Relations bilatérales

Relations politiques

La famille royale du Danemark entretient des liens très forts avec la France. Le prince consort Henrik, décédé en février 2018, était avant son mariage un diplomate français. La reine Margrethe II continue de se rendre très régulièrement en France. Les princes danois sont francophones. Le fils cadet de la Reine, le Prince Joachim s’est installé avec sa famille (son épouse est d’origine française) pour un an à Paris en septembre 2019 afin de suivre une formation à l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN).

Les relations politiques franco-danoises sont anciennes, soutenues et confiantes. Les deux pays sont l’un pour l’autre des partenaires importants en raison de leur appartenance commune à l’Union européenne et à l’OTAN. Nos analyses se rejoignent en outre sur de nombreux dossiers de politique internationale (maintien de la paix, intérêt pour des actions préventives en Afrique, primauté du droit international, environnement). Ces liens étroits sont appelés à se renforcer. Au plan politique, le Danemarkcherche à se repositionner en Europe et trouve dans la France un partenaire essentiel. Le profil européen affirmé du nouveau gouvernement social-démocrate présente de fortes convergences avec nos positions (climat, Brexit, Schengen, élargissement, dumping social, Afrique). Notre coopération en matière de sécurité et de défense s’est renforcée. Le Danemark participe à l’initiative européenne d’intervention (IEI), au Fonds européen de développement (FED) et contribue de manière importante aux missions militaires sous commandement français en Afrique. Au-delà de cette coopération institutionnelle, l’intérêt positif que suscite en France le « modèle » danois (environnement, santé, innovation) se traduit par de fréquentes visites de responsables politiques, administratifs et de la société civile.

Visites

Le Président de la République a effectué les 28 et 29 août 2018 une visite d’Etat historique, la première d’un chef d’Etat français au Danemark depuis plus de 35 ans. Cette visite a donné une impulsion sans précédent à notre coopération bilatérale. Elle a été marquée par la signature de plusieurs accords de coopération et lettres d’intention (défense ; développement ; énergie-climat ; coproduction cinématographique, coopération universitaire, mode éthique, fondation actionnaires), et une grande visibilité médiatique et populaire.

La visite du Prince Frederik et de la Princesse Mary (couple héritier), qui s’est déroulée à Paris du 6 au 8 octobre 2019, a permis de renforcer les liens économiques et commerciaux entre les deux pays. Le couple héritier était accompagné d’une délégation de plus de 50 entreprises danoises intéressées par les secteurs de la santé, de l’énergie et de la ville durable. La visite a donné lieu à la signature de deux déclarations d’intention sur la santé et sur le numérique. A cette occasion, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian, a rencontré son homologue danois, M. Jeppe Kofod, le 7 octobre 2019, et la secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Mme Amélie de Montchalin, a participé au diner de clôture de la visite à l’Hôtel de Ville de Paris le 8 octobre 2019.

Relations économiques

Au plan économique, les liens entre nos deux pays ont évolué très favorablement ces dernières années tant dans le commerce que dans l’investissement. Les flux touristiques sont appelés à se renforcer à l’approche de l’organisation du Tour de France au Danemark en 2021.

Echanges commerciaux

Nos échanges commerciaux avec le Danemark sont en progression pour atteindre un volume inédit à 5,86Mds€ en 2018, faisant ainsi du pays notre 33ème partenaire commercial, et le seul en Europe nordique avec lequel nous avons un excédent. Celui-ci a toutefois été divisé par deux en 2018 (de 162,5M€ à 59 M€) du fait de la rapide progression de nos importations. Avec 2,9 Mds€ de biens importés, soit 3,4% du volume total des exportations danoises, la France est le 9ème client du pays (l’Allemagne (14%), la Suisse (12%), et les Etats-Unis (8,3%) sont ses premiers débouchés).

