La France, l’Amérique centrale et le Mexique

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À la charnière entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, les « Amériques du milieu » constituent une région très diverse, confrontée à de multiples défis internes et globaux.

En effet, les dynamiques politiques internes sont marquées depuis une décennie par l’affirmation de tendances conservatrices, un recul de l’État de droit et de la lutte anticorruption, voire des dérives autoritaires. Ces tendances sont exacerbées par un contexte socio-économique peu stable et ont été aggravées par la pandémie de la Covid-19.

L’émergence de défis globaux auxquels la région doit faire face, tels que la transition urbaine, la lutte contre le changement climatique, contre les trafics illicites, ou encore la défense du multilatéralisme lui ont permis d’acquérir une visibilité nouvelle sur la scène internationale. L’engagement de nombreux pays d’Amérique centrale dans l’Alliance pour le Multilatéralisme, dans les opérations de maintien de la paix, ainsi que la présence régulière de pays centraméricains ou caribéens au Conseil de Sécurité des Nations unies témoignent de l’aspiration de ces États à davantage investir le dialogue international.

Ces enjeux sont autant d’opportunités de coopération saisies par la France pour approfondir sa relation avec la région et les pays qui la constituent.

Géographie de l’Amérique centrale et du Mexique : un isthme à plusieurs vitesses

L’isthme centraméricain s’étend sur une superficie d’environ 522 000 km² partagés par 7 États. Cette région abrite une population globale de 50,7 millions d’habitants. Baignée à l’est par l’océan Pacifique et à l’ouest par la mer des Caraïbes, cette région à plusieurs vitesses est toujours sous forte influence des États-Unis.

Le Mexique
Avec près de 2 millions de km², le Mexique est le géant de la région : très intégré au système économique nord-américain depuis 1994 et la signature de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), ce pays se situe culturellement, géographiquement et politiquement à la charnière de l’Amérique du nord et de l’Amérique latine.

La culture, la langue et l’éducation sont les moteurs de la présence française dans la région

Dans un contexte culturel très riche, pour consolider une coopération culturelle de qualité avec les pays de la région, la France investit des champs aussi variés que :

  • la coopération universitaire,
  • la promotion de la langue française,
  • la recherche scientifique,
  • les arts au sens large.

2 services sont en charge de cette mission :

  • pour le Mexique, le Service de Coopération et d’Action culturelle - Institut français d’Amérique latine (SCAC-IFAL) basé à Mexico, qui pilote la coopération et l’action culturelle française dans le pays,
  • pour l’Amérique centrale, le Service de Coopération et d’Action Culturelle basé à San José au Costa Rica.

Coopération universitaire

En matière de coopération universitaire, la France s’appuie sur les instituts français de recherche présents en Amérique centrale et au Mexique :
-* l’Institut des Amériques, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD),

  • l’Institut de Recherche pour le développement (IRD),
  • le Centre d’études mexicaines et centraméricaines (CEMCA).

Enseignement du français et francophonie

La France dispose d’un réseau d’établissements scolaires et culturels important par sa densité. Outre les lycées français implantés dans la zone, la coopération linguistique et culturelle s’appuie principalement sur le réseau des quelques 42 Alliances françaises.
Ces structures constituent des supports essentiels pour la diffusion de la francophonie et le développement de la formation et des échanges universitaires dans la région.

Enseignement du français dans les « Amériques du milieu » : quelques exemples
  • le Costa Rica est l’unique pays latino-américain où l’enseignement du français est obligatoire jusqu’en classe de 3ème,
  • en 2016, le Panama a réintroduit le français dans 33 établissements scolaires,
  • au Mexique, 10 États fédérés ont signé des conventions visant à réintroduire l’apprentissage du français dans les lycées, avec un appui à la formation des professeurs,
  • au Honduras, l’enseignement du français connaît une dynamique positive. Il, bénéficie à nouveau d’un soutien gouvernemental actif et doit aboutir à terme à un renforcement des mobilités des étudiants honduriens en France.

