Présentation de l’Argentine

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Présentation du pays

ARGENTINE {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République argentine
Nature du régime : République fédérale
Chef de l’État : M. Alberto Fernandez (depuis le 10 décembre 2019)

Données géographiques

Superficie : 2,7 millions km² (8e rang mondial)
Capitale : Buenos Aires (3 millions d’habitants, 13 millions avec la grande banlieue)
Villes principales : Córdoba, district de La Matanza, Rosario, Mendoza, La Plata
Langue (s) officielle (s) : espagnol
Monnaie : peso argentin (1 euro = 67 pesos au mois de décembre 2019)
Fête nationale : 25 mai (proclamation de l’indépendance le 25 mai 1810, définitivement acquise le 9 juillet 1816).

Données démographiques

Population : 44,5 millions (projection à partir du recensement de 2010)
Espérance de vie : 76,3 ans
Taux d’alphabétisation : 97,9 %
Religion (s) : catholique romaine 76,3 %, protestante et évangélique 9 %, juive 0,7 %, autres 3 %, agnostique et athée (11 %)
Indice de développement humain (PNUD 2018) : 47/189 (0,825) (deuxième rang d’Amérique latine)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Au sortir de la crise profondément traumatique des années 2001-2002, Nestor Kirchner (de 2003 à 2007) puis Cristina Kirchner (2007-2015) se sont attachés à redresser le pays. Le « modèle K », mis en place sous leurs présidences s’est caractérisé par l’interventionnisme de l’État notamment dans le domaine économique (accroissement de l’investissement public, étatisation d’entreprises privées) et une politique d’inclusion sociale volontariste permise par les redistributions de la manne agricole. L’action gouvernementale a obtenu des résultats significatifs en matière de réduction de la pauvreté ou du chômage.

Dans un pays marqué par la période de la dictature (1976-1983), les droits de l’Homme et le travail de mémoire ont aussi été au cœur du projet de société promu par les époux Kirchner. L’abrogation des lois d’amnistie en 2003 a permis la réouverture des procès en novembre 2009, qui ont abouti à la condamnation de plusieurs centaines de responsables de crimes commis pendant la dictature. Des lois en matière sociétale ont également été adoptées : fin de vie, identité de genre, mariage homosexuel.

Dans un contexte de ralentissement économique, et de protectionnisme croissant, Cristina Kirchner a achevé son second mandat en 2015, sans possibilité de se représenter. A l’issue d’un second tour le 22 novembre 2015, les Argentins ont élu Mauricio Macri, opposant de centre-droit au péronisme, avec son alliance Cambiemos.

Sans majorité absolue au Parlement, Le gouvernement a souhaité mettre en œuvre un programme de « réouverture au monde » de manière graduelle, en négociant avec l’opposition péroniste. La coalition « Cambiemos » a ainsi remporté une nette victoire aux élections législatives de mi-mandat d’octobre 2017 (40,6 % des suffrages) et dans les cinq principales provinces.

La crise économique déclenchée au début de l’année 2018, le choix de recourir au FMI, ainsi que la nette dégradation des indicateurs socio-économiques ont contribué à dégrader la popularité du gouvernement. La coalition « Frente de Todos » formée en mai 2019 par Alberto Fernandez et Cristina Fernandez de Kirchner, est parvenue pour sa part à unir la majorité du mouvement péroniste, et a largement gagné les élections primaires obligatoires du 11 août 2019 (47,8 % pour Alberto Fernandez contre 31,8 % pour Mauricio Macri).

Dans un contexte économique et social nettement dégradé (près de 55 % d’inflation en 2019, et 35 % de pauvreté), Alberto Fernandez a ainsi été élu le 27 octobre président de la République dès le premier tour (48,10 %) contre Mauricio Macri (40,37 %), et a pris ses fonctions le 10 décembre 2019.

Politique étrangère

L’Argentine est historiquement attachée au multilatéralisme onusien, membre du groupe des 77 et du G20. Lié par son histoire à l’Europe, mais aussi aux autres pays du continent américain, le pays a souhaité renforcer depuis 2003 son rôle en Amérique latine. Au sein du Mercosur d’abord, l’Argentine entretient une relation privilégiée avec le Brésil, qui est son principal partenaire, même si les relations entre les deux grands du sous-continent, asymétriques, peuvent parfois se tendre, notamment en matière commerciale. Les relations avec l’Uruguay, bien qu’incontournables, ont connu des pics de tension sous les présidences Kirchner (contentieux autour de l’installation d’une usine de pâte à papier en Uruguay) avant de se normaliser sous la présidence de Mauricio Macri. L’Argentine a également pris une part active dans des organisations régionales telles que l’Unasur (créée en 2008) et la CELAC (créée en 2010). Le pays a aussi fortement développé ses relations depuis les années 2000 avec la Chine, et à un degré moindre avec la Russie, en particulier sur le plan commercial.

A partir de 2016, et dans le cadre d’une « réouverture au monde », Mauricio Macri a souhaité rapprocher l’Argentine de l’Union européenne et des États-Unis. Après avoir reçu les visites de nombreux chefs d’État occidentaux en 2016 et 2017, l’Argentine a accueilli la réunion ministérielle de l’OMC (2017), les Jeux Olympiques de la jeunesse (2018), et a exercé la présidence du G20 en 2018. Le pays a également adhéré à l’OIF (organisation internationale de la francophonie) comme membre observateur, et a présenté sa candidature d’adhésion à l’OCDE. Il s’est également rapproché de la Grande-Bretagne, sans renoncer à sa revendication de souveraineté sur les îles Malouines.

