Présentation de Chypre

Présentation du pays

CHYPRE {JPEG}

Nom officiel : République de Chypre
Nature du régime : Système présidentiel unicaméral
Chef de l’État et/ou du Gouvernement : M. Nikos Anastasiades
Ministre des affaires étrangères : M. Nikos Christodoulides

Données géographiques

Superficie : 9 251 km2
Capitale : Nicosie (310 350 hab)
Villes principales : Limassol (185 000 hab avec sa périphérie), Larnaca (150 000 hab), Paphos (74 000 hab)
Langue(s) officielle(s) : grec et turc
Monnaie : euro depuis le 1er janvier 2008
Fête nationale : 1er octobre

Données démographiques

Population (2016) : 1 179 700 habitants.
Densité : 127 habitants/km2
Croissance démographique (2016) : 1,19 % /an
Espérance de vie : hommes : 78,9 ans, femmes : 83,4 ans
Taux d’alphabétisation : 99,7 %
Religion(s) : la population chypriote grecque est à 95 % de confession orthodoxe, les 5 % restant étant pour l’essentiel chrétiens maronites, catholiques ou arméniens. Les Chypriotes turcs sont majoritairement de religion musulmane.
Indice de développement humain : 0.845

Données économiques

PIB (2017) : 18,7 milliards $USD
PIB par habitant (2017) : 24 000 $USD
Taux de croissance (2016) : 2,8 %
Taux de chômage (2017) : 11 %
Inflation, prix à la consommation (2016) : - 1,4 %
Solde budgétaire (2017) : +0,2 % PIB
Balance commerciale (2017) : -8,8 Mds d’euros

Principaux fournisseurs (en 2017) : 1/ Grèce - 2/ Allemagne 3/ Chine - la France est en 7e position (2016)
Principaux clients : 1/ Royaume-Uni 2/ Grèce 3/ Liberia

Exportations françaises (2016) : 310,72 millions de dollars
Importations françaises (2016) : 27,40 millions de dollars

Consulter la fiche pays Chypre sur le site de la Direction générale du Trésor

Composition du gouvernement

M. Nicos ANASTASIADES
Président de la République et président du conseil des ministres

  • M. Nikos CHRISTODOULIDES
    Ministre des Affaires étrangères
  • M. Haris GEORGIADES
    Ministre des Finances
  • M. Constantinos PETRIDES
    Ministre de l’Intérieur
  • M. Savvas AGGELIDES
    Ministre de la Défense
  • M. Costas HAPIAOURIS
    Ministre de l’Éducation et de la Culture
  • M. Vassiliki ANASTASIADOU
    Ministre des Transports, Communications et Travaux publics
  • M. Georgios LAKKOTRYPIS
    Ministre du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme
  • M. Costas KADIS
    Ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et de l’Environnement
  • Mme Zeta EMILIANIDOU
    Ministre du Travail et des Assurances sociales
  • M. Ionas NICOLAOU
    Ministre de la Justice et de l’Ordre public
  • M. Constantinos IOANNOU
    Ministre de la Santé
  • Mme Natasa PILIDOU
    Ministre déléguée à la marine marchande
  • M. Prodromos PRODROMOU
    Porte-parole du gouvernement
  • M. Vassilis PALMAS
    Ministre délégué auprès du président de la République
  • M. Photis PHOTIOU
    Commissaire présidentiel chargé des Chypriotes à l’étranger et des groupes religieux

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://cy.ambafrance.org/bafrance-cy.org
Consulat : Nicosie
Communauté française : 1323 immatriculés
Communauté chypriote en France : 920 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Une île divisée

Chypre a accédé à l’indépendance en 1960, la Grande-Bretagne, la Grèce et la Turquie étant désignées « puissances garantes » de ce nouvel État bi-communautaire. En 1974, en réponse à un coup d’État organisé par la Grèce des généraux en vue d’un rattachement de l’île, la Turquie est intervenue militairement pour protéger les Chypriotes turcs. Les transferts de population consécutifs à cette intervention ont abouti à une séparation géographique des deux communautés : au Sud la communauté chypriote grecque au sein de la République de Chypre ; au Nord la communauté chypriote turque (environ 260 000 habitants sur 37% du territoire), constituant une « République turque de Chypre Nord » autoproclamée en 1983, reconnue uniquement par la Turquie. La démarcation entre ces deux zones est appelée « ligne verte ».

Le paysage politique chypriote grec

Nicos Anastasiades, président du DISY (centre-droit), a remporté les élections présidentielles des 28 janvier – 4 février 2018 avec 56 % des voix. Depuis les élections législatives du 22 mai 2016, de nouveaux petits partis hostiles à la réunification ont gagné de sièges au détriment des partis traditionnels favorables aux négociations (DISY et AKEL, ancien parti communiste et principal parti d’opposition).

La « question chypriote »

Les négociations interchypriotes visant la réunification de l’île prennent la forme de discussions directes entre les dirigeants des deux communautés, chypriote-grecque et chypriote-turque. Leur objectif est la création d’une fédération bizonale et bicommunautaire, avec égalité politique, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies.

