La crise des Rohingyas

Image Diaporama - Bloc opératoire de la maternité de Friendship.

Bloc opératoire de la maternité de Friendship.

© MEAE

Image Diaporama - Camp Kutupalong

Camp Kutupalong

© MEAE

Image Diaporama - Camp Unchinprang

Camp Unchinprang

© MEAE

Image Diaporama - Camp Unchinprang

Camp Unchinprang

© MEAE

Image Diaporama - Distribution alimentaire au camp Balukhali

Distribution alimentaire au camp Balukhali

© MEAE

Image Diaporama - Hôpital de Hope Foundation, Humaniterra Cox's (...)

Hôpital de Hope Foundation, Humaniterra Cox’s Bazar

© MEAE

Image Diaporama - Pharmacie de la maternité de Friendship, camp (...)

Pharmacie de la maternité de Friendship, camp Balukhali

© MEAE

Un an après le déclenchement de la crise, la situation des Rohingyas tant sur le plan humanitaire que des droits de l’Homme reste très préoccupante.

La France participe activement aux efforts internationaux pour le règlement de la crise

Le président de la République a dénoncé, dès le début de la crise en septembre 2017 à l’occasion de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, un « nettoyage ethnique ».

Dans la continuité de la mobilisation du président de la République, la France a pris l’initiative au Conseil de Sécurité des Nations unies, en lien avec ses partenaires, notamment britanniques, pour qu’un début de réponse collective de la communauté internationale soit apporté au drame que vivent les Rohingyas.

Le Conseil de sécurité a établi par sa déclaration présidentielle du 6 novembre 2017, une feuille de route pour le règlement de la crise. Il se réunit régulièrement pour suivre la situation, ainsi que la mise en œuvre de son plan d’action. La nomination en avril 2018 par le Secrétaire général des Nations unies d’une envoyée spéciale pour la Birmanie, Christine Schraner Burgener, de nationalité suisse, doit permettre de renforcer la coopération entre le gouvernement birman et les Nations unies afin de progresser dans le règlement de la crise et de soutenir la transition démocratique birmane.

À la suite de la visite du Conseil de sécurité en Birmanie et au Bangladesh du 28 avril au 1er mai 2018, la conclusion d’un accord tripartite, le 6 juin 2018, entre le gouvernement birman, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a constitué une étape importante dans la préparation des conditions nécessaires pour un retour sûr, volontaire, digne et durable des réfugiés rohingyas.

Le Conseil de sécurité et le Conseil des droits de l’Homme ont exprimé à plusieurs reprises leur profonde préoccupation au sujet des allégations de graves violations des droits de l’Homme dans l’Arakan, y compris par les forces de sécurité. Les témoignages de victimes sont accablants. Le rapport de la mission d’établissement des faits du Conseil des droits de l’Homme, publié le 27 août 2018, retient des qualifications de génocide, de crime contre l’humanité, et de crimes de guerre, qui relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale, contre l’armée birmane. La France appelle à ce que des enquêtes indépendantes et transparentes soient conduites, à ce qu’une action déterminée de la communauté internationale en faveur de la collecte et conservation des preuves soit conduite par la communauté internationale et à ce que les coupables rendent compte devant la justice.

Avec ses partenaires européens, la France a renforcé l’embargo sur les armes à destination de la Birmanie et a placé sous sanctions (gel des avoirs placés dans des banques européennes et interdiction de voyager sur le territoire européen), le 25 juin 2018, sept officiers supérieurs des forces armées et de la police des frontières, responsables de graves violations des droits de l’Homme envers la population rohingya (aller plus loin, consulter le site du Ministère de l’Économie et des Finances).

La France a suspendu dès le début de la crise sa coopération de défense avec l’armée birmane.

L’objectif reste le retour des réfugiés dans leurs foyers, mais des efforts importants en termes de réconciliation, de rétablissement de l’État de droit et de reconstruction sont encore nécessaires pour permettre des retours sûrs, dignes, volontaires et durables.

Dans ce contexte, la France continue d’apporter son soutien à la transition démocratique birmane et aux efforts du gouvernement civil pour faire progresser l’État de droit et le respect des droits de l’Homme.

La France est mobilisée sur le front humanitaire

Depuis le 25 août 2017, plus de 723 000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh, s’ajoutant aux vagues précédentes. Au total, les campements de Cox’s Bazar au Bangladesh accueillent désormais près d’un million de réfugiés rohingyas. La France salue la solidarité et les efforts déployés par les autorités bangladaises pour l’accueil des réfugiés sur leur territoire.

Une aide humanitaire substantielle de la France, y compris via l’Union européenne

La France participe à l’effort international visant à répondre aux besoins humanitaires en Birmanie et au Bangladesh. Notre aide aux populations rohingyas, au Bangladesh et en Birmanie, s’est élevée en 2017 à 4,2 M€.

La France continue de soutenir l’action des Nations unies et des organisations humanitaires sur le terrain. Pour le 1er semestre 2018, une aide alimentaire de 1,3M€ a été décidée (1,05 M€ au Bangladesh et 0,25 M€ en Birmanie). Plusieurs projets d’ONG ont également été soutenus à hauteur de 1,5 M€ par la Mission pour l’Action humanitaire. Enfin une contribution volontaire d’un montant de 550 000 USD a été versée au HCR. L’aide française en faveur des réfugiés rohingyas s’élève donc à 7,5 M€ depuis le début de la crise.

La France participe également à l’effort humanitaire à travers sa contribution au budget de l’Union européenne. La Commission européenne a débloqué en 2018 une aide humanitaire de 40 M€ pour apporter un soutien aux Rohingyas au Bangladesh et dans l’État de l’Arakan en Birmanie. Sur ces 40 millions d’euros, 29 millions iront à l’organisation d’une aide alimentaire et nutritionnelle, d’un accès à l’eau potable et aux services de santé dans le district de Cox’s Bazar au Bangladesh. 7 millions d’euros serviront à renforcer les mesures de préparation à la saison des pluies, et 4 millions d’euros seront attribués aux Rohingyas et à leurs communautés d’accueil dans l’Arakan et garantiront l’organisation d’une protection, d’un hébergement, de soins de santé. Ces fonds viennent s’ajouter aux 51 M€ déjà mobilisés en 2017. Au total, depuis 2010, l’Union européenne a contribué par près de 81 M€ d’aide humanitaire pour les populations vulnérables de l’État de l’Arakan, y compris dans les régions plus isolées du nord.

(Mise à jour : 5 septembre 2018)

Informations complémentaires

PLAN DU SITE