Présentation de la Bolivie

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Présentation du Pays

Données générales
BOLIVIE {JPEG}

Nom officiel : État plurinational de Bolivie
Nature du régime : République présidentielle
Présidente par intérim : Jeanine Añez

Données géographiques

Superficie : 1 098 580 km²
Capitales :
La Paz : capitale administrative (siège des pouvoirs exécutif et législatif)
Sucre : capitale constitutionnelle
Villes principales : Santa Cruz de la Sierra (1,6 M.), capitale économique ; Cochabamba (620 000) ; Oruro (215 000), Tarija (195 000), Potosí (150 000).
Langues officielles : espagnol + 36 langues indigènes
Monnaie : boliviano 1 BOB = 0,13 EUR au 02/01/2020
Fête nationale : 6 août

Données démographiques

Population (2018 - PNUD) : 11,4 M. hab.
Densité : 10 habitants/km²
Croissance démographique (2018 – Banque mondiale) : 1,4 %
Espérance de vie (2018 - PNUD) : 71,2 ans
Taux d’alphabétisation (2015 - PNUD) : 95 %
Religion (s) : catholicisme (95 %), églises protestantes
Indice de développement humain (2018) : 0,703 (114e rang mondial PNUD)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Élu en décembre 2005, Evo Morales a apporté au cours de ses trois mandats successifs une stabilité politique inédite dans un pays ayant connu une grande instabilité gouvernementale depuis son indépendance en 1825. Cette élection a engagé la Bolivie dans un processus de profondes transformations sociales, économiques et politiques, débouchant sur de réelles avancées en matière de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales. Cela a été rendu possible par des politiques de redistribution du revenu national et des richesses tirées de l’industrie extractive, et par la mise en place de programmes sociaux, d’accès à l’éducation et à la santé, dans un contexte de croissance soutenue.

Une nouvelle Constitution a été adoptée par referendum en janvier 2009, redéfinissant les structures de l’État et garantissant de nouveaux droits, notamment en faveur des peuples autochtones.

Divers épisodes de tensions sociales et contestations ont cependant marqué les présidences de Morales. En août 2011, plusieurs centaines d’indigènes d’Amazonie ont notamment entrepris une marche de 600 km vers la Paz, pour contraindre les autorités à abandonner un projet de construction de route devant traverser une zone écologiquement sensible (parc naturel du Tipnis). Ce conflit a donné lieu à une forte répression policière. De nouvelles grèves ont éclaté en 2012, toujours dans les mêmes secteurs (mines, médecine, transport, police) au printemps 2013 ainsi qu’en été 2016. Cette dernière grève des mineurs, extrêmement violente, a été marquée par la mort tragique du vice-ministre de l’Intérieur M. Rodolfo Illanes.

Des élections générales se sont tenues le 20 octobre 2019. Evo Morales se présentait pour un quatrième mandat contesté. En dépit du rejet par referendum d’une révision de la constitution lui permettant de se présenter pour un nouveau mandat (le « non » l’avait emporté à 51,3 % des suffrages lors du referendum de 2016), sa candidature à l’élection présidentielle avait été autorisée par le Tribunal constitutionnel en 2017.

Le premier tour des élections a été entaché de forts soupçons d’irrégularités, notamment documentées par un rapport présenté par l’Organisation des États américains (OEA), à la demande des autorités boliviennes. Alors qu’Evo Morales avait été proclamé vainqueur dès le premier tour par le Tribunal suprême électoral, de nombreuses manifestations et violences ont éclaté dans tout le pays, conduisant à l’annulation de ces élections, puis à la démission d’Evo Morales le 10 novembre. La deuxième vice-présidente du Sénat, l’opposante Jeanine Añez, a été proclamée le 12 novembre 2019 présidente, et a immédiatement formé un gouvernement de transition, chargé d’organiser de nouvelles élections. Une loi, adoptée à l’unanimité par les deux Chambres, a été promulguée le 24 novembre 2019, pour annuler les élections du 20 octobre et fixer le cadre du processus électoral à venir. Le Parlement a par la suite désigné les nouveaux membres du Tribunal suprême électoral. Cette instance, chargée de mettre en œuvre le processus électoral, a fixé les nouvelles élections générales le 3 mai 2020.

Evo Morales, qui s’était exilé au Mexique immédiatement après sa démission, a gagné l’Argentine le 12 décembre 2019 où il a sollicité le statut de réfugié. Le parquet bolivien a émis un mandat d’arrêt à son encontre dans le cadre d’une enquête ouverte pour « sédition et terrorisme » par les nouvelles autorités.

Politique étrangère

La victoire d’Evo Morales en 2005, suivie de l’entrée de la Bolivie dans l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA, créée en 2004 par le Vénézuéla et Cuba) a conduit le pays à adopter un discours anti-impérialiste et hostile aux États-Unis : critiques envers l’Organisation des États américains (OEA), positions favorables à l’Iran (avec lequel la Bolivie a établi des relations diplomatiques en 2007), rapprochement avec la Chine et la Russie. La Bolivie a ainsi rompu ses relations avec Israël en 2009, pour protester contre l’offensive à Gaza, et reconnu l’État palestinien en décembre 2010.

