Présentation de l’Algérie

Présentation

Données générales

pays-algerie

Présentation du pays

Nom officiel : République Algérienne Démocratique et Populaire
Nature du régime : Présidentiel
Chef de l’Etat : Abdelaziz Bouteflika (depuis 1999)
Chef du Gouvernement : Ahmed Ouyahia (depuis le 15 août 2017)

Données géographiques

Superficie : 2 381 741 km², dont 85% de désert
Capitale : Alger (4,4 millions d’habitants pour le Grand Alger)
Villes principales :, Oran, Constantine, Annaba, Tlemcen, Sétif
Langue (s) officielle (s) : Arabe classique, Tamazight (langue nationale)
Langue (s) courante (s) : Arabe dialectal, français, langues berbères
Monnaie : Dinar Algérien (DA) (1 euro = 119 DA au taux officiel au premier trimestre 2017)
Fête nationale : 1er novembre (anniversaire du début de la guerre d’indépendance)

Données démographiques

Population : 40,4 millions d’habitants (ONS, janvier 2016)
Densité : 15,88 hab/km² ; 56 % de la population sur 3% du territoire
Croissance démographique : 2,03 %
Espérance de vie : 77,2 ans
Alphabétisation : 77,9 %
Religion : islam sunnite, minorité mozabite
IDH : 93ème rang mondial – Indice 0,717
sources  : PNUD, ONS

Données économiques

PIB : 161milliards de dollars (FMI, 2016)
PIB/hab. : 3 952 dollars (FMI, 2016)
Taux de croissance : 3,7%, (FMI, 2016)
Taux de chômage : 10,5% de la population active (ONS, septembre 2016)
Taux d’inflation : 6,4% (ONS, 2016)
Dette publique : 8,8%
Dette extérieure : 2,7 % PIB
Balance commerciale : - 23,1 milliards de dollars (FMI, 2016)
Principaux clients : Espagne (17,37%), Italie (16,32%), France (13,02%), Royaume-Uni (7,63%), Pays-Bas (6,04%) - Douanes algériennes (2016)
Principaux fournisseurs : Chine (15,97%), France (10,52%), Italie (9,37%), Espagne (7,64%), Allemagne (6,57%) – Douanes algériennes (2016)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016) :
̵ Hydrocarbures : 29% (94% des exportations ; 47% des recettes de l’Etat)
̵ Agriculture : 11%
̵ Construction/BTP : 11%
̵ Services : 44%
̵ Industrie : 5%
Exportations de la France vers l’Algérie (2016) 5,1 milliards de dollars
Importations de la France vers l’Algérie (2016) : 3 milliards de dollars

http://www.tresor.economie.gouv.fr/

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://dz.ambafrance.org/
Consulats de France : Alger, Annaba, Oran
Communauté française en Algérie : 40 717 français inscrits au 31 décembre 2016
Communauté algérienne en France : 582 000 Algériens titulaires d’un permis de séjour français au 31 décembre 2015, hors binationaux.

Eléments d’actualité

Politique intérieure

Abdelaziz Bouteflika a été réélu en 2014 à la présidence de la République algérienne démocratique et populaire pour un quatrième mandat, avec 81,5% des suffrages exprimés contre 12% pour son concurrent Ali Benflis. Le président algérien a prêté serment le 28 avril de cette même année. L’état de santé du président Bouteflika fait débat et les très rares activités publiques du président Bouteflika sont très médiatisées.

A la suite des consultations de juin 2014 menées sous l’égide d’Ahmed Ouyahia mais rejetées par les partis d’opposition, la réforme constitutionnelle portée par le gouvernement d’Abdelmalek Sellal a été validée par le Parlement le 7 février 2016. Ce texte marque certaines avancées, dont la reconnaissance du tamazight comme langue officielle, mais maintient l’essentiel des larges prérogatives présidentielles. En septembre 2015, le général Mohamed Médiène dit « Toufik », chef du département du renseignement de la sécurité (DRS), a été mis à la retraite et le DRS dissous en janvier 2016 pour être remplacé par la Direction des services de sécurité, directement rattachée à la présidence. Malgré les efforts pour inciter la population à voter, les élections législatives du 4 mai 2017 ont été marquées par une faible participation (35,37%). Avec respectivement 161 et 100 sièges, les deux partis du pouvoir, le FLN et le RND, emportent plus de la moitié des 462 sièges de la chambre basse du Parlement algérien. L’opposition islamiste (MSP, Ennahda/El Bina) et laïque (FFS, RCD, Parti des travailleurs) est affaiblie et divisée. Les élections locales devraient se tenir le 23 novembre 2017.

