Arabie Saoudite

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Arabie Saoudite - Q&R - Extrait du point de presse (08.07.19)

Q - La rapporteuse spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires Agnès Callamard a dit qu’il faudrait déplacer le G20 de Riyad apres l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Partagez-vous cette opinion ?
R - La position de la France sur l’affaire Khashoggi est bien connue. Nous avons demandé que les faits soient clairement établis dans cette affaire d’une extrême gravité, que toutes les enquêtes nécessaires aillent à leur terme - y compris avec une éventuelle dimension internationale - et (…)

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Présentation de l’Arabie saoudite

Données générales

ARABIE SAOUDITE {JPEG}

Nom officiel : Royaume d’Arabie saoudite
Nature du régime : monarchie
Chef de l’État et du gouvernement : Sa Majesté le Roi Salman bin Abdulaziz Al Saoud, Gardien des Deux Lieux Saints.

Données géographiques

Superficie : 2 253 000 km2
Capitale : Riyad
Villes principales : Djeddah, La Mecque, Médine, Dammam, Al Khobar, Dahran, Taïf, Tabouk.
Langue officielle : arabe
Langue courante : arabe
Monnaie : riyal saoudien - 1 SAR = 0,23 € (avril 2019)
Fête nationale : 23 septembre

Données démographiques

Population : 32,9 millions (Banque Mondiale 2017), dont plus de 37% de la population est étrangère (ONU ECOSOC, 2017)
Densité : 15,3 personnes par km² (Banque Mondiale, 2017)
Croissance démographique : 2% (Banque Mondiale, 2017)
Espérance de vie : 75 ans (2016)
Taux d’alphabétisation : 87% (source : UNICEF 2015)
Religion : Islam (population à majorité sunnite, existence d’une minorité chiite)
Indice de développement humain : 0,847 (42e sur 186 en 2016).

Données économiques

PIB : 683,8 Mds USD en 2017
PIB par habitant : 54 500 USD en 2017 (source : FMI)
Croissance : -0,7% (Banque Mondiale, 2017) estimations à 1,7% en 2018 (FMI)
Chômage (2017) : 5,4% (global) ; 12,1% (population saoudienne) (source : CDSI, repris par le FMI)
Inflation : 6,8% en 2017
Solde budgétaire : 8,9% du PIB en 2017
Balance commerciale : -32 482 Mds USD en 2015
Principaux clients (2016) : Chine, Inde, Japon, Corée du Sud, Singapour, Taïwan.
Principaux fournisseurs (2016) : la Chine, les États-Unis, l’Allemagne, le Japon, les Émirats arabes unis, la Corée du Sud, l’Inde, la France (8e), l’Italie et le Royaume-Uni.

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2017) :

  • agriculture : 2,6 %
  • industrie : 44,2%
  • services : 53,2 %

Exportations de la France vers l’Arabie saoudite (2017) : 4,51 milliards d’euros
Importations françaises depuis l’Arabie saoudite (2017) : 4,13 milliards d’euros

Consulter la fiche pays économique sur le site du Trésor

Présence française

Site internet de l’ambassade : [https://sa.ambafrance.org/-Francais→https://sa.ambafrance.org/-Francais-]
Consulat(s) : Consulat général à Djeddah, Consulat honoraire à Al Khobar
Communauté française : 6 252 Français

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Immédiatement après son intronisation le 23 janvier 2015, le Roi Salman a réorganisé les pouvoirs en créant deux nouveaux organes de gouvernance : le Conseil des Affaires politiques et de sécurité, qu’il a placé sous la direction de son neveu Mohamed bin Nayef, alors Prince héritier, ministre de l’Intérieur, et le Conseil des Affaires économiques et de développement, présidé par Mohamed bin Salman, vice-Prince héritier, ministre de la Défense.

Le 21 juin 2017, le roi Salman a nommé son fils Mohammed Bin Salman prince héritier, écartant son neveu de la succession. Mohammed Bin Salman est apparu mû par une profonde envie de réformer le Royaume, à la fois sur le plan économique et sur le plan social. Il a lancé, dès avril 2016 un vaste projet intitulé « Vision 2030 », qui comprend, outre un volet économique, un objectif de transformation sociétale (accès à la culture, aux sports et aux loisirs) valorisation de l’héritage historique, culturel, arabe et islamique et développement du tourisme et des divertissements). Le projet annonce également une réforme du système éducatif et universitaire, par un changement de l’approche pédagogique.

