Présentation du Brésil

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Présentation du pays

Données générales

BRÉSIL {JPEG}

Nom officiel : République fédérative du Brésil
Nature du régime : République fédérale présidentielle, composée de 26 Etats et d’un district fédéral
Chef de l’Etat : M. Luiz Inácio Lula da Silva, depuis le 1er janvier 2023

Données géographiques

Superficie : 8 511 965 km² (quinze fois la France), 5ème rang mondial
Capitale : Brasilia
Villes principales : São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Porto Alegre, Salvador de Bahia, Fortaleza, Curitiba, Recife, Belém, Goiânia
Langue officielle : portugais
Monnaie : Real (1€ = 6 réaux, juillet 2024)
Fête nationale : 7 septembre

Données démographiques

Population : 213,4 millions, 7ème rang mondial (données IBGE, 2025)
Densité : 25 hab./km2
Taux d’urbanisation : 87%
Croissance démographique : 0,39%/an
Espérance de vie : 76,8 ans (73,3 ans pour les hommes et 80,3 ans pour les femmes)
Taux d’alphabétisation : 93%
Religion (s) : catholiques (56,7%) ; protestants évangéliques (26,9%), kardécisme (1,9%), umbanda/candomblé (1,05%), sans religion (9,3%)
Indice de développement humain : 0,754 (87ème)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Malgré la victoire du président Lula aux dernières élections, la société brésilienne reste polarisée entre les valeurs prônées par une droite conservatrice (extractivisme, famille traditionnelle et valeurs religieuses, notamment évangélistes) et celles représentées par Lula et la gauche (lutte contre les inégalités et les discriminations, inclusion, protection de l’environnement). Lors de l’élection la plus serrée de l’histoire du pays en octobre 2022, le président sortant, Jair Bolsonaro, et son entourage, ont agité de fausses accusations de fraude et de faiblesses du système électoral, reprises par ses partisans, entrainant le 8 janvier 2023 des attaques contre les bâtiments des trois pouvoirs. Déjà condamné d’une peine d’inéligibilité qui court jusqu’en 2030 pour d’autres faits, Bolsonaro a fait face, pour ces actes qualifiés de tentative de coup d’Etat, à un procès historique mené par la Cour suprême brésilienne (Supremo Tribunal Federal, STF) et le juge Alexandre de Moraes. L’ancien président a été condamné le 12 septembre 2025 à 27 ans de prison ; sa peine pourrait être réduite suite à la loi dite de « dosimétrie » adoptée le 17 décembre 2025.

A l’image de la polarisation du pays, le Congrès est fragmenté. Dominé par la droite traditionnelle, les courants bolsonaristes y sont en progression. Son rôle est central dans le processus législatif et le contrôle de l’exécutif au Brésil, et le président doit savoir passer des compromis avec les différentes formations politiques qui y siègent, en particulier grâce aux crédits (« emendas » qui représentaient 8,5 Mds EUR en 2025) octroyés aux parlementaires. Défenseur de l’agro-business, de la vente d’armes et d’une idéologie conservatrice en lien avec l’évangélisme, le lobby « BBB » (« bœuf, balles, Bible ») sait porter ses intérêts dans cette nouvelle configuration. Dans ce contexte, le président Lula a tout de même réussi à faire adopter par le Congrès de nouvelles règles en matière de finances publiques permettant une expansion des dépenses sociales et des investissements, ainsi qu’une réforme des impôts sur les biens et services. Des tensions sont récurrentes entre le STF et le Congrès, par exemple sur la question des terres et des populations autochtones.

Le gouvernement Lula III fait face à trois défis majeurs : la réconciliation d’un Brésil divisé, la reconstruction des institutions et services publics après quatre années de négligence et de coupes budgétaires, et la mise en place de politiques environnementales crédibles à long terme. Le niveau et la trajectoire de la dette publique sont les principales préoccupations pour l’économie brésilienne. La dette brute du secteur public a atteint 78,7% du PIB fin 2025, un taux élevé pour un pays émergent. Ce niveau est préoccupant pour un pays qui connaît de l’inflation (4,46% en 2025) et l’un des taux d’intérêt les plus élevés au monde (15% en février 2026). Face à ces défis, le scénario en vue des élections générales d’octobre 2026 reste indéfini, entre le président Lula à gauche et une constellation de candidats de droite, certains cherchant à incarner un bolsonarisme modéré.

Politique étrangère

La présidence de Lula a marqué un retour du Brésil sur la scène internationale et une amélioration du dialogue avec ses partenaires. Des fondamentaux de la diplomatie brésilienne ont été repris : non-alignement, G77, format BRICS. Le pays maintient une vision légaliste des relations internationales. Le président Lula entend se réinvestir en Afrique et dans son environnement régional, comme l’a montré la proposition brésilienne de médiation dans la crise politique vénézuélienne. Le Brésil a réintégré la CELAC. La recherche d’investissements et de débouchés pour l’économie brésilienne demeure une priorité.

