Présentation de la Croatie

Données générales

CROATIE {JPEG}

Présentation du pays

Nom officiel : République de Croatie
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’Etat : Kolinda Grabar-Kitarović (Présidente élue le 11 janvier 2015)
Chef du gouvernement : M. Andrej Plenković (investi le 19 octobre 2016)

Données géographiques

Superficie : 56 594 km²
Capitale : Zagreb - 800 000 habitants (1,1 million avec l’agglomération)
Villes principales : Split (190.000 hab), Rijeka (145.000 hab), Osijek, Zadar
Langue (s) officielle (s) : croate
Langue (s) courante (s) : croate
Monnaie : kuna (HRK) (1 € = environ 7,6 HRK)
Fête nationale : 25 juin (anniversaire de la déclaration d’indépendance de 1991)

Données démographiques

Population (2018) : 4 105 493 habitants
Densité : 72,54 hbts/km2
Croissance démographique : -1,19 %
Espérance de vie : 72,5 ans (hommes), 79,3 ans (femmes).
Taux d’alphabétisation : 98,5%.
Religion (s) : catholicisme majoritaire (87,8%), orthodoxes (4,4%), musulmans (1,3%), protestants (0.3%)
Indice de développement humain (2016) : 0,827 (45e IDH mondial)

Données économiques

PIB (2017) : 47,19 milliards d’euros
PIB par habitant (2017) : 11 406 euros
Croissance (2017) : 3,2 %
Chômage (2018) : 9 %
Inflation (2016) : +1,2%
Solde budgétaire (2017) : -0,9% du PIB
Balance commerciale (2016) : -16,2% du PIB
Principaux clients : Italie (14%), Slovénie (13%), Allemagne (12%), Bosnie-Herzégovine (9%), Autriche (6%) (France : 2%)
Principaux fournisseurs : Allemagne (22%), Italie (17%), Slovénie (15%), Autriche (11%), Hongrie (10%) (France : 3%).
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016) :

  • agriculture : 3,30%
  • industrie : 22,10 %
  • services : 74,60 %

Exportations de la France vers la Croatie : 473 Millions d’euros (2017)
Importations françaises depuis la Croatie : 196 Millions d’euros (2016)

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/Pays/croatie

Présence française

Site internet de l’ambassade : http://www.ambafrance-hr.org/
Consulat(s) : Section consulaire de l’Ambassade de Zagreb et agences consulaires à Split et à Dubrovnik
Communauté française : 1 010 personnes étaient immatriculées au registre des Français établis hors de France en juillet 2018, auxquelles s’ajoutent 129 personnes inscrites au Registre de protection. Environ 200 non-inscrits. Environ 530 000 touristes français par an.

Communauté croate en France : 40 000 personnes environ.

Eléments d’actualité

Politique intérieure

Le système politique croate est un régime parlementaire où le Premier ministre, issu de la majorité au Parlement, conduit la politique nationale et étrangère et représente la Croatie au Conseil européen. Le président de la République est non exécutif, bien qu’élu au suffrage universel direct (héritage de la Constitution de 1991 modifié en 2000), et il est formellement chef des armées.
Les élections présidentielles du 11 janvier 2015 ont été remportées par Kolinda Grabar-Kitarović, dont la candidature avait été présentée par le parti conservateur HDZ (Union démocratique croate, affilié au Parti populaire européen) sur un programme mettant en avant le nécessaire ancrage de la Croatie à l’UE et àl’OTAN. Le thème du retour à la croissance et à l’emploi a également été central, le pays ayant été affecté par la crise financière et ses conséquences.
Issue des élections anticipées de septembre 2016, la coalition parlementaire d’Andrej Plenković comprend une majorité HDZ affilié au PPE (55 députés) et plusieurs partis alliés dont le HNS de centre gauche (5 députés), les représentants des minorités (8 députés) et de divers droite (9 députés). En avril 2018, l’unique député d’une petite formation a quitté la majorité : celle-ci ne dispose plus que d’une voix de majorité. (77 députés, soit majorité +1)

L’opposition parlementaire sociale-démocrate (au pouvoir de décembre 2011 à janvier 2016) demeure à ce stade en phase de redéfinition de son projet.
Andrej Plenković, ex-député européen, a été choisi au sein du HDZ pour conduire une campagne électorale à l’été 2016 principalement sur le thème des valeurs européennes et des réformes économiques et sociales. Son objectif a été de tourner la page de la crise politique suscitée par le précédent gouvernement, également à majorité HDZ (janvier à septembre 2016), et comptant un ministre de la culture qui suscitait de nombreuses polémiques, Zlatko Hasanbegović, et un vice-premier ministre, Tomislav Karamarko, également chef du parti, poussé à la démission pour des accusations de corruption dans le rachat d’actions de la société pétrolière nationale.