Nos exportations, opérées par plus de 13 300 entreprises, progressent également (+5% par an depuis 2014 pour atteindre près de 3Mds€), et représentent près du quart de nos exportations en zone nordique (la Suède captant 43% de nos exportations dans la région). Avec une part de marché stable autour de 3%, la France est le 10ème fournisseur du Danemark, tournés avant tout vers ses voisins (Allemagne, Suède et Pays-Bas) et de la Chine.

Le matériel de transport, essentiellement issu de l’industrie automobile, est notre premier poste d’exportations vers le Danemark (21%), tandis que les machines industrielles, agricoles et générales sont notre premier poste d’importations (16%). Le reste de nos échanges se répartissent entre les produits des industries agroalimentaires (14% de nos importations, principalement de la viande de porc, et 13% de nos exportations), et les produits pharmaceutiques (14,5% de nos importations et 12,5% de nos exportations). La France est devenue en 2018 le premier pays exportateur de vins au Danemark (1,04 Mds DKK, environ 141M€), devant l’Italie qui occupait jusqu’alors la première place.

Investissements

Le stock d’IDE français au Danemark s’élève en 2018 à plus de 12 Mds€, plaçant la France au 3ème rang des investisseurs étrangers au Danemark, derrière la Suède et les Pays-Bas. Il a été multiplié par douze depuis 2007, et par deux depuis 2017 du fait essentiellement de deux opérations d’envergure réalisées au printemps 2018 : le rachat de Maersk Oil par Total pour près de 7,5 Mds$, et l’acquisition par Thales du leader danois des systèmes de conduite assistée pour les trains grandes lignes, Cubris.

Près de 220 entreprises françaises sont implantées au Danemark, employant plus de 13 000 personnes (dont 34 VIE en mars 2019), pour un chiffre d’affaires de près de 4 Mds€. Elles sont présentes dans divers secteurs : l’énergie (Total, Veolia via Krüger), l’industrie manufacturière (Saint-Gobain), les transports urbains (Keolis), les services informatiques (Atos, Capgemini), la finance (BNP Paribas), l’immobilier (Unibail, Klepierre), l’automobile (Renault), ou encore l’électronique (Thales).

Le stock d’investissements directs étrangers (IDE) danois en France s’élève à près de 6 Mds€, faisant du Danemark notre 12ème investisseur. La France est la 2ème destination des investissements danois créateurs d’emplois en 2018 en Europe (19%), derrière le Royaume-Uni (29%) mais devant l’Allemagne (14%). Les investissements sont concentrés dans les secteurs de l’ameublement et des médicaments et biotechnologies (respectivement chacun ? 15%), de l’énergie (13%), incluant les énergies renouvelables et le recyclage), l’agroalimentaire (11%) et l’informatique (10%).

Plus de 350 entreprises danoises étaient implantées en France en 2018 (dont 14 du classement Forbes 2000), représentant environ 40 000 emplois. Parmi les principales entreprises danoises présentes en France figurent ISS World Services, qui représente à elle seule 24 500 emplois, suivie par Novo Nordisk (médicaments et biotechnologie – 1 500), Carlsberg (1 200) et William Demant (prothèses – 1 200).

Coopération culturelle, scientifique et technique

La coopération scientifique entre nos deux pays couvre l’ensemble des domaines d’excellence de la recherche danoise (environnement, micro et nano ingénieries, santé, TIC, études sur le Groenland). Elle fonctionne essentiellement à travers les relations entre les différents centres de recherche français et danois à l’instar de la signature en 2006 d’un accord de partenariat entre le CNRS et la Fondation nationale danoise de la Recherche. L’Institut français du Danemark poursuit cette politique d’appui à la mobilité des chercheurs français. Il finance également des événements destinés à favoriser les coopérations scientifiques franco-nordiques sur des thématiques directement liées au programme Horizon 2020, et organise des colloques scientifiques sur des thèmes variés.

La coopération culturelle et artistique est majoritairement consacrée à la promotion des industries culturelles, notamment cinématographiques avec le Festival du film français qui permet la diffusion de 25 films français par an. Les échanges artistiques dans les domaines des arts visuels (photo, art contemporain), des arts de la scène (danse, théâtre, cirque), des musiques classique, contemporaine et jazz sont soutenus dans le cadre des partenariats établis avec les festivals danois.

