Présentation de la Bulgarie

Données générales

BULGARIE {JPEG}

Présentation du pays

Nom officiel : République de Bulgarie
Nature du régime : république parlementaire
Président de la République : Roumen Radev (22 janvier 2017)
Premier ministre : Boïko Borissov (4 mai 2017)

Données géographiques

Superficie : 110 910 km²
Capitale : Sofia
Villes principales : Plovdiv, Varna, Bourgas, Roussé, Stara Zagora, Pléven
Langue officielle : bulgare
Monnaie : lev
Fête nationale : 3 mars

Données démographiques

(sources : Eurostat, Banque mondiale, PNUD)
Population (1er janvier 2018) : 7,05 millions d’habitants
Densité : 64 hab./km²
Croissance démographique (2017) : - 0,7 %
Espérance de vie (2017) : 71,5 ans (hommes) ; 78,4 ans (femmes)
Taux d’alphabétisation (2016) : 98,4 %
Religions : pas de religion officielle. Orthodoxie (env. 80 %), islam (env. 15 %), protestantisme (env. 2 %), catholicisme (env. 1 %)
Indice de développement humain (2017) : 0,813 (50e rang)

Données économiques

(sources : Eurostat, Trésor, BIT)

PIB (2018, en prix courants) : 58,2 Mds €
PIB par habitant (2018, aux prix du marché) : 7 800 €
Croissance (2018) : 3,1 %
Chômage (2018, au sens du BIT) : 5,3 %
Inflation (2018) : 2,6 %
Solde budgétaire (2018) : + 1,1 Md€ (+ 2 % du PIB)
Dette publique : 12 Mds€ (23 % du PIB)
Balance commerciale (2017) : - 3,5 Mds €
Principaux clients : Allemagne (13,5 %), Italie (8,3 %), Roumanie (8,2 %), Turquie (7,8 %), Grèce (6,4 %). Principaux fournisseurs : Allemagne (11,0 %), Russie (10,0 %), Chine (7,3 %), Italie (7,1 %), Turquie (6,2 %)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (estimation 2016) :

  • agriculture : 5,1 %
  • industrie : 27,4 %
  • services : 67,5 %

Exportations de la France vers la Bulgarie (2017) : 827 M€
Importations françaises depuis la Bulgarie (2017) : 1 087 M€

Consulter la fiche pays économique Bulgarie sur le site du Trésor

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://bg.ambafrance.org
Consulat(s) : agence consulaire à Varna
Communauté française (31.12.2017) : 1 479 inscrits
Communauté bulgare en France : environ 20 000 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Boïko Borissov, chef de file du GERB (parti affilié au PPE), dirige à nouveau le gouvernement bulgare depuis le 4 mai 2017. Il s’agit de sa troisième nomination au poste de premier ministre (après deux mandats exercés de juillet 2009 à mars 2013, puis de novembre 2014 à novembre 2016), qui confirme sa prééminence sur la scène politique bulgare depuis près d’une décennie. Lors des élections législatives anticipées du 26 mars 2017, le GERB a recueilli 32,7 % des voix et 95 des 240 sièges de l’Assemblée nationale (parlement monocaméral). Sans majorité absolue, il a dû s’allier avec les « Patriotes unis », coalition de partis nationalistes et troisième force au Parlement (27 sièges).

L’opposition parlementaire comprend le Parti socialiste bulgare (affilié au PSE mais assez eurosceptique, 79 sièges), le Mouvement pour les droits et libertés (affilié à l’ALDE, 25 sièges) et le parti Volonté (affilié au MENL, 12 sièges).

M. Borissov est en situation de cohabitation avec le président Radev, qui a succédé en janvier 2017 à Rossen Plevneliev. Bien que disposant de prérogatives constitutionnelles limitées, le président pèse dans le débat public et fait usage de son droit de veto sur certaines lois.