Sur le plan régional, Evo Morales a entretenu des liens très proches avec les membres de l’ALBA et mené une politique extérieure essentiellement pragmatique avec ses voisins, notamment avec le Brésil et l’Argentine qui sont les principaux partenaires commerciaux de la Bolivie. La Bolivie a assumé la présidence de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) en 2018 et celle de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (CELAC) en 2019.

Avec le Chili en revanche, la relation reste tendue en raison du traumatisme causé par la perte du littoral à la suite de la guerre du Pacifique (1879-1884). Les deux pays n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1978. Le gouvernement du président Morales a déposé en 2013 un mémoire portant ce différend devant la Cour internationale de Justice (CIJ). Le 1er octobre 2018, la CIJ a débouté la Bolivie de sa demande, estimant que le Chili n’était pas tenu de négocier avec la Bolivie en vue de parvenir à un accord assurant à celle-ci un accès souverain à l’océan Pacifique. Lima s’est engagé à ne pas faire obstacle à un éventuel règlement boliviano-chilien concernant l’accès au littoral. Un autre contentieux oppose la Bolivie au Chili, concernant l’usage des eaux du fleuve transfrontalier Silala. Une procédure est en cours depuis 2016 à la CIJ sur le statut de ce fleuve, dont les eaux sont utilisées par le Chili mais que la Bolivie revendique comme exclusivement bolivien.

Membre de l’OEA, la Bolivie est partie aux principales conventions du système interaméricain de protection des droits de l’Homme et reconnaît la juridiction de la Cour interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH). En février 2019, elle a accueilli à Sucre les audiences de la Commission (CIDH).

Aux Nations unies, la Bolivie a été membre du Conseil de sécurité pour la période 2017-2018.

La Bolivie, troisième producteur de cocaïne au monde, a dénoncé, en juin 2011, la Convention unique des Nations unies sur les stupéfiants de 1961. Elle a toutefois adhéré à nouveau en janvier 2013 avec une réserve relative au droit d’autoriser sur son territoire la consommation traditionnelle de la feuille de coca (le droit de produire la feuille de coca est reconnu par la Constitution de 2009). La France et une trentaine de pays ont objecté à cette réserve au motif qu’elle créait un précédent de nature à fragiliser le régime juridique international. Enfin, les négociations climatiques constituent une priorité pour le gouvernement bolivien, qui entend lutter principalement contre la déforestation. Aux mois de novembre et décembre 2015, lors de la COP21 à Paris-Le Bourget, elle a co-présidé le groupe de travail sur les pertes et dommages, et contribué à l’obtention de l’accord de Paris qu’elle a signé à New York en avril et ratifié en septembre 2016.

La Bolivie est par ailleurs membre du Groupe de contact international sur le Venezuela depuis 2019, à l’invitation de l’Union européenne.

Depuis décembre 2019, le gouvernement de transition de Jeanine Añez a entamé pour sa part une réorientation de la politique extérieure de la Bolivie : sortie de l’ALBA et de l’UNASUR ; reconnaissance de J. Guaido comme président du Venezuela et adhésion au Groupe de Lima ; reprise des relations diplomatiques avec Israël et les États-Unis.

Situation économique

Le pays détient les 2e réserves de gaz du sous-continent, derrière le Venezuela, les premières réserves de lithium du monde (35 %) et d’importantes ressources minières (fer, cuivre, étain).

L’économie bolivienne, malgré un territoire enclavé, a connu lors de la dernière décennie une forte croissance (supérieure à 5 % jusqu’en 2015, de 4 % depuis 2016), soutenue par une demande intérieure dynamique et des dépenses publiques élevées. La politique économique du pays repose en grande partie sur l’investissement public, central dans les domaines de la santé et de l’éducation, et dans les entreprises publiques issues des nombreuses nationalisations décidées par le président Morales depuis 2006 (étatisation des hydrocarbures et du secteur de l’électricité notamment). Le PIB global a doublé en dix ans, tandis que la politique de redistribution sociale structurée par des programmes ambitieux a permis de réduire le taux de pauvreté de 60 % en 2005 à 39 % en 2015. En dépit de ces indicateurs favorables qui ont contribué à la consolidation d’une classe moyenne, la Bolivie demeure l’un des pays les plus pauvres de la région.

Par ailleurs, l’économie bolivienne souffre d’un manque de diversification, ce qui la rend très dépendante à la fois des hydrocarbures et du secteur public. L’économie informelle reste forte, représentant 60 % de l’activité économique et 70 % de l’emploi en 2017. Le pays pâtit également d’un environnement des affaires peu attractif (classé 152e au classement Doing Business 2018).

Pour des informations complémentaires, consulter la fiche pays Bolivie sur le site de la Direction générale du Trésor

Mise à jour : 06.01.20

Informations complémentaires