Présentation de l’Afrique du Sud

Données générales

Introduction

Plus de vingt ans après la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud est confrontée à de multiples défis. Défi économique : le pays a été affecté par la crise de 2009, et tarde à renouer avec une croissance forte. Défis sociaux : avec la persistance du chômage massif et des inégalités, les tensions sociales s’aggravent, les problèmes de la criminalité et du sida demeurent. Défi politique : malgré sa légitimité historique, l’ANC est aujourd’hui de plus en plus contestée, et en particulier la figure du Président Zuma.
Deuxième PIB et deuxième partenaire commercial de la France en Afrique (après le Nigéria), l’Afrique du Sud est l’économie la plus avancée du continent, un pays industriel et un Etat de droit attractif pour les investisseurs. Membre des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et du G20, l’Afrique du Sud est un acteur diplomatique au rôle important en Afrique, dont la voix compte sur la scène internationale.

Présentation du pays

Nom officiel : République d’Afrique du Sud
Nature du régime : parlementaire
Chef de l’Etat : M. Jacob Zuma (9 mai 2009)

Données géographiques

Superficie : 1.219.090 km2
Capitale : administrative : Pretoria/Tshwane ; parlementaire : Le Cap ; judiciaire : Bloemfontein/Mangaung.
Villes principales : Johannesburg (3,2 M.), Durban (3 M.), Le Cap (2,9 M.), East Rand/Ekurhuleni (2,4 M.)
Langues officielles : anglais (langue maternelle de 8,2 % des Sud-Africains), zoulou (23,8 %), xhosa (17,6 %), afrikaans (13,3 %), swazi, ndébélé, sotho du nord, sotho du sud, tswana, venda, tsonga-shangaan.
Monnaie : Rand sud-africain (ZAR) : 1 € = 14,4 ZAR au 26 juin 2017

Données démographiques

Population : 56,5 millions d’habitants en 2017.
Croissance démographique : 1,6%
Espérance de vie  : 57 ans (Blancs : 71 ans, Noirs : 51 ans). 19% des adultes seraient séropositifs.
Taux d’alphabétisation : 86%.
Communautés : Noirs 79,2 %, Blancs 9,4 %, Métis 8,9 %, Indiens 2,5%
Religions  : Chrétiens (toutes églises confondues) 80% ; athées, agnostiques, sans affiliation 14 % ; musulmans 1,7 % ; hindouistes 1,1% ; autres 2,2 %.
Indice de développement humain : (PNUD 2015) 0,666 – 119 ème place sur 188 (recul de plus de 35 places entre 1990 et 2005 lié à la pandémie de SIDA).

Données économiques
(sources : Banque mondiale, Trésor)

PIB : 294, 8 Mds USD courants (2016)
PIB par habitant (pays à revenu intermédiaire) : 5480 USD (2016)
Taux de croissance : 1,3% en 2015, 0, 3% en 2016 et 0,6 % en 2017, projection à 1,1 en 2018 et 1,9 en 2019 (Banque mondiale)
Taux de chômage : 27,7 % (2017 ; 15,6 % en 1994).
Taux d’inflation : 4,6% en 2015, 6,7% projeté en 2016 (Banque centrale)

Balance courante : -1,7% PIB (2015)
Echanges commerciaux : Excédent français de 963 M€ (2015),

  • exportations françaises en Afrique du Sud (1804 millions €),
  • importations sud-africaines en France (841 millions €).
    Principaux fournisseurs de l’Afrique du Sud en 2014 : Chine (15.5%), Allemagne (10%), Arabie Saoudite (7.1%), Etats-Unis (6.6%), Nigéria (5.1%). La France est le 11ème fournisseur (le 4ème européen après l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie) avec une part de marché de 2.2%.
    Principaux clients de l’Afrique du Sud en 2014 : Chine (9.5%), Etats-Unis (7.1%), Japon (5.3%), Botswana (5.2%), Allemagne (5%). La France est le 28ème client (0.9% des exportations sud-africaines).

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB  : Agriculture (2,5 %), Industrie, mines (29,5 %), services (68,0%).
Consulats de France : Johannesburg et Le Cap.
Communauté française en Afrique du Sud : environ 10.000 ressortissants (dont 7 659 immatriculés au 31/12/2015).

Plus de données économiques sur :https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/pays/afrique-du-sud

Présence française

Consulats de France : Johannesburg et Le Cap.
Communauté française en Afrique du Sud : environ 10.000 ressortissants (dont 7 659 immatriculés au 31/12/2015).

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Si l’ANC conserve une majorité confortable au parlement
(249 sièges sur 400 après avoir obtenu 62% des voix aux élections de mai 2014), elle est fortement concurrencée sur sa droite comme sur sa gauche : l’Alliance démocratique (DA), principal parti d’opposition (89 sièges, 22.2% en 2014), se rénove. La nomination de Mmusi Maimane vise en partie à conquérir l’électorat noir qui lui manque actuellement. A l’extrême gauche, le discours populiste de Julius Malema (EFF, 25 sièges, 6.4% en 2014) semble porter et les EFF occupent le devant de la scène médiatique.

