Présentation de l’Afrique du Sud

Données générales

Présentation du pays

AFRIQUE DU SUD {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République d’Afrique du Sud
Nature du régime : parlementaire
Chef de l’Etat : M. Cyril Ramaphosa

Données géographiques :

Superficie : 1.219.090 km2
Capitale : administrative : Pretoria/Tshwane ; parlementaire : Le Cap ; judiciaire : Bloemfontein/Mangaung.
Villes principales : Johannesburg (3,2 M.), Durban (3 M.), Le Cap (2,9 M.), East Rand/Ekurhuleni (2,4 M.)
Langues officielles : anglais (langue maternelle de 8,2 % des Sud-Africains), zoulou (23,8 %), xhosa (17,6 %), afrikaans (13,3 %), swazi, ndébélé, sotho du nord, sotho du sud, tswana, venda, tsonga-shangaan.
Monnaie : Rand sud-africain (ZAR) : 1 € = 16 ;9ZAR au 21 septembre2017

Données démographiques

Population : 56,5 millions d’habitants en 2017.
Croissance démographique : 1,6%
Espérance de vie : 57 ans (Blancs : 71 ans, Noirs : 51 ans). 19% des adultes seraient séropositifs.
Taux d’alphabétisation : 86%.
Communautés : Noirs 79,2 %, Blancs 9,4 %, Métis 8,9 %, Indiens 2,5%
Religions : Chrétiens (toutes églises confondues) 80% ; athées, agnostiques, sans affiliation 14 % ; musulmans 1,7 % ; hindouistes 1,1% ; autres 2,2 %.
Indice de développement humain : (PNUD 2015) 0,666 – 119ème place sur 188 (recul de plus de 35 places entre 1990 et 2005 lié à la pandémie de SIDA).
Consulats de France : Johannesburg et Le Cap.
Communauté française en Afrique du Sud : environ 10.000 ressortissants (dont 8109 immatriculés au 31/12/2017).

Données économiques (sources : Banque mondiale, Trésor) :

PIB : 344 Mds USD courants (FMI 2016)
PIB par habitant (pays à revenu intermédiaire) : 5261 USD (FMI 2016)
Taux de croissance : 0,6% en 2016 et 1,3 % en 2017, (, projections à moins de 1% en 2018 et 1,9% en 2019 (DG Trésor)
Taux de chômage : 26,7 % (DG Trésor 2017)(15,6 % en 1994)
Taux d’inflation : 6,7% en 2016 (Banque centrale), 5,1% en 2017 (DG Trésor)
Dette publique : 52,6% du PIB (DG Trésor 2017)
Déficit budgétaire : -4,3% (DG Trésor 2017-2018)

Balance des paiements courants : - 2,4 % du PIB (Dg Trésor 2017)
Echanges commerciaux : Excédent français de 879 M€ (2016), 691M€ (2017)

  • exportations françaises en Afrique du Sud : 1,8 milliard € (2016), 1,75 milliard € (2017)
  • importations sud-africaines en France : 940 millions € (2016), 1,1 milliard € (2017)
    Principaux fournisseurs de l’Afrique du Sud : Chine, Allemagne, Etats-Unis, Inde. La France est le 10ème fournisseur (le 4ème européen après l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie) avec une part de marché de 2,5% en 2017 (contre 3% en 2016)
    Principaux clients de l’Afrique du Sud : Chine, Etats-Unis, Allemagne, Namibie. La France est le 25ème client (0.9% des exportations sud-africaines).
    Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB : Agriculture (2,5 %), Industrie et mines (29,5 %), services (68,0%).

Plus de données économiques sur : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/pays/afrique-du-sud

Eléments d’actualité

Politique intérieure

La démission de Jacob Zuma le 14 février 2018, suivie le 15 février de l’élection par le Parlement du Vice-Président Cyril Ramaphosa en qualité de nouveau Président de la République, ouvre une nouvelle période de l’Histoire de l’Afrique du Sud. Les prochaines élections générales auront lieu en mai 2019.

Son parti, l’ANC, conserve une majorité confortable au parlement (249 sièges sur 400 après avoir obtenu 62% des voix aux élections de mai 2014), mais est fortement concurrencé sur sa droite comme sur sa gauche : l’Alliance démocratique (DA), principal parti d’opposition (89 sièges, 22.2% en 2014), se rénove et a remporté plusieurs grandes municipalités en 2016. A l’extrême gauche, le discours populiste de Julius Malema (EFF, 25 sièges, 6.4% en 2014) occupe le devant de la scène médiatique. Les élections générales de 2019 serviront de prochain grand test pour les deux partis d’opposition et leur place dans l’échiquier politique.

Le nouveau Président cherche à avancer dans la mise en œuvre des premières grandes réformes annoncées, telles que la réforme de l’Etat et notamment de la gouvernance des entreprises publiques, la réforme du secteur minier, la restauration de l’attractivité économique du pays, notamment vis-à-vis des investisseurs domestiques et étrangers, la mise en place de la gratuité de l’éducation supérieure, et d’un salaire minimum (adoptée à une large majorité le 29 mai dernier par le Parlement, fixé à 3500R, soit 226€ par mois).

