Présentation de la Croatie

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Présentation du pays

CROATIE {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République de Croatie
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’Etat : M. Zoran Milanović (socialiste, PSE)
Chef du gouvernement : M. Andrej Plenković (conservateur, PPE)
(investi le 23 juillet 2020, à la suite de sa réélection le 5 juillet)

Données géographiques

Superficie : 56 594 km²
Capitale : Zagreb - 800 000 habitants (1,1 million avec l’agglomération)
Villes principales : Split (190.000 hab), Rijeka (145.000 hab), Osijek, Zadar
Langue (s) officielle (s) : croate
Langue (s) courante (s) : croate
Monnaie : kuna (HRK) (1 € = environ 7,6 HRK)
Fête nationale : 30 mai

Données démographiques

Population (2018) : 4 105 493 habitants
Densité : 72,54 hbts/km2
Croissance démographique : -1,19 %
Espérance de vie : 72,5 ans (hommes), 79,3 ans (femmes).
Taux d’alphabétisation : 98,5%.
Religion (s) : catholicisme majoritaire (87,8%), orthodoxie (4,4%), islam (1,3%), protestantisme (0,3%)
Indice de développement humain (2016) : 0,827 (45e IDH mondial)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le système politique croate est un régime parlementaire où le Premier ministre, issu de la majorité au Parlement, conduit la politique nationale et étrangère et représente la Croatie au Conseil européen. Le président de la République est non exécutif, bien qu’élu au suffrage universel direct (héritage de la Constitution de 1991 modifié en 2000). Il est néanmoins Commandant en chef des Forces armées, il « coopère avec le Gouvernement pour élaborer et mettre en œuvre la politique étrangère » du pays et nomme les ambassadeurs, sur proposition du Gouvernement et après contreseing du Premier ministre.

L’élection présidentielle du 5 janvier 2020 a été remportée par Zoran Milanović, dont la candidature avait été présentée par le SDP (Parti social-démocrate croate, affilié au Parti socialiste européen). Dans une campagne qui a largement été dominée par les débats mémoriels, M. Milanović a fait campagne sous le slogan d’une « Croatie normale » et pro-européenne, face à la présidente sortante, Kolinda Grabar-Kitarović (HDZ, parti conservateur) qui n’est pas parvenue à rallier au second tour les partisans de Miroslav Škoro (nationaliste).

Des élections législatives anticipées se sont déroulées le 5 juillet 2020. Elles ont été convoquées par le premier ministre sortant Andrej Plenković (HDZ). Fort de la gestion réussie de la crise sanitaire (première vague) de l’épidémie de Coronavirus, il a obtenu une majorité de 76 sièges parlementaires pour le HDZ et ses alliés. Le gouvernement a été investi le 23 juillet 2020. Dans son discours d’investiture, Andrej Plenković a inscrit l’action de son gouvernement autour de quatre tâches (assurer « la protection sociale de [ses] concitoyens, car c’est une condition préalable au développement d’une société moderne » ; garantir « un avenir prometteur à [son] peuple , en particulier aux jeunes, et à l’économie » ; renforcer « la souveraineté économique de la Croatie, par l’approche de l’autosuffisance en matière de production alimentaire et énergétique » ; affermir l’Etat car « dans les circonstances dans lesquelles nous vivons, nous voyons que le rôle et la force de l’Etat sont irremplaçables »). Les élections locales des 16 et 30 mai dernier ont confirmé la domination du HDZ sur la scène politique croate (il dirige 15 joupanies (provinces) sur 20 contre 12 précédemment) et ont vu l’émergence à Zagreb d’une gauche alternative et urbaine avec la victoire de Miroslav Tomašević, chef de la coalition rouge-verte « Možemo ! » sur le modèle de Podemos en Espagne.

De 2016 à 2020, les priorités du gouvernement ont été l’adhésion à l’espace Schengen, l’intégration à la zone Euro, et la présidence croate du Conseil de l’UE. Toutes les réformes ont été menées dans ces perspectives et au nom de la nécessaire convergence avec les politiques européennes. L’intégration à l’espace Schengen est un sujet prioritaire pour la Croatie, et très visible pour les Croates, la frontière passant à 25 km de la capitale. L’objectif actuel du gouvernement est une adhésion sous présidence slovène ou française. La Croatie a intégré le mécanisme de change européen (MCE-2) le 10 juillet 2020. Une adhésion à l’euro est envisageable en 2023 au plus tôt. L’opinion publique demeure cependant réservée sur l’intégration à la zone euro. Le pays est également membre du Med9 et a participé au sommet du 17 septembre 2021.

La Croatie a assuré, au premier semestre 2020, et pour la première fois, la présidence du Conseil de l’UE, dans le contexte exceptionnel de la crise sanitaire. Le programme a été articulé autour de quatre axes : une Europe qui se développe, qui connecte, qui protège, qui a de l’influence. Durant cette présidence, la Croatie a notamment mis en avant le thème de l’élargissement, et le Sommet de Zagreb, qui s’est tenu en mai 2020 de façon dématérialisée, a réaffirmé la perspective européenne des Balkans occidentaux.

