Présentation de l’Allemagne

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Présentation du pays

ALLEMAGNE {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République fédérale d’Allemagne
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’État : Frank-Walter Steinmeier
Chef du gouvernement : Angela Merkel

Données géographiques

Superficie : 357 027 km²
Capitale : Berlin
Villes principales : Hambourg, Munich, Cologne, Francfort-sur-le-Main, Stuttgart, Düsseldorf, Dortmund, Essen, Brême, Dresde, Leipzig, Hanovre, Nuremberg
Langue officielle : allemand
Monnaie : euro
Fête nationale : 3 octobre (jour de l’Unité allemande)

Données démographiques

Population (mars 2020) : 83,15 millions d’habitants
Croissance de la population (2019) : +0,2%
Taux de fécondité (2018) : 1,57

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Lors des dernières élections législatives en 2017, l’Union CDU-CSU, menée par Angela Merkel, est arrivée en tête, suivie de son partenaire de coalition, le SPD(32,7% et 20,5% respectivement). Le parti d’extrême-droite Alternative für Deutschland (AfD), fondé en 2013, a fait son entrée au Bundestag comme premier parti d’opposition (12,6%, 94 députés), devant le parti libéral FDP (10,7% des voix, retourné au Bundestag après son cuisant échec en septembre 2017), les Verts (8,9%) et le parti de gauche radicale, die Linke (9,2%). Après l’échec des discussions entre la CDU-CSU, le FDP et les Verts, la coalition CDU/CSU-SPD a finalement été reconduite en février-mars 2018. En décembre de la même année, Mme Angela Merkel a annoncé quitter la présidence de la CDU et ne pas briguer un 5ème mandat de chancelière fédérale en 2021.

Après 4 mandats et 16 ans au pouvoir de la Chancelière Merkel, l’année 2021 est une année charnière pour la politique intérieure allemande. En vue des élections fédérales du 26 septembre, l’Union CDU/CSU a désigné M. Armin Laschet (président de la CDU depuis janvier 2021) comme candidat à la chancellerie, tandis que les Verts ont choisi le 19 avril dernier Mme Annalena Baerbock pour les mener aux élections de septembre. En mai, le SPD a confirmé son candidat, le ministre des Finances, M. Olaf Scholz, et le FDP de leur côté les MM. Olaf Scholz et Christian Lindner pour les représenter. L’année est également marquée par 5 élections de parlements régionaux : après les élections au Bade Wurtemberg, en Rhénanie Palatinat et en Hesse du 14 mars, qui ont montré une nouvelle percée des Verts (32,7% au Bade Wurtemberg et réélection de M. Winfried Kretschmann, forte progression en Hesse), un revers important pour la CDU et une confirmation du SPD comme premier parti de Rhénanie Palatinat (réélection de Malu Dreyer), des élections régionales auront lieu en Saxe-Anhalt (6 juin), et en Thuringe (26 septembre).

Les Verts, portés par le succès de leurs thèmes, connaissent des scores en progrès depuis 2019 aux élections régionales et européennes. Le parti apparaît comme la deuxième force politique du pays (22 à 28% d’opinions favorables dans les sondages fin avril 2021, à égalité avec la CDU). Mené depuis janvier 2018 par M. Robert Habeck et Mme Annalena Baerbock qui prônent une approche « réaliste » par rapport à la frange « écologiste » historique du parti, dans la conduite des politiques publiques, il reste toutefois perçu comme un « parti de l’Ouest » et apparaît relativement affaibli dans le contexte de crise sanitaire.
L’Alternative für Deutschland (AfD), parti nationaliste, anti-immigration et critique envers l’UE, est devenu en 2017 la première force d’opposition depuis son entrée au Bundestag (94 députés sur 630). Il a connu une progression constante depuis sa fondation en 2013 jusqu’en 2020. Après avoir progressé aux élections européennes (11% des voix contre 7% en 2014), il s’est ancré à l’Est lors des élections régionales de 2019. Les intentions de votes pour l’AfD, divisée entre ses différents courants (anti-européen, réactionnaire et xénophobe) et en voie de radicalisation, ont faibli au cours de la crise sanitaire, se stabilisant à 9%.
Die Linke, issue d’une fusion entre l’ancien parti communiste de RDA et la gauche radicale ouest-allemande, est quant à elle en perte de vitesse, tout comme le parti libéral FDP, en baisse depuis sa sortie du gouvernement fédéral en 2013.

Politique étrangère

Depuis la 50è Conférence sur la sécurité de Munich (2014), l’Allemagne assure davantage de responsabilités internationales. Le traité d’Aix-la-Chapelle (signé le 22 janvier 2019 et entré en vigueur le 22 janvier 2020) offre de nouvelles perspectives pour notre partenariat au sein de l’Union européenne et sur la scène internationale.