Sur le plan régional, l’Argentine est confrontée depuis plusieurs années à un panorama instable, marqué par la crise politique au Venezuela (près de 150 000 Vénézuéliens se sont installés en Argentine), ainsi que la crise politique en Bolivie et les crises sociales qui se sont développées en 2019 en Équateur et au Chili. Au sein du Mercosur, les pays membres devraient discuter d’un éventuel approfondissement de l’ouverture commerciale prônée depuis plusieurs années.

Lors de son discours d’investiture, Alberto Fernández a présenté sa volonté d’une « intégration intelligente de l’Argentine dans la globalisation, mais respectueuses des intérêts nationaux », en renforçant le Mercosur, et en élaborant « un programme ambitieux et novateur » avec le Brésil malgré les divergences. Il a par ailleurs affirmé que l’Argentine continuerait à défendre les principes de paix, de démocratie, de droits de l’Homme et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sur la scène internationale, réaffirmant l’engagement de l’Argentine pour mettre en œuvre l’Accord de Paris, et rappelant par ailleurs la revendication argentine de souveraineté sur les îles Malouines.

Situation économique

Vingt-cinquième puissance économique mondiale et troisième d’Amérique latine (après le Brésil et le Mexique), le pays a bénéficié dans les années 2000 d’une croissance forte et stable (7,5 % en moyenne par an de 2003 à 2011) soutenue par la demande interne et les exportations de produits agricoles. La forte baisse du prix de matières premières a contribué à ralentir la croissance depuis lors, et l’Argentine a connu deux années de récessions en 2014 (-2,5 %) et en 2016 (-2,3 %).

Désireux de retrouver un accès aux marchés internationaux, le président Macri avait fait du règlement du contentieux avec les fonds spéculatifs dits « fonds vautours », une priorité. Ce contentieux a été résolu grâce à un accord trouvé en février 2016 avec les quatre principaux fonds, alors que l’Argentine s’engageait à leur rembourser 4,6 Mds USD.

Dans le même temps, l’administration Macri avait adopté de nombreuses mesures économiques afin de redresser le pays (déficit budgétaire de 6 % en 2015) et de retrouver la confiance des investisseurs étrangers (levée du contrôle des capitaux, remplacement des déclarations préalables d’importations par un système de licences, forte baisse des subventions aux entreprises de services publics). Ces mesures visaient à promouvoir une « réouverture au monde », accompagnée par un fort soutien à la négociation d’un accord d’association entre l’Union européenne et le Mercosur, et par la candidature d’adhésion de l’Argentine à l’OCDE.

Depuis le début de l’année 2018, l’Argentine est toutefois confrontée à une crise économique. Le peso argentin s’est fortement déprécié, en dépit des interventions de la banque centrale, sous l’effet de facteurs externes (hausse des taux de la réserve fédérale américaine), et internes (forte inflation, mauvaises récoltes qui ont limité les rentrées de devises).

Pour y faire face, le gouvernement a négocié avec le FMI un programme d’aide de 56,3 Mds dollars sur une durée de 36 mois, avec pour objectif de couvrir les besoins de financement externe de l’Argentine, et en prônant un retour à l’équilibre budgétaire primaire dès 2019. Les mesures d’austérité votées, ainsi que la forte hausse des taux directeurs de la banque centrale ont contribué à fortement ralentir l’activité économique (récession de 2,8 % en 2018, et 3,1 % attendus en 2019). La pauvreté a nettement progressé, s’élevant à 35,4 % au premier semestre 2019. En dépit de nombreuses réformes, le gouvernement n’est pas parvenu à sortir le pays de la spirale inflationniste (55 % attendus en 2019), et les épisodes de dévaluations ainsi que le programme FMI ont eu pour effet d’augmenter fortement la dette publique, majoritairement libellée en dollars (elle s’élève à près de 90 % du PIB fin 2019). La balance commerciale a cependant commencé à se redresser en 2019, alors que le déficit budgétaire a diminué (il devrait être inférieur à 4 % en 2019).

Dès le lancement de sa campagne présidentielle, Alberto Fernandez a défendu pour sa part une politique de relance de l’activité économique, afin de de créer des emplois et soutenir le pouvoir d’achat, ainsi qu’une renégociation de l’accord conclu avec le FMI. Lors de son discours d’investiture au Congrès le 10 décembre, il a notamment affirmé que « le pays a la volonté de payer mais manque de capacités pour le faire », alors qu’il se trouve en « défaut [de paiement] virtuel ». Il a annoncé la mise en place « d’accords fondamentaux de solidarité », et la présentation au Congrès d’un projet de loi « d’urgence économique ». Le chef du cabinet des ministres a annoncé pour sa part que les salaires et les retraites les plus bas seraient augmentés, et que les prix et tarifs publics seront gelés pour 180 jours. Les détails seront négociés dans le cadre d’un « pacte social » impliquant les syndicats et le patronat. Un Conseil économique et social devrait être créé à cette fin. Le contrôle des changes a également été renforcé afin d’augmenter les réserves en devise de la banque centrale.

Mise à jour : 31.12.19

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