Présentation de l’Algérie

Données générales

ALGÉRIE {JPEG}

Nom officiel : République Algérienne Démocratique et Populaire
Nature du régime : Présidentiel
Chef de l’Etat par intérim : M. Abdelkader Bensalah (depuis le 9 avril 2019)
Premier ministre : Noureddine Bedoui (depuis le 11 mars 2019)

Données géographiques

Superficie : 2 381 741 km², dont 85% de désert
Capitale : Alger (4,4 millions d’habitants pour le Grand Alger)
Villes principales : Oran, Constantine, Annaba, Tlemcen, Sétif
Langues officielles : Arabe classique, Tamazight
Langues courantes : Arabe dialectal, français, langues berbères
Monnaie : Dinar Algérien (DA) (1 € = 135 DA au taux officiel en 2018)
Fête nationale : 1er novembre (anniversaire du début de la guerre d’Indépendance)

Données démographiques

Population : 41,3 millions d’habitants (ONS, janvier 2017)
Densité : 15,88 hab/km² ; 56 % de la population sur 3% du territoire
Croissance démographique : 2,17 %
Espérance de vie : 77,2 ans
Alphabétisation : 77,9 %
Religion : islam sunnite, minorité ibadite (dans la région du Mzab)
IDH : 85ème rang mondial sur 191– Indice 0,754
sources : PNUD, ONS

Données économiques

PIB : 188,3 Mds $ (FMI, 2018)
PIB/hab. : 4218 $ (Banque mondiale, 2017)
Taux de croissance : 2,1 %, (FMI, 2018)
2,3% en 2019 (prévision FMI)
Taux de chômage : 11,7 % de la population active (ONS, septembre 2018)
Taux d’inflation : 4,3 % (FMI, 2018) 5,6% prévu pour 2019 (FMI)
Dette publique : 26 % PIB (FMI, 2017)
Dette extérieure : 2,5 % PIB (FMI, 2017)
Balance commerciale : - 11,2 Mds $ (Douanes algériennes, 2017)
Principaux clients : Italie (16%), France (12,9%), Espagne (11,9%), Etats-Unis (9,8%), Brésil (6%) - Douanes algériennes (2017)
Principaux fournisseurs : Chine (18,1%), France (9,4%), Italie (8,2%), Allemagne (7%) Espagne (6,8%) - Douanes algériennes (2017)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (ONS, 2017e) :
̵ Hydrocarbures : 19% (94,5% des exportations ; 47% des recettes de l’Etat)
̵ Agriculture : 12%
̵ Construction/BTP : 11%
̵ Services : 44%
̵ Industrie : 5%
Exportations de la France vers l’Algérie (2017) 4,98 Mds€
Importations de la France depuis l’Algérie (2017) : 3,39 Mds€
http://www.tresor.economie.gouv.fr/

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://dz.ambafrance.org/
Consulats de France : Alger, Annaba, Oran
Communauté française en Algérie : 41 780 français inscrits au 31 décembre 2017
Communauté algérienne en France : 564 936 Algériens titulaires d’un permis de séjour français au 31 décembre 2017, hors binationaux.

Eléments d’actualité

Politique intérieure

Après l’annonce de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat présidentiel, un mouvement populaire massif et pacifique s’est mobilisé contre son maintien au pouvoir et pour le départ du « système ». Tous les vendredis depuis le 22 février, la mobilisation, lancée sur les réseaux sociaux, touche, au-delà d’Alger, l’ensemble du territoire algérien. Le président Bouteflika a annoncé, le 11 mars : le report de l’élection présidentielle prévue le 18 avril, sa décision de ne pas briguer un 5ème mandat, la mise en place d’un plan de sortie de crise à travers une conférence nationale, et la nomination de M. Noureddine Bedoui Premier ministre.

Face au maintien de la contestation et sous la pression du chef d’état-major de l’armée nationale populaire, le général Ahmed Gaïd Salah, le président Bouteflika a démissionné le 2 avril. Aux termes de l’article 102 de la constitution algérienne, le président du Conseil de la Nation, M. Abdelkader Bensalah, assure l’intérim du chef de l’Etat. Après le rejet des deux dossiers de candidature à l’élection présidentielle du 4 juillet, le Conseil constitutionnel a repoussé l’échéance électorale sine die.

La justice a opéré une série d’arrestations et ouvert de nombreuses enquêtes. Plusieurs personnalités ont été arrêtées : les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, Saïd Bouteflika, frère de l’ancien président, les généraux Mohamed « Toufik » Mediène et Athmane Tartag (anciens chefs des services de renseignement), Ali Haddad (ancien président du patronat).