I. Les lignes de continuité

1 - Le poids de l’histoire explique le profond attachement de l’Allemagne au cadre multilatéral et européen, ainsi que la spécificité de sa relation avec les États-Unis :

L’OTAN occupe une position centrale dans la politique de sécurité allemande. L’annonce, le 14 avril 2021 par le ministre de la défense américain de l’envoi de 500 nouveaux soldats américains en Allemagne, conforte ce lien. La participation américaine décidée le 6 mai, soutenue par l’Allemagne, au projet de coopération structurée permanente dans le domaine de la mobilité militaire contribue à renforcer les interactions entre l’Union européenne et l’OTAN.

L’Allemagne est le 4ème contributeur au système des Nations unies. En avril 2019, les ministres français et allemand ont lancé une "Alliance pour le multilatéralisme". Membre non-permanent du Conseil de sécurité des Nations unies en 2019 et 2020, l’Allemagne s’est coordonnée étroitement avec la France lors de leurs présidences respectives du Conseil (mars et avril 2019 puis juin et juillet 2020). Elle maintient son objectif d’obtenir un siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

Au niveau européen, l’ancienne ministre allemande de la défense, Mme Ursula von der Leyen, a pris la tête de la Commission européenne en novembre 2019 et l’Allemagne a assuré sa 13ème présidence du Conseil de l’Union européenne au 2ème semestre 2020. La conférence sur l’avenir de l’Europe proposée par nos deux pays en novembre 2019 a été lancée le 9 mai 2021.

Concernant le processus de paix au Proche-Orient, la politique allemande oscille entre soutien à Israël en raison de sa « responsabilité historique » et critique de la politique de colonisation dans les Territoires palestiniens et du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

2 - Du fait du « pacifisme » de son opinion publique, l‘Allemagne demeure réservée à l’égard des interventions militaires, soumises à l’autorisation du Parlement :

Si le Président français est chef des armées, la Bundeswehr est une « armée parlementaire », à laquelle le Bundestag fixe un mandat formel et limité dans le temps pour toute intervention extérieure.

Malgré un soutien croissant, les Allemands restent divisés sur la question de l’engagement allemand sur la scène internationale (en décembre 2020, 44% des personnes interrogées par la Fondation Körber sont favorables à une plus grande implication contre 37% en 2014 ; 49% restent favorables à la retenue).

3 - Une nation exportatrice :

Les 79 Chambres de commerce et d’industrie appuient une politique commerciale dynamique (excédent commercial de 179 Md€ en 2020).

Puissance commerciale, l’Allemagne privilégie la négociation internationale. Elle participe ainsi au mécanisme INSTEX, utilisé pour la 1ère fois en avril 2020 pour des livraisons de matériel médical à l’Iran pendant la crise sanitaire.

L’Allemagne consacre 0,7% de son revenu national brut à l’aide publique au développement.

4 - L’Allemagne est traditionnellement tournée vers l’Europe de l’Est :

En référence à l’Ostpolitik de Willy Brandt dans les années 1970, le ministre des affaires étrangères, M. Heiko Maas, soutient une « Ostpolitik européenne » (vers l’Ukraine et la Géorgie notamment) au-delà même de son voisinage oriental (Pologne notamment). Elle considère la perspective européenne des Balkans occidentaux comme un élément stabilisateur.

L’Allemagne entretient des liens étroits, notamment énergétiques, avec la Russie (gazoduc Nord Stream 2). L’Allemagne s’est inquiétée de la remise en cause sous l’administration Trump des traités de limitation des armements sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), « Ciel ouvert » et « New Start »), avant que le Président Biden n’exprime le souhait de prolonger ces accords.

II. Vers plus de responsabilités

La Bundeswehr intervient désormais sur de multiples théâtres d’opération : Syrie et Irak, Mali, Afghanistan ou Kosovo (KFOR), essentiellement dans le cadre de missions multilatérales.

Depuis son refus de participer à l’invasion américaine en Irak en 2003, l’Allemagne cherche un « partenariat équilibré » avec les États-Unis. Le budget de la défense a été porté à 46,93 Md€ en 2021 (+2,8 % par rapport à 2020).

L’Allemagne a adopté en septembre 2020 une stratégie nationale sur l’Indopacifique et entend y nouer un réseau étroit de relations économiques, politiques, mais aussi de sécurité avec les pays de la zone. Une frégate allemande dans la région entre août 2021 et février 2022. L’Allemagne a par ailleurs suspendu l’accord d’extradition avec Hong Kong (fin juillet 2020).

Depuis la crise des réfugiés de 2015 avec l’accueil d’un million de migrants sur son sol, l’Allemagne entend contribuer au règlement des crises dans le voisinage méditerranéen de l’Europe (conférence de Berlin sur la Libye le 19 janvier 2020, participation à l’opération maritime de l’Union européenne IRINI en Méditerranée orientale, participation à la coalition internationale contre Daech après les attentats en France de novembre 2015). L’Afrique est devenue une priorité de la politique allemande de développement, mais aussi de sécurité, en particulier au Sahel (MINUSMA, EUTM Mali, EUCAP Sahel, notamment).

