du total), en salaires et traitements des fonctionnaires (23 %), et en dépenses sociales (22 % du total). En 2016-2017, seul 11 % du budget a été consacré aux dépenses d’investissement.

La situation extérieure de l’Égypte est également dégradée. Le commerce extérieur affiche un déficit structurel qui reflète une balance des hydrocarbures devenue déficitaire et la dépendance de l’Égypte aux imports de biens intermédiaires et de produits de consommation. Celui-ci n’est plus équilibré ni par le produit des rentes traditionnelles, qui diminuent (transferts des migrants, tourisme) ou plafonnent (canal de Suez), ni par le montant des investissements étrangers, directs ou de portefeuille.

Pour corriger ces déséquilibres, le gouvernement a engagé un programme de réformes soutenu par le FMI (prêt de 12 milliards de dollars sur la période 2016-2018) qui vise à atteindre en 2018-2019 une croissance de 5,5 %, un déficit budgétaire de 4,7 % de PIB, un déficit de la balance courante de 3 % de PIB et un endettement de 85,8 % de PIB.

Dans ce cadre, l’Égypte a procédé en novembre 2016 à la libéralisation totale du régime de change de la livre égyptienne, assortie d’une dévaluation importante qui a permis de résoudre en partie le problème de disponibilités en devise du secteur bancaire. Les autorités ont également adopté des mesures de consolidation budgétaire comme la loi sur la réforme du service public, la mise en place de la TVA et le démantèlement des subventions énergétiques (hausse des prix de l’électricité et des carburants). Enfin, le gouvernement souhaite encourager la croissance, la diversification économique, les exportations et les investissements notamment via des mesures d’amélioration de l’environnement légal des affaires.

Le gouvernement a lancé une série de grands projets d’infrastructures dont les plus emblématiques sont le doublement du canal de Suez, le développement de la région économique attenante et la construction d’une nouvelle capitale administrative.

Voir l’Égypte sur le portail du ministère de l’Économie et des Finances et la présentation du Bureau Business France en Égypte

Politique étrangère

Le retour de l’Égypte sur les scènes régionale et internationale constitue une des priorités du président Sissi, après les années de bouleversements internes qui ont contraint l’Égypte à un certain retrait.

L’Égypte fait de la lutte contre le terrorisme un axe majeur de sa politique étrangère.

Elle est, à cette égard, préoccupée par la situation en Libye, avec laquelle elle partage une frontière de 1 200 kilomètres, et qu’elle considère comme une menace potentielle à sa sécurité nationale.

L’Égypte joue traditionnellement un rôle essentiel dans le dossier israélo-palestinien : médiation dans la crise de Gaza à l’été 2014, rôle clef dans l’accord de réconciliation inter-palestinien du 12 octobre 2017. Elle œuvre actuellement en faveur d’un accord de trêve durable entre le Hamas et Israël, et de la réconciliation inter-palestinienne entre le Fatah et le Hamas.

L’Égypte s’engage davantage dans la crise syrienne. Elle a notamment rejoint le Small Group en juillet 2018.

L’Égypte cherche, par ailleurs, à renforcer son rôle sur la scène africaine. Elle a pris la présidence de l’Union africaine en janvier 2019. L’Égypte est particulièrement préoccupée par la construction en Éthiopie d’un grand barrage sur le Nil (« Barrage de la Renaissance ») qu’elle juge susceptible d’avoir un impact sur le débit du fleuve. Elle est diplomatiquement très active concernant la situation au Soudan, pays frontalier dont la stabilité est essentielle pour l’Égypte.

L’Égypte entretient une relation forte avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït, qui lui apportent leur soutien, notamment financier. L’Égypte appuie l’intervention militaire sous égide saoudienne au Yémen. À l’inverse, les relations avec la Turquie et le Qatar restent difficiles.

Avec les États-Unis, l’Égypte entretient une relation de proximité, étant historiquement le 2e bénéficiaire de l’aide américaine dans la région. Le président Sissi a accueilli avec enthousiasme l’élection du président Donald Trump et a effectué une visite d’État à Washington en avril 2017.

L’Égypte cherche à diversifier ses alliances, en se rapprochant de la Russie, avec laquelle la coopération en matière économique et militaire se renforce, mais également de la Chine, avec une relation économique croissante, et l’Union européenne, en particulier depuis la reprise du dialogue d’association à l’été 2017.

Relations avec l’Union europeenne

L’UE et l’Égypte ont entamé des relations diplomatiques en 1966. Longtemps encadrées par l’accord de coopération signé en 1976 avec la communauté économique européenne (CEE) et entré en vigueur en 1977, les relations euro-égyptiennes ont ensuite été fondées sur un accord d’association, signé le 25 juin 2001 et entré en vigueur depuis le 1er juin 2004. Plus récemment, le Conseil d’association UE-Égypte du 25 juillet 2017 a permis d’adopter formellement les nouvelles priorités de partenariat, identifiées conjointement avec les autorités égyptiennes : la politique internationale, le développement socio-économique et la lutte contre le terrorisme dans le respect de l’état de droit.

L’Union européenne est le premier partenaire commercial de l’Égypte tant pour les importations (machines, équipements de transport) que pour les exportations égyptiennes (pétrole et produits miniers, produits chimiques, textile). Elle constitue également la principale source d’investissements directs étrangers pour l’Égypte (60 %).

Dans un contexte de dégradation de la situation économique égyptienne liée aux bouleversements politiques, l’UE a joué un rôle important dans la mesure où l’Égypte est le deuxième bénéficiaire de l’instrument européen de voisinage (IEV), après le Maroc. Elle bénéficie ainsi d’environ 100 à 120 M EUR par an au titre de l’IEV, pour des programmes dans les domaines de l’eau, de l’énergie, d’accès aux services sociaux et de renforcement des capacités administratives. L’Égypte bénéficie également des fonds de l’Instrument pour la démocratie et les droits de l’homme, de l’Instrument contribuant à la stabilité et à la paix et de l’Instrument de coopération au développement (13M€ depuis 2017).

Mise à jour : 04.09.19

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