Le gouvernement Borissov III s’est fixé comme tâches prioritaires d’assurer le bon déroulement de la présidence du Conseil de l’UE au premier semestre 2018, de maintenir l’équilibre des finances publiques et de renforcer le contrôle de la frontière bulgaro-turque, frontière extérieure de l’Union européenne.

Au nom des « valeurs traditionnelles », les Patriotes unis (coalition gouvernementale), le Parti socialiste bulgare (opposition) et l’Église orthodoxe ont fait campagne début 2018 contre une ratification de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention de la violence à l’égard des femmes (dite Convention d’Istanbul). Leur argumentation a été reprise par la cour constitutionnelle bulgare, qui a déclaré en juillet 2018 la Convention comme contraire à la constitution du pays.

Dans le cadre du mécanisme de coopération et de vérification de l’Union européenne (MCV) mis en place lors de son adhésion à l’UE, la Commission européenne et le Conseil de l’Union européenne adressent des recommandations à la Bulgarie pour l’aider à réformer son système judiciaire et à améliorer la lutte contre la corruption de haut niveau et la criminalité organisée. Dans son rapport du 15 novembre 2017, la Commission européenne a publié 17 recommandations dont une mise en œuvre irréversible permettrait d’envisager une levée à terme du mécanisme. La Commission de Venise du Conseil de l’Europe a rendu en octobre 2017 un avis invitant les autorités bulgares à réduire le rôle du parlement et du procureur général dans le fonctionnement de l’autorité judiciaire. La situation des médias fait également l’objet de débats, notamment à la lumière de certaines initiatives législatives et d’une procédure de confiscation civile engagée contre le propriétaire du principal groupe de presse indépendant.

Situation économique

Durement frappée par la crise de 2008 (contraction du PIB de 5,5 % en 2009, puis croissance atone les années suivantes), l’économie bulgare connaît depuis 2015 une embellie (croissance annuelle supérieure à 3 % depuis 2015), soutenue par les exportations et une meilleure consommation des fonds structurels. Le pays, qui se caractérise par un faible taux d’imposition des entreprises et des revenus (flat tax de 10 %) et par un coût de la main d’œuvre parmi les moins élevés d’Europe (salaire minimum de 290 €, salaire brut moyen de 640 € en mars 2019), attire des capitaux étrangers encore modestes mais en croissance : le stock total cumulé d’IDE est évalué à 40 Mds € fin 2016 (soit 85 % du PIB). L’un des enjeux pour le pays reste de mener à bien le processus de rattrapage qu’il a entamé par rapport à ses partenaires européens : son PIB par habitant demeure le plus faible de l’UE, même si, calculé en parité de pouvoir d’achat, il est passé de 32 % de la moyenne européenne (UE 28) en 2002 à 49 % en 2017 ; la proportion de la population en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale est passée de 45 % en 2008 à 33 % en 2018. Le chômage, qui avait dépassé la barre des 12 % après la récession, a significativement décru depuis (9,2 % en 2015, 5,3 % en 2018), dans un contexte cependant de crise démographique (vieillissement de la population et forte émigration des jeunes).

La Bulgarie continue à produire près de la moitié de son électricité à partir du charbon, suivi du nucléaire et de l’hydroélectricité. Elle est exportatrice nette d’électricité. Le gouvernement Borissov exprime l’objectif de faire de la Bulgarie un pays clé pour l’approvisionnement de l’Europe en gaz naturel à travers la création d’un « hub gazier », plateforme de négoce et de distribution devant être alimentée par du gaz de diverses origines.

