Présentation du Chili

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Source des données chiffrées : Ambassade de France au Chili, ministère de l’Économie et des Finances, UbiFrance, PNUD, FMI, Banque mondiale.

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : République du Chili
Nature du régime : régime présidentiel
Chef de l’État : Gabriel Boric Font (né le 11 février 1986)

Données géographiques

Superficie : 755 776 km²
Capitale : Santiago du Chili
Villes principales : Santiago, Valparaíso, Concepción, Antofagasta
Langue officielle : espagnol
Monnaie : peso (1000 pesos = 1,11 € au 25/02/2022)
Fête nationale : 18 septembre
Le Chili s’étend sur 4 265 km du nord au sud, et d’ouest en est sur une largeur comprise entre 15 et 350 km. Au nord, le désert d’Atacama est le plus aride au monde. L’île de Pâques, annexée en 1888, est à 3 700 km.

Données démographiques

Population : 19,68 millions (INE.cl, juin 2021)
Densité : 25,19 habitants/km2 (BM, 2018)
Taux de croissance démographique : 1,19 % (INE, 2019)
Espérance de vie : 80,2 ans (PNUD, 2020)
Taux d’alphabétisation 96,4% des 15 ans et plus (PNUD, 2020)
Religion(s) : catholicisme 45%, évangélisme 18%, autres 5%, athée/sans religion 32% (Université catholique, 2019)
Indice de développement humain : 0,851 (43e rang sur 189, classement PNUD, 2020)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Après un second mandat du conservateur Sebastián Piñera marqué par les scandales financiers et l’estallido social de 2019-2020, le Chili a élu Gabriel Boric le 21/12/2021 – soutenu par une coalition de gauche alternative (Apruebo dignidad) – face au candidat d’extrême droite arrivé en tête au premier tour. Son programme comporte une forte dimension de justice sociale et la construction d’un Etat social, financé notamment en accroissant la fiscalité de plusieurs points de PIB. Le nouveau président chilien conçoit son mandat comme une transition entre les deux constitutions et compte le terminer avec moins de pouvoir, le partage du pouvoir politique entre institutions, régions, différentes composantes du peuple chilien étant une part importante de son projet politique.

Un mouvement social de grande ampleur avait débuté en octobre 2019, mettant en exergue le coût prohibitif des services de base (eau, électricité, transports), du système éducatif, de la santé, ainsi que le bas niveau du salaire minimum et des pensions de retraite, c’est-à-dire l’orientation néolibérale des politiques publiques menées au Chili depuis la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) et jamais remises en cause. Il a été marqué par des manifestations massives, qui ont donné lieu à des violences et des heurts avec les forces de l’ordre, accusées de violations des droits de l’Homme – condamnées par la Haute-Commissaire aux droits de l’Homme des Nations Unies, l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet – et sur lesquelles les autorités chiliennes se sont engagées à faire la lumière. En réponse à cette crise, le gouvernement a pris plusieurs initiatives au parlement : accord des partis en vue d’un référendum sur la rédaction d’une nouvelle Constitution, réformes touchant notamment à la fiscalité, au montant du salaire minimum et des pensions de retraites les plus basses, au prix des médicaments, au système de santé. Lors du référendum du 25 octobre 2020 sur la rédaction d’une nouvelle Constitution, le « oui » l’a emporté à 78,27% et une Convention constituante a été élue les 15 et 16 mai 2021. Entrée en fonctions le 4 juillet, elle dispose de 12 mois au plus pour rédiger un nouveau texte, qui sera soumis à un référendum d’approbation. Les résultats de ce scrutin historique (1ère assemblée constituante de l’histoire à être paritaire ; sièges réservés aux peuples autochtones) ont confirmé la désaffection de la population pour les partis traditionnels et marqué le recul de la droite et du centre-gauche (ex-« Concertación ») qui se relayaient au pouvoir depuis le retour de la démocratie. Ils ont consacré la victoire des candidats indépendants, qui forment une majorité hétéroclite au sein de la Convention.

Malgré un fort impact de la pandémie de Covid-19 (hausse du chômage et du taux de pauvreté à 12-14%, précarisation des ménages, récession de 5,8 % en 2020), l’économie chilienne a connu une récupération relativement rapide (12 % de croissance estimée en 2021), matinée de tensions inflationnistes. Le gouvernement a adopté, en 2020-2021, des mesures d’urgence visant à soutenir les revenus des ménages, les PME et l’emploi, ainsi qu’un plan de relance avec investissements publics massifs, pour un montant de 34 Mds USD, et autorisé plusieurs ponctions sur les plans de retraite par capitalisation. La campagne de vaccination est un succès, plaçant le Chili parmi les pays les plus vaccinés du monde.