Coopération artistique

La France accorde une grande importance à la coopération artistique avec ses partenaires dans la région. Par exemple, pour l’année 2022-2023, elle conduit un projet d’appui au développement des filières cinéma et audiovisuelle en Amérique centrale. Ce projet, mis en œuvre en coopération avec l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), a pour objectif de consolider le tissu professionnel régional dans les domaines de la création, la production et les patrimoines cinématographiques et audiovisuels dans les 7 pays d’Amérique centrale.

En visite dans l'État de Oaxaca, l'ambassadeur Jean-Pierre Asvazadourian et ses équipes ont distribué des exemplaires du Petit Prince en langue zapotèque aux écoliers de la région (mars 2021)

Coopération muséale, patrimoniale et archéologique

Avec le Mexique, la coopération muséale et patrimoniale française est particulièrement soutenue, comme en témoigne le succès de 2 expositions présentées au musée du Quai Branly - Jacques Chirac, à Paris et au Museo Nacional de Antropología de México.

La France finance plusieurs missions archéologiques au Mexique et le Centre d’Études mexicaines et centraméricaines (CEMCA) participe à la restauration de pièces archéologiques.

La France porte une attention accrue à la démocratisation de la culture et à la valorisation des cultures indigènes ; en ce sens, le CEMCA, l’ambassade de France à Mexico et l’Institut national des langues indigènes (INALI) ont mené un travail qui a abouti à la parution du livre Le Petit Prince, déjà traduit en une vingtaine de langues indigènes, en langue zapotèque.

Pour approfondir : https://mx.ambafrance.org/La-France-soutient-la-conservation-et-la-promotion-des-langues-indigenes-dans-l

Des échanges commerciaux dynamiques portés par d’importants groupes français

L’Amérique centrale est caractérisée par de fortes disparités intra-régionales en matière de taille des économies, de gestion des finances publiques et de niveaux de développement socio-économique. Ces disparités ont été accentuées s par les catastrophes naturelles et la pandémie. La région offre cependant des perspectives économiques prometteuses.
Sa progression économique, conjuguée à un potentiel agricole, une population active jeune ainsi que d’importants besoins en infrastructures et la proximité du marché des États-Unis, offre des opportunités pour les entreprises françaises.
Les secteurs des infrastructures, du transport, du tourisme durable et des énergies renouvelables, sont particulièrement porteurs pour la France dans la région.

Quels échanges économiques ?

Les échanges économiques de la France avec les pays de la région sont relativement dynamiques.

  • En 2021, l’Amérique centrale et les Caraïbes confondues représentaient 40% du commerce total français avec l’Amérique latine, soit un total de 8,6 milliards d’euros dont 5 milliards d’exportations.
  • Les équipements mécaniques, le matériel électrique, électronique et informatique, constituent le 1er poste d’exportation de la France vers l’Amérique centrale, juste avant les produits chimiques, parfums et cosmétiques, et les produits pharmaceutiques.
  • Le Mexique est notre 1er partenaire dans la région, concentrant près de 70% de nos échanges commerciaux avec la zone (à hauteur de 5,9 milliards d’euros).
  • En Amérique centrale, le Guatemala est un partenaire régional majeur (43% de nos exportations vers les pays du nord de la région soit le Guatemala, le Salvador, le Honduras et le Nicaragua, en 2021), principalement grâce aux exportations de produits chimiques et de machines, devant le Panama et le Costa Rica.
  • Le Costa Rica est le 1er fournisseur de la France dans la région, qui importe majoritairement des produits industriels et des fournitures à usage médical et dentaire.

Quelles sont les entreprises françaises implantées dans la zone ?

Les entreprises françaises sont bien représentées dans la région (Total, Schneider Electric, Legrand, Engie…).

