Présentation de Chypre

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Présentation du pays

CHYPRE {JPEG}

Nom officiel : République de Chypre
Nature du régime : Système présidentiel unicaméral
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. Nicos Anastasiades
Ministre des Affaires étrangères : M. Nikos Christodoulides

Données générales

Données géographiques

Superficie : 9 251 km2
Capitale : Nicosie (310 350 hab)
Villes principales : Limassol (185 000 hab avec sa périphérie), Larnaca (150 000 hab), Paphos (74 000 hab)
Langue (s) officielle (s) : grec et turc
Monnaie : euro depuis le 1er janvier 2008
Fête nationale : 1er octobre

Données démographiques

Population (2019) : 1 200 000 habitants.
Densité : 127 habitants/km2
Croissance démographique (2018) : 1,27%/an
Espérance de vie : hommes : 78,9 ans, femmes : 83,4 ans
Taux d’alphabétisation : 99,1%
Religion(s) : la population chypriote grecque est à 95 % de confession orthodoxe, les 5 % restant étant pour l’essentiel chrétiens maronites, catholiques ou arméniens. Les Chypriotes turcs sont majoritairement de religion musulmane.
Indice de développement humain : 0.869

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Chypre a accédé à l’indépendance en 1960, la Grande-Bretagne, la Grèce et la Turquie étant désignées « puissances garantes » de ce nouvel État bi-communautaire. En 1974, en réponse à un coup d’État organisé par la Grèce des généraux en vue d’un rattachement de l’île, la Turquie est intervenue militairement pour protéger les Chypriotes turcs. Les transferts de population consécutifs à cette intervention ont abouti à une séparation géographique des deux communautés : au Sud la communauté chypriote grecque au sein de la République de Chypre ; au Nord la communauté chypriote turque (environ 260 000 habitants sur 37% du territoire), constituant une « République turque de Chypre Nord » autoproclamée en 1983, reconnue uniquement par la Turquie. La démarcation entre ces deux zones est appelée « ligne verte ».

Nicos Anastasiades, président du DISY (centre-droit), a remporté les élections présidentielles des 28 janvier – 4 février 2018 avec 56 % des voix. Depuis les élections législatives du 22 mai 2016, de nouveaux petits partis hostiles à la réunification ont gagné de sièges au détriment des partis traditionnels favorables aux négociations (DISY et AKEL, ancien parti communiste et principal parti d’opposition).

Les négociations interchypriotes visant la réunification de l’île prennent la forme de discussions directes entre les dirigeants des deux communautés, chypriote-grecque et chypriote-turque. Les Nations unies constituent le cadre de la médiation interchypriote. Les résolutions du Conseil de sécurité (résolutions 750 (1992) et 774 (1992), notamment) posent le principe d’un « règlement durable, global et juste fondé sur une fédération bi-communautaire et bizonale et sur l’égalité politique ».

L’ONU maintient depuis 1964 une force d’interposition à Chypre (FNUCHYP), qui gère la zone tampon (ligne verte), ainsi qu’une mission de bons offices afin de favoriser des négociations entre les deux communautés (le mandat de la Force est renouvelé tous les 6 mois par le Conseil de Sécurité). Des mesures de conciliation ont abouti à l’ouverture de points de passage sur la ligne de démarcation depuis 2003 (la FNUCHYP étant chargée du déminage de ces zones).

Par deux fois tout proche de trouver une issue favorable, le processus visant à la réunification de l’île a connu deux échecs majeurs au cours des 15 dernières années (Plan Annan en 2004 ; conférences du Mont Pèlerin et de Crans Montana en 2017). Suite à ces échecs, l’envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations unies, J. Holl Lute, s’est vue confier la tâche de trouver un terrain d’entente entre les deux parties en vue d’une reprise des négociations. Ces efforts interviennent dans un contexte dégradé : tensions en Méditerranée orientale, militarisation des deux côtés de la ligne verte, réouverture unilatérale par la partie chypriote turque d’une partie de la ville fermée de Varosha en octobre 2020. Avec le soutien actif d’Ankara, Ersin Tatar – élu en octobre 2020 nouveau leader de la communauté chypriote turque – plaide désormais pour une solution à deux États, en contradiction avec les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Une réunion informelle en format 5+1 (les leaders des deux communautés, les trois puissances garantes -Royaume-Uni, Grèce et Turquie- et le SGNU) s’est tenue fin avril 2021. Au vu des importantes divergences constatées, une nouvelle réunion dans ce format est attendue dans les prochains mois.