Moins de trois mois après sa nomination, le Premier ministre M. Abdelmajid Tebboune, a été démis de ses fonctions par le président Bouteflika le 15 août 2017. Il est remplacé par M. Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet du président algérien depuis 2014 et secrétaire général du parti RND (parti de la majorité), qui accède à la primature pour la quatrième fois (1996-1998, 2003-2006, 2008-2012). La composition du gouvernement de M. Ouyahia, annoncée le 17 août 2017, ne modifie que les titulaires de certains portefeuilles économiques et marque le retour de figures anciennes : M. Yousfi, ancien ministre de l’énergie entre 2010 et 2015, est nommé à l’industrie, tandis que M. Benmeradi, ancien ministre des gouvernements Ouyahia (2010-2012) et Sellal (2012-2014), est nommé au commerce.

L’opposition ne parvient pas à exercer de pression en dépit de ses tentatives de coordination. Ali Benflis, ancien Premier ministre et président du parti Talaie el-Houriat, a décidé de boycotter les élections législatives du printemps 2017. Au sein du FLN, le secrétaire général du parti, M. Amar Saâdani a démissionné et a été remplacé le 22 octobre 2016 par Djamel Ould Abbès, moins controversé.
Le Conseil de la nation (équivalent du Sénat) est dominé par le RND. M. Abdelkader Bensalah a été reconduit à la tête du Conseil de la nation à la suite des dernières élections du 29 décembre 2015. Il est le deuxième personnage de l’État.

Le contexte sécuritaire s’est sensiblement amélioré depuis la mise en œuvre de la politique de concorde civile, matérialisée notamment par l’adoption par référendum de la « charte pour la paix et la réconciliation nationale » en 2005. Le terrorisme a reculé à un niveau sans commune mesure avec celui des années 1992-1998. Toutefois, le GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) rebaptisé AQMI (al-Qaïda au Maghreb islamique) en 2007, le MUJAO, ainsi que des groupes dissidents de ses deux mouvements, continuent d’opérer de manière ponctuelle sur le territoire algérien : à Constantine (assassinat d’un policier le 28 octobre 2016 et tentative d’attaque d’un commissariat le 26 février 2017) et à Tiaret (attentat contre un commissariat le 31 août 2017).

L’attentat terroriste sur le site gazier de Tinguentourine (In Amenas) en janvier 2013 (67 morts dont 37 étrangers), réalisé par un commando venu de Libye et composé de terroristes de différentes nationalités, a rappelé de manière tragique que le phénomène du terrorisme avait pris une dimension régionale. Une branche d’AQMI a par ailleurs quitté l’organisation pour prêter allégeance à Daech en septembre 2014 et se fait appeler Jound Al-Khilafa. C’est ce groupe qui a enlevé et assassiné Hervé Gourdel fin septembre 2014. Les principaux membres du groupe ont depuis été arrêtés par l’armée algérienne qui intensifie, depuis deux ans, ses opérations de ratissage et de démantèlement de cellules terroristes en Algérie.

Les mouvements sociaux de protestation sectoriels et locaux sont récurrents dans différentes régions. Des grèves contre la réforme des retraites (suppression de la retraite anticipée) soutenue par le patronat et le principal syndicat (UGTA) ont eu lieu à l’automne 2016. Après son adoption en décembre 2016, la loi de finances pour 2017 a provoqué des manifestations et des grèves dans les secteurs de la fonction publique. Un appel à la grève s’est transformé en émeutes dans les wilayas d’Alger et Bejaïa (2-4 janvier 2017). Les organisations de presse et de la société civile se plaignent de faire l’objet de restrictions et de pressions.

Situation économique

L’Algérie connaît une situation économique dégradée. La faiblesse persistante des cours du pétrole (94% des revenus du pays), malgré l’accord de réduction de la production des pays de l’OPEP le 25 novembre 2016, exerce une forte pression sur les finances publiques algériennes et remet en cause son modèle économique et social.

