Présentation de la Colombie

Données générales

Présentation du pays

COLOMBIE

Nom officiel : République de Colombie
Nature du régime : régime présidentiel (Constitution de 1991)
Chef de l’Etat : M. Ivan Duque, Président élu le 17 juin 2018

Données géographiques

Superficie : 1,1 M km² (Banque mondiale)
Capitale : Bogotá (près de 8 M d’hab.), à 2 640 mètres d’altitude
Villes principales (estimations 2015) : Medellin (2,46 M), Cali (2,37 M), Barranquilla (1,2 M), Carthagène (1 M)
Langue officielle : espagnol
Autres langues : environ 85 langues autochtones (guahibo, guambiano, arhuaco, inga, tucano, etc.)
Monnaie : peso colombien (1€ = 3445 pesos, 1$USD = 3075 pesos au 22/03/2016)
Fête nationale : 20 Juillet, jour de l’indépendance

Données démographiques
Banque mondiale / ONU

Population : 48,6 M, urbaine à 76,1%
Densité : 44 hab./km²
Croissance démographique : 0,98% par an (PNUD, 2010/2015)
Espérance de vie : 74 ans
Taux d’alphabétisation : 94%
Religion : catholique à 95%
Indice de développement humain (2015 : 0,73 (95éme rang mondial, PNUD) )
Coefficient de Gini (2015) : 0,522 (0 = plus grande égalité de revenus, 1 = plus forte disparité)

Données économiques (SE Bogota)

PIB (2016) : 282 Mds USD (FMI)
PIB par habitant (2016) : 5792 USD (FMI)
Taux de croissance (2016) : + 2%
Taux de chômage (2016) : 9,2 % (FMI)
Taux d’inflation (glissement annuel février 2016) : 7,59 %
Dette publique brute (2016) : 41,41% du PIB (FMI), dette externe : 49,2% du PIB% Déficit public : -3% (% PIB)
Réserves internationales (janv. 2016) : 46,7 Md USD (10 Mds USD en 2002)

Total des exportations (2015) : 35,7 Mds USD (-35% par rapport à 2014, du fait d’une baisse de 47,1% des exportations de pétrole, soit 12,8 Md$ et 36% du total exporté)
Total des importations (2015) : 54 Mds USD (-15,6%)

IDE : stock 2015 : 149,7 Mds USD (concentrés dans les secteurs des mines et des hydrocarbures). Flux 2015 : 12 Mds d’USD (4,08 points de PIB)

Principaux clients (2016) : Etats-Unis (31,8%), Panamá (6,2%), Pays-Bas (3,9%), Equateur (3,9%), , Espagne (3,7%)
Principaux fournisseurs (2016) : Etats-Unis (26,5%), Chine (19,2%), Mexique (7,6%), Brésil (4,7%), Allemagne (3,8%), , …, France (1,8% 10e fournisseur), Japon (2,27%).

Exportations de la France vers la Colombie (2016) : 629 millions d’€ (63ème client de la France)
Importations françaises depuis la Colombie (2016) : 378 millions d’€ (72ème fournisseur de la France)

Cf. site du ministère français de l’économie et des finances : http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/colombie

Communauté française en Colombie 5 649 inscrits au registre des Français (au 01/01/2017).
Réseau des 16 Alliances françaises : 30 000 élèves en 2014 (dont 13.000 à Bogota)
4 Lycées français à Bogota, Cali, Pereira et Medellin : 4 000 enfants élèves (80% de colombiens)
Communauté colombienne en France : 14.000 inscrits au Consulat de Colombie à Paris.

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Institutions

Constitution : la Colombie connaît un régime relativement stable, malgré les nombreux épisodes de violence, depuis son indépendance en 1819. Il s’agit d’un régime présidentiel (constitution de 1991), fondé sur une stricte séparation des pouvoirs, largement inspiré du modèle nord-américain, même si persistent des éléments de régime parlementaire.

Pouvoir exécutif
 : le président de la République et le vice-président sont élus au suffrage universel pour un mandat de quatre ans. La réforme des pouvoirs de juin 2015 est revenue au principe du mandat non renouvelable en vigueur avant la réforme constitutionnelle de 2004. Le président de la République cumule les fonctions de chef de l’État, chef du gouvernement et autorité administrative suprême.

