Présentation de l’Autriche

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : République d’Autriche
Nature du régime : parlementaire
Chef de l’Etat : Alexander VAN DER BELLEN (depuis le 26 janvier 2017, pour 6 ans)
Chancelier (chef de gouvernement) : Sebastian KURZ (ÖVP)

Données géographiques

Superficie : 83 859 km²
Capitale : Vienne
Villes principales : Graz, Linz, Salzbourg, Innsbruck
Langue officielle : allemand
Monnaie : euro
Fête nationale : 26 octobre

Données démographiques

Population : 8,6 millions (2017)
Croissance démographique : + 0,53 % par an (2017)
Espérance de vie : hommes 78,3 ans, femmes 83,9 ans
Taux d’alphabétisation : 99 %
Religions : catholiques 73,6 %, musulmans 5 %, protestants 4,7 %, orthodoxes 2,2 %, bouddhistes 0,1 %, juifs 0,1 %, autres 3 % (données officielles)
Minorités reconnues : Slovènes, Croates, Tchèques, Hongrois, Slovaques, Roms
Indice de développement humain (2017) : 0,955

Données économiques

PIB (2017) : 349,3 Mrd EUR (eurostat)
PIB par habitant (2017) : 42 000 EUR/hab (eurostat)
Taux de croissance (prévision 2018) : +2,9 % du PIB (Commission européenne)
Taux de chômage (juillet 2017) : 5,5 % (eurostat)
Taux d’inflation (août 2017) : 2,2 % (eurostat)
Déficit public (prévision 2017) : -0,7 % du PIB (eurostat)
Dette publique (2017) : 83,6 % PIB
Principaux clients (2017) : Allemagne, Etats-Unis , Italie, France, Suisse
Principaux fournisseurs (2017) : Allemagne, Italie, Chine, Suisse, République tchèque
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2017) (source : Statistik Austria) :

  • agriculture : 1,2 %
  • industrie (y compris construction) : 28,4 %
  • services : 70,4 %
    Exportations de la France vers l’Autriche (2017) : 3,8 Mrd EUR (Douanes Françaises)
    Importations françaises de l’Autriche (2017) : 6,5 Mrd EUR (Douanes Françaises)
    Balance commerciale (positive pour l’Autriche) (2017) : 2,6 Mrd EUR (Douanes Françaises)
    Pour plus d’informations : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/pays/autriche

Présence française

La France a une ambassade bilatérale à Vienne et des représentations permanentes auprès de l’ONU et de l’OSCE.

Site Internet de notre ambassade : http://www.ambafrance-at.org

Consulats : 6 consulats honoraires à Bregenz, Graz, Innsbruck, Klagenfurt, Linz et Salzbourg
Communauté française en Autriche : 8.668 personnes inscrites au Registre des Français établis hors de France au 31 décembre 2013, environ 2.500 non–inscrits.
Communauté autrichienne en France : environ 20 000 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

La République d’Autriche est un État fédéral doté d’un régime parlementaire

Le Nationalrat (chambre basse) comprend 183 députés élus pour 5 ans au suffrage universel direct selon une formule de représentation proportionnelle.
Le Bundesrat (chambre haute) comprend 58 sénateurs élus par les Parlements des 9 Länder.
Le chancelier fédéral est nommé par le président et confirmé par le Nationalrat. Il est responsable de la coordination interministérielle mais ne dispose pas d’un pouvoir de directive sur ses ministres (Ressortprinzip).
Le président fédéral, élu au suffrage direct pour un mandat de 6 ans renouvelable une fois, a surtout des fonctions de représentation.
Les principaux partis politiques sont le Parti social-démocrate de Christian Kern (SPÖ), le Parti du peuple de Sebastian Kurz (ÖVP, droite conservatrice), et le Parti de la liberté de Heinz-Christian Strache (FPÖ, droite populiste).

Les dernières élections législatives anticipées du 15 octobre 2017 ont vu la victoire du parti conservateur ÖVP arrivé en tête du scrutin avec 31,5% des voix pour sa liste conduite par Sebastian Kurz, alors ministre des affaires étrangères. Le parti social-démocrate SPÖ s’est placé en deuxième position (26,9%) et le parti populiste de droite (FPÖ) qui avait obtenu 35% des suffrages lors des dernières présidentielles, est arrivé en troisième position avec 26% des suffrages. Sebastian Kurz est parvenu à un accord avec le FPÖ le 15 décembre 2017 et a été officiellement investi chancelier fédéral le 18 décembre, devenant, à 31 ans, le plus jeune chancelier de l’histoire du pays. Le contrat de coalition, tout en réaffirmant l’engagement européen de l’Autriche, porte la marque d’un glissement à droite de l’échiquier politique et met en exergue les questions relatives à l’immigration et à la sécurité. D’orientation clairement libérale sur le plan économique (allègement de la pression fiscale et simplification administrative), il est conservateur sur le plan social et porte en divers points la marque du programme du FPÖ (réduction des aides sociales versées aux demandeurs d’asile, application du principe de préférence nationale, introduction, moyennant une révision constitutionnelle, de référendum d’initiative populaire).