Les élections municipales du 3 août 2016 ont confirmé un recul de l’ANC, notamment dans les grandes métropoles. Les municipalités de Johannesburg, Pretoria/Tshwane et Prot Elizabeth/Nelson Mandela Bay ont ainsi été remportées par l’opposition Democratic Alliance.

Situation économique
(source : DGTrésor )

Avec un PIB de 294 Mds USD (62 % du PIB d’Afrique australe ; 21 % du PIB d’Afrique sub-saharienne), l’Afrique du Sud, unique pays africain membre des BRICS et du G20, est la 3ème économie du continent derrière le Nigéria et l’Egypte. Toutefois, en terme de richesse par habitant, l’Afrique du Sud (5 261 USD/tête - 2ème d’Afrique australe derrière le Botswana) se situe bien devant ces deux pays.
Pour autant, si d’importants progrès ont été enregistrés depuis la fin de l’Apartheid, en particulier au plan de la réduction de l’extrême pauvreté (de 11,5 % en 1994 à 5 % désormais), de l’accès à l’électricité (accessible pour 83 % des ménages) ou du logement (79,4 % des ménages résident aujourd’hui dans des maisons en dur), le pays souffre encore d’importantes distorsions sociales (taux de chômage de 27,7 % de la population active au T1 2017, au plus haut depuis 2003 ; indice de Gini de 0,6 supérieur à ce qu’il était à la fin de l’Apartheid).
Le pays dispose de nombreuses forces qui en font une économie émergente de 1ère importance : économie la plus moderne et diversifiée d’Afrique, large ouverture pour les exportations, stabilité politique et fiabilité des institutions notamment judiciaires, richesses en ressources naturelles, qualité des infrastructures, progression de la classe moyenne, sophistication financière (11ème et devant la France sur ce critère au classement du World Economic Forum). Toutefois, la volonté politique d’accélérer la transformation du pays vers une répartition plus équitable de la richesse économique tend à durcir les réglementations encadrant les investissements ce qui pèse sur la qualité de l’environnement des affaires. À cette contrainte s’ajoutent d’autres difficultés structurelles : pénurie de main d’œuvre qualifiée, volatilité du rand, difficulté de gouvernance et corruption (64ème pays au monde selon Transparency International), présence de barrières à l’entrée. Les besoins d’investissement sont importants mais leur réalisation est freinée par la faiblesse des revenus (taux d’épargne de 16,2 % du PIB). Si plusieurs projets ont vu le jour ces dernières années, en particulier dans la production d’électricité (méga-centrales au charbon, énergies renouvelables), l’effort d’investissement devrait être porté à 25 % du PIB à moyen terme (contre 19 % aujourd’hui) pour permettre une croissance plus élevée.
Malgré l’émergence rapide d’un puissant secteur des services, notamment financiers (21 % du PIB - la bourse de Johannesburg est la 1ère du continent et la 17ème capitalisation au monde), l’économie reste très dépendante du secteur minier (7 % du PIB ; or, platine, diamant, ferrochrome, charbon…) qui assure encore la moitié des recettes d’exportations.
Depuis la fin de l’Apartheid, la croissance moyenne est redevenue positive mais tend à ralentir, de façon marquée, depuis 2012. Au plus faible depuis la récession de 2009 qui a fortement touché le pays (récession de -1,5%), la croissance du PIB n’a été que de 0,3 % seulement l’an passé et resterait atone en 2017 (0,5 % selon la Banque centrale puis 1,2 % en 2018) compte tenu de la contraction du PIB enregistrée au 1er trimestre et d’un 2ème a priori modeste selon les indicateurs conjoncturels disponibles. La situation du secteur primaire, en difficulté en 2016 à cause de la sécheresse (agriculture) et de la faiblesse des cours des matières premières (mines), devrait se normaliser cette année et tirer la croissance vers le haut. À l’inverse, les secteurs secondaire et tertiaire, moteurs traditionnels de la croissance, devraient ralentir avec la baisse de la demande interne privée et publique. Les entreprises tournées vers le marché intérieur risquent de subir les conséquences du manque de confiance des agents économiques, des coûts d’emprunt toujours élevés et des mesures de consolidation budgétaire. De leur côté, les entreprises tournées vers l’export bénéficieraient de la reprise de la demande externe au plan mondial. La faiblesse des perspectives de croissance est particulièrement inquiétante au regard de la situation des finances publiques, de la notation souveraine et de l’ampleur des défis socio-économiques.

Politique étrangère

Si l’UE demeure de loin son premier partenaire commercial, l’Afrique du Sud est résolument tournée vers le Sud et donne la priorité à ses relations avec les BRICS. Elle veut également jouer son rôle de puissance africaine, sans avoir toujours les moyens de ses ambitions. Sur les négociations climatiques, elle constitue un partenaire-clé.

Afrique

Bien qu’elle affiche ses ambitions à l’échelle du continent, en pratique l’Afrique du Sud demeure centrée sur sa zone d’influence prioritaire, la SADC, dont elle assure la présidence depuis août 2017. Elle en a également assumé en 2015 la présidence de l’organe politique, de défense et de sécurité. Elle a, à ce titre, consacré un effort important à piloter les missions d’observation : Namibie, Botswana, Mozambique, Maurice, Zambie et Lesotho. En ce qui concerne ce dernier, elle s’