Pouvoir législatif
 : il est exercé par un congrès bicaméral comprenant un sénat de 102 membres (circonscription unique) et une Chambre des représentants (circonscriptions territoriales) de 166 membres élus pour quatre ans.

Pouvoir judiciaire
 : il s’inspire du modèle français avec des spécificités, notamment l’existence d’un ministère public autonome, le « Fiscal » général, nommé par la Cour suprême à partir de trois candidats proposés par le président de la République. Le pouvoir judiciaire est exercé par la cour suprême de justice, la cour constitutionnelle et le conseil d’État.

Principaux partis politiques.

  • Le Parti Conservateur, l’un des pôles du bipartisme traditionnel colombien, s’est rangé dès 2002 aux côtés d’Alvaro Uribe (bien qu’issu du Parti Libéral) et a soutenu sa réélection en 2006. Il a perdu de son poids électoral mais conserve une place centrale sur l’échiquier politique, au congrès, au gouvernement comme lors des présidentielles de 2014 et 2018.
  • Le Parti Libéral, le deuxième pôle du bipartisme traditionnel, s’est opposé au président Uribe mais son candidat à l’élection présidentielle de 2010 a obtenu un mauvais résultat. Il a soutenu le Président Santos au sein de la coalition de l’Unité nationale en 2014 et demeure incontournable au Congrès. Son candidat, Humberto de la Calle, a réalisé un score décevant à la présidentielle de 2018.
  • Le Parti de la U (Parti social d’Unité nationale), créé en 2005 pour soutenir le président Uribe, est aujourd’hui le parti de Juan Manuel Santos. Il est sorti affaibli des législatives de mars 2018 et n’a pas présenté de candidat à la présidentielle.
  • Le Centro Democrático, créé en 2011 par l’ancien président Uribe comme force d’opposition de droite au président Santos. Déjà en tête lors des législatives de mars 2018, son candidat Ivan Duque a remporté l’élection présidentielle de juin 2018.
  • Le Parti Cambio radical, créé en 2001 aux côtés des deux partis traditionnels, est issu de l’aile droite du Parti libéral. Ce petit parti a soutenu le président Uribe, mais s’est opposé à sa réélection en 2006. Son candidat Germán Vargas Lleras a obtenu un bon résultat lors de l’élection présidentielle de 2010 (3ème position au premier tour). Soutien du président Santos lors de l’élection présidentielle de 2014, M. Vargas Lleras est devenu son vice-président à l’issue du scrutin, le 15 juin 2014. Il s’est présenté à la présidentielle de 2018 mais n’a obtenu qu’un résultat décevant.
  • Le Pôle démocratique alternatif, parti de gauche, regroupe diverses tendances qui sont autant d’obstacles à son émergence en tant que force d’alternance. Malgré son faible nombre d’élus au congrès, Clara Lopez a obtenu 15% des voix au premier tour de l’élection présidentielle du 25 mai 2014. Il a soutenu Gustavo Petro au second tour de la présidentielle de juin 2018 (42% des voix).
  • Le Parti Vert, regroupant diverses personnalités allant de la gauche au centre-droit, a émergé lors de l’élection présidentielle de 2010 et son candidat, Antanas Mockus, a créé la surprise en passant le premier tour (mais il n’a obtenu que 27,47% des voix au second tour contre le futur président, M. Santos, élu avec 69,13% des votes). Lors des élections législatives de mars 2014, le Parti Vert a fusionné pour devenir l’« Alianza Verde » mais a déçu lors de l’élection présidentielle de 2014 (8,28% au premier tour de l’élection présidentielle le 25 mai 2014) pour son candidat Enrique Peñalosa. Ce parti a soutenu la candidature du centriste Sergio Fajardo à la présidentielle de 2018, mais celui-ci, malgré ses 23%, n’est arrivé que troisième à l’issue du 1er tour.
  • La FARC (Fuerza alternativa revolucionaria del Comun). Il s’agit du parti politique qui a succédé à l’ex-guérilla des FARC (dont il a conservé le sigle). Né en aout 2017 dans la foulée de la démobilisation de l’ex-guérilla, ce parti s’est vu reconnaitre le droit de participer aux élections de 2018 en vertu des dispositions de l’accord de paix. Il n’a toutefois recueilli que 0,4% des voix aux législatives de mars 2018 et a renoncé à présenter un candidat à la présidentielle.