Politique étrangère

Chypre est traditionnellement très proche de la Grèce, à laquelle elle est liée par une « doctrine de défense commune » conclue le 18 mars 1994, qui inclut l’île dans un espace hellénique de défense. La Grèce et Chypre sont également liées par un accord de coopération économique signé le 16 mars 1996 et se retrouvent au sein de partenariat trilatéraux avec plusieurs pays du Moyen-Orient (Égypte, Israël, Liban, Emirats Arabes Unis).

Chypre a rejoint l’Union européenne en 2004. Désireuse de participer à la relance de l’UE, notamment à travers les sommets des États membres méditerranéens (MED7), Nicosie recherche l’appui de ses partenaires européens pour les négociations de réunification. Un fonds de 30 M€/an est versé depuis 2006 à des projets au nord de l’île pour rapprocher les réglementations locales de l’acquis communautaire.
Dans le cadre du Brexit, Chypre a trouvé un accord avec le Royaume-Uni pour préserver le statut des habitants chypriotes des bases souveraines britanniques.

Ses relations sont particulièrement tendues avec la Turquie, qui ne reconnaît toujours pas la République de Chypre et a mis un veto à son adhésion à plusieurs instances internationales (OCDE, Wassenaar, MTCR en particulier). La Turquie interdit l’accès aux ports et aéroports turcs des bateaux et aéronefs chypriotes ou ayant transité par Chypre. Cette situation est contraire au Protocole d’Ankara, signé le 29 juillet 2005 et qui visait à étendre l’Union douanière aux dix États membres ayant adhéré en 2005, dont Chypre. La Turquie, puissance garante de Chypre depuis 1960, ne semble pas prête à abandonner cette tutelle, ni même l’occupation militaire sur l’île instaurée en 1974 avec l’opération Attila (plus de 30 000 hommes).

La politique étrangère de Chypre est marquée par sa situation géopolitique particulière de pays le plus excentré de l’UE, plus proche géographiquement du Proche-Orient que de l’Europe occidentale et, dans une moindre mesure, par une culture du non-alignement (refus de tout rapprochement avec l’OTAN, qui ferait de toute façon l’objet d’un veto turc ; proximité avec la Russie et la Chine). Chypre entretient des liens étroits avec la Russie notamment en raison d’affinités orthodoxes et de la présence, dans la classe politique actuelle, d’anciens étudiants ayant été formés dans les pays de l’ex-bloc soviétique. D’importants capitaux russes sont investis dans l’île (dans l’immobilier notamment).

Situation économique

PIB (2020) : 20,8 milliards d’euros
PIB par habitant (2020) : 23 555 euros
Taux de croissance (2020) : -5,1 %
Taux de chômage (1er trimestre 2021) : 8,6 %
Inflation, prix à la consommation (juin 2021) : +3,1 %
Balance des paiements courants (en % du PIB, 2019) : -6,7 % PIB
Balance commerciale (2020) : -4,8 milliards d’euros
Principaux fournisseurs (en 2020) : 1/ Grèce - 2/ Italie 3/ Royaume-Uni - la France est en 11e position (2020)
Principaux clients : 1/ Grèce 2/ Libéria 3/ Royaume-Uni - la France est en 7e position
Exportations françaises (2020) : 149,8 millions d’euros
Importations françaises (2020) : 115 millions d’euros

Mise à jour : 12.08.21

Informations complémentaires