Présentation de la Bolivie

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Présentation du Pays

Données générales

BOLIVIE {JPEG}

Nom officiel : État plurinational de Bolivie
Nature du régime : République présidentielle
Président : Luis Alberto Arce Catacora

Données géographiques

Superficie : 1 098 580 km²
Capitales :

  • La Paz : capitale administrative (siège des pouvoirs exécutif et législatif)
  • Sucre : capitale constitutionnelle
    Villes principales : Santa Cruz de la Sierra (1,6 million), capitale économique ; Cochabamba (620 000) ; Oruro (215 000), Tarija (195 000), Potosí (150 000).
    Langues officielles : espagnol et 36 langues indigènes
    Monnaie : boliviano 1 BOB = 0,12 EUR au 26/07/2021
    Fête nationale : 6 août

Données démographiques

Population (2020 - Banque mondiale) : 11,6 millions d’habitants
Densité : 10 habitants/km²
Croissance démographique (2020 – Banque mondiale) : 1,4 %
Espérance de vie (2020 - PNUD) : 71,5 ans
Taux d’alphabétisation (2020 - PNUD) : 92,5 %
Religion(s) : catholicisme (95 %), églises protestantes
Indice de développement humain (2020) : 0,718 (107e rang mondial PNUD)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

À la tête du pays entre 2005 et 2019, Evo Morales (MAS - Mouvement vers le socialisme) a apporté au cours de ses trois mandats successifs une stabilité politique inédite dans un pays ayant connu une grande instabilité gouvernementale depuis son indépendance en 1825. Son élection a engagé la Bolivie dans un processus de profondes transformations sociales, économiques et politiques, rendu possible par des politiques de redistribution du revenu national et des richesses tirées de l’industrie extractive, et par la mise en place de programmes sociaux, d’accès à l’éducation et à la santé, dans un contexte de croissance soutenue.

La Bolivie a connu une importante crise politique et institutionnelle dans la suite des élections d’octobre 2019, auxquelles Evo Morales se présentait pour un 4e mandat contesté (un referendum avait rejeté en 2016 la possibilité d’une révision de la Constitution sur le nombre de mandats possibles).

Le premier tour des élections a été entaché de soupçons d’irrégularités, notamment documentées par un rapport présenté par l’Organisation des Etats américains (OEA), à la demande des autorités boliviennes. Alors qu’Evo Morales avait été proclamé vainqueur dès le premier tour par le tribunal suprême électoral, de nombreuses manifestations et violences ont éclaté dans tout le pays, conduisant à l’annulation de ces élections, puis à la démission d’Evo Morales. La deuxième vice-présidente du Sénat, l’opposante de droite Jeanine Añez, a été proclamée le 12 novembre 2019 présidente par intérim. La gestion du gouvernement de transition a été marquée par de nombreuses tensions politiques, doublées d’une crise sanitaire, sociale et économique, conséquence de la pandémie de covid-19.

Les élections d’octobre 2020 ont consacré une large victoire du candidat de gauche du MAS, Luis Arce, qui l’a emporté avec 55 % des voix et plus de 25 points d’avance sur son principal concurrent, le centriste Carlos Mesa.

Le débat autour des événements de 2019-2020 continue d’occuper une place importante dans la vie politique bolivienne. Plusieurs anciens responsables du gouvernement par intérim et des forces de sécurité font l’objet d’enquêtes ou de mandats d’arrêt pour leur rôle dans le cadre d’un coup d’Etat présumé en novembre 2019. L’ancienne présidente par intérim J. Añez, en détention préventive depuis mars 2021, a été condamnée en juin 2022 à 10 ans de prison, un procès dénoncé comme politique par ses partisans. La question de l’indépendance et de l’impartialité de la justice sont par ailleurs centrales dans le débat public, alors que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’indépendance des juges a soulevé à l’issue de sa visite en février 2022 l’importance d’une réforme d’ampleur.

La gestion de Luis Arce s’est concentrée sur les conséquences sociales et économiques de la crise sanitaire, alors que la Bolivie a été profondément affectée par la pandémie de coronavirus. Certaines réformes proposées n’ont pu voir le jour du fait de diverses contestations sociales. Le MAS connaît par ailleurs des tensions entre diverses tendances au sein du parti.

Politique étrangère

La victoire d’Evo Morales en 2005, suivie de l’entrée de la Bolivie dans l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA, créée en 2004 par le Vénézuéla et Cuba) a conduit le pays à adopter un discours anti-impérialiste et hostile aux États-Unis : critiques envers l’Organisation des États américains (OEA), positions favorables à l’Iran (avec lequel la Bolivie a établi des relations diplomatiques en 2007), rapprochement avec la Chine et la Russie. La Bolivie a ainsi rompu ses relations avec Israël en 2009, pour protester contre l’offensive à Gaza, et reconnu l’État palestinien en décembre 2010. Les relations diplomatiques avec les Etats-Unis ont été rompues en 2008 avec l’expulsion de l’ambassadeur américain de Bolivie.

