La France et le Québec

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Canada – Entretien entre Jean-Yves Le Drian et Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec (10.12.2018)

Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, s’entretiendra aujourd’hui avec son homologue québécoise, Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec.
Cette première rencontre avec la ministre des Relations internationales et de la Francophonie du nouveau gouvernement du Québec sera l’occasion de rappeler la relation « directe et privilégiée » qui unit la France et le Québec depuis maintenant plus de cinquante ans.
S’appuyant sur les cinq (…)

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Relations politiques

Lien : http://www.consulfrance-quebec.org/

Depuis les années 1960, la France entretient avec le Québec des « relations directes et privilégiées », sur la base de liens historiques, culturels et économiques. La Délégation générale du Québec, installée à Paris depuis 1961, et le Consulat général de France à Québec ont des rôles politiques et de coopération comparables à ceux d’ambassades. Les relations franco-québécoises sont institutionnalisées par la pratique des rencontres alternées des Premiers ministres français et québécois, tous les deux ans.

La France et le Québec ont signé, le 17 octobre 2008, une entente sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles. Ce document facilite l’exercice des professions règlementées sur le territoire de l’autre partie, grâce à une mise en œuvre par étapes : négociations entre les autorités compétentes françaises et québécoises de chaque profession pour signer des arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM), puis modification des normes législatives, réglementaires et administratives. Dix ans plus tard, plusieurs milliers de personnes ont bénéficié de près de 80 ARM (infirmiers, avocats, ingénieurs, médecins, etc.), et ont fait reconnaître leurs compétences en France ou au Québec.

Relations économiques

http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/canada

Après une légère baisse en 2016, nos échanges commerciaux avec la province du Québec ont crû de 6,5 % en 2017, pour atteindre 4,34 Mrd CAD, grâce principalement à l’augmentation notable de nos exportations de près de 9%. Selon les chiffres de Statistique Canada, les exportations de produits français vers le Québec ont atteint 2,8 Mrd CAD, contre 2,57 Mrd CAD en 2016. On assiste également à une légère augmentation de nos importations en provenance du Québec, qui passent de 1,51 Mrd CAD en 2016 à 1,54 Mrd CAD pour l’ensemble de l’année 2017. Notre balance commerciale, traditionnellement largement positive, augmente encore son excédent, qui passe de 1,06 Mrd CAD à 1,26 Mrd CAD en 2017, soit une progression de 20%, retrouvant ainsi son niveau de 2015.

Nos principaux secteurs de ventes restent les mêmes d’une année sur l’autre : les produits des industries chimiques (552 M CAD), en bonne progression, l’industrie alimentaire (531 M CAD), en augmentation de 10% sur un an, les machines et appareils industriels (529 M CAD), stable, le matériel de transport (410 M CAD), en forte progression. Ces quatre secteurs représentent 72 % de nos exportations. Il convient de mentionner également le chapitre de la pâte de bois et du papier, où nos ventes atteignent 150 M CAD. La hausse de nos exportations vers le Québec en 2017 s’explique principalement par l’augmentation de nos ventes de boissons alcoolisées (405 M CAD, +10%), de produits pharmaceutiques (237 M CAD, + 35%), d’avions et parties d’aéronefs (344 M CAD, + 60%). Nos principales autres exportations restent stables : Cosmétiques (198 M CAD), turbopropulseurs ou turboréacteurs (328 M CAD), produits de l’édition (93 M CAD) et les papiers et cartons (56 M CAD).

Pour 2017, sur l’ensemble des achats de produits québécois (1,54 Md CAD), les produits minéraux (584 M CAD, contre 459 M en 2016), les machines et matériels (391 M CAD, contre 417 M en 2016) ainsi que le matériel de transport (215 M CAD), en baisse par rapport à 2016 (321 M CAD) en constituent les chapitres les plus importants (77 %).

Le Québec reste la province de destination et d’origine de la majorité des échanges de biens entre la France et le Canada (la plate-forme portuaire internationale de conteneurs de Montréal, qui peut desservir également d’autres provinces, est un fort atout pour le Québec). Nos ventes au Québec représentent en effet 45 % des exportations françaises totales vers le Canada et la part des importations canadiennes provenant du Québec vers la France est de 49 %. Enfin, pour 2017, la France est le 5ième fournisseur du Québec, derrière les USA (24,5 Mrd CAD), la Chine (10,9 Mrd), l’Allemagne (3,59 Mrd), et le Royaume-Uni (3,26 Mrd), et devant l’Italie (2,48 Mrd). Nos ventes ne représentent qu’une part de 3,6% des achats du Québec à l’étranger.