Politique étrangère

  • L’engagement régional

La Croatie est engagée activement dans la coopération régionale et se présente comme un élément stabilisateur, qui soutient les efforts de tous les pays de la région pour rejoindre l’UE et l’OTAN. Le gouvernement a fixé, comme priorité de sa politique étrangère, l’élargissement de l’Union européenne aux Balkans occidentaux. La Croatie suit avec attention la situation en Bosnie-Herzégovine, où la population croate représente environ 14 % de la population totale (la plupart des Croates de Bosnie votent aux élections croates).

Zagreb co-préside avec la Slovénie le processus de « Brdo-Brijuni » et s’implique également en faveur du processus de Berlin, qui réunit les six pays des Balkans occidentaux et huit Etats membres de l’UE (France, Allemagne, Autriche, Croatie, Italie, Royaume-Uni, Slovénie, Pologne).

  • Le différend territorial slovéno-croate de la Baie de Piran

Traditionnellement bonnes, les relations avec la Slovénie sont perturbées par le différend frontalier en baie de Piran. La Croatie s’est retirée unilatéralement en juillet 2015 de la procédure d’arbitrage, initiée en 2009 devant un tribunal dépendant de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, destinée à trancher un différend territorial vieux de vingt ans sur la délimitation de la frontière terrestre et maritime. Zagreb a en effet reproché aux autorités slovènes des interférences dans la procédure d’arbitrage. Dans une décision rendue le 30 juin 2016, le Tribunal a cependant estimé que les infractions commises par la Slovénie n’étaient « pas de nature à autoriser la Croatie » à se retirer de la procédure.

La Cour arbitrale a rendu une décision sur le fond le 29 juin 2017. La Croatie a rappelé qu’elle ne reconnaissait pas la légitimité de l’arbitrage. Le 13 juillet 2018, la Slovénie a introduit un recours auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE), lui demandant de constater que la Croatie avait enfreint les articles 2 et 4 du TUE. Par arrêt du 31 janvier 2020, la Cour s’est déclarée incompétente.

  • Une normalisation progressive des relations serbo-croates

La normalisation des relations entre la Croatie et la Serbie est engagée depuis plusieurs années. La visite du vice-Premier ministre serbe, M. Vučić, à Zagreb en février 2018, a été accompagnée de gestes constructifs des autorités serbes. La normalisation des relations entre la Croatie et la Serbie porte sur le statut de leurs minorités (187 000 Serbes en Croatie en 2011, soit 4,4 % de la population, contre 12,2 % en 1991 ; 58 000 Croates en Serbie en 2011, soit 0,8 % de la population) et la gestion du passé (retour des réfugiés, échange d’informations sur les personnes disparues, restitution des biens culturels et cultuels, échange d’information pour l’avancement des procédures judiciaires). Toutefois, les travaux de la commission créée en février 2018 prennent du retard. Les sujets d’avenir portent sur la coopération économique (levée des obstacles à l’installation de sociétés serbes en Croatie, impact de l’entrée dans l’UE, etc.) et le futur européen commun (projets transfrontaliers avec le concours de crédits européens, soutien politique et technique à l’adhésion de la Serbie, etc.) Le gouvernement Plenković souhaite avancer sur les questions mémorielles et sur la question de la réconciliation nationale, notamment avec la minorité serbe :

  • la nomination d’un vice-Premier ministre issu de la minorité serbe, M. Milosevic, chargé des questions sociétales et des droits de l’homme
  • l’hommage aux victimes serbes de l’opération tempête (5 août 2020) et des massacres de Grubori (25 août 2020)
  • L’engagement à l’OTAN en faveur de la sécurité et la stabilisation

L’entrée de la Croatie au sein de l’OTAN est devenue effective depuis le sommet d’avril 2009. La priorité a été accordée à la participation aux opérations extérieures de l’OTAN ainsi qu’à la mesure de réassurance à l’égard de la Russie (participation au dispositif eFP avec, fin 2017, une batterie de lance-roquettes multiple en Pologne et une compagnie d’infanterie en Lituanie aux côté de la France). La Croatie participe également aux opérations en Afghanistan et à la KFOR au Kosovo.

La Croatie insiste sur la complémentarité entre l’OTAN et l’Europe de la défense. Elle participe à la coopération structurée permanente.

Enfin, la Croatie a assuré la présidence du comité ministériel du Conseil de l’Europe de mai à novembre 2018. L’ancienne ministre des affaires étrangères Marija Pejčinović Burić est Secrétaire générale du Conseil de l’Europe depuis septembre 2019.

La flotte de l’armée de l’air croate (MIG-21 soviétiques) est vieillissante et doit être renouvelée d’ici 2023. En 2019, la Croatie a lancé un premier appel d’offre pour remplacer les MIG-21 mais, après l’annulation d’un contrat de vente de 12 F-16 Barak israéliens d’occasion (1) , le gouvernement croate a dû relancer un nouvel appel d’offres pour l’achat de 12 avions militaires. Outre la France, six autres pays ont officiellement manifesté leur intérêt : la Suède, les Etats-Unis, la Norvège, le Danemark, l’Italie et Israël. Seuls 4 pays ont présenté une offre finale, et le 28 mai, la Croatie a annoncé son choix de l’offre française de 12 avions Rafale d’occasion.