  • Au Mexique, qui est une plateforme industrielle et une porte d’entrée vers le marché nord-américain, quelques 550 entreprises françaises emploient plus de 150 000 personnes. Elles sont notamment les premiers employeurs dans le secteur aéronautique.
  • Au Salvador, la société française Neoen a mis en service en 2020 la plus grande centrale solaire de la région.
  • Au Honduras, Thalès a remporté le marché national des nouvelles cartes d’identité, avec la gestion des titres d’identité sécurisés ;
  • Au Guatemala, la compagnie pétrolière Perinco est un des plus gros investisseurs mais d’autres entreprises comme Lactalis, Schneider Electric, Publicis, Pentaleon sont aussi présentes dans le pays.
  • Au Panama, une quarantaine d’entreprises françaises, dont une vingtaine de grands groupes, prend part à des projets de grande ampleur comme la construction d’une station d’assainissement des eaux, d’un 3e pont sur le canal, le percement de la 1ère et de la 2e ligne de métro.
    Pour toutes ces entreprises, le Panama est une plateforme d’action et d’animation de leurs réseaux de filiales et de clients dans la région.
  • Au Costa Rica, la diversification des sources d’énergie (vers la géothermie et l’éolien) et les grands projets d’aménagement (infrastructures de transport, implantation de véhicules électriques) offrent de multiples opportunités.

Retrouvez les fiches pays du Ministère de l’Économie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique : https://www.tresor.economie.gouv.fr/tresor-international

Prendre part aux initiatives de coopération dans une région confrontée à des enjeux sécuritaires majeurs

Le 1er obstacle à la stabilité et au développement de la région est constitué par les enjeux de sécurité, tels que la lutte contre le trafic de drogue et d’armes, les homicides et les enlèvements, la traite d’êtres humains, la piraterie maritime, et leur corollaire comme le blanchiment d’argent. À cela s’ajoutent les questions migratoires.

Avec l’accroissement de la mobilité des personnes, des biens et des capitaux, ces flux transnationaux illicites se répercutent à l’échelle globale et appellent une implication accrue de la communauté internationale et une responsabilité collective.

La France, très engagée pour la sécurité internationale et le respect du droit, participe activement à la lutte contre ces trafics illicites dans la région. Elle met à profit équipement, formation et expertise et s’attache à nouer des partenariats régionaux.

De multiples enjeux sécuritaires qui se croisent

  • l’Amérique centrale affiche des taux d’homicides parmi les plus élevés de la planète. Les causes de cette violence sont multiples, mais la pauvreté, les inégalités sociales et la faiblesse des institutions jouent un rôle déterminant. Il faut y ajouter les comportements issus des guerres civiles et le basculement, au Guatemala et au Salvador, des groupes paramilitaires dans la délinquance. Cette forte criminalité urbaine, qui fragilise les sociétés et entrave le déploiement des pouvoirs publics, oblige les États à consacrer une part importante de leur action aux efforts sécuritaires.
  • Le trafic de stupéfiants alimente une insécurité permanente dans cette région de transit, particulièrement vulnérable du fait de sa géographie : la drogue produite au sud de l’isthme centraméricain est principalement acheminée vers le marché des États-Unis puisque 90% de la drogue qui y est consommée provient d’Amérique du Sud et centrale. Une partie de cette production arrive également en Europe via la Caraïbe, l’Atlantique et l’Afrique de l’Ouest.
  • La région est confrontée à une hausse sensible des flux migratoires, dont le volume a dépassé en 2021 les niveaux antérieurs à la pandémie. Il y aurait selon l’Union européenne (DG ECHO) 1,7 million de déplacés internes et plus de 900 000 réfugiés et demandeurs d’asile en Amérique centrale et au Mexique.

La dégradation des conditions socio-économiques dans le Triangle Nord, les conséquences de la Covid-19, les catastrophes naturelles récurrentes, et plus récemment la crise politique et humanitaire au Nicaragua sont autant de facteurs qui motivent des départs de plus en plus nombreux, posant des défis humanitaires et sécuritaires.

La France répond présente pour faire face aux enjeux de sécurité

El PAcCTO

La France soutient activement la mise en place de coopérations régionales. Grâce à une culture sécuritaire commune, ces coopérations permettent de dépasser les particularités culturelles, linguistiques et logistiques propres à chaque pays.
Le programme européen phare El PAcCTO soutient la lutte contre le crime organisé dans la région (trafic de drogues, traite des êtres humains, gangs, séquestrations et enlèvements. Il intervient aussi dans la lutte contre la corruption, le blanchiment). Financé par l’Union européenne (UE), il témoigne de la volonté d’approfondir la relation stratégique avec les 17 pays d’Amérique centrale et latine qui en sont partenaires.
El PAcCTO aborde la chaîne pénale dans ses 3 composantes - policière, judiciaire et pénitentiaire- et prend des formes variées de coopération : échanges d’information, coopération opérationnelle, équipes communes d’enquête, harmonisation normative, programmes de formation et de spécialisation.

