Présentation de la Croatie

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Présentation du pays

CROATIE {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République de Croatie
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’Etat : M. Zoran Milanović
Chef du gouvernement : M. Andrej Plenković (investi le 19 octobre 2016)

Données géographiques

Superficie : 56 594 km²
Capitale : Zagreb - 800 000 habitants (1,1 million avec l’agglomération)
Villes principales : Split (190.000 hab), Rijeka (145.000 hab), Osijek, Zadar
Langue (s) officielle (s) : croate
Langue (s) courante (s) : croate
Monnaie : kuna (HRK) (1 € = environ 7,6 HRK)
Fête nationale : 30 mai

Données démographiques

Population (2018) : 4 105 493 habitants
Densité : 72,54 hbts/km2
Croissance démographique : -1,19 %
Espérance de vie : 72,5 ans (hommes), 79,3 ans (femmes).
Taux d’alphabétisation : 98,5%.
Religion (s) : catholicisme majoritaire (87,8%), orthodoxes (4,4%), musulmans (1,3%), protestants (0.3%)
Indice de développement humain (2016) : 0,827 (45e IDH mondial)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le système politique croate est un régime parlementaire où le Premier ministre, issu de la majorité au Parlement, conduit la politique nationale et étrangère et représente la Croatie au Conseil européen. Le président de la République est non exécutif, bien qu’élu au suffrage universel direct, et il est formellement chef des armées.

Le pays est aujourd’hui en période de campagne électorale, après l’annonce (le 14 mai) d’élections anticipées en juillet par le gouvernement conservateur (HDZ) en place depuis 4 ans.

Les dernières élections dans le pays, les élections présidentielles du 5 janvier 2020, ont été remportées par Zoran Milanović, dont la candidature avait été présentée par le SDP (Parti social-démocrate croate, affilié au Parti socialiste européen). Dans une campagne qui a largement été dominée par les débats mémoriels, M. Milanović a fait campagne sous le slogan d’une « Croatie normale » et pro-européenne, face à la présidente sortante, Mme Kolinda Grabar-Kitarović (HDZ) qui n’est pas parvenue à rallier au second tour les partisans de M. Miroslav Škoro (nationaliste).

Issue des élections anticipées de septembre 2016, la coalition parlementaire d’Andrej Plenković (77 députés, soit majorité +1) gère actuellement les affaires courantes jusqu’aux élections de juillet. Elle comprend une majorité HDZ (55 députés) et plusieurs partis alliés dont le HNS de centre gauche (5 députés), les représentants des minorités (8 députés) et de divers droite (10 députés). En avril 2018, l’unique député d’une petite formation a quitté la majorité : celle-ci ne dispose depuis que d’une voix de majorité. L’opposition parlementaire sociale-démocrate qui était affaiblie depuis l’échec des élections de 2016, est revenue sur le devant de la scène après l’élection de Zoran Milanović à la présidence de la République en janvier 2020 et le bon score du SDP aux élections européennes de mai 2019.

De 2016 à 2020, les priorités du gouvernement ont été l’adhésion à l’espace Schengen, l’intégration à la zone Euro et la présidence croate du Conseil de l’UE. Toutes les réformes ont été menées dans ces perspectives et les efforts demandés à la population se sont inscrits sous le leitmotiv de la nécessaire convergence avec les politiques européennes.

La Croatie assure, au premier semestre 2020, pour la première fois, la présidence du conseil de l’UE. Le programme est articulé autour de quatre axes (Europe qui se développe, qui connecte, qui protège, qui a de l’influence). Les priorités politiques sont les suivantes : cohésion, démographie, compétitivité, formation, mobilité, croissance écologique durable, sécurité, état de droit, connectivité, climat, cadre financier pluriannuel (budget européen), aide au développement, relations UE/OTAN, Balkans occidentaux (sommet de Zagreb de mai 2020).

Face à l’épidémie de coronavirus, les décisions prises par le gouvernement sont saluées. Alors que le HDZ a perdu les élections présidentielles, la bonne gestion de la crise semble profiter à M. Andrej Plenković, qui a été réélu en mars 2020 à la tête du HDZ. Dans ce contexte, le gouvernement, fort de sa majorité, a annoncé le 14 mai dernier que des élections législatives anticipées auraient lieu début juillet. Le Parlement a voté sa destitution le 18 mai, ouvrant ainsi une période d’affaires courantes (« gouvernement technique »). Le Président Milanović (SDP) a fixé la date des élections parlementaires au 5 juillet prochain.

Politique étrangère

  • L’engagement régional

La Croatie est engagée activement dans la coopération régionale et se présente comme un élément stabilisateur qui soutient les efforts de tous les pays de la région pour rejoindre l’UE et l’OTAN. Le gouvernement a fixé, comme priorité de sa politique étrangère, l’élargissement de l’Union européenne aux Balkans occidentaux. La Croatie suit avec attention la situation en Bosnie-Herzégovine, où la population croate représente environ 14 % de la population totale.
Zagreb co-préside avec la Slovénie le processus de « Brdo-Brijuni » et s’implique également en faveur du processus de Berlin, qui réunit les six pays des Balkans occidentaux et huit Etats membres de l’UE (France, Allemagne, Autriche, Croatie, Italie, Royaume-Uni, Slovénie, Pologne).