Plusieurs chefs d’entreprise sont également visés par des enquêtes, dont Issad Rebrab, première fortune du pays, emprisonné depuis le 22 avril. Les services de sécurité maintiennent également la pression sur les militants politiques et de la société civile comme en témoigne l’arrestation et l’emprisonnement de Louisa Hanoune, la secrétaire générale du parti des travailleurs, le 9 mai.

Le peuple algérien est toujours mobilisé pour le départ de l’ensemble du système et dénonce la mainmise de l’armée sur l’État algérien. Dans ce contexte, les partis algériens historiques (Front de libération nationale - FLN, Rassemblement national démocratique - RND), cherchent à se repositionner. Les partis d’opposition vont dans le sens de la mobilisation pour jouer un rôle dans la transition. Plusieurs personnalités de la société civile semblent émerger dans l’opinion publique. Les différentes organisations politiques, ainsi que des associations initient des feuilles de routes pour la sortie de crise.

Situation économique

L’Algérie connaît une situation économique difficile Le taux de croissance recule depuis 2016 et s’élevait à 1,7% au troisième trimestre 2018. La loi de finances pour 2019 prévoit un taux de croissance annuel de 2,6%. La faiblesse des cours des hydrocarbures (94,5% des exportations du pays) depuis l’été 2014 exerce une forte pression sur les finances publiques (épuisement du fonds de régulation des recettes en 2016) et la balance commerciale. Le chômage touchait, en avril 2018, 11,1 % de la population active et 26,4% des 16-24 ans, selon les chiffres officiels. Alger finance son déficit budgétaire (8,8% en 2017 et 9% prévus en 2018 par les autorités algériennes) par des mesures « non-conventionnelles » (création monétaire) et la tentative de drainer les fonds de l’informel (40% du PIB). L’Algérie maintient son refus de faire appel au financement extérieur, qui est résiduel (2,6% du PIB). Alger a cependant exceptionnellement contracté un prêt de 900 M€ auprès de la Banque africaine de développement en novembre 2016.

Afin de réduire son déficit commercial le gouvernement algérien a renforcé depuis 2015 une politique protectionniste et mise sur la remontée des cours du pétrole. Le 19 décembre 2017, Mohamed Benmeradi, ministre du commerce, a annoncé la suppression du régime des licences d’importation introduit en 2015 mais en contrepartie a dévoilé une liste de 851 produits interdits à l’importation. La loi de finances complémentaire du 25 septembre 2018 a modifié une nouvelle fois ces restrictions en remplaçant ce régime d’interdiction par une fiscalité additionnelle (+30 à 200% sur certains produits). Les décrets d’application sont en cours de mise en place.

Si la réduction du déficit commercial (passant de 17 à 11,2 Mds€ entre 2016 et 2017) s’est accélérée au premier trimestre 2018 (diminuant de 83,6% par rapport au premier trimestre 2017), les réserves de change continuent de diminuer, passant de 188 Mds$ en 2013 à 82,1Mds$ en décembre 2018.

La dépréciation monétaire permet d’ajuster l’économie aux tensions inflationnistes, à la perte des réserves de change et à l’accroissement du déficit commercial. Depuis la fin de l’année 2017, le dinar poursuit sa chute après deux ans de stabilité relative. Depuis 2014, le dinar a perdu 48% de sa valeur face au dollar.

La diversification économique est nécessaire au développement du pays. M. Ouyahia a annoncé le 1er octobre 2017 sa volonté de réformer la loi sur les hydrocarbures afin de rendre le secteur plus compétitif et de permettre à terme l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Ce sujet polémique avait donné lieu à d’importantes protestations dans la ville d’In Salah au début de l’année 2015. Hors hydrocarbures, les projets de partenariats industriels qui se sont développés notamment avec les entreprises françaises (Renault, PSA, Sanofi, Alstom, Avril), participent au développement d’un secteur privé algérien dynamique et diversifié.

Politique étrangère

Le retour de l’Algérie sur la scène internationale après la « décennie noire » a été l’une des ambitions principales du président Bouteflika lors de son accession au pouvoir. L’Algérie est aujourd’hui un acteur régional majeur et s’affirme face à ses partenaires occidentaux comme un pôle de stabilité dans le monde arabe et africain.