Politique étrangère

Actif sur la scène internationale, le Chili s’engage en faveur du renforcement du multilatéralisme, du libre-échange, de la diversité culturelle et des droits de l’Homme. Le pays est membre du Conseil des droits de l’Homme depuis 2008 et Michelle Bachelet est actuellement la Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme. Le Chili a dénoncé l’intervention américaine en Irak ; il a été le premier pays latino-américain à participer, avec quelque 500 soldats, à la force intérimaire envoyée sous mandat de l’ONU en Haïti après le départ du président Aristide. Membre de l’Association indépendante de l’Amérique latine et des Caraïbes (groupe AILAC), qui joue un rôle facilitateur entre pays développés et pays en développement, le Chili a été particulièrement actif à l’occasion de la COP21. Soucieux d’affirmer son leadership en matière de climat et d’environnement, le Chili a proposé, suite à la défection du Brésil, de présider la COP25 en 2019. C’est un membre actif de la coalition Haute Ambition pour la Nature et les Peuples, qui milite par ailleurs pour la protection de la biodiversité marine. Convié au sommet du G7 de Biarritz en août 2019, le Chili s’est vu confier la coordination de l’aide internationale d’urgence face aux incendies en Amazonie, et a contribué à la création de l’Alliance pour la préservation des forêts tropicales. Il est membre depuis l’origine de l’Alliance pour le multilatéralisme. Signataire du partenariat de Biarritz, le Chili était l’un des Etats champions pour la promotion des droits des femmes dans le cadre du Forum Génération Egalité de 2021. Enfin, le Chili est favorable à une gestion multilatérale de la pandémie de Covid19 et au renforcement du rôle de l’OMS ; il a rejoint l’initiative ACT-Accelerator et son mécanisme COVAX.

Au niveau régional, le Chili s’emploie à normaliser ses relations avec ses voisins, malgré la persistance de certaines tensions. Le Traité de de Paix et d’Amitié signé avec l’Argentine en 1984 a mis fin aux différends territoriaux, et les récentes revendications territoriales et maritimes argentines ne semblent pas constituer un nouvel irritant. Les relations avec la Bolivie (et dans une moindre mesure avec le Pérou, avec lequel le différend sur les eaux territoriales a été tranché par la CIJ en 2014) restent marquées par le souvenir de la guerre du Pacifique (1879-84). La Bolivie, avec laquelle les relations diplomatiques sont rompues depuis 1978, a vu sa demande de négociation en vue d’un accès souverain à la mer déboutée par la CIJ en octobre 2018, et un contentieux est toujours ouvert sur la souveraineté des eaux du fleuve frontalier Silala. Pour autant, un rapprochement s’opère depuis 2020.

Le Chili entretient également de bonnes relations avec l’Equateur et la Colombie. Il a assumé la première Présidence pro tempore de l’UNASUR (l’Union des Nations sud-américaines). Suite au délitement de cette union (2008-2019), le président Piñera a lancé en étroite collaboration avec le président colombien en mars 2019 l’initiative PROSUR, nouveau forum régional qui exclut le Venezuela et a pour objectif de renforcer l’intégration économique et commerciale en Amérique du sud. Membre du Groupe de Lima, le pays condamne fermement le régime de Nicolas Maduro au Venezuela et a rejoint en 2021 le Groupe de Contact international (GCI). Le pays accueille quelque 600 000 migrants et réfugiés vénézuéliens et participe au processus de Quito.
Le Chili est membre associé du Mercosur depuis 1996 et de la CAN depuis juin 2007. Il s’est fortement impliqué dans l’Alliance du Pacifique créée en janvier 2007 avec le Pérou, la Colombie et Mexique (dont la France est membre observateur depuis 2013) et œuvre pour le rapprochement entre l’Alliance du Pacifique et le Mercosur.

Le Chili identifie comme futurs partenaires prioritaires l’Inde, l’Indonésie et le Brésil et sa diplomatie est résolument tournée vers l’Asie-Pacifique : membre de l’APEC depuis 1994, signataire du Traité de Partenariat Transpacifique (TPP, signé mais pas ratifié) en 2015, il a contribué, après le retrait américain, à la signature du CPTPP en mars 2018 à Santiago.
Un accord d’association lie l’UE et le Chili. Sa modernisation est en cours de négociation depuis 2017, les discussions techniques ont pris fin en décembre 2021, le processus de signature et de ratification devrait intervenir prochainement.
Le nouveau gouvernement devrait conduire une revue de la politique étrangère en général et de la politique commerciale et d’investissement chilienne en particulier, afin de la rendre plus profitable au peuple chilien et respectueuse de l’environnement et des droits humains.
La prochaine ministre des relations extérieures est une juriste en droit international spécialiste des crises régionales (Haïti, Nicaragua, Venezuela).