Très attendue, la réforme de la propriété foncière est également amorcée, avec la mise en place d’une commission parlementaire en charge de la réforme de la constitution en février 2018, puis d’une consultation populaire en avril dernier. Le Président, qui n’exclut pas une modification de la constitution pour la rendre plus explicite sur la possibilité de procéder à des expropriations sans compensation, assure que cette réforme ne se fera pas au détriment de la croissance économique, ni de la sécurité alimentaire et de la production agricole. Aucune décision n’est cependant attendue avant les élections du printemps prochain.

Situation économique (source : DGTrésor)

Avec un PIB de 344 Mds USD (62 % du PIB d’Afrique australe ; 21 % du PIB d’Afrique sub-saharienne), l’Afrique du Sud, unique pays africain membre des BRICS et du G20, est la 3ème économie du continent derrière le Nigéria et l’Egypte. Toutefois, en termes de richesse par habitant, l’Afrique du Sud (5261 USD/tête - 2ème pays d’Afrique australe derrière le Botswana) se situe bien devant ces deux pays.

Pour autant, si d’importants progrès ont été enregistrés depuis la fin de l’Apartheid, en particulier au plan de la réduction de l’extrême pauvreté (de 11,5 % en 1994 à 5 % désormais), de l’accès à l’électricité (accessible pour 83 % des ménages) ou du logement (79,4 % des ménages résident aujourd’hui dans des maisons en dur), le pays souffre encore d’importantes disparités sociales. A ce titre, le FMI a salué la réforme visant à la création d’un salaire minimum ainsi que l’importance de l’effort budgétaire porté sur l’éducation (le Fonds pointe cependant un problème d’efficacité de la dépense).

Le pays dispose de nombreuses forces qui en font une économie émergente de 1ère importance : économie la plus moderne et diversifiée d’Afrique, large ouverture pour les exportations, stabilité politique et fiabilité des institutions notamment judiciaires, richesses en ressources naturelles, qualité des infrastructures, progression de la classe moyenne, sophistication financière (11ème et devant la France sur ce critère au classement du World Economic Forum). Malgré l’émergence rapide d’un puissant secteur des services, notamment financiers (21 % du PIB), l’économie reste très dépendante du secteur minier (7 % du PIB ; or, platine, diamant, ferrochrome, charbon…) qui assure encore la moitié des recettes d’exportations.

En dépit de ces nombreux atouts, la croissance du pays a du mal à redécoller depuis la récession de 2009. La croissance du PIB sud-africain n’a été que de 0,6 % en 2016 et est restée atone en 2017 (1,2 %). Si les prévisions initiales pour 2018 et 2019 étaient plus optimistes, en raison de l’amélioration du climat des affaires et des récents changements de leadership au sein de grandes entreprises publiques, l’Afrique du Sud est toutefois entrée en récession technique au 2ème trimestre 2018 et les analystes anticipent désormais une croissance aux environs de 1% voire nettement sous 1%. La Banque Centrale (SARB) a pour objectif prioritaire de maintenir l’inflation en deçà de 6%. Si cet objectif n’a pas été atteint en 2016 (6,3% de hausse des prix de détail), l’inflation a eu tendance à se réduire en 2017. Le budget sud-africain présenté le 21 février 2018 indique que le déficit se replierait à -3,6% du PIB sur 2018/2019 et à -3,5% en 2020/2021, tandis que la stabilisation de la dette est prévue en 2022/23.

Politique extérieure

L’année 2018 est une année diplomatique majeure pour l’Afrique du Sud, qui cumule trois présidences (BRICS, SADC jusqu’en août 2018 et IORA) et a obtenu un siège de membre non-permanent du Conseil de sécurité pour le biennum 2019-2020. Les célébrations du centenaire de la naissance de Mandela (18 juillet 1918) donnent également une forte visibilité internationale à l’Afrique du Sud.

Si l’UE demeure de loin son premier partenaire commercial, l’Afrique du Sud est résolument tournée vers le Sud et donne la priorité à ses relations avec les BRICS (Chine en particulier). Elle veut également jouer son rôle de puissance africaine, sans avoir toujours les moyens de ses ambitions. Sur les négociations climatiques, elle constitue un partenaire-clé.

Afrique

Bien qu’elle affiche ses ambitions à l’échelle du continent, en pratique l’Afrique du Sud demeure centrée sur sa zone d’influence prioritaire, la SADC, dont elle a assuré la présidence jusqu’en août 2018. Le président Ramaphosa a par ailleurs effectué ses premières visites à l’étranger en Angola et en Namibie (2 mars) puis en Angola (3 mars), confirmant ainsi l’importance accordée par la diplomatie sud-africaine aux pays de la SADC.