Évolution politique

Les résultats des élections parlementaires du 9 mars 2014 ont entériné la domination des partis de droite (Parti Libéral et Parti Conservateur) et de leurs variantes (Partido de la U du président Santos, Centro Democrático de l’ex-président Uribe, Cambio Radical), avec une majorité en faveur de M. Santos. Malgré la dynamique parlementaire, le candidat Santos s’est retrouvé en deuxième position le 25 mai 2014 à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle à laquelle se présentaient trois candidats de la droite traditionnelle : outre Juan Manuel Santos lui-même (Parti de la U, 25,69%), Marta Ramirez (Parti conservateur, 15,5%) et Oscar Ivan Zuluaga (Centro Democrático, 29,25%). Lors du deuxième tour, le 15 juin, M. Santos, qui avait axé l’essentiel de sa campagne sur la perspective d’un accord de paix avec les FARC, a inversé la tendance et remporté le scrutin avec 51% des suffrages contre 45% à son adversaire, M. Zuluaga.

Pour mettre un terme à un conflit de cinquante ans qui a fait plus de 200 000 morts et 7 millions de victimes, des négociations de paix ont été officiellement engagées par le président Santos avec la guérilla des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) le 19 novembre 2012 à La Havane, sous les auspices de Cuba et la Norvège, « pays garants » (le Chili et le Venezuela étant « pays accompagnateurs »).

L’accord de paix global entre le gouvernement colombien et les FARC, conclu à La Havane le 24 août 2016, traduit un tournant dans l’histoire de la Colombie. L’accord, formellement signé le 26 septembre à Carthagène, devait toutefois faire l’objet d’une approbation par le peuple colombien, le 2 octobre 2016.

Contre toute attente, ce référendum a vu la victoire du non à 50,21%, dans un contexte de forte abstention (près de 63%). Après trois semaines de négociations à La Havane, le gouvernement et les FARC sont parvenus à s’accorder sur un nouveau texte incluant des modifications issues du camp du Non à l’accord initial.

Ce nouvel accord a été signé le 24 novembre 2016 à Bogota et a fait l’objet d’une ratification par voie parlementaire, permettant d’enclencher au plus vite le processus de désarmement/démobilisation. Cette ratification au Congrès s’est faite alors que le camp d’Alvaro Uribe a maintenu sa ferme opposition au texte. L’accord de paix est finalement entré en vigueur le 1er décembre 2016.

Le processus de désarmement/démobilisation des ex guérilleros s’est achevé en juin 2017. La guérilla des FARC s’est officiellement transformée en août 2017 en un parti politique pouvant concourir aux élections législatives de mars 2018 et à la présidentielle de mai-juin 2018.

Des pourparlers se sont parallèlement engagés avec la seconde guérilla du pays, l’ELN, à partir de février 2017 à Quito puis désormais à la Havane, dans le but d’atteindre une « paix globale et définitive » en Colombie.

Le président Ivan Duque, élu en juin 2018 et issu du camp des adversaires de l’accord de paix, a promis ne pas « déchirer » ces accords mais plutôt d’y apporter des « correctifs », notamment dans le domaine de la lutte contre l’impunité.

Du fait de la guerre et des trafics (narcotrafic en premier lieu), la Colombie a souffert de graves violations des droits de l’Homme (disparitions, tortures et intimidations, violences faites aux femmes et aux défenseurs des droits, mines antipersonnel, enrôlement d’enfants soldats, populations déplacées). Au cours des dernières années, l’État colombien a multiplié ses efforts pour améliorer cette situation et renforcer sa coopération avec la communauté internationale : acceptation de l’examen périodique universel de la Commission des droits de l’Homme des Nations unies (en 2008, puis en 2013), instauration d’un dialogue formel sur les droits de l’Homme entre l’Union européenne et la Colombie (sous présidence française de l’UE, en 2008), levée de la réserve au statut de la Cour pénale internationale s’agissant des crimes de guerre (1er novembre 2009), renouvellement du mandat du Haut-commissariat aux droits de l’homme en Colombie (2011-2014, puis 2014-2018).