Cependant, plusieurs épisodes (arrestations du Ritz Carlton à l’automne 2017, démission du Premier ministre libanais Saad Hariri en décembre 2017,vague d’arrestations de militantes des droits des femmes en mai et août 2018, meurtre du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre 2018) ont entaché la réputation du Royaume sur le plan international et interrogent la volonté de modernisation du Royaume, illustrée par le programme Vision 2030 lancé par le prince héritier.

Le remaniement du 27 décembre 2018 confirme la volonté de rajeunir les cadres de l’appareil d’État saoudien. À l’exception de la nomination d’Ibrahim Al Assaf, ancien ministre des Finances du temps du roi Abdallah, comme ministre des Affaires étrangères et de celle de Turki Al Shabanah, ancien directeur du groupe de chaînes arabes Rotana, comme ministre des médias, le prince héritier a placé ou promu des princes issus de la nouvelle génération.

Situation économique

Avec un PIB de 683,8 milliards USD en 2017, l’Arabie saoudite est la première économie du Moyen-Orient et la 20e économie mondiale, contribuant pour près de 50% au PIB cumulé des pays du Conseil de Coopération des États Arabes du Golfe (CCEAG). Le Royaume doit principalement sa richesse au pétrole, dont il était en 2016 le premier exportateur (environ 18% des exportations) et le second producteur à l’échelle mondiale.

La baisse des cours mondiaux du pétrole depuis 2014 a eu un fort impact sur ses performances économiques : le PIB « hydrocarbures », principal moteur historique de l’économie, a subi une contraction de -3% en 2017. Riyad s’était engagée en 2016 à réduire sa production pétrolière, pour stabiliser le poids du pétrole à moins de 30% de son PIB. Au total, le PIB « hydrocarbures », principal moteur historique de l’économie, a donc subi une contraction de -3% en 2017.
Sur le plan macro-économique, le Royaume est confronté depuis 2015 à une situation de double déficit. La croissance du PIB a été ramenée de 1,7% en 2016 à -0,7% en 2017. L’économie saoudienne devrait cependant renouer avec la croissance en 2018, selon le FMI, à 1,7%.

Sur le plan bancaire et financier, l’Arabie saoudite a vécu en 2015-2016 un épisode de crise de liquidités engendrée par la baisse des revenus du pétrole, le gel des dépenses gouvernementales, d’importants arriérés de paiement et une politique d’émission de dette sur le marché local. Les mesures prises par les autorités pour résoudre cette situation (politique d’endettement à l’international, assouplissement de certaines mesures prudentielles), ont toutefois permis d’y mettre un terme dès la fin de l’année 2016, et, si la profitabilité des banques a été fortement impactée, le secteur bancaire saoudien n’en demeure pas moins bien régulé et suffisamment capitalisé pour faire face à cette crise.

La Vision 2030 reflète l’ambition du Royaume de transformer les fondamentaux de l’économie saoudienne, dans l’objectif de passer d’une économie de rente et de redistribution à une économie productive, reposant essentiellement sur le secteur privé et caractérisée par une forte capacité à innover. Cette politique de modernisation implique des mesures d’austérité, la suppression progressive des subventions et l’instauration de taxes (type TVA), jusque-là inexistantes dans le Royaume.

Le plan stratégique Vision 2030 est décliné en plusieurs objectifs, notamment celui de créer de nouveaux emplois pour la jeunesse saoudienne. 75% des Saoudiens ont moins de trente ans (sur 31,5 millions d’habitants), un tiers des jeunes étant au chômage.

Conscientes du scepticisme de certains investisseurs internationaux, les autorités saoudiennes ont annoncé le 28 janvier un ambitieux programme visant à injecter 427 milliards de dollars d’investissements dans les secteurs de l’industrie, des infrastructures et des services, afin de réduire la dépendance au pétrole.

Politique étrangère

Membre du G20, pays leader de l’OPEP, initiateur et à l’avant-garde du CCEAG ces dernières années, le Royaume d’Arabie saoudite se pose en acteur régional incontournable.

L’arrivée au pouvoir du Roi Salman, et la nomination, en juin 2017, de son fils Mohammed bin Salman, comme Prince héritier, marque le début d’une diplomatie saoudienne plus affirmée, alors que cette dernière se cantonnait traditionnellement au champ religieux. Prenant acte de la divergence d’intérêts avec Washington durant l’ère Obama, s’agissant notamment des négociations sur le nucléaire iranien, l’Arabie Saoudite a œuvré au développement d’une politique étrangère de plus en plus autonome. L’élection de Donald Trump a permis un raffermissement des liens entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis, qui se fondent sur une convergence de vues sur le dossier iranien.

