Présentation de Cuba

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Présentation du pays

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Données générales

Nom officiel : République de Cuba
Nature du régime : régime socialiste à parti unique
Chef de l’État : Miguel Díaz-Canel, président de la République
Premier secrétaire du Parti communiste cubain (PCC) : Miguel Díaz-Canel

Données géographiques

Superficie : 106 449 km²
Capitale : La Havane
Villes principales : Santiago de Cuba, Villa Clara, Holguín, Camagüey
Langue officielle : espagnol
Monnaie : Peso cubain
Fête nationale : 1er janvier

Données démographiques

Population : 11 333 483 habitants (Banque mondiale 2019)
Densité : 102,3 habitants/km²
Croissance démographique : 0,32 %
Espérance de vie : 78,7 ans (Banque mondiale, 2018)
Taux d’alphabétisation : 99,8 %
Religion (s) : catholique (10 % de la population se déclare croyante, 3 % pratiquante), santeria (cultes afro-caribéens)
Indice de développement humain : 0,783 (70e rang mondial PNUD, 2019)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Fidel Castro a dirigé Cuba de 1959 à 2008. Il avait cédé le pouvoir à son frère Raúl en 2006 pour des raisons de santé. Son décès le 26 novembre 2016 a été ressenti à Cuba comme la disparition d’un puissant symbole, ciment de l’identité révolutionnaire nationale et garant de l’idéologie du régime.

Une nouvelle constitution a été adoptée en avril 2019. Elle institue la séparation des fonctions de chef de l’État et de chef du gouvernement avec la création d’un poste de Président de la République et de Premier ministre, une transformation du Conseil d’État en véritable assemblée permanente et une limitation à deux périodes de cinq ans de l’exercice des responsabilités, tout en réaffirmant le caractère prééminent du rôle du parti communiste dans la direction du pays et son caractère socialiste. Miguel Diaz-Canel, qui occupait déjà les fonctions de président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, après le retrait de Raul Castro en avril 2018, a été élu Président de la République en octobre 2019. Manuel Marrero Cruz a été nommé Premier ministre en décembre 2019 sur proposition du Président. Raúl Castro a quitté son poste de Premier secrétaire du parti communiste cubain (PCC) lors du 8e congrès du Parti communiste cubain (PCC) qui s’est tenu du 16 au 19 avril 2021. A cette occasion, Miguel Díaz-Canel a été élu à la tête du parti. Il cumule cette fonction avec celle de Président de la République. Ce Congrès a marqué la dernière étape d’une transition générationnelle amorcée en 2018 avec l’arrivée au pouvoir de personnalités nées après la révolution cubaine. Il constitue un tournant historique et symbolique puisque c’est la première fois depuis la Révolution que l’île ne sera pas dirigée par un membre de la famille Castro.

Politique étrangère

Cuba est confronté à un environnement régional difficile, marqué par la persistance des sanctions américaines renforcées sous le mandat de Donald Trump et l’effondrement du programme pétrolier du Venezuela, crucial pour les approvisionnements cubains. A cela s’ajoute notamment des tensions avec la Colombie, suite à l’abandon des négociations de paix entre le gouvernement colombien et l’ELN (armée de libération nationale).

La politique extérieure cubaine se caractérise donc par la recherche de nouveaux partenaires commerciaux (vers la Chine et l’Union européenne notamment), et le resserrement des liens et des soutiens avec les régimes amis dans la région, en premier lieu le Venezuela. Les deux grands partenaires extérieurs à la région sont la Chine, qui est devenue le premier partenaire commercial de Cuba, mais qui ne s’est pas engagée dans un effort d’investissement significatif en raison des spécificités jugées peu attractives du système cubain, et la Russie, qui a décidé de refaire de Cuba un de ses points d’ancrage dans la région.

En Europe, l’Espagne demeure le premier partenaire commercial de Cuba et maintient une relation très dense avec l’île (plus de 100 000 possesseurs d’un passeport espagnol à Cuba) même si les relations bilatérales entre les deux pays restent fortement marquées par les alternances politiques en Espagne. Les autres pays européens significativement présents à Cuba sont, avec la France, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas, dont les entreprises assurent avec l’Espagne la majorité du commerce courant. Leurs investissements sont en revanche encore peu importants.

La relation avec les États-Unis, qui structure l’identité cubaine depuis près de 150 ans, reste un sujet majeur de préoccupation pour le gouvernement cubain. Lors du dernier congrès du parti communiste cubain, Raul Castro a rappelé que Cuba était prêt à avoir un dialogue respectueux avec les Etats-Unis sans toutefois renoncer à son indépendance et sa souveraineté. Après avoir annoncé durant la campagne électorale présidentielle qu’il reviendrait sur les mesures envers Cuba prises sous le mandat de Donald Trump, Joe Biden n’a pour l’heure pas pris de mesure d’allègement de ces sanctions.

Situation économique

Cuba traverse actuellement la crise économique la plus sévère depuis la « période spéciale » consécutive à l’effondrement de l’URSS au début des années 90. L’économie cubaine a été durement touchée par le renforcement de l’embargo et des sanctions américaines depuis 2018 ainsi que par les difficultés de son principal allié dans la région, le Venezuela, alors que sa croissance était déjà ralentie depuis 2013. Malgré un bilan humain limité, la crise de la COVID-19 n’a fait qu’aggraver une situation déjà précaire en privant le pays d’une de ses principales ressources, le tourisme. Le PIB cubain a chuté de 11 % en 2020.

Face à cette situation, le gouvernement cubain a mis en place des réformes structurelles : l’unification monétaire et cambiaire (disparition du peso cubain convertible), assortie d’une réforme des prix et des salaires, est effective depuis le 1er janvier 2021 et l’ouverture de la quasi-totalité des domaines d’activités au secteur privé (à l’exception d’une liste de 124 activités réservées au secteur public) est mise en œuvre depuis février 2021.

Durant le mandat de Donald Trump, plusieurs mesures de sanctions et de renforcement des dispositions de l’embargo ont été prises dont l’activation en mai 2019 du titre III de la loi Helms-Burton (auparavant suspendu depuis son adoption en 1996) et la réinscription de Cuba sur la liste des Etats soutenant le terrorisme en janvier 2021. L’activation du titre III de la loi Helms-Burton ouvre la voie à des poursuites judiciaires devant les tribunaux américains, par des ressortissants des États-Unis, contre toute personne physique ou morale associée à une opération (« trafficking ») en lien avec des biens nationalisés par le régime castriste depuis 1959. La France s’oppose à ces sanctions dont la portée extraterritoriale est contraire au droit international. L’actuelle administration Biden n’est, pour l’heure, pas revenue sur ces dispositions.

Le règlement 2271/96 du Conseil européen, portant protection contre les effets de l’application extraterritoriale de législations de pays tiers, dit « règlement de blocage », rend inopérants et inopposables en Europe les jugements rendus aux États-Unis en application du titre III de la loi Helms-Burton. Les entreprises ou ressortissants européens lésés seront fondés à poursuivre auprès des juridictions des États membres de l’Union européenne le particulier ou l’entreprise américaine à l’origine de la plainte aux États-Unis, pour exiger une indemnisation.

Mise à jour : 26.05.21

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