Au-delà de la SADC, l’Afrique du Sud s’aligne depuis plusieurs années sur les positions de l’Union africaine (UA), au sein de laquelle elle exerce une certaine influence. Fortement attachée au principe de la "solution africaine aux problèmes africains", elle est à l’origine de l’idée de développer une capacité immédiate de réponse aux crises en attendant l’opérationnalisation de la force africaine. Enfin, le pays a affiché sa volonté de participer au marché unique africain en signant l’accord de la zone de libre-échange continentale (ZLEC) lors du dernier sommet de l’UA en juillet 2018.

Union Européenne

L’Union Européenne demeure le premier partenaire commercial de l’Afrique du Sud et une zone indispensable pour les exportations sud-africaines (1/4 des exportations sud-africaines, ¾ des investissements en Afrique du Sud, 2000 entreprises européennes présentes en Afrique du Sud qui ont généré 500 000 emplois).

L’Accord de partenariat économique (APE) UE-SADC est entré en application provisoire depuis octobre 2016 et doit permettre de renforcer les relations commerciales entre l’UE et l’Afrique du Sud, qui l’a ratifié le 28 avril 2017.

L’Afrique du Sud bénéficie également, au titre de l’Instrument de Coopération pour le Développement (ICD) d’un programme pluriannuel de 268M€ pour 2014-2020 et compte parmi les pays cibles du plan d’investissement externe.

Le Sommet UE/Afrique du Sud s’est tenu à Bruxelles le 15 novembre 2018 avec pour objectif de donner une nouvelle dynamique à la relation avec un pays clé sur le continent. Il visait également à consolider les relations commerciales UE/Afrique du Sud dans un contexte où l’Afrique du Sud s’inquiète des conséquences du Brexit, notamment sur ses relations commerciales avec la Grande-Bretagne et l’UE. La visite de la PM britannique Theresa May le 28 août 2018, la première d’un chef de gouvernement britannique en Afrique du Sud depuis 2011 visait à rassurer son partenaire. Y a notamment été annoncé la prochaine signature d’un accord commercial GB-Afrique du Sud qui reprendrait les termes de l’APE actuel UE-SADC.

BRICS/BASIC/G20

Le pays a participé pour la première fois au forum des BRICS en 2011 et en a pris la présidence en 2018. Soucieuse de développer de forts partenariats Sud-Sud, qui correspondent à son positionnement idéologique, l’Afrique du Sud s’investit beaucoup dans les BRICS et tisse des liens économiques étroits avec ses partenaires, dont la Chine, qui est devenu le premier partenaire commercial étatique de l’Afrique du Sud.

L’Afrique du Sud est le seul Etat africain membre du G20, où elle s’efforce de promouvoir les intérêts africains. De manière générale, l’Afrique du Sud cherche à utiliser ces enceintes pour promouvoir une politique non-alignée, qu’elle définit comme anti-impérialiste et anticolonialiste, fondée sur le principe de l’Ubuntu (l’humanisme et la fraternité placés au cœur de sa diplomatie) et souhaitant promouvoir la coopération Sud-Sud. La nouvelle équipe au pouvoir affiche cependant une ligne plus pragmatique.

Afrique du Nord et Moyen-Orient

L’Afrique du Sud adopte une ligne en adéquation avec sa politique de respect de la souveraineté nationale et son attachement à l’autodétermination des peuples.
Le cas de la Syrie illustre parfaitement cette position. Le pays est hostile à tout interventionnisme, affirmant que la solution au conflit ne peut venir que des Syriens eux-mêmes. Se fondant sur l’échec de l’intervention en Libye, les Sud-Africains s’opposent à toute initiative étrangère en Syrie. Les succès de Daech n’ont fait que renforcer leur position.
Sur l’Iran, l’Afrique du Sud affirme que le droit inaliénable de l’Iran à l’enrichissement et à l’utilisation du nucléaire civil doit être respecté, conformément au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Mais elle soutient nos positions sur le dossier iranien (préservation du JCPOA). Sur le processus de paix au Proche-Orient, l’Afrique du Sud fait de la reconnaissance de l’État palestinien un enjeu majeur de politique étrangère. Le pays a voté en faveur de l’entrée de la Palestine comme État observateur à l’ONU et le thème a été évoqué à chacune des allocutions du Président Zuma lors de l’AGNU.

Enjeux multilatéraux

Sur les négociations climatiques, l’Afrique du Sud est très ambitieuse. Le pays a souhaité que soit consacré à la COP 21 les engagements qui avaient été formulés lors de la COP de Durban en 2011. Pretoria a voulu un accord universel et contraignant, plaçant l’adaptation au cœur des engagements et fondé sur le principe d’une responsabilité commune mais différenciée. Enfin, l’Afrique du Sud souhaite que les pays du Nord honorent les engagements qui ont été pris en matière de financement.

Sur la réforme du Conseil de Sécurité, le pays soutient officiellement la position africaine, déterminée par le consensus d’Ezulwini (2005) : au moins deux sièges permanents attribués à l’Afrique, et cinq sièges non-permanents. Le choix des Etats qui obtiendraient ces sièges serait ensuite déterminé par l’Union Africaine.

L’Afrique du Sud est également très engagée en matière de non-prolifération nucléaire et promeut le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (ICAN).

Mise à jour : 26.11.18

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