Présentation de la Colombie

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Présentation du pays

COLOMBIE {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République de Colombie
Nature du régime : régime présidentiel (Constitution de 1991)
Chef de l’Etat : M. Ivan Duque Marquez, en fonctions depuis le 7 août 2018

Données géographiques

Superficie : 1,1 M km² (Banque mondiale)
Capitale : Bogotá (plus de 8 M d’hab.), à 2 640 mètres d’altitude
Villes principales (estimations 2019) : Medellin (2,5 M), Cali (2,47 M), Barranquilla (1,2 M), Carthagène (1 M)
Langue officielle : espagnol
Autres langues : environ 85 langues autochtones
Monnaie : peso colombien (1€ = 4470 pesos, 1$USD = 3784 pesos au 01/08/2020)
Fête nationale : 20 Juillet, jour de l’indépendance

Données démographiques

Population : 50,3 M (2020), urbaine à 80,8%
Densité : 42,2 hab./km²
Croissance démographique : 1,5 % par an (BM, 2018)
Espérance de vie : 77,1 ans (PNUD, 2019)
Taux d’alphabétisation : 94,7% (PNUD)
Religion : catholiques 72%, évangélistes estimés à 13%
Indice de développement humain (2019) : 0.761 (79ème rang mondial, PNUD)
Coefficient de Gini (2018) : 0.585 (0 = plus grande égalité de revenus, 1 = plus forte disparité)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

La signature de l’Accord de Paix entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), négocié sous la présidence de Juan Manuel Santos, et entré en vigueur le 1er décembre 2016, a profondément marqué le paysage politique colombien. Si la première guérilla du pays s’est démobilisée et transformée en parti politique, les défis du post-conflit restent à relever (réforme rurale, réinsertion socio-économique des ex-guérilleros, substitution des cultures illicites, réconciliation et réparation aux victimes).

Iván Duque, candidat du Centre démocratique (conservateur), parti critique vis-à-vis de l’Accord, a été élu Président de la République en juin 2018. Il a cependant confirmé à son arrivée au pouvoir qu’il poursuivrait sa mise en œuvre, tout en procédant à des "ajustements". Sa tentative de remise en cause de la loi statutaire sur la justice transitionnelle (Juridiction Spéciale pour la Paix, JEP) n’a cependant pas abouti. La Juridiction Spéciale pour la Paix poursuit son travail et doit prononcer ses premières peines en 2022.

La paix reste fragile en Colombie, comme en témoignent les niveaux élevés de violence dans plusieurs régions du pays et le nombre d’assassinats de défenseurs des droits et de leaders communautaires. Par ailleurs, les pourparlers engagés par Juan Manuel Santos avec la seconde guérilla du pays, l’ELN, à partir de février 2017 ont été gelés avec l’arrivée au pouvoir d’Ivan Duque puis stoppés suite à l’attentat du 17 janvier 2019 dans une école de police de Bogotá, qui a fait 21 morts. Enfin, le 29 août 2019, trois anciens leaders des FARC ont annoncé leur décision de reprendre les armes.

Le contexte social est également sensible. En novembre et décembre 2019, de grandes mobilisations ont été organisées, notamment contre des réformes sur les retraites, la fiscalité et la loi du travail. Le mouvement s’est éteint de lui-même, après la mise en place par le gouvernement d’un grand dialogue national et avec l’arrivée de la pandémie de covid-19. En septembre 2020, suite à une bavure policière, Bogota a connu deux jours de violentes émeutes, provoquant 13 morts et plus de 400 blessés. En avril et mai, la Colombie a fait face à un nouveau mouvement social, dirigé au départ contre la réforme fiscale et puis regroupant des revendications diverses (réforme de la police, accès à la santé, à l’éducation, application de l’accord de paix, droits des minorités, protection économique et sociale). Bien que majoritairement pacifiques, les manifestations ont donné lieu à des heurts violents, notamment dans la ville de Cali ; le bilan est de 30 à 80 morts selon les sources et plus de 2 000 blessés.

Des élections législatives et présidentielle se tiendront respectivement en mars et mai-juin 2022. Les principaux candidats sont : à gauche, pour le « Pacto Historico », Gustavo Petro, actuellement en tête dans les sondages d’opinion ; au centre, pour « Centro Esperanza » -coalition dans laquelle se présente notamment la Franco-colombienne ancienne otage des FARC Ingrid Betancourt- Sergio Fajardon arrivé en 3e position en 2018 ; à droite, le candidat de la coalition "Equipo por Colombia", Federico Gutierrez, ancien maire de Medellin.

Par ailleurs, avec 5,8 millions de cas et plus de 130 000 décès, la Colombie est le 13e pays au monde le plus touché par la crise de la covid-19.

Politique étrangère

La Colombie se caractérise traditionnellement par son engagement pro-occidental et par sa capacité à assumer des responsabilités dans la lutte contre les menaces transversales (narcotrafic, blanchiment d’argent, terrorisme…). Alors que le président Santos avait élargi les partenariats de la Colombie, le président Duque a repris des relations privilégiées avec les Etats-Unis de Donald Trump. Depuis l’arrivée de Joe Biden, Ivan Duque cherche à se rapprocher de la nouvelle administration.