Si le pays dispose de réserves en devises confortables (103 milliards de dollars en août 2017, soit environ 22 mois d’importations) et d’un taux d’endettement extérieur quasi nul, la diversification et l’émergence d’un secteur privé dynamique semblent nécessaires au développement du pays et à l’épanouissement de la classe moyenne algérienne.

Les efforts entrepris dans les années 2000 pour ouvrir l’économie algérienne à l’international (entrée en vigueur de l’accord d’association avec l’Union européenne en 2005, adhésion à la zone arabe de libre échange en 2009, négociations d’adhésion à l’organisation mondiale du commerce) sont actuellement remis en cause par l’accélération des mesures protectionnistes (licences et quotas d’importations) prises depuis 2015.

Bien que l’Algérie a réaffirmé, à plusieurs reprises depuis 2014, son refus de faire appel au financement extérieur, le pays a fait ponctuellement appel à un prêt de 900 millions d’euros auprès de la Banque africaine de développement. Avec l’épuisement du fonds de régulation des recettes (FRR) en 2016, Alger financer son déficit budgétaire (14% en 2016, 3% en 2017 selon les prévisions du FMI) par des mesures non-conventionnelles (création monétaire) et le recours à l’emprunt intérieur.

Le pays s’attèle également à juguler le chômage qui touchait, en avril 2017, 12,3 % de la population active et 29,7 % des jeunes selon les chiffres officiels (Office national des statistiques). Le conseil des ministres du 6 septembre 2017 a confirmé le recours à l’inflation pour financer déficit budgétaire. Le « Plan Ouyahia » a été adopté le 21 septembre par l’Assemblée populaire nationale. Afin de contrer cette chute des revenus pétroliers, M. Ouyahia a annoncé le 1er octobre sa volonté de réformer la loi sur les hydrocarbures afin de rendre le secteur plus compétitif et permettre à terme l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Ce sujet avait donné lieu à d’importantes protestations dans la ville d’In Salah au début de l’année 2015. Pour limiter son déficit commercial et ralentir la baisse de ses réserves de change, le gouvernement Ouyahia a maintenu le régime de licences d’importations introduit en 2015, malgré son efficacité limitée. L’Algérie table sur la remontée des cours du pétrole pour réduire son déficit commercial.

Cette situation économique compliquée rend nécessaire et difficile à la fois la diversification de l’économie algérienne. Les projets de partenariats industriels qui se sont développés notamment avec les entreprises françaises (Renault, Sanofi, Alstom) vont en ce sens.

Politique étrangère

Le retour de l’Algérie sur la scène internationale après la « décennie noire » a été l’une des ambitions principales du président Bouteflika lors de son accession au pouvoir : messages d’ouverture à l’endroit des États-Unis et de la France, annonce d’un réexamen des relations avec le Maroc, relance des relations avec la Russie, reprise des liens avec les pays arabes et africains, ouverture vers l’Asie en général et la Chine en particulier. L’Algérie est aujourd’hui un acteur régional majeur et cherche à s’affirmer face à ses partenaires occidentaux comme un pôle de stabilité dans le monde arabe et africain.

Sur le plan bilatéral, l’Algérie s’est rapprochée durant les années 2000 de certains pays avec lesquels elle n’entretenait pas de relations étroites. Les relations avec la Chine se sont développées au point que les Chinois, souvent employés sur les grands projets d’infrastructures, constituent aujourd’hui la première communauté expatriée en Algérie (environ 70 000), soit près du double de la communauté française inscrite. La Chine a également accordé un prêt concessionnel de 7 milliards de dollars en janvier 2016 dans le cadre de la construction du port en eaux profondes de Cherchell. L’Algérie a également développé des liens à dominante commerciale avec l’Espagne et l’Italie et une coopération sécuritaire avec les États-Unis. Par ailleurs, l’Algérie a relancé les relations privilégiées qu’elle entretenait avec des pays tels que la Russie avec un partenariat stratégique ancien (armement, énergie).