Sur le plan régional, Evo Morales a entretenu des liens très proches avec les membres de l’ALBA et mené une politique extérieure essentiellement pragmatique avec ses voisins, notamment avec le Brésil et l’Argentine qui sont les principaux partenaires commerciaux de la Bolivie. La Bolivie a assumé la présidence de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) en 2018 et celle de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (CELAC) en 2019.

Lors de la période de transition en 2019-2020, le gouvernement de transition marqué à droite a pris le contre-pied idéologique de l’exécutif précédent : sortie de l’ALBA et l’UNASUR ; reconnaissance de Juan Guaido comme président du Venezuela et adhésion au Groupe de Lima ; reprise des relations diplomatiques avec Israël et les Etats-Unis.

Le président Luis Arce s’est à nouveau inscrit dans la ligne de son prédécesseur, en renouant avec les alliés traditionnels de la Bolivie, comme le Venezuela et Cuba, ou encore la Russie et l’Iran. La Bolivie a été réintégrée dans la CELAC, l’ALBA et l’UNASUR. Les relations diplomatiques sont particulièrement chaleureuses avec les gouvernements de gauche en Argentine et au Mexique, et une nouvelle proximité idéologique a vu le jour avec le Pérou désormais dirigé par le président de gauche Castillo.

Sous l’impulsion des nouvelles autorités, les relations se sont par ailleurs réchauffées avec le Chili, en dépit des contentieux sur l’accès à la mer - perdu par la Bolivie à la suite de la guerre du Pacifique (1879-1884) - et l’usage des eaux du fleuve transfrontalier Silala. Plusieurs rencontres de haut niveau ont eu lieu et une feuille de route bilatérale a notamment été signée.

La Bolivie a signé en 2015 un protocole d’adhésion au MERCOSUR, qui doit néanmoins être ratifié par le Brésil.

Membre de l’OEA, la Bolivie est partie aux principales conventions du système interaméricain de protection des droits de l’Homme et reconnaît la juridiction de la Cour interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH). En février 2019, elle a accueilli à Sucre les audiences de la Commission (CIDH). La Bolivie est néanmoins volontiers critique de l’OEA, avec laquelle les relations se sont particulièrement tendues depuis les bouleversements politiques de 2019.

Troisième producteur de cocaïne au monde, le pays est sorti en 2012 de la Convention unique des Nations unies sur les stupéfiants de 1961 pour y revenir en 2013 avec une réserve relative au droit d’autoriser sur son territoire la consommation traditionnelle de la feuille de coca (le droit de produire la feuille de coca est reconnu par la Constitution de 2009). La Bolivie s’est par ailleurs investie dans les négociations climatiques internationales. Elle a notamment contribué à l’obtention de l’accord de Paris qu’elle a signé à New York en avril et ratifié en septembre 2016. La Bolivie est membre de l’Alliance pour la préservation des forêts tropicales.

Situation économique

Le pays détient les 2es réserves de gaz du sous-continent, derrière le Venezuela, les premières réserves de lithium du monde (35 %) et d’importantes ressources minières (fer, cuivre, étain) et agricoles .

Malgré un territoire enclavé, l’économie bolivienne a connu lors de la dernière décennie une forte croissance (supérieure à 5 % jusqu’en 2015, autour de 4 % depuis 2016), soutenue par une demande intérieure dynamique et des dépenses publiques élevées. La politique économique du pays repose en grande partie sur l’investissement public, central dans les domaines de la santé et de l’éducation, et dans les entreprises publiques issues des nombreuses nationalisations décidées par le président Morales depuis 2006 (étatisation des hydrocarbures et du secteur de l’électricité notamment). Le PIB global a doublé en dix ans, tandis que la politique de redistribution sociale structurée par des programmes ambitieux a permis de réduire le taux de pauvreté de 60 % en 2005 à 37 % en 2019. En dépit de ces indicateurs favorables qui ont contribué à la consolidation d’une classe moyenne, la Bolivie demeure l’un des pays les plus pauvres de la région (PIB/hab de 3 370 USD en 2021).

L’économie bolivienne souffre notamment d’un manque de diversification, ce qui la rend très dépendante à la fois des hydrocarbures et du secteur public. L’économie informelle reste forte, représentant environ 60 % de l’activité économique et 70 % de l’emploi. Le pays pâtit également d’un environnement des affaires peu attractif (classé 150e au classement Doing Business 2020).

Le modèle économique bolivien a montré des signes d’essoufflement à partir de 2019, accentués par les conséquences de l’épidémie de covid-19. Le déficit budgétaire (9,3% du PIB en 2021 contre 7,2% en 2019) et la dette publique (83 % du PIB en 2021 contre 56 % en 2019) se sont accrus, tandis que les réserves internationales du pays ont considérablement chuté (4,7 milliards USD en 2021, son plus bas niveau depuis 15 ans). La Bolivie enregistre en 2021 son premier excédent commercial depuis 2014, grâce notamment à la hausse du prix des matières premières.

Pour des informations complémentaires, consulter la fiche pays Bolivie sur le site de la direction générale du Trésor

Mise à jour : 03.08.2022

Informations complémentaires