Le pays est particulièrement actif au sein de l’Organisation des Etats Américains (OEA), instance privilégiée de discussion des problématiques régionales. La Colombie développe ses relations avec l’Asie-Pacifique : elle est notamment cofondatrice avec le Pérou, le Chili et le Mexique en avril 2011 de l’Alliance pour le Pacifique (intégration souple sur une base économique libérale). Face à l’étiolement de l’Union des Nations sud-américaines (Unasur), qu’elle a quittée en août 2019, la Colombie se rapproche du forum Prosur (santé, démocratie, défense, environnement) créé par le Chili.

Accueillant plus d’1,8 million de migrants vénézuéliens depuis le début de la crise, le gouvernement colombien est très impliqué sur le dossier vénézuélien. Il adopte une position intransigeante vis-à-vis du régime Nicolas Maduro au sein du Groupe de Lima. Il a reconnu, dès le 23 janvier 2019, le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela. Contrairement aux autres pays de la région, la Colombie a mis en place une politique migratoire très ouverte et inclusive ; en février, Ivan Duque a annoncé la création d’un statut de protection pour les migrants vénézuéliens leur permettant de vivre de manière régulière pendant 10 ans sur le territoire.

La relation avec Cuba s’est détériorée ces derniers mois : suite à l’attentat de janvier 2019 perpétré par l’ELN, le président colombien a annoncé la fin des négociations de paix, se tenant à La Havane, avec cette guérilla, et a demandé l’extradition des négociateurs. Cuba s’y refuse, au nom du protocole de rupture des négociations.

Situation économique

Source : DG Trésor

Pays émergent de 50 M d’habitants doté de ressources naturelles abondantes (pétrole, charbon, minerais et café) et de la 2ème plus grande biodiversité au monde, la Colombie est la 4ème économie d’Amérique latine avec un PIB estimé à 271 Mds d’USD et un PIB par habitant de 5495 USD en 2020. Malgré un confinement strict qui a duré près de 6 mois, la Colombie a été durement touchée par la pandémie et a connu une récession historique de 6,8 % en 2020. Les défis sont nombreux : la Colombie occupe le 10ème rang des pays les plus inégalitaires au monde et la crise a eu pour conséquence une hausse marquée du chômage (passé de 10 % avant la crise à 15,6 % en mai 2021, avec un pic à 21,4 % en mai 2020), avec une augmentation du taux de pauvreté estimé à 42,5 % par le gouvernement colombien et 15,1 % pour l’extrême pauvreté en 2020. L’emploi informel continue de représenter 56 % de l’emploi total.

Afin de faire face à la crise, le gouvernement a mis en place un fonds d’urgence (FOME) doté de ressources équivalentes à 4,2 % du PIB dont les décaissements sont étalés en 2020 et 2021. Pour financer l’ensemble des mesures de soutien aux populations vulnérables, à l’emploi et aux entreprises, le gouvernement a abandonné sa trajectoire budgétaire pour 2020 et 2021 et le déficit se creuse (7,8 % du PIB en 2020) ainsi que la dette (52 % en 2019 à 63 % fin 2020). Le budget 2021 qui a été approuvé par le Parlement le 19 octobre 2020 atteint un montant de 70 Mds EUR (24,3 % du PIB, en hausse de 8,3 %). Le Plan de relance annoncé par le gouvernement a été porté à 12,5 % du PIB sur la période 2021-2026 et doit créer 2M d’emplois. Le système financier reste solide mais fait face à des risques sérieux. La Colombie n’éprouve pas de difficulté à assurer son financement sur les marchés obligataires internationaux.

En 2020, la Colombie enregistre un déficit de sa balance commerciale de 10,12 Mds USD, en baisse de 5,4 % par rapport à 2019, en raison d’un fort ralentissement des exportations de produits miniers mais aussi du faible dynamisme de secteurs importants pour le pays, comme l’agriculture. La Colombie entame sa 6ème année consécutive avec une balance commerciale déficitaire, soit depuis la fin du « super cycle » des matières premières, en 2014. En raison du ralentissement du commerce international et de la demande interne causé par la pandémie de Covid-19, les importations sont en baisse de 17,5%, à 41,18 Mds USD. Premier poste concerné par cette chute, les achats de produits manufacturés ont chuté de 13 points de pourcentage, en particulier les importations de véhicules et autre matériels de transports – notamment aéronefs. Par ailleurs, les achats de combustibles et de produits de l’industrie extractive ont baissé de 45% sur un an.

La crise mondiale déclenchée par la pandémie de Covid-19 a également eu un impact sur le volume des exportations colombiennes en 2020 puisqu’elles ont chuté de 21,4% par rapport à l’année précédente, pour atteindre 31,05 Mds USD. Les exportations de combustibles et de produits des industries extractives ont diminué de 39,5 % par rapport à 2019 et comptent à elles seules pour un quart de la baisse totale des exportations. Les ventes de produits manufacturés, second poste des exportations colombiennes ont chuté de 16,2 % sur l’année. A l’inverse, les exportations de produits alimentaires enregistrent une augmentation de +6,9 % par rapport à 2019, en raison de la hausse des exportations de viandes et de produits laitiers.

La Colombie a adhéré le 30 mai 2018 à l’OCDE, au terme de cinq années de processus d’adhésion. Les relations politiques avec la Colombie se sont considérablement densifiées sous le mandat de l’ex-président Juan Manuel Santos (2010-2018). Ce dernier s’était rendu à deux reprises à PariAvec cette décision, l’OCDE reconnait les nombreuses réformes entreprises par la Colombie en vue de cette accession. Toutefois, une feuille de route exigeante de réformes à mener a été fixée par l’OCDE.

Mise à jour : 02.03.22

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