Enfin, les partenariats avec l’Université de Copenhague, la Bibliothèque royale, Cristiania, le festival Golden Days couvrent les volets de la culture scientifique et du débat d’idées. Ils permettent de faire une place importante aux intellectuels et scientifiques français dans leurs programmations.

Groenland

Ancienne possession danoise, l’île accède au statut de province du royaume en 1953, puis à celui de territoire autonome le 1er mai 1979. Le statut d’autonomie de l’île est renforcé en 2009 par le Self-Government Act qui étend les compétences du gouvernement local aux domaines régaliens de la police et de la justice. Le Danemark ne conserve aujourd’hui de compétences exclusives qu’en matière de défense, citoyenneté et monnaie tandis que les questions relatives à la politique étrangère sont partagées avec le gouvernement groenlandais. Le Naalakkersuisut peut ainsi négocier et conclure des traités internationaux, au nom du royaume du Danemark, dans les domaines qui incombent exclusivement à ses compétences propres.

Le mouvement autonomiste groenlandais est très largement soutenu par la population locale (70,1 % en faveur de l’autonomie au référendum de 1979 et 75,4 % en faveur de l’autonomie renforcée au référendum de 2008). Cette tendance se retrouve dans le paysage politique groenlandais, puisque seul le parti Demokraatit s’oppose encore au processus indépendantiste.

Le Groenland développe des relations extérieures, principalement guidées par ses intérêts dans le secteur de la pêche, avec l’Atlantique Nord et l’Asie. Des accords de coopération ont été conclus en septembre 2017 par le Groenland avec l’Islande et les îles Féroé dans les domaines culturels et économiques. L’entrée d’une entreprise chinoise au capital de Greenland Minerals and Energy, qui réalise des forages exploratoires à Kvanefjeld (gisement de terres rares et uranium), illustre l’intérêt de la Chine pour l’exploitation des réserves minières de l’île. Deux autres pays asiatiques (Singapour, qui a accueilli un forum de l’Arctic Circle, et la Corée du Sud) sont par ailleurs très attentifs à la possible ouverture du passage maritime du Nord-Est. La coopération avec l’Union européenne reste largement axée sur les accords dans les domaines de l’éducation et de la pêche, au-delà de l’interdiction de l’exportation de produits issus de la chasse commerciale du phoque. Le Groenland n’a pas souhaité prendre d’engagement au titre de l’accord de Paris sur le Climat.

En vertu du Self-Government Act de 2009, le Danemark verse chaque année des subventions aux autorités groenlandaises (environ 500 millions d’euros). L’Union européenne verse également chaque année plus de 30 millions d’euros aux autorités groenlandaises au titre du programme d’appui à l’éducation 2007-2020. Ce dernier vise à développer une offre de formation professionnelle diversifiée de qualité, à augmenter le niveau d’instruction de la population et à lutter contre les phénomènes d’abandon scolaire et de déscolarisation très répandus au Groenland.

Le secteur minier est, malgré un fort potentiel, très peu développé. Le Groenland possèderait la cinquième réserve mondiale d’uranium et la troisième de terres rares, mais des obstacles structurels (absence de réseau routier, un seul aéroport international, conditions climatiques extrêmes) freinent l’intérêt des compagnies étrangères pour la région.

Parmi les projets pour son développement économique, le Groenland a prévu l’agrandissement des aéroports de Nuuk et d’Ilulissat en 2019, et envisage la construction d’un aéroport à Tasiilaq en 2020. La troisième ville du Groenland n’est à l’heure actuelle desservie que par bateau ou hélicoptère depuis Kulusuk. Ces projets s’intègrent dans la nouvelle stratégie de développement touristique dont l’objectif est de doubler le nombre annuel de touristes étrangers à l’horizon 2040./.

Mise à jour : 17.10.19

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