Situation économique
http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/colombie

La Colombie s’est inscrite à partir de 2015 dans un cadre macro-économique dominé par la chute des cours des matières premières, plus accusée encore dans le cas des hydrocarbures. Or, le pétrole (1 million de barils/jour en moyenne en 2015) représente, selon les années, 50 à 55% des exportations, un tiers de l’investissement direct étranger et un sixième environ des recettes budgétaires de la Colombie. Conséquence directe de la chute des cours du pétrole, le peso colombien s’est déprécié en moyenne annuelle de 37,3% par rapport au dollar, alors qu’il avait affiché au cours des 4 années précédentes une assez grande stabilité.

En 2016, la croissance du PIB s’est établie à 2%, dans le peloton de tête régional des principales économies, derrière le Pérou. En termes sectoriels, c’est, selon le ministère des finances, l’industrie qui connaît la plus forte croissance (prévisions de +7,5%), stimulée par la remise en service de la Raffinerie de Cartagena et par la substitution aux importations résultant de l’enchérissement des produits importés.

Politique étrangère

Depuis son arrivée au pouvoir, le Président Santos a élargi les orientations diplomatiques de la Colombie, après des années durant lesquelles les préoccupations sécuritaires intérieures (guérillas, narcotrafic) cantonnaient le pays à une relation quasi-exclusive avec les Etats-Unis.

Au plan régional, la Colombie appartient au « groupe de Lima » qui adopte une position très critique vis-à-vis du régime de Nicolas Maduro au Venezuela. Les relations entre Caracas et Bogota se sont d’ailleurs tendues depuis la dégradation de la situation sécuritaire et politique au Venezuela.

La Colombie développe ses relations avec l’Asie-Pacifique. Cofondatrice avec le Pérou, le Chili et le Mexique en avril 2011 de l’Alliance pour le Pacifique (intégration souple sur une base économique libérale), la Colombie est très bien positionnée entre les trois Amériques (nord-sud et centre) et la façade asiatique.

Le pays restant l’un des premiers producteurs de cocaïne au monde, le Président Santos a marqué avec constance sa volonté de faire évoluer le débat international sur les drogues, notamment lors de la session extraordinaire de l’assemblée générale des Nations unies en avril 2016 puis à l’occasion de la remise de son prix Nobel de la paix à Oslo en décembre 2016.

Dans le domaine de la sécurité, la Colombie, soutenue par les Etats-Unis, souhaite coopérer avec l’OTAN : un accord a été signé entre les deux parties en juin 2013 permettant l’échange d’informations classifiées.

Sur les enjeux internationaux, la Colombie cherche à peser dans les négociations sur le climat au sein du « dialogue de Carthagène » et, depuis 2013, au sein du groupe AILAC (Alliance indépendante d’Amérique latine et des Caraïbes), formé avec le Chili, le Costa Rica, le Guatemala, le Panama et le Pérou.

La Colombie se rapproche aussi de l’Europe, comme en témoigne l’accord de libre-échange UE/Colombie appliqué depuis le 1er août 2013. L’UE est déjà très présente en Colombie avec une politique de coopération ciblée sur l’appui au processus de paix, l’état de droit, la justice et les droits de l’Homme, la compétitivité et le commerce. La mesure de suppression de l’obligation de visa pour les ressortissants colombiens se rendant dans les 26 pays européens de l’espace Schengen est entrée en vigueur le 3 décembre 2015. Enfin, à la suite de la demande colombienne, un accord-cadre de participation aux opérations de gestion de crises menées par l’UE a été conclu en juin 2014.

Les Etats-Unis, qui ont conclu un accord de libre échange avec la Colombie fin 2011, restent le premier fournisseur de la Colombie (27,6% de participation au total importé), suivis par la Chine (17,4%) et le Mexique (7,9%).

La Colombie a adhéré à l’OCDE en juin 2018.

Mise à jour : 17.07.18

Informations complémentaires

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