III. Un nouvel élan franco-allemand

Le traité d’Aix-la-Chapelle (TAlC) de 2019 complète celui de l’Élysée (1963) qui scellait la réconciliation entre la France et l’Allemagne. Il fixe une stratégie de convergence de nos économies et de nos sociétés en vue d’une intégration européenne accrue, y compris sur les plans diplomatique, de sécurité, de défense, et de développement.

Les Conseils franco-allemands de défense et de sécurité (CFADS) de juillet 2017, puis d’octobre 2019 et février 2021 ont initié puis poursuivi d’importants projets capacitaires (avion du futur et char de combat communs).

Situation économique

I. Situation macroéconomique

Première puissance économique européenne avec un PIB de 3 336 milliards d’euros en 2020, l’Allemagne occupe depuis 2007 le 4ème rang au niveau mondial, derrière les États-Unis, la Chine et le Japon. En 2020, sous l’effet de la pandémie, l’économie allemande a subi une contraction de 4,9% du PIB, soit une récession moins sévère que ce qui avait été annoncé au début de l’été, grâce à une reprise de l’activité observée au second semestre suite à des mesures gouvernementales d’une ampleur inédite.

Basée sur un réseau dense de petites et moyennes entreprises (Mittelstand) qui avait bénéficié d’une compétitivité restaurée par les réformes du marché du travail (dites « réformes Hartz »), engagées sous le second mandat du chancelier Gerhard Schröder (2002-2005), l’industrie allemande représente un des piliers de l’économie en termes de commerce extérieur.

Représentant environ 6,5% des échanges mondiaux, l’Allemagne est la 3ème puissance commerciale mondiale, derrière la Chine et les États-Unis, et enregistre depuis plusieurs années d’importants excédents commerciaux, en léger recul toutefois depuis 2017. Depuis 2016, la Chine, avec laquelle le volume des échanges a plus que doublé en dix ans, est son premier partenaire commercial, suivie des Pays-Bas et des États-Unis. Les exportations portent sur l’ensemble des domaines de pointe de l’économie allemande (automobile, machines-outils, industries chimiques et pharmaceutiques en particulier).

Le succès de l’industrie allemande tient à une configuration particulière des relations entre entreprises et partenaires sociaux, désignée sous le terme de « cogestion » et dont l’une des conséquences est un système de formation professionnelle qui se veut en phase avec les besoins des acteurs économiques.

En baisse constante depuis 2005, le taux de demandeurs d’emplois s’est situé en 2019, en moyenne fédérale, à 5%, reflet d’une situation de quasi plein emploi. En 2020, le taux de chômage est stabilisé à 6 %, avec 477 000 personnes supplémentaires au chômage. Pour 2021, on prévoit un léger recul du chômage.

II. Situation des finances publiques.

L’Allemagne a poursuivi pendant plusieurs années une politique budgétaire marquée par la volonté de réduire l’endettement et les déficits publics (Schwarze Null), conformément aux objectifs fixés par les traités européens. En conséquence, l’excédent budgétaire représentait, en 2019, 1,5% du PIB, soit 49,8 milliards d’euros. La crise sanitaire a toutefois amorcé depuis 2020 un virage politique avec le retour à l’endettement public. Pour y faire face, le gouvernement fédéral a fait jouer en 2020 la clause de « situation critique » pour écarter temporairement l’application de la règle constitutionnelle de « frein à la dette » (Schuldenbremse) qui limite à 0,35% le déficit budgétaire annuel, et décidé un endettement de l’Etat fédéral de 130,5 Mds € en 2020 pour protéger l’économie de l’impact de la crise du coronavirus. Un endettement net de 240 Mds € est encore prévu pour 2021, la réactivation du frein à la dette n’étant pas attendue en 2022. Désormais, les modalités mêmes du retour à cette règle font débat. Si la « bonne gestion » des finances publiques des années passées aide l’Allemagne à surmonter la crise, avec un retour de la croissance (estimée à 3,5% pour 2021), le pays doit relever de nombreux nouveaux défis structurels (transition énergétique, numérique, innovation…). Le plan national de relance et de résilience allemand, présenté le 27 avril 2021 de façon conjointe avec le plan français par les deux ministres chargés des Finances, MM. Scholz et Le Maire, s’élève à 28 Mds € dont 14 Mds € pour le numérique (avec un effort sur l’enseignement à distance) et 11 Mds € pour la transition climatique (hydrogène, mobilité durable, efficacité énergétique des bâtiments notamment).

Mise à jour : 26.05.21

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