La relation algéro-chinoise correspond à un choix stratégique de l’Algérie. La Chine est le premier fournisseur de l’Algérie (18,1% des importations en 2017) et les Chinois, souvent employés sur les grands projets d’infrastructures, constituent aujourd’hui la première communauté expatriée en Algérie (environ 70 000), soit près du double de la communauté française inscrite. La Chine a accordé un prêt concessionnel de 7Mds USD en janvier 2016 dans le cadre de la construction du port en eaux profondes de Cherchell. La Chine multiplie également les investissements dans de grands projets industriels. En novembre 2018, autorités chinoises et algériennes ont signé un accord pour la réalisation d’un projet d’exploitation et de transformation du phosphate dans la région de Tébessa, représentant un investissement de 6Mds $. Enfin, en marge du 7e sommet Chine-Afrique à Pékin, l’Algérie a adhéré à l’initiative chinoise des « nouvelles routes de la soie » le 4 septembre 2018.

L’Algérie s’attache à diversifier ses partenariats, en particulier avec la Russie, la Turquie et les États-Unis. Le domaine militaire et sécuritaire constitue le volet principal des relations avec la Russie (visite de M. Messahel, ministre algérien des Affaires étrangères, à Moscou en février 2018). L’Algérie s’attache à développer ses relations économiques avec la Turquie comme en témoigne la visite en Algérie du président Erdogan le 26 février 2018. L’Algérie a développé une coopération sécuritaire avec les États-Unis.

La diplomatie algérienne reste attachée aux relations bilatérales avec ses principaux partenaires européens (France, Espagne, Italie, Allemagne). L’année 2018 a vu la visite de plusieurs dirigeants européens, notamment M. Mariano Rajoy (avril 2018), Mme Angela Merkel (septembre 2018) ou M. Giuseppe Conte (novembre 2018). L’Union européenne représente le premier partenaire commercial de l’Algérie ; elle a signé un accord d’association en 2002 [voir IV. L’UE et l’Algérie].

Au Maghreb, l’Algérie entretient des relations inégales avec ses voisins. La tension avec le Maroc est très importante et les frontières entre les deux pays sont fermées depuis 1994. Les tensions se cristallisent autour du conflit au Sahara occidental. Alger a participé aux deux tables rondes organisées par l’envoyé spécial du Secrétaire général, M. Horst Köhler, en décembre 2018 et mars 2019.

Les perspectives de rapprochement entre les deux voisins sont minces bien que les deux États appellent mutuellement, mais de manière sporadique, à un renforcement de leur dialogue bilatéral. Dernièrement, l’Algérie a appelé à une réunion prochaine du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UMA.

L’Algérie entretient en revanche des relations très cordiales avec la Tunisie. Les deux pays ont des échanges économiques importants et entretiennent une étroite coopération dans le domaine de la lutte antiterroriste. La Grande commission mixte algéro-tunisienne s’est tenue le 9 mars 2017. Enfin, l’Algérie cherche à développer ses liens économiques et politiques avec la Mauritanie et a ouvert son premier poste frontière avec ce pays depuis les indépendances, le 19 août 2018, afin de faciliter la circulation des biens et personnes entre les deux pays.

En Libye, l’Algérie, qui redoute l’infiltration de groupes terroristes sur son territoire, a fortement renforcé son dispositif militaire à sa frontière orientale. Alger affiche son soutien au processus politique mené par l’ONU, et tente de s’imposer comme un interlocuteur incontournable en multipliant les rencontres avec les différents acteurs libyens et en participant aux divers formats régionaux et internationaux sur le sujet. Le ministre Messahel a ainsi effectué une tournée dans l’Est et l’Ouest et le Sud libyen au printemps 2017, puis a accueilli à Alger une conférence ministérielle avec l’Egypte et la Tunisie le 21 mai 2018. Le premier ministre libyen, M. Sarraj, a été reçu trois fois à Alger, la dernière le 17 décembre 2017. Le Premier ministre algérien, M. Ouyahia, a participé à la conférence de Paris sur la Libye le 29 mai 2018.

L’Algérie s’attèle à développer des partenariats économiques avec le monde arabe. En décembre 2018, le Premier ministre algérien a reçu le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane pour une visite économique et la signature d’une douzaine d’accords (pharmacie, chimie, agro-alimentaire). En parallèle, l’Algérie conserve de bonnes relations avec les Émirats arabes unis (visite du vice-ministre de la Défense, M. Gaïd Salah aux EAU en décembre 2018).