Au Maghreb, l’Algérie entretient des relations inégales avec ses voisins. La tension est forte entre l’Algérie et le Maroc après une accalmie en 2011-2012. D’un côté, le Maroc reproche à l’Algérie ses positions sur la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental. De l’autre, l’Algérie doit faire face à la stratégie d’influence du Maroc, notamment en Afrique avec sa réintégration au sein de l’Union africaine fin janvier 2017 et son processus d’adhésion à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) courant 2017. Rabat et Alger maintiennent une large partie de leurs moyens militaires de part et d’autre de la frontière, fermée depuis 1994. L’Algérie entretient en revanche des relations très cordiales avec la Tunisie. Les deux pays ont des échanges économiques importants et entretiennent une étroite coopération dans le domaine de la lutte antiterroriste.

En Libye, l’Algérie, qui redoute l’infiltration de groupes terroristes sur son territoire, a fortement renforcé son dispositif militaire à sa frontière orientale. Alger affiche son soutien au processus politique mené par l’ONU, et tente de s’imposer comme un interlocuteur incontournable en multipliant les rencontres avec les différents acteurs libyens et en participant aux divers formats régionaux et internationaux sur le sujet. Le ministre Messahel a ainsi effectué une tournée dans l’est et l’ouest de la Libye (19-21 avril), puis le sud (6 mai) et a accueilli à Alger une conférence ministérielle avec l’Egypte et la Tunisie les 5 et 6 juin 2017. Le Premier ministre Libyen, M. Sarraj a été reçu à Alger les 29 et 30 juillet.

Alger suit avec attention le dossier malien. Après avoir été un acteur clé de la signature de l’accord de paix du 20 juin 2015 entre le gouvernement et les groupes du nord, l’Algérie, aux côtés des Nations unies, préside le comité de suivi de l’accord, dont la dernière réunion ministérielle s’est tenue à Bamako le 10 février 2017. Des consultations franco-algériennes sur le Mali et le Sahel se sont déroulées à Alger en janvier et en juillet 2017. Le chef de la diplomatie algérienne, M. Messahel a effectué une tournée à Addis Abeba et dans les pays du Sahel (Mauritanie, Tchad, Mali, Niger) du 12 au 17 octobre 2017.

L’Algérie cherche à développer ses liens économiques avec le continent africain. Elle a lancé, à Alger, un Forum africain d’investissements et d’affaires du 3 au 5 décembre 2016 à l’initiative du Forum des chefs d’entreprise, syndicat patronal dirigé par M. Ali Haddad. Les efforts de développement de partenariats économiques s’illustrent encore, pour le monde arabe par la visite du Premier ministre Sellal à Riyad (17 novembre 2016), la tenue du forum économique algéro-émirati (21 novembre 2016), ou la Grande commission mixte algéro-tunisienne (9 mars 2017).

Sur le plan multilatéral, la diplomatie algérienne est active pour faire entendre sa voix au sein des instances internationales, notamment sur les questions arabes, africaines et internationales (réforme de l’OCI, NEPAD, conférence du désarmement, changement climatique, etc.). L’Algérie conserve un rôle central dans l’Union africaine (UA) et porte la réflexion de l’organisation sur la mise en place d’une capacité africaine de réaction immédiate aux crises (CARIC). La question de la construction maghrébine est toujours en suspens, bloquée par l’épineux dossier du Sahara occidental et sujette à l’évolution de la relation algéro-marocaine. Elle est également engagée dans le dialogue en Méditerranée occidentale (initiative « 5 + 5 ») : Alger a ainsi présidé les travaux du « 5+5 défense » en 2016 et tient la présidence de l’initiative pour les pays du Sud de la méditerranée pour le biennum 2016-2018. La France et l’Algérie coprésident le dialogue 5+5 des affaires étrangères jusqu’à la fin 2017.

L’Algérie a demandé le 31 août 2015 « l’évaluation » de l’accord d’association conclu avec l’Union européenne en 2005 qu’elle estime désavantageux au plan commercial. La réunion ministérielle du conseil d’association UE-Algérie du 13 mars 2017 a néanmoins permis de relancer le partenariat bilatéral et de définir les priorités communes pour 2016-2020. Cependant, la multiplication des mesures de restrictions au commerce (extensions répétées du système des licences depuis le printemps 2017 puis la suspension de domiciliations bancaires en juillet) engendrent un regain des tensions entre Bruxelles et Alger.

Mise à jour : 26.10.17

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