Les 30 et 31 mai 2022, à l’occasion de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE), la France a co-organisé à Paris, avec le programme El PAcCTO, une réunion de haut niveau entre les acteurs de la chaîne pénale de l’UE et d’Amérique latine, dans le but de renforcer leur relation stratégique.

L’IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale) organise tous les 2 ans une session destinée aux pays d’Amérique latine (SIAL) qui favorise l’émergence et la consolidation d’un réseau de coopération et d’alliances avec les pays de la région.

Porter une attention accrue aux enjeux environnementaux dans une région très vulnérable au changement climatique

L’Amérique centrale, bien qu’émettrice de moins de 0,5% des gaz à effet de serre mondiaux, compte, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), parmi les régions les plus touchées par les effets du changement climatique. Cyclones, sécheresse, feux de forêt, relèvement du niveau des océans menacent les pays d’Amérique centrale, particulièrement vulnérables.
L’enjeu climatique est donc vital pour cette région qui se montre active en matière d’exigence et d’efforts climatiques.
Dans ce domaine, le Costa Rica fait office de chef de file. Son plan national de décarbonation, entré en vigueur en 2019, fixe d’ambitieux objectifs en matière de transition énergétique d’ici 2050, en particulier dans les domaines des transports et de l’énergie. La France, soucieuse de s’impliquer dans la réponse à l’urgence de la crise climatique, déploie une diplomatie environnementale active dont elle a posé les jalons à l’occasion de sa présidence de la COP21. Elle multiplie notamment les prospects pour des villes durables dans la région.

Les États d’Amérique centrale et le Mexique sont des partenaires réguliers dans les enceintes multilatérales sur les thématiques d’enjeux globaux, notamment liés à l’environnement et au climat.

L’Alliance pour la préservation des forêts tropicales et humides

Le Mexique, le Costa Rica, le Honduras et le Panama sont membres de l’Alliance pour la préservation des forêts tropicales et humides, instaurée au lendemain des incendies dévastateurs de 2019 dans plusieurs régions du monde, par la France et d’autres pays partenaires.
Elle a pour objectif de favoriser la coopération interétatique entre les États concernés pour protéger, gérer et restaurer les espaces forestiers menacés.

La Convention de Carthagène pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région

Le Costa Rica, le Guatemala, le Mexique, et le Panama sont signataires de la convention de Carthagène pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région. La protection de la biodiversité (lutte contre les pollutions, espèces invasives et la dégradation des récifs coralliens) dans le golfe du Mexique, la mer des Caraïbes et les zones de l’océan Atlantique adjacentes fait l’objet d’une attention accrue ; la coopération technique et la mise en place de zones protégées font partie des pistes d’engagement qu’ont adoptées les États parties.

La Coalition de la Haute ambition pour la Nature et les Peuples

Depuis septembre 2019, la France copréside avec le Costa Rica et le Royaume-Uni la Coalition de la Haute ambition pour la Nature et les Peuples (High Ambition Coalition for Nature and People, « HAC »). Cette coalition vise à intégrer l’objectif de protéger 30% des terres et 30% des mers d’ici 2030 au sein du futur cadre stratégique mondial de protection de la biodiversité, qui doit être adopté lors de la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique (décembre 2022).

Le programme SARG’COOP

Pour répondre au défi majeur posé par les échouages massifs d’algues sargasses sur les rivages de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique, la France est à l’origine du programme SARG’COOP. L’objectif est d’apporter des solutions à l’échelle internationale au travers de plusieurs axes : la télédétection des algues, la mise en place du réseau caribéen de surveillance de la qualité de l’air, l’internationalisation de la question des sargasses. En décembre 2020, le Mexique – particulièrement affecté par ces échouages – a rejoint le programme.