L’ONU maintient depuis 1964 une force d’interposition à Chypre (FNUCHYP), qui gère la zone tampon (ligne verte, parfois large de 7 km, sur laquelle sont autorisées les activités agricoles), ainsi qu’une mission de bons offices afin de favoriser des négociations entre les deux communautés. Le mandat de la Force est renouvelé tous les 6 mois par le Conseil de Sécurité. Des mesures de conciliation ont abouti à l’ouverture de points de passage sur la ligne de démarcation depuis 2003 (la FNUCYP étant chargée du déminage de ces zones) et à l’accès des Chypriotes turcs aux structures administratives du Sud (délivrance de passeports chypriotes, soins médicaux gratuits, facilité d’installation d’entreprises). Le 24 avril 2004, le SG des Nations Unies, Kofi Annan a soumis à un double référendum un projet de règlement, dit « Plan Annan », qui a été massivement rejeté par les Chypriotes grecs (vote positif au Nord à 65 %).

Dès son arrivée au pouvoir en 2013, Nikos Anastasiades a présenté un « paquet de mesures de confiance » en vue d’une reprise des négociations avec la partie Nord de l’île. Mais ce n’est qu’avec la désignation, en avril 2015, de Mustafa Akıncı comme dirigeant de la communauté chypriote turque que les négociations sont entrées dans une dynamique positive, qui a culminé le 11 janvier 2017 avec un échange historique de cartes, la veille de la première conférence multilatérale sur les garanties. Toutefois, l’échec de cette conférence du Mont-Pèlerin, puis, en juillet 2017, de celle de Crans-Montana (qui devait évoquer aussi bien la question de la sécurité que les autres chapitres de négociation) a conduit à un gel de facto du processus jusqu’à l’automne 2018. Des consultations ont été menées en septembre auprès de toutes les parties prenantes par Jane Holl Lute, représentante spéciale du SGNU ; une nouvelle série de consultations est en cours, qui conduiront Mme Lute à produire au début de l’année 2019 des termes de références, agréés par toutes les parties, afin de permettre une reprise des négociations.

Situation économique

L’économie chypriote a été confrontée à une crise majeure nécessitant, début 2013, un plan de sauvetage de 10Mds€ alloués par l’UE et le FMI. En contrepartie, Chypre s’est engagée dans un programme de restructuration du secteur financier, d’assainissement des finances publiques et de réformes structurelles. Après trois années de récession marquée de 2012 à 2014, Chypre a renoué avec la croissance depuis 2015 (prévision de +2,5 % en 2017 et +2,3 % en 2018) et bénéficie d’une forte baisse du chômage. Nicosie est finalement sortie du programme d’ajustement en mars 2016.

Chypre, dont la dépendance énergétique est quasiment totale, cherche à se positionner sur un échiquier régional remanié depuis les découvertes de nouveaux gisements de gaz off-shore. Le gouvernement chypriote a lancé l’été dernier un appel d’offres pour l’attribution des permis d’exploration de gaz et de pétrole offshore dans trois blocs de sa ZEE. TOTAL est présent sur plusieurs blocs (bloc 11 ; blocs 6, 7 et 8 en partenariat avec ENI). La République de Chypre a également signé un accord avec la Grèce, l’Italie et Israël sur le transport du gaz qui serait extrait de la zone ainsi qu’avec l’Égypte sur sa liquéfaction.
Le secteur touristique a connu depuis 2016 une forte croissance (plus de 3,4 M de touristes en 2017). Les conséquences en sont néanmoins lourdes en termes environnementaux, le pays étant touché par un stress hydrique important ; les autorités chypriotes ont par conséquent annoncé des mesures en faveur du développement des énergies renouvelables.

Politique étrangère

Chypre est traditionnellement très proche de la Grèce, à laquelle elle est liée par une « doctrine de défense commune » conclue le 18 mars 1994, qui inclut l’île dans un espace hellénique de défense. La Grèce et Chypre sont également liées par un accord de coopération économique signé le 16 mars 1996 et se retrouvent au sein de partenariat trilatéraux avec plusieurs pays du Proche-Orient (Égypte, Israël, Liban).

Ses relations sont particulièrement tendues avec la Turquie, qui ne reconnaît toujours pas la République de Chypre et a mis un veto à son adhésion à plusieurs instances internationales (OCDE, Wassenaar, MTCR en particulier). La Turquie interdit l’accès aux ports et aéroports turcs des bateaux et aéronefs chypriotes ou ayant transité par Chypre. Cette situation est contraire au Protocole d’Ankara, signé le 29 juillet 2005 et qui visait à étendre l’Union douanière aux dix États membres ayant adhéré en 2005, dont Chypre. La Turquie, puissance garante de Chypre depuis 1960, ne semble pas prête à abandonner cette tutelle, ni même l’occupation militaire sur l’île instaurée en 1974 avec l’opération Attila (plus de 30 000 hommes).

Chypre entretient des liens étroits avec la Russie notamment en raison d’affinités orthodoxes et de la présence, dans la classe politique actuelle, d’anciens étudiants ayant été formés dans les pays de l’ex-bloc soviétique. D’importants capitaux russes sont investis dans l’île (dans l’immobilier notamment), qui permettent à leurs détenteurs d’obtenir le passeport chypriote (et donc européen).

Mise à jour : 04.12.18

Informations complémentaires

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