(1) Les Etats-unis s’y sont opposés, car les f-16 de fabrication américaine avaient été améliorés par l’industrie israélienne ; pour des raisons de transfert de technologie et de propriété intellectuelle, les Etats-unis ont donc refusé la vente par Israël des F16 améliorés.

  • Un dialogue régulier avec les partenaires russes et chinois

La Croatie maintient un dialogue régulier avec la Russie et l’Ukraine. La présidente croate s’est entretenue avec S. Lavrov en février 2017, après que le premier ministre croate s’est rendu en Ukraine à l’automne 2016, puis M. Lavrov est venu en Croatie en décembre 2020 (dans la foulée de la tournée du chef de la diplomatie américaine dans les Balkans). Zagreb n’a cependant pas donné suite aux appels répétés de la Russie sur l’acquisition du vaccin Sputnik V, celui-ci n’ayant pas été approuvé par l’Agence européenne des médicaments. La Croatie entretient par ailleurs un dialogue avec Pékin en particulier sur les questions économiques et la construction des infrastructures de réseau, notamment dans le cadre de sa participation au format 17+1 auquel elle reste pour l’instant attachée et de l’initiative des Nouvelles routes de la soie.

Situation économique

(source : Direction générale du Trésor)

Peuplée de 4 millions d’habitants, forte d’une influente diaspora, la Croatie possède une économie de niveau intermédiaire entre la Slovénie voisine (qui est proche de la moyenne européenne) et les pays d’Europe du Sud Est. Sa façade maritime, son réseau d’autoroutes ainsi que la qualité des services associés (banques ; télécommunications ; ressources humaines) en font une destination touristique confirmée et une plate-forme logistique potentielle pour l’hinterland d’Europe centrale, de l’est et les Balkans.

La Croatie bénéficiait d’une situation macroéconomique stabilisée au début de l’année 2020 (croissance du PIB, de +3,0 % en 2019 après +2,6 % en 2018 et initialement estimée à + 2,8 % pour 2020 ; dette publique en diminution régulière depuis 2015 avec 71,3 % du PIB fin 2019 et des prévisions à 68 % fin 2020 et à 64,4 % fin 2021 ; et un déficit public à l’équilibre). Le pays a ainsi intégré le MCE2 en juillet 2020.
Toutefois, en dépit de l’amélioration des finances publiques du pays depuis 2013, des difficultés de rattrapage persistent (PIB/hab PPA de 63 % de la moyenne de l’UE) et la croissance reste très dépendante du tourisme et de la consommation intérieure. L’excédent courant enregistré depuis 2013 repose ainsi essentiellement sur la balance des services (tourisme) et les remises (4,3 % du PIB en 2018) qui compensaient le déficit commercial croissant (18,6 % PIB). L’importance de l’endettement public et privé en devises (euro), la faiblesse de la base industrielle et des exportations (23,7 % du PIB) constituaient autant de vulnérabilités macroéconomiques.

Cette dynamique économique a été fortement impactée par la pandémie, à l’origine à ce jour de 9360 décès (soit 0,22% de la population). Les mesures de confinement de l’économie et la nette diminution du nombre de touristes étrangers dans le pays ont entrainé une forte récession économique en 2020, une hausse du chômage et une aggravation des indicateurs macro-économiques. La croissance du PIB a été de -8% en 2020. Cependant, les résultats sont finalement moins mauvais que prévu : chute moins importante que prévue du secteur touristique, augmentation de la production industrielle au dernier trimestre, contraction du déficit de la balance commerciale, augmentation du chômage moindre qu’escompté.

La dette publique a fortement augmenté, de 71,5% en 2019 à 83,3% en 2020. Cette hausse de 12 points efface les bons résultats des années précédentes (réduction de la dette publique à un rythme annuel de 2,5%) et ramène le pays au niveau de l’endettement de l’année 2016. Toutefois, contrairement à beaucoup d’autres économies de la région (Pologne, Hongrie, République tchèque, etc.), la monnaie croate (Kuna ou HRK) s’est relativement peu dépréciée en 2020, du fait des efforts importants consentis par la Banque centrale croate (HNB) pour stabiliser la monnaie nationale. La dépréciation de la Kuna par rapport à l’euro (EUR) était de l’ordre de 2%, en 2020 contre 8% pour le Forint hongrois par rapport à l’euro. Cette relative stabilité perdure en 2021.

Tenant compte de ces résultats meilleurs qu’imaginés et d’une assez bonne saison touristique, ainsi que des 24 Mds € qu’il doit percevoir au titre du CFP 2021-2027, le gouvernement maintient ses prévisions de croissance à + 5,5% pour cette année et de réduction progressive des déficits publics de 87,3 en 2020 à 81,2% en 2023.

Mise à jour : 07.12.21

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