Projets bilatéraux, l’exemple du Costa Rica :
  • l’AFD s’est positionnée comme bailleur bilatéral « climat » en s’impliquant dans divers projets de lutte contre le changement climatique, de biodiversité, ainsi que dans le secteur de l’eau et de l’assainissement ;
  • la France soutient le plan costaricien de décarbonation par un prêt de politique publique ;
  • elle s’est portée candidate aux côtés du Costa Rica pour co-présider en 2025 la conférence des Nations unies sur les océans ;
  • la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a signé en 2019 un accord de coopération sur la préservation de la biodiversité et la gestion des aires protégées et des ressources en eau.

Répondre aux catastrophes naturelles

L’aide d’urgence française s’exprime par un soutien matériel et financier, une expertise technique et le déploiement de navires. Elle s’appuie pour cela sur la proximité des territoires ultramarins de la région, où sont positionnés des capacités militaires et des stocks d’aide d’urgence.

L’intervention française en 2020 après les ouragans Eta et Iota
Au lendemain des ouragans qui ont durement affecté le Mexique, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Panama, la France a déployé une aide d’urgence en livrant 35 tonnes d’aide humanitaire venant compléter un apport financier et logistique.

Plus d’information sur la page Ouragans Eta et Iota

Plus d’informations sur l’action de la France en matière de lutte contre le réchauffement climatique et protection de l’environnement.

La pandémie de la COVID-19 a approfondi les partenariats en matière de santé avec l’Amérique centrale

La France développe activement des partenariats dans le secteur médical avec divers pays de la région.
Avec le Costa Rica, la coopération est dynamique. En 2018, l’Institut Pasteur a signé un accord afin de pérenniser la présence de l’Institut dans le pays au travers du laboratoire de pointe du CIET (Centre de recherche sur les maladies tropicales) de l’Université du Costa Rica (UCR). Des collaborations entre laboratoires, des transferts de technologies et des mobilités académiques entre unités de recherche accompagnent ce programme.
Avec le Mexique, la France accorde une grande importance à la coopération institutionnelle. En témoigne le partenariat porté depuis une décennie par l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui a donné lieu à divers programmes, à l’instar d’un partenariat avec la clinique San Rafael de Monterrey pour développer l’ambulatoire.
Cette étroite coopération trouve un écho dans le secteur privé, comme en témoigne le projet phare de Sanofi, dit « projet Azteca », qui porte sur la construction d’une usine de vaccins pédiatriques anti-grippe à Cuautitlán dans l’État de Mexico.

L’initiative Prezode

Le Mexique a été le premier pays à rejoindre, en juin 2021, l’initiative PREZODE, suivi du Costa Rica janvier 2022. Lancée par la France en 2021, PREZODE encourage la collaboration multilatérale avec et entre les pays qui sont le plus confrontés aux risques d’émergence zoonotique* et aux pandémies, tout en assurant la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés locales.
La France, via l’Institut de recherche pour le développement (IRD), contribue au projet « El Dorado », un laboratoire mixte international basé à Mérida, Yucatan, qui concentrera ses recherches sur les risques de maladies zoonotiques dans la région centraméricaine et caribéenne.

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Initiative PREZODE

En juin 2021, le Mexique est le premier partenaire à rejoindre l’initiative PREZODE lancée par la France

https://mx.ambafrance.org/Firma-por-Mexico-de-la-iniciativa-PREZODE-18-de-junio-de-2021
Plus d’information sur : https://prezode.org/prezode_fre/Actualites/Mexique-premier-pays-a-rejoindre-l-initiative-PREZODE

*Les zoonoses sont des maladies ou infections qui se transmettent des animaux vertébrés à l’homme, et vice versa. Plus d’informations sur https://agriculture.gouv.fr/les-zoonoses-ces-maladies-transmissibles-entre-lhomme-et-lanimal

Le programme COVAX
Dans le cadre du programme international COVAX, qui vise à accélérer l’accès aux outils de lutte contre la Covid-19, la France a fait don de :
  • 800 000 vaccins au Nicaragua,
  • 200 000 doses au Costa Rica (décembre 2021),
  • 150 000 tests antigéniques au Honduras (été 2022),
  • 763 000 doses de vaccin pédiatrique au Honduras (été 2022)
  • plus de 155 000 euros d’équipements de protection et d’oxygénothérapie au Salvador (novembre 2020).