Sur la guerre d’agression russe en Ukraine, le Brésil du président Lula a soutenu 4 des 10 résolutions adoptées par l’AGNU et a déclaré qu’il n’adopterait pas de sanctions contre la Russie, avec laquelle il entretien un partenariat stratégique. Le Brésil plaide pour la recherche d’une solution négociée, et s’est un temps proposer comme médiateur. Le Brésil s’est joint à la Chine afin de proposer une initiative de paix pour l’Ukraine, rejetée par Kiev. Le Brésil s’est enfin abstenu lors du vote de la résolution du 24 février 2025 réaffirmant le soutien à l’Ukraine et à son intégrité territoriale.

Sur la situation au Proche-Orient, le Brésil souhaite éviter l’escalade du conflit et soutient une solution à deux Etats. Après avoir condamné l’attentat du Hamas, le président Lula s’est montré critique de la réponse israélienne à Gaza qu’il a qualifiée de génocide. Le président Lula a appuyé la requête adressée à la Cour internationale de justice (CIJ) par l’Afrique du Sud au sujet de potentiels « actes génocidaires » qui seraient commis par Israël. Depuis qu’il a comparé la situation dans la bande de Gaza à l’Holocauste, Israël l’a déclaré persona non grata et attend des excuses. Le Brésil a condamné les frappes israéliennes en Iran.
Concernant le Venezuela, le Brésil a clairement condamné l’intervention militaire au Venezuela du 3 janvier 2026. Il a reconnu la vice-présidente, Delcy Rodriguez comme la présidente par intérim du Venezuela. Le 18 janvier, Le président Lula a publié une tribune dans le New York Times (titrée « This Hemisphere belongs to all of us ») critiquant l’action militaire des Etats-Unis, affirmant qu’elle affaiblissait le droit international et l’ordre multilatéral.

Le Brésil reste impliqué au sein des instances multilatérales et il est revenu au Conseil de Sécurité pour le biennium 2022-23. Le pays a présidé le G20 en 2024, et a assuré la présidence des BRICS+ en 2025, ainsi que de la COP30 à Belém et du Mercosur (deuxième semestre 2025).

Situation économique

Le PIB du Brésil s’est établi à 2 256,9 Mds USD en 2025, soit la 9ème économie mondiale devant le Canada et juste derrière l’Italie. La croissance a été soutenue en 2024 (+3,4%), suivant la même trajectoire que 2023 (+3,1%) après le rebond post-pandémie observé en 2021 (+5%).

Le marché brésilien reste encore marqué par la persistance de droits de douanes moyens élevés, de pics tarifaires et de barrières non-tarifaires malgré de récentes réductions temporaires du tarif extérieur commun du Mercosul (TEC).

Les exportations brésiliennes en 2025 sont majoritairement dominées par des produits à faible valeur ajoutée. Les principaux produits d’exportation sont le pétrole brut (44,7 Md USD), le soja (43,5 Md USD), le minerai de fer. Signe de la « reprimarisation » de l’appareil exportateur brésilien, la part des produits manufacturés dans les exportations brésiliennes était de 25% en 2021 alors qu’elle atteignait 52% en 2005.

La dépendance du Brésil vis-à-vis de la Chine s’est renforcée, absorbant 29% de ses exportations. La Chine importe principalement des produits de base pour lesquels le Brésil a un avantage comparatif.

Les Etats-Unis, deuxième client, concentrent 11% des exportations. Les ventes à destination des Etats-Unis ont enregistré une hausse de 45,1%, composées principalement de produits semi-finis. Les droits des douanes imposés par les USA à 50% depuis le 6 août 2025 ont cependant eu un impact immédiat sur les relations entre les deux pays : chute des exportations de 20,3% vers les USA en septembre 2025. L’Argentine, 3ème client du Brésil avec 4% des exportations et grand importateur de véhicules et pièces automobiles brésiliens, a pour sa part augmenté ses achats de près de 40%.

Les importations brésiliennes présentent le profil inverse des exportations : les produits transformés prédominent (93% du total). Le pétrole raffiné est le premier produit importé (5,5% du total). En hausse de 14%, les engrais et fertilisants chimiques viennent ensuite et proviennent pour plus de la moitié de Chine et de Russie.

Les principaux fournisseurs du Brésil demeurent la Chine (25,3% de la valeur totale des importations), les Etats-Unis (16,1%), l’Allemagne (5,1%) et l’Argentine (4,6%). La France dispose d’une part de marché de 2,6% et l’UE représente une part de marché consolidée de 18%.

Mise à jour : 23.02.26

Informations complémentaires