Situation économique et commerciale

L’économie autrichienne a longtemps fait figure de bon élève de la zone euro avec un des plus faibles taux de chômage de l’Union européenne (5,5 %), un des meilleurs PIB/habitant en parité de pouvoir d’achat et une industrie parmi les plus performantes de l’Union européenne. Le succès du « modèle autrichien » s’explique notamment par le dynamisme de ses PME, très orientées vers l’exportation, la qualité du système de formation et d’apprentissage, et l’efficacité du dialogue et du partenariat social. Le niveau élevé des dépenses de recherche et développement (3,1 % du PIB en 2017) traduit la volonté d’inscrire l’innovation et la compétitivité au cœur de la stratégie économique autrichienne. Toutefois, l’Autriche, dont l’économie est résolument tournée vers l’extérieur, et qui est à juste titre considérée comme l’équipementier de l’Allemagne, se caractérise également par une faible résistance aux chocs extérieurs, comme l’ont montré récemment les incidences des sanctions américaines contre la Russie..

Depuis fin 2016, l’Autriche connait une phase d’expansion robuste. Avec une croissance exceptionnelle de 2,9 % en 2017, l’Autriche rattrape un retard pris dans l’investissement de son outil productif. En effet, les années précédentes avaient été surtout marquées par une quasi-stagnation due à la frilosité voire la défiance des entreprises en l’avenir et donc un manque caractérisé d’investissement, ce qui se traduisait dans le secteur bancaire par des lignes de crédit non distribuées. En revanche, le retour de la confiance des ménages profite largement à la croissance au travers de la consommation des ménages. La reprise économique dans les pays de l’Europe centrale et orientale soutient tous les secteurs de l’appareil exportateur autrichien et permet un certain soulagement du marché du travail en réduisant les flux migratoires intra-européens. L’Autriche doit relever le défi de l’intégration des réfugiés, mettre sur pied des réformes structurelles pour lutter contre le chômage de longue durée et ramener les seniors en situation d’emploi. La croissance pour 2018 est estimée à 3,2 %, puis 2,2 % en 2019.

En 2017, le commerce extérieur de l’Autriche a été marqué par une forte progression des exportations (+8,2 %) après une quasi-stagnation l’année précédente (-0,3 %). Le déficit s’est creusé pour la troisième année consécutive et a atteint 5,7 Mrd EUR contre 4,5 Mrd EUR en 2016, cette dégradation étant principalement attribuable à l’alourdissement de la facture énergétique. Le commerce avec les pays limitrophes joue un rôle capital. Les relations commerciales avec l’UE constituent environ 70 % du total du commerce extérieur de l’Autriche. Le déficit commercial des échanges de biens avec l’UE a reculé de 5,7 Mrd EUR en 2016 contre 5,5 Mrd EUR en 2017. A l’égard des pays tiers, les importations sont en hausse de 11 % à 43 Mrd EUR et les exportations progressent de 7,3 % pour s’établir à 42,8 Mrd EUR. Le solde du commerce extérieur de l’Autriche avec les pays tiers est négatif et atteint -0,13 Mrd EUR. Depuis 2015, les Etats-Unis sont le deuxième client de l’Autriche (6,8% des ventes) et représentent en 2017 le premier excédent commercial de l’Autriche (3,9 Mrd EUR). Quant à la Chine, elle est le 3ème fournisseur (après l’Allemagne et l’Italie) et de 10ème client de l’Autriche.

Politique étrangère

Politique européenne

Le pays a adhéré à l’Union européenne le 1er janvier 1995. Il a rejoint l’espace Schengen le 28 avril 1995 et l’Union économique et monétaire le 1er janvier 1999. L’Autriche exerce pour la troisième fois au second semestre 2018 la Présidence du Conseil des ministres de l’Union européenne (après 1998 et 2006).
Dans le cadre de cette présidence, qui promeut « l’Europe qui protège », la priorité est accordée à la sécurité (en particulier des frontières extérieures), la compétitivité économique et le numérique, ainsi qu’à l’élargissement de l’Union européenne aux Balkans occidentaux.