Situation économique

Données économiques 2020 :
PIB : 252,9 Mds USD (BM)
PIB par habitant : 13 231 USD courants (BM)
Taux de croissance : -5,8 % (DGT/FMI)
Taux de chômage : 10,8 % (BM)
Taux d’inflation : 2,9 % (DGT/FMI)
Déficit budgétaire : 7,1 % du PIB (DGT/FMI)
Dette publique : 32,5 % du PIB (DGT/FMI)
Balance commerciale : 18,4 Mds USD ou 13,4 Mds USD en incluant les services (bcentral.cl)
Principaux partenaires : Chine, Etats Unis, UE (OMC)
Principaux fournisseurs : Chine, Etats Unis, UE (OMC)
Exportations de la France vers le Chili : 759 M€ (DGT)
Importations françaises depuis le Chili : 923 M€ (DGT)

Données économiques 2021 (estimations) :
Sources : FMI, INE, Banque centrale
PIB : 331,3 Mds USD
PIB par habitant : 16 799 USD courants
Taux de croissance : 12 %
Taux de chômage : 9,1 %
Taux d’inflation : 7,2 %
Déficit budgétaire : 7,6 % du PIB
Dette publique : 36 % du PIB

Grâce à 30 accords commerciaux développés avec 65 économies dont l’Union européenne, le Chili s’est imposé comme l’une des économies les plus dynamiques d’Amérique latine. Son PIB/hab s’élève à 23 325 USD (en ppa) en 2020, ce qui le classe parmi les pays les plus développés de la région. Depuis une vingtaine d’années, le pays connaît une forte croissance économique (croissance moyenne du PIB de 4,5% entre 2001 et 2013). Enfin, son adhésion à l’OCDE en janvier 2010 témoigne d’une reconnaissance internationale de sa stratégie caractérisée par une gestion orthodoxe de ses dépenses publiques et une forte extraversion.
Cette économie a toutefois subi un ralentissement important en 2014 du fait d’un retournement des investissements (anticipation du ralentissement de la croissance chinoise et correction des cours du cuivre) et d’un recul de la consommation intérieure, dans un contexte d’endettement croissant des ménages. Symptôme des grandes disparités sociales (indice de Gini 45,9 en 2018, BM), la crise sociale déclenchée en octobre 2019, a également eu de lourdes répercussions : croissance de seulement 1,1% en 2019, dégradation du taux de change avec le dollar, hausse de l’inflation, du chômage et du déficit budgétaire. La crise sanitaire s’est traduite par une récession de 5,8 % du PIB en 2020 (les prévisions de croissance du FMI en 2021 s’élèvent à 12 %).
Le Chili a conclu des accords de libre-échange avec des économies représentant plus de 85 % du commerce mondial, confortant ainsi son rôle de plate-forme d’exportation en Amérique du sud et vers la zone Asie-Pacifique. Le commerce régional reste néanmoins mineur par rapport aux échanges bilatéraux (1/3 avec la Chine). Si le Chili est un marché compétitif exigeant, la solidité et le dynamisme de son économie en font une destination attractive, aussi bien pour les exportateurs que pour les investisseurs.
Le bilan chilien repose toutefois sur une forte dépendance aux matières premières (notamment du cuivre et du lithium, qui représente plus de la moitié de ses exportations en 2020) et une dépendance énergétique élevée, domaine dans lequel le pays s’efforce de redéfinir sa matrice de production et d’approvisionnement (EnR et stratégie nationale hydrogène vert).
Enfin, le Chili est un précurseur en matière de finance verte, il est le premier État émetteur d’une obligation souveraine verte en Amérique latine.

Pour plus d’informations, consulter le site : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/CL

Politique étrangère

Depuis le rétablissement de la démocratie, le Chili s’est employé à normaliser ses relations avec ses voisins, malgré la persistance de certaines tensions. Les relations avec le Pérou et surtout la Bolivie restent marquées par le souvenir de la guerre du Pacifique (1879-84) : le 27 janvier 2014, la CIJ a pris une décision mettant fin au litige frontalier avec le Pérou, qui laisse au Chili une grande partie de ses ressources halieutiques ; la Bolivie a également saisi, en mars 2013, la CIJ pour trancher la querelle séculaire du problème de l’accès de la Bolivie à la mer. Le 1er octobre 2018, la Cour a écarté l’ensemble des prétentions et des arguments présentés par la Bolivie. Le Chili a, quant à lui, saisi la CIJ en juin 2016 afin de faire reconnaitre le statut international au fleuve Silala qui prend sa source en Bolivie et parcourt le nord du Chili.