Les autorités bulgares, qui agissent depuis 1997 dans le cadre d’une parité fixe avec les monnaies européennes (deutschemark puis euro), s’en tiennent à une stricte discipline budgétaire (budget en excédent depuis 2016), qui permet de maintenir la dette publique à un niveau parmi les plus faibles de l’UE (moins de 23 % fin 2018 ; le Programme de convergence 2017-2020 la fait tendre vers 21 % du PIB). Elles ne se sont autorisé une entorse momentanée à cette règle qu’en 2014 (glissement du déficit public de 0,4 % à 5,4 % du PIB et de la dette de 17,1 % à 27 %) pour stabiliser le secteur bancaire après la brusque crise (« bank run ») qui avait frappé les 3e et 4e banques du pays (18 % des actifs à l’époque).

Dans le cadre du Semestre européen 2018, la Commission européenne a invité les autorités bulgares à tirer parti de la conjoncture favorable et de la situation saine des finances publiques pour investir davantage dans l’éducation et la santé, et à poursuivre les réformes structurelles en matière de surveillance du secteur financier, de gouvernance des entreprises publiques et de lutte contre le travail non déclaré.

Politique étrangère

Russie : La Russie est perçue de manière positive par une part significative des Bulgares, sensibles à une certaine proximité religieuse et linguistique, ainsi qu’au souvenir de son rôle au XIXe siècle de libératrice de l’occupation ottomane. Moscou est en outre un partenaire économique de poids, dont les investissements (4,3 % du PIB bulgare) sont notamment très présents dans le secteur énergétique (Lukoil, plus grande société étrangère de Bulgarie, possède l’unique raffinerie du pays et 71 % du mix énergétique bulgare dépend d’importations russes). Une part significative des recettes touristiques proviennent de touristes russes.

Ukraine : Le conflit en Ukraine, où vit une minorité bulgare d’environ 300 000 personnes (dont 5 000 en Crimée), et les tensions qu’il génère avec Moscou inquiètent la Bulgarie qui, bien que circonspecte sur la question des sanctions, s’attache à respecter le consensus européen.

Partenariat oriental (PO) : La Bulgarie soutient le PO et serait favorable à l’ouverture d’une « perspective européenne » pour ces pays.

Turquie : La Bulgarie s’attache à développer des coopérations de bon voisinage avec la Turquie (notamment en matière de contrôle des frontières, dans le contexte de la crise migratoire) et a accueilli le 26 mars 2018 à Varna un Sommet UE-Turquie. Cependant, dans un pays où le souvenir de l’occupation ottomane pluriséculaire reste vivace, les interactions entre Ankara et les partis représentant la minorité turcophone de Bulgarie (environ 11 % de la population) sont scrutées avec attention.

Balkans occidentaux : La Bulgarie soutient la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux et voit dans l’élargissement de l’UE à cette région un levier de stabilisation de l’Europe du sud-est. Soulignant l’importance dans cette perspective des relations de bon voisinage et de coopération régionale, elle a signé en août 2017 un accord d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec la République de Macédoine du Nord, très proche historiquement, culturellement et linguistiquement. Dans le cadre de sa présidence du Conseil de l’UE, la Bulgarie a organisé à Sofia le 17 mai 2018 un Sommet UE-Balkans, lors duquel les 28 ont réaffirmé leur soutien au développement et à la perspective européenne de cette région et adopté en ce sens un programme d’actions prioritaires.

OTAN : La Bulgarie, dotée d’une armée de taille et de budget modestes (1,57 % du PIB en 2017), considère l’OTAN, à laquelle elle a adhéré en 2004, comme la garantie première de sa sécurité. Elle accueille depuis septembre 2015 des éléments avancés de commandement et de contrôle (NFIU). Dans le cadre de la présence avancée adaptée en Europe du Sud-est, des Alliés contribuent à la protection de l’espace aérien bulgare.

Relations avec l’Union européenne

La Bulgarie fait depuis 1989 de son intégration à l’espace euro-atlantique une priorité constante de sa politique étrangère. Elle est entrée dans l’Union européenne le 1er janvier 2007, mais reste à ce stade en dehors de l’espace Schengen et de la zone euro. Elle demeure encore l’État membre le plus pauvre de l’Union. Elle a assuré la présidence du Conseil de l’Union européenne pour la première fois au 1er semestre 2018. Le Premier ministre Borissov représente la Bulgarie au Conseil européen.