Dans un contexte durablement marqué par la crise des réfugiés – pour mémoire, l’Autriche est le pays d’Europe qui a accueilli en 2015 le deuxième plus grand nombre de demandeurs d’asile par rapport à sa population –, la sécurité intérieure et la question migratoire sont des thèmes essentiels pour la nouvelle coalition, sur le plan national et européen. L’Autriche promeut un contrôle accru aux frontières extérieures de l’Union européenne.

Enfin, l’Autriche fait partie des 25 Etats-membres participant à la Coopération structurée permanente en matière de défense.

Des relations denses avec le voisinage Est et les Balkans

L’Autriche entretient des relations denses avec l’ensemble de ses voisins notamment la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Slovénie. Pour des raisons historiques, géographiques et économiques, les Balkans occidentaux et leur stabilité sont une priorité de la diplomatie autrichienne. L’Autriche accorde par conséquent une priorité à l’intégration européenne des Balkans occidentaux.

L’Autriche a des relations commerciales dynamiques avec la Turquie (hydrocarbures, hydroélectricité, etc.). Sa population comprend une importante composante turque ou d’origine turque, estimée à environ 200 000 personnes. L’Autriche tient l’une des positions les plus fermes dans l’UE à l’égard de la Turquie, en appelant notamment à la fin du processus de négociation d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Outre de bonnes relations diplomatiques (V. Poutine s’est rendu à Vienne le 5 juin 2018 après une visite à Moscou de S. Kurz et K. Kneissl les 27-28 février 2018), Vienne s’est également engagée dès les années 1990 dans le développement de ses relations économiques avec la Russie et les pays de la CEI. La Russie occupe ainsi la dixième place du commerce extérieur autrichien, notamment en raison du volume des importations autrichiennes de gaz russe. Vienne est un partenaire économique important en Russie dans les domaines de la construction et dans le secteur bancaire. En raison des sanctions décidées par la Commission européenne envers la Russie et les contre-sanctions russes, les échanges avec la Russie ont reculé (-28 % à 2,30 Mds€).

Le gouvernement autrichien affirme sa volonté de positionner l’Autriche comme pivot gazier européen et international, grâce notamment aux différents partenariats noués par le groupe pétrolier autrichien ÖMV, notamment avec le russe Gazprom.

Un engagement fort en faveur du multilatéralisme et des positions tranchées sur les armes nucléaires

L’Autriche prône un rôle actif des Nations unies sur la scène internationale. Elle a fourni à l’ONU un Secrétaire général (Kurt Waldheim, 1972-1981) et a occupé un siège de membre non permanent au CSNU en 2009-2010, responsabilité déjà exercée en 1973-1974 et en 1991-1992.

Elle défend le rôle de Vienne comme siège d’organisations internationales consacrées à la sécurité internationale (AIEA, OTICE, ONUDI, ONUDC, OSCE, et Arrangement de Wassenaar, portant sur le contrôle des exportations d’armes conventionnelles et de biens et technologies à double usage). Elle est d’ailleurs membre du conseil des gouverneurs de l’AIEA et du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG) et constitue un point de contact central pour le Code de conduite de La Haye.

Elle a activement promu l’élaboration du traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), qu’elle a signé parmi les premiers. Son parlement a approuvé le 21 mars 2018 le projet de ratification du Traité que le Président de la République a ensuite ratifié le 8 mai 2018. Sur ce dossier, notre désaccord avec l’Autriche est profond, la France considérant le TIAN comme une menace politique, juridique et opérationnelle pour sa dissuasion nucléaire.

Un attachement à la neutralité qui n’exclut pas un engagement envers la PSDC et les opérations extérieures de l’ONU

L’Autriche a proclamé sa neutralité permanente et perpétuelle par la Loi constitutionnelle du 26 octobre 1955, renonçant ainsi à adhérer à toute alliance militaire, à autoriser l’établissement de bases militaires étrangères sur son territoire et à participer à tout conflit armé. L’envoi de troupes à l’étranger ne peut être décidé que dans le cadre de missions placées sous l’égide d’organisations internationales et avec l’accord des députés. La neutralité est un élément constitutif de l’identité nationale.

Il n’en reste pas moins que l’Autriche applique le principe de solidarité européenne et internationale par une participation active aux opérations de maintien de la paix de l’ONU (6ème contributeur européen), au développement de la PSDC et à la récente coopération structurée permanente. Environ 1100 Autrichiens sont engagés dans des opérations de l’UE et des Nations unies dans le cadre de la doctrine autrichienne de « neutralité active ». L’Autriche participe également à deux opérations de l’OTAN (KFOR et RSM/Afghanistan). Une présence militaire autrichienne importante est notamment maintenue au Kosovo, en Bosnie et au Liban (dans le cadre de la FINUL).

Mise à jour : 20.07.18

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