Alger suit avec attention le dossier malien. Après avoir été un acteur clé de la signature de l’accord de paix du 20 juin 2015 entre le gouvernement et les groupes du Nord, l’Algérie, aux côtés des Nations unies, préside le comité de suivi de l’accord, dont la dernière réunion ministérielle s’est tenue à Bamako le 10 février 2017. Des consultations algéro-françaises sur le Mali et le Sahel se sont déroulées à Alger en janvier et en juillet 2017. Le chef de la diplomatie algérienne, M. Messahel effectue régulièrement des visites officielles au sein des pays du Sahel.

L’Algérie a également développé d’étroites relations bilatérales avec certains partenaires africains, à l’instar du Nigéria ou de l’Afrique du Sud (le ministre des Affaires étrangères a rencontré son homologue sud-africaine, au Cap, le 30 août 2018), notamment.

La diplomatie algérienne fait entendre sa voix au sein des instances internationales, bénéficiant d’un rôle particulier, issu de sa tradition anti-impérialiste. L’Algérie, active sur les questions arabes et africaines (réforme de l’Organisation de la coopération islamique, Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) est également attachée à des thèmes plus transversaux (conférence sur le désarmement, changement climatique). Au sein de l’Union africaine (UA), l’Algérie porte la réflexion sur la mise en place d’une Capacité africaine de réaction immédiate aux crises (CARIC). Le 9 et 10 avril 2018, l’Algérie a co-organisé avec l’UA une « conférence sur le financement du terrorisme en Afrique » rassemblant les délégués des pays africains.

L’Algérie est également engagée dans le dialogue en Méditerranée occidentale (initiative « 5 + 5 ») : Alger a ainsi présidé les travaux des ministres du « 5 + 5 Défense » en 2016 et copréside les réunions des ministres du « 5 + 5 Affaires étrangères » pour 2016-2018 et du « 5 + 5 Finances » pour 2017-2018, dont les travaux se sont tenus le 18 novembre à Alger.

Relations avec l’Union européenne

Les relations avec l’UE sont encadrées par un accord d’association entré en vigueur le 1er septembre 2005. Le dialogue entre l’Algérie et l’UE est structuré autour de réunions informelles et techniques (huit sous-comités et le comité d’association) et de réunions de niveau ministériel (le conseil d’association).

Alger avait officiellement formulé le 31 août 2015 le souhait d’évaluer l’accord d’association, qu’il estime déséquilibré, à son détriment, dans un contexte de baisse du cours des hydrocarbures. De son côté, l’UE accuse Alger de vouloir contourner l’accord d’association par ses mesures de restrictions aux importations. Sur ces questions, un dialogue est en cours, marqué par le courrier de la commissaire européenne au Commerce Mme Malmström au ministre du Commerce algérien, M. Ahmed Saci, le 20 juillet 2017 et la visite du commissaire européen en charge de la politique européenne de voisinage, M. Hahn, les 20 et 21 juillet 2017. L’UE est le premier partenaire commercial de l’Algérie qui réalise chaque année plus de 60% de ses échanges avec l’Union. La Haute-représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a effectué une visite officielle en Algérie en novembre 2018.

Le onzième Conseil d’association s’est tenu le 14 mai 2018 à Bruxelles. Il n’a pas marqué d’avancées sur le dossier commercial. Cette réunion a néanmoins permis de souligner les progrès effectués dans les différents domaines de l’accord d’association : i) dialogue politique, gouvernance, État de droit et promotion des droits fondamentaux (une mission d’expertise électorale de l’UE avait été déployée à Alger pour les élections législatives de 2014 et 2017) ; ii) coopération, développement socio-économique inclusif, échanges commerciaux et accès au marché unique européen ; iii) partenariat énergétique, environnement et développement durable ; iv) dialogue stratégique et sécuritaire ; v) migration et mobilité.

L’Algérie prend part aux échanges dans le cadre de la politique européenne de voisinage. L’UE soutien son partenaire et débloque des fonds en ce sens. Pour la période 2014-2020, les crédits IEV devraient s’élever à 250 M€. L’essentiel de ces crédits (60%) est consacré à des programmes socio-économiques : réforme du marché du travail et création d’emplois, soutien à la gestion et diversification de l’économie. En 2014, l’UE et l’Algérie ont également signé un protocole permettant à l’Algérie de participer aux programmes des agences européennes. Retour ligne automatique
Alger a décidé, en 2013, de contribuer financièrement au budget du secrétariat général de l’Union pour la Méditerranée./.

Mise à jour : 25.06.19

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