Plus d’informations sur le programme COVAX

Promouvoir l’égalité femmes-hommes et les droits des femmes

La France, qui promeut une diplomatie féministe et dont les ambitions en matière d’égalité hommes-femmes sont énoncées dans la Stratégie internationale de la France pour l’égalité entre les femmes et les hommes (2018-2022), se montre particulièrement soucieuse de promouvoir l’égalité des sexes et place cette lutte au cœur de son action diplomatique.

Les projets locaux de développement intègrent quasi systématiquement une composante « genre » ou sont entièrement dévolus à la question.

  • Au Salvador, en 2020 et 2021 à l’occasion de la journée des droits de l’Homme, l’Alliance Française et le Lycée français ont pris part à la semaine du genre, créée par notre ambassade, soulignant le rôle de référence que joue la France sur la question ;
  • le Costa Rica a adhéré l’Initiative Parité de Genre lancée par l’AFD en 2019 pour faciliter l’accès des femmes au marché du travail.
    Pour l’année 2022, la diplomatie féministe française concentre ses efforts dans le projet de Fonds de Soutien aux Organisations Féministes (FSOF) qui vise à soutenir les projets issus de la société civile en faveur des droits des femmes, à l’échelle régionale.

Le Fonds de Soutien aux Organisations Féministes (FSOF) en Amérique centrale est une réponse directe à la dégradation de la condition des femmes causée par la pandémie de la COVID-19 et les tempêtes tropicales récentes, dans six pays d’Amérique centrale identifiés. Cette détérioration se greffe sur un contexte déjà inquiétant, en termes de violences faites aux femmes (féminicides, disparitions forcées), de discriminations dont elles sont victimes sur les plans politique, économique et social, mais également de négation de facto des droits sexuels et reproductifs des femmes, qui sont autant de signes inquiétants de régression (l’IVG est interdite et sévèrement punie par les juridictions nationales, le Honduras a renforcé la constitutionnalisation de cette interdiction début 2021).
Plus d’informations sur le FSOF

La diplomatie féministe française bénéficie de partenaires dynamiques dans la région, désireux de mener ce combat avec la France.
Le Mexique s’affirme, aux côtés de la France, comme un acteur à l’avant-garde de ce combat, comme en témoigne le succès du Forum Génération Égalité, co-présidé par les 2 pays et porté à haut niveau par les présidents Emmanuel Macron et Andrés Manuel Lopez Obrador. La France et le Mexique y ont joué un rôle actif en tant que champions de coalition : « Droit à disposer de son corps, droits et santé sexuels et reproductifs » pour la France, et « Droits et justice économiques » pour le Mexique. Les sommets qui se sont tenus successivement à Mexico (mars 2021) et à Paris (30 juin – 2 juillet 2021) ont abouti à un plan d’action innovant doté de près de 40 milliards de dollars d’investissements d’ici 2026, qui met l’accent sur des problématiques cruciales comme les violences de genre, les droits sexuels et reproductifs, la justice et les droits économiques, l’action féministe pour la justice climatique ou encore les technologies et l’innovation au service de l’égalité femmes-hommes dans le monde. C’est dans ce cadre que le Costa Rica a été reconnu comme État champion de la coalition « Action féministe pour la justice climatique ».

Illust: Cérémonie d'inaugurati, 1.7 Mo, 1280x720
Cérémonie d’inauguration du Forum Génération Égalité

Cérémonie d’inauguration du Forum Génération Égalité le 29 mars 2021 :
conférence de presse des présidents mexicain et français

Retour sur le Forum génération égalité

La France renforce son partenariat avec le Mexique grâce à d’autres initiatives : comme un diplôme universitaire franco-mexicain sur la violence du genre, en coopération avec l’Université autonome nationale du Mexique (UNAM) et l’association française Lawyers for Women.

Plus d’informations sur la diplomatie féministe française