Actif sur la scène internationale, le Chili s’engage en faveur du renforcement du multilatéralisme, du libre-échange, mais aussi de la régulation de la mondialisation, de la diversité culturelle et des droits de l’homme (membre du CDH depuis 2008). Sous la présidence de M. Ricardo Lagos, le Chili a dénoncé l’intervention américaine en Irak. Il a été le premier pays latino-américain à participer à la force intérimaire envoyée en Haïti après le départ du Président Aristide, avec le déploiement d’un contingent chilien de quelque 500 soldats, sous mandat de l’ONU. Le Président Piñera a effectué un déplacement en Israël et en Palestine (reconnue dès janvier 2011) en mars 2011 (lors de son premier mandat) puis de nouveau en juin 2019. Enfin, le Chili a siégé au Conseil de Sécurité de l’ONU de janvier 2014 à décembre 2015. Membre de l’Association indépendante de l’Amérique latine et des Caraïbes (groupe AILAC), qui joue un rôle facilitateur entre pays développés et pays en développement, le Chili a été particulièrement actif à l’occasion de la COP21 pour favoriser l’émergence de compromis. Soucieux de donner l’image d’un pays en pointe sur la question climatique le Chili se montre très engagé sur les grandes initiatives en faveur de l’environnement. Le Chili a d’ailleurs été désigné pour organiser la COP25 prévue fin 2019.

Le Chili entretient en outre de bonnes relations avec la Colombie et l’Équateur. Il a assumé la première Présidence pro tempore de l’UNASUR (l’Union des Nations sud-américaines) et joué un rôle positif dans l’apaisement des tensions en Bolivie, lors de la crise bolivienne d’août-septembre 2008 (convocation d’une réunion d’urgence des 9 pays membres et déclaration de la Moneda du 16 septembre). Il a participé en tant qu’« accompagnateur » aux négociations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC et a déployé 66 observateurs dans la mission de pays de l’ONU en Colombie.

Le Chili est membre du Groupe de Lima, qui condamne fermement la dérive autoritaire du régime du Président Maduro au Venezuela. Dès le 23 janvier dernier, Juan Guaido, président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, a été reconnu président par intérim du Venezuela par les autorités chiliennes. Le pays a accueilli près de 300 000 migrants vénézuéliens depuis le début de la crise.

Si le Chili s’est abstenu de s’engager pleinement dans une logique d’intégration commerciale régionale (il n’est que membre associé du Mercosur depuis 1996 et de la CAN depuis juin 2007), il s’est fortement impliqué dans l’Alliance Pacifique. Créée en janvier 2007 à Cali (Colombie) à la suite d’une initiative du président péruvien Alan Garcia, celle-ci connait un développement rapide et substantiel et à laquelle la France est devenue membre observateur en 2013. La Présidente Bachelet a fait du rapprochement entre l’Alliance du Pacifique et le Mercosur fondé sur la « convergence dans la diversité », une priorité de sa politique étrangère : le président argentin Mauricio Macri a ainsi été l’invité spécial de la présidence chilienne de l’Alliance du Pacifique lors du XIe Sommet des Chefs d’État le 1er juillet 2016 au Chili. Le Président Macri s’est par ailleurs rendu quatre fois au Chili depuis son investiture et a invité le Chili à participer à la présidence argentine du G20, en novembre 2018. Par ailleurs, le 22 mars 2019, le Président Piñera, en étroite collaboration avec le Président colombien, a pris l’initiative de convoquer un sommet des chefs d’Etat sud-américains afin de lancer l’organisation PROSUR (souple et pragmatique, sur le modèle de l’Alliance Pacifique) en remplacement de l’UNASUR.

Le Chili entretient d’étroites relations avec les États-Unis (1er pays investisseur) et la zone Asie-Pacifique (1er client). Il est membre de l’APEC (dont il accueillera le Sommet en novembre 2019) depuis 1994 et a signé le 5 octobre 2015 le Traité de Partenariat Transpacifique. La relance du TPP après le retrait américain est d’ailleurs à mettre au nombre des réussites du gouvernement chilien, avec la signature d’un nouveau traité désormais appelé Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP), sans les États-Unis, le 8 mars 2018 à Santiago.

La conclusion d’un Accord d’Association en 2002 a marqué une étape importante dans le développement des relations UE/Chili. Ambitieux et novateur au moment de sa signature, cet accord doit être modernisé afin de l’adapter aux préoccupations actuelles et à niveau d’ambition plus élevé quant à la libéralisation des échanges commerciaux.

Mise à jour : 20.04.22

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