La présence française au Québec est effective dans tous les secteurs à l’exception de la grande distribution. Elle est notamment centrée sur les secteurs de l’aéronautique, de la pharmacie-santé-biotechnologies et des TIC. La majorité des grands groupes français sont implantés au Québec et les filiales de PME françaises sont aussi de plus en plus nombreuses. La France est, en stock, le 2ème investisseur étranger au Québec (5ème investisseur au Canada), derrière les États-Unis et devant le Royaume-Uni. Alors que la France était le premier pays d’origine des investissements depuis 2011 à Montréal, les États-Unis ont repris cette première place en 2016 selon l’agence de développement économique Montréal International. Près de la moitié des investissements directs étrangers provient de sociétés américaines, soit plus du double par rapport à 2015. À Montréal, les investissements français représentaient 229 MCAD en 2016 (17% du total) contre 323 MCAD en 2015 (32% du total). 70% des filiales françaises implantées au Canada sont recensées au Québec (dont notamment Air Liquide, Bolloré, EDF, Ubisoft, Alstom, etc.). Elles sont plus de 400, qui se démultiplient en établissements secondaires (sous-filiales, usines et succursales), et y génèrent plus de 30 000 emplois (environ 80 000 au Canada). 300 de ces implantations sont situées dans le Grand Montréal. 160 entreprises québécoises sont implantées en France, dont plusieurs grands groupes : Bombardier (aéronautique, construction ferroviaire), Cascades (papier), Québecor (imprimerie). Elles ont créé plus de 20 000 emplois.

A signaler également la présence de 300 jeunes VIE (Volontaires à l’international en entreprise) au Québec sur les 400 qu’accueille le Canada.

Les questions économiques et commerciales sont évoquées lors des réunions annuelles du Groupe franco-québécois de coopération économique (GFQCE). La France et le Québec se sont lancés en 2013 sur un nouveau terrain d’échanges économiques, dans le cadre du développement nordique québécois (secteurs des mines, des énergies renouvelables et de l’aménagement numérique) et de l’électrification des transports.

Coopération culturelle, scientifique et institutionnelle

Lien : http://www.consulfrance-quebec.org/

Les grandes orientations de la coopération sont fixées par les Premiers ministres lors de leurs rencontres alternées. Le cadre juridique de notre coopération et ses instruments sont distincts de ceux de notre coopération avec l’État fédéral canadien. Cette coopération est structurée par la Commission permanente de coopération franco-québécoise (CPCFQ). La coopération franco-québécoise s’appuie notamment sur des organismes spécialisés, tels que l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) et le Conseil franco-québécois de coopération universitaire (CFQCU).

La coopération décentralisée est en essor. Les échanges entre collectivités territoriales françaises et québécoises se sont considérablement développés depuis plusieurs années, grâce au « Fonds franco-québécois pour la coopération décentralisée » (FFQCD), mis en place en 2005. La coopération décentralisée s’est ouverte en 2011 à des opérations en pays-tiers avec le lancement d’un appel à projets en Haïti.

La coopération scientifique et universitaire est dense. La plupart des actions cofinancées à parité avec la partie québécoise ont pour vocation de structurer les partenariats : création de cursus intégrés et de laboratoires conjoints, programmes de thèses en cotutelle (plus de 3000 soutenues à ce jour), mobilité des enseignants, organisation de colloques et manifestations scientifiques. Si cette coopération a longtemps pu s’appuyer sur un accord prévoyant une exemption tarifaire pour les étudiants français au Québec (droits de scolarité alignés sur le tarif québécois), la remise en cause de ce dispositif par le gouvernement du Québec a conduit la France et le Québec à conclure un nouvel accord le 6 mars 2015. Celui-ci se traduit par un alignement des frais des étudiants français nouvellement inscrits dans un programme de premier cycle québécois sur ceux dont doivent s’acquitter les étudiants canadiens (hors Québec) à compter de la rentrée 2015. L’accord prévoit en revanche le maintien de frais de scolarité similaires aux étudiants québécois pour les étudiants français en 2ème et 3ème cycle, ainsi que pour tous les étudiants français résidant à St-Pierre-et-Miquelon.

La coopération culturelle franco-québécoise est particulièrement intense dans tous les domaines de la création artistique contemporaine. Elle repose sur une logique de partenariats avec les nombreux opérateurs culturels et artistiques locaux. Le Québec est le premier marché d’exportation des industries culturelles françaises. Aujourd’hui, l’accent est mis sur la recherche de nouveaux partenariats, et les projets de co-création à haut niveau./.

Mise à jour : 30.11.18

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