Tibet - Menaces contre la langue tibétaine - Réponse du ministère de l’Europe et des affaires étrangères à deux questions écrites, à l’Assemblée nationale (Paris, 27 janvier 2026)

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La France est profondément préoccupée par les informations émanant de diverses organisations de la société civile, de chercheurs et d’institutions tibétaines, faisant état d’un système d’internats préscolaires à l’attention des jeunes enfants tibétains qui menacerait la transmission de la culture, de la langue et de la religion tibétaines aux nouvelles générations, et qui contreviendrait aux droits fondamentaux de l’enfant, tels que reconnus par la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). La France fait part de ses préoccupations sur les droits de l’Homme en Chine et la situation au Tibet dans les enceintes multilatérales telles que le Conseil des droits de l’Homme : lors de l’Examen périodique universel de la Chine de janvier 2024, nous avons ainsi recommandé à la Chine de garantir la protection de la liberté de religion, notamment pour les Ouighours et les Tibétains. Elle a également soutenu la déclaration conjointe sur la situation des droits de l’Homme au Xinjiang et au Tibet prononcée par l’Australie en 3e Commission de l’Assemblée générale des Nations unies le 22 octobre 2024, appelant la Chine à y permettre un accès sans entraves à des observateurs indépendants, dont ceux de l’ONU.

Nos préoccupations sont également relayées par l’Union européenne (UE). Dès le 13 décembre 2023, en réponse à la résolution du Parlement européen sur l’enlèvement d’enfants tibétains et les pratiques d’assimilation forcée dans des internats chinois au Tibet, la Commission européenne s’inquiétait d’une « aliénation » de l’héritage culturel des élèves tibétains. L’UE exprime également nos préoccupations dans le cadre du dialogue UE-Chine sur les droits de l’Homme, pour la préparation duquel nous échangeons avec le Service européen d’action extérieure et dont nous soutenons la poursuite. Lors de la 40e édition du dialogue, qui a eu lieu le 13 juin 2025 à Bruxelles, l’UE a rappelé ses inquiétudes à propos de la situation des minorités ethniques, linguistiques et religieuses en Chine, notamment au Tibet. Le 23 septembre 2025, lors de la 60e session du Conseil des droits de l’Homme, au point 4 de l’ordre du jour, l’UE a également rappelé, au nom des États membres dont la France, ses préoccupations sur la situation des droits de l’Homme au Tibet, citant en particulier les rapports faisant état de la fermeture d’écoles enseignant la langue et la culture tibétaines.

Concernant les transferts de Tibétains dans les entreprises, la France est mobilisée sur le sujet du travail forcé au niveau européen et a participé activement à l’adoption définitive du Règlement européen du 27 novembre 2024 sur l’interdiction des produits issus du travail forcé sur le marché de l’Union. Plus largement, la France appelle à la reprise du dialogue avec les envoyés du Dalaï Lama et les autorités chinoises afin de trouver une solution durable, respectueuse de la culture et de la langue tibétaines.

(Source : site Internet de l’Assemblée nationale)

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