Présence dans les institutions européennes :

Mariya Gabriel est Commissaire pour l’économie et la société numériques. La Bulgarie dispose de 17 députés au Parlement européen.

Avenir de l’UE :

La Bulgarie souhaite une relance du projet européen sur le fondement des traités et un approfondissement de l’intégration européenne. Elle est réticente à une Europe à plusieurs vitesses, au sein de laquelle elle craint d’être marginalisée, et reste attachée à la politique de cohésion.

Brexit :

La Bulgarie regrette le Brexit, tout en respectant la décision britannique. Elle souhaite le maintien de liens aussi étroits que possible entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni et reste très attentive aux conséquences budgétaires du Brexit (crainte d’une baisse des fonds structurels notamment).

Défense européenne :

Malgré des moyens limités, Sofia fait preuve d’ouverture en faveur de la PSDC, ce dont témoigne sa participation à EULEX Kossovo, EUMM Géorgie, EUFOR Althéa, EUAM Ukraine, EUTM Mali, etc. Elle souhaite un développement de l’Europe de la défense complémentaire avec l’OTAN et a notifié son intention de participer à la CSP.

Réfugiés :

Confrontée dès 2013 à une pression migratoire en hausse, la Bulgarie est parvenue à rester hors de la « route des Balkans » pendant la crise de 2015, grâce au renforcement de son dispositif de contrôle des frontières et à une coopération efficace avec la Turquie. Elle plaide pour une plus grande solidarité européenne sur ce dossier (notamment par une réforme du règlement de Dublin) et s’est engagée au Conseil JAI de septembre 2015 à accueillir 1 352 personnes au titre des relocalisations et réinstallations (60 l’avaient effectivement été en septembre 2018, principalement en provenance de Grèce). La Bulgarie bénéficie d’une aide de l’UE pour la gestion des flux migratoires et la protection des frontières, ainsi que de renforts de l’Agence européenne de garde-frontières et garde-côtes (Frontex).

Politique régionale :

Pour la période 2014-2020, la Bulgarie bénéficie de 9,9 Mds € de fonds européens structurels et d’investissement (env. 1 390 € par habitant), dont 7,4 Mds € au titre des fonds structurels et de cohésion et 2,5 Mds € au titre de la PAC (pilier développement rural). L’impact de ces fonds est important pour la croissance économique du pays et le développement de ses infrastructures. La Bulgarie a absorbé 95 % de son enveloppe 2007-2013 et environ 19 % de l’enveloppe 2014-2020.

Travailleurs détachés :

La Bulgarie a voté en faveur de la révision de la directive de 1996 sur le détachement des travailleurs lors du Conseil EPSCO du 23 octobre 2017.

Paquet mobilité :

La Bulgarie met l’accent sur la libéralisation du secteur du transport routier et considère que l’harmonisation par le haut des normes sociales pèserait sur la compétitivité de ses entreprises.

Climat :

Le parlement bulgare a ratifié l’accord de Paris le 21 octobre 2016.

Euro :

La Bulgarie se fixe pour objectif d’adopter à terme la monnaie unique. Elle a déposé en juillet 2018 sa candidature au mécanisme de taux de change européen (MCE II) et à l’union bancaire.

Schengen :

L’entrée dans l’espace Schengen demeure un objectif central de la Bulgarie. En juin 2011, le Conseil a adopté des conclusions relevant un niveau de préparation de Sofia et Bucarest suffisant sur le plan technique, mais il n’y a pas eu d’unanimité des Etats membres en vue de l’adhésion des deux pays. L’examen de la question a été renvoyé à une date ultérieure au Conseil JAI de décembre 2013.

Mise à jour : 15.05.19

Informations complémentaires

PLAN DU SITE