Andrej Plenković a d’abord gouverné en coalition avec le parti conservateur Most. En mai et juin 2017, dans un contexte marqué par les débuts de la crise du géant agroalimentaire Agrokor (15% du PIB croate), le HDZ a remporté les élections locales. Il a alors changé de partenaire de coalition gouvernementale, en s’ouvrant au HNS (centre gauche), désormais en charge de la réforme de l’éducation nationale, véritable marqueur de la capacité du gouvernement à faire évoluer la société.

Le gouvernement vise quatre objectifs principaux d’ici 2020 : une croissance économique stable et durable, la création de nouveaux emplois, un renouveau démographique et le découragement des départs massifs vers l’étranger, l’équité sociale et la solidarité. Concernant l’Union européenne, il poursuit les négociations en vue de l’adhésion à l’espace Schengen et à la Zzone euro (objectif visé en 2022) et prépare la première présidence croate du Conseil de l’UE (1er semestre 2020). Concernant la coopération régionale, le nouveau gouvernement a indiqué qu’il soutiendrait les pays de la région dans leurs efforts pour adhérer à l’UE et à l’OTAN, et qu’il considérait l’avenir européen de la Bosnie-Herzégovine et des autres pays des Balkans occidentaux comme un objectif majeur de politique étrangère.

Le gouvernement Plenković bénéficie d’une embellie économique et de l’essor du tourisme (croissance de près de 3% en 2017 pour un PIB de 44 Mds€, dont 20% lié au tourisme). Mais il a été confronté depuis le printemps 2017 à la gestion de la faillite financière du géant agroalimentaire Agrokor et ses répercussions sur la vie économique et politique. Dans ce contexte intérieur complexe, le gouvernement Plenković est en constante recherche d’équilibre politique entre son aile la plus conservatrice et ses objectifs déclarés.

Situation économique(source : Direction générale du Trésor)

Peuplée de 4,2 millions d’habitants, dont le revenu moyen atteint, en parité de pouvoir d’achat, 61 % de la moyenne de l’Union européenne, la Croatie est l’une des économies les plus avancées, en Europe du Sud-Est, dans le processus de convergence. Pendant les années 2000, la Croatie a connu une croissance de 4,2% par an, avec des indicateurs macroéconomiques stables. La crise de 2008-2009 a entraîné une récession, avec une contraction du crédit et de l’investissement, un fort ralentissement de la demande et une augmentation du chômage. Cette récession (-13,1% de PIB entre 2009 et 2014) et la contraction des recettes fiscales ont contribué à l’accroissement des déficits publics et de la dette publique (86,7% en 2015). A son entrée dans l’Union en 2014, la Croatie était donc toujours en récession et a fait l’objet d’une procédure de déficits excessifs dont elle est sortie en juin 2017.

Depuis 2015, l’économie croate croit de 3% par an. En 2018, les prévisions de croissance sont de l’ordre de +2,7% à 3%.
Tirée par la demande externe, mais aussi par la consommation interne et les investissements, soutenus depuis 2015 par les fonds européens, la conjoncture s’est améliorée. La Croatie bénéficie de fonds structurels européens substantiels (10,6 Mds EUR sur la période 2014-2020, soit 3,3% de PIB). L’économie reste toutefois vulnérable, exposée à des risques structurels (démographie déclinante, chômage élevé, productivité faible, taille de l’économie informelle, transition inachevée, poids de la dette et risque de renchérissement des taux, dépendance de l’économie au secteur touristique). A moyen et long termes, la consolidation de la croissance dépend de l’achèvement du processus de transition, dont la modernisation du service public et le renforcement du secteur privé, et de la valorisation des avantages comparatifs.