Crise avec le Qatar

Le 5 juin 2017, l’Arabie Saoudite, suivie par les Émirats Arabes Unis, l’Égypte et le Bahreïn, a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar. Cette crise au sein du CCEAG perdure en dépit des tentatives de médiation de l’Émir du Koweït et de celles des États-Unis. L’Arabie Saoudite, soutenue par les Émirats arabes unis, l’Égypte et le Bahreïn, souhaite que le Qatar cesse de soutenir les Frères musulmans et marque ses distances avec l’Iran. Le groupe des Quatre maintient un blocus de fait contre le Qatar en imposant une fermeture de sa frontière terrestre, l’arrêt des liaisons aériennes directes, des interdictions de survol et des restrictions aux déplacements des personnes. Dans ce contexte, les réunions du CCEAG se poursuivent mais au niveau technique.

La question iranienne

Les tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran sont anciennes. L’Arabie saoudite accuse l’Iran de vouloir étendre son influence sur l’ensemble des populations chiites, dont son importante communauté chiite dans la province pétrolifère du Hassa, afin de constituer un « arc chiite » qui fragiliserait sa sécurité et menacerait son leadership régional. L’exécution du haut dignitaire religieux chiite Baker al Nimr par l’Arabie saoudite le 2 janvier 2016 a provoqué une grave crise entre le Royaume et l’Iran, dont la portée dépasse le cadre bilatéral : l’exacerbation des tensions saoudo-iraniennes est en effet de nature à aggraver les crises régionales (Yémen, Syrien, Liban, Irak) où l’Arabie saoudite considère que l’action de l’Iran, profondément déstabilisatrice, doit être contrée. Riyad soutient la position américaine sur le nucléaire iranien.

Le Yémen

Engagé depuis mars 2015 dans une intervention au Yémen visant à soutenir les autorités légitimes du pays, l’Arabie saoudite, à la tête d’une coalition de neuf pays, s’est donné pour objectif d’éviter l’installation d’un pouvoir sous influence iranienne (les Houthis) à sa frontière. Quatre ans après le début de l’intervention de la coalition, le conflit s’est enlisé. Sur le plan diplomatique, après plusieurs échecs, dont le dernier remonte à décembre 2016, les négociations inter-yéménites menées par l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, Martin Griffiths, début décembre 2018, ont permis de de relancer un cycle de discussions politiques avec l’ensemble des parties au conflit, dont l’Arabie saoudite.

Corne de l’Afrique

Outre l’attention portée aux questions de développement, l’Arabie Saoudite joue par ailleurs un rôle indéniable dans le processus actuel de rapprochement entre les pays de la Corne de l’Afrique. À la suite de la signature du traité de paix entre l’Éthiopie et l’Érythrée à Djeddah le 16 septembre dernier, l’Arabie saoudite a connu un second succès diplomatique en organisant la rencontre des présidents djiboutien et érythréen sur son sol le 17 septembre. Cette médiation saoudienne dans la Corne de l’Afrique s’inscrit dans une stratégie de sécurisation de la mer Rouge. L’Arabie Saoudite observe en effet avec inquiétude le développement des politiques extérieures turque et qatarienne dans la zone (Soudan, Somalie, Djibouti), et notamment l’installation de base militaires ou d’emprises civiles qui, de leur point de vue, restreindrait leurs marges de manœuvre sur l’axe de circulation maritime compris entre le Détroit de Bab el-Mandeb et le Canal de Suez. C’est à ce titre que Riyad a organisé le 12 décembre dernier une réunion avec la Jordanie, le Soudan, la Somalie, Djibouti, l’Égypte et le Yémen autour d’un projet de création d’un Conseil de la mer Rouge.

La lutte contre le terrorisme

Le Royaume est engagé dans une lutte contre le terrorisme, sur son territoire comme à l’extérieur, en particulier contre Daech, qui a inscrit le Royaume saoudien en tête de la liste de ses objectifs stratégiques. Riyad est membre de la coalition contre Daech en Syrie et en Irak. Plusieurs attaques de ce mouvement se sont produites sur le territoire saoudien et le Royaume craint le retour de djihadistes sur son sol.

Mise à jour : 04.04.19

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