  • Le différend territorial slovéno-croate de la Baie de Piran

La Croatie s’est retirée unilatéralement en juillet 2015 de la procédure d’arbitrage, initiée en 2009 devant un tribunal dépendant de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, destinée à trancher un différend territorial vieux de vingt ans sur la délimitation de la frontière terrestre et maritime. Zagreb a en effet reproché aux autorités slovènes des interférences dans la procédure d’arbitrage. Dans une décision rendue le 30 juin 2016, le Tribunal a cependant estimé que les infractions commises par la Slovénie n’étaient « pas de nature à autoriser la Croatie » à se retirer de la procédure.
La Cour arbitrale a rendu une décision sur le fond le 29 juin 2017. La Croatie a rappelé qu’elle ne reconnaissait pas la légitimité de l’arbitrage. Le 13 juillet 2018, la Slovénie a introduit un recours auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE), lui demandant de constater que la Croatie avait enfreint les articles 2 et 4 du TUE. Suite à la publication au Journal officiel de l’UE des conclusions slovènes, la Croatie a adressé ses observations à la Cour en décembre 2018. Rejetant la validité de la sentence arbitrale et le fait qu’elle ait déterminé la frontière entre les deux pays, la Croatie rejette la compétence de la CJUE en la matière et conteste que son refus constitue une violation du droit communautaire.

  • Une normalisation progressive des relations serbo-croates

La normalisation des relations entre la Croatie et la Serbie est engagée depuis plusieurs années. La visite du vice-Premier ministre serbe, M. Vučić, à Zagreb en février 2018, a été accompagnée de gestes constructifs des autorités serbes. La normalisation des relations entre la Croatie et la Serbie porte sur le statut de leurs minorités (187 000 Serbes en Croatie en 2011, soit 4,4 % de la population, contre 12,2 % en 1991 ; 58 000 Croates en Serbie en 2011, soit 0,8 % de la population) et la gestion du passé (retour des réfugiés, échange d’informations sur les personnes disparues, restitution des biens culturels et cultuels, échange d’information pour l’avancement des procédures judiciaires). Les sujets d’avenir portent sur la coopération économique (levée des obstacles à l’installation de sociétés serbes en Croatie, impact de l’entrée dans l’UE, etc.) et le futur européen commun (projets transfrontaliers avec le concours de crédits européens, soutien politique et technique à l’adhésion de la Serbie, etc.).

  • L’engagement à l’OTAN en faveur de la sécurité et la stabilisation

L’entrée de la Croatie au sein de l’OTAN est devenue effective depuis le sommet d’avril 2009. La priorité a été accordée à la participation aux opérations extérieures de l’OTAN ainsi qu’à la mesure de réassurance à l’égard de la Russie (participation au dispositif eFP avec, fin 2017, une batterie de lance-roquettes multiple en Pologne et une compagnie d’infanterie en Lituanie aux côté de la France). La Croatie participe également aux opérations en Afghanistan et à la KFOR au Kosovo.
La Croatie insiste sur la complémentarité entre l’OTAN et l’Europe de la défense. Elle participe à la coopération structurée permanente.
Enfin, la Croatie a assuré la présidence du comité ministériel du Conseil de l’Europe de mai à novembre 2018.

Situation économique

(source : Direction générale du Trésor)

Peuplée de 4 millions d’habitants, forte d’une influente diaspora, la Croatie possède une économie de niveau intermédiaire entre la Slovénie voisine (qui est proche de la moyenne européenne) et les pays d’Europe du Sud Est. Sa façade maritime, son réseau d’autoroutes ainsi que la qualité des services associés (banques ; télécommunications ; ressources humaines) en font une destination touristique confirmée et une plate-forme logistique potentielle pour l’hinterland d’Europe centrale, de l’est et les Balkans.

La Croatie bénéficiait d’une situation macroéconomique stabilisée au début de l’année 2020 (croissance du PIB, de +3,0 % en 2019 après +2,6 % en 2018 et initialement estimée à + 2,8 % pour 2020 ; dette publique en diminution régulière depuis 2015 avec 71,3 % du PIB fin 2019 et des prévisions à 68 % fin 2020 et à 64,4 % fin 2021 ; et un déficit public à l’équilibre).
Le pays se préparait ainsi pour envisager une accession au MCE2 en 2020. Les autorités croates affichaient une grande confiance sur la capacité de leur pays à rejoindre le MCE II et l’Union Bancaire avant 2021.
Toutefois, en dépit de l’amélioration des finances publiques du pays depuis 2013, des difficultés de rattrapage persistaient et la croissance restait très dépendante du tourisme et de la consommation intérieure.

Contrairement à beaucoup d’autres économies de la région , la monnaie croate (Kuna ou HRK) s’est relativement peu dépréciée, suite aux efforts importants consentis par la Banque centrale croate (HNB) pour stabiliser la monnaie nationale. La dépréciation de la Kuna par rapport à l’euro (EUR) est de l’ordre de 2%. Cette relative stabilité devrait perdurer en Croatie pour l’année 2020.

Mise à jour : 29.05.20

Informations complémentaires