Par ailleurs, le gouvernement croate souhaite mettre en œuvre des réformes structurelles pour renforcer la compétitivité de son économie (adoption en 2017 d’une réforme fiscale).

Politique étrangère

L’engagement régional

La Croatie est engagée activement dans la coopération régionale et se présente comme un élément stabilisateur, qui soutient les efforts de tous les pays de la région pour rejoindre l’UE et l’OTAN. Le gouvernement a fixé, comme priorité de sa politique étrangère, l’élargissement de l’Union européenne aux Balkans occidentaux. La Croatie suit avec attention la situation en Bosnie-Herzégovine, où la population croate représente environ 14 % de la population totale.
Zagreb co-préside avec la Slovénie le processus de « Brdo-Brijuni » et a organisé à Dubrovnik le 15 juillet 2014 la deuxième édition du sommet informel des chefs d’Etats de la région, ainsi qu’un nouveau sommet, le 24 novembre 2015 à Zagreb, marqué par la participation du Vice-Président américain Joe Biden. La Croatie s’implique également en faveur du processus de Berlin.

Le différend territorial slovéno-croate de la Baie de Piran

Traditionnellement bonnes, les relations avec la Slovénie sont perturbées par ce différend frontalier. La Croatie s’est retirée unilatéralement en juillet 2015 d’une procédure d’arbitrage, initiée en 2009 devant un tribunal dépendant de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, destinée à trancher un différend territorial vieux de vingt ans portant sur la Baie de Piran. Zagreb reprochait aux autorités slovènes des interférences dans la procédure d’arbitrage, qui ont conduit à la démission du juge arbitre slovène. Dans une décision rendue le 30 juin 2016, le Tribunal a estimé que les infractions commises par la Slovénie n’étaient « pas de nature à autoriser la Croatie » à se retirer de la procédure d’arbitrage, que le Tribunal entend désormais poursuivre.

La Cour arbitrale a rendu une décision sur le fond le 29 juin 2017. La Croatie a rappelé qu’elle ne reconnaissait pas la légitimité de l’arbitrage. La France, comme l’Union européenne et d’autres partenaires, espère que la sentence arbitrale sera respectée et que ce différend territorial pourra être réglé rapidement de façon définitive, dans un esprit constructif et de dialogue.

Une normalisation progressive des relations serbo-croates

La normalisation des relations entre la Croatie et la Serbie est engagée depuis plusieurs années. La visite du vice-Premier ministre serbe, M. Vučić, à Zagreb en février 2018, a été accompagnée de gestes constructifs des autorités serbes, particulièrement dans le domaine mémoriel. La normalisation des relations entre la Croatie et la Serbie porte sur le statut de leurs minorités (187 000 Serbes en Croatie en 2011, soit 4,4 % de la population, contre 12,2 % en 1991 ; 58 000 Croates en Serbie en 2011, soit 0,8 % de la population) et la gestion du passé (retour des réfugiés, échange d’informations sur les personnes disparues, restitution des biens culturels et cultuels, échange d’information pour l’avancement des procédures judiciaires). Les sujets d’avenir portent sur la coopération économique (levée des obstacles à l’installation de sociétés serbes en Croatie, impact de l’entrée dans l’UE, etc.) et le futur européen commun (projets transfrontaliers avec le concours de crédits européens, soutien politique et technique à l’adhésion de la Serbie, etc.).

L’engagement à l’OTAN en faveur de la sécurité et la stabilisation

L’entrée de la Croatie au sein de l’OTAN est devenue effective depuis le sommet d’avril 2009. La priorité a été accordée à la participation aux opérations extérieures de l’OTAN ainsi qu’à la mesure de réassurance à l’égard de la Russie (participation au dispositif eFP avec, fin 2017, une batterie de lance-roquettes multiple en Pologne et une compagnie d’infanterie en Lituanie aux côté de la France). La Croatie participe également aux opérations en Afghanistan et à la KFOR au Kosovo.

La Croatie insiste sur la complémentarité entre l’OTAN et l’Europe de la défense. Elle participe à la coopération structurée permanente.
Enfin, la Croatie assure la présidence du comité ministériel du Conseil de l’Europe de mai à novembre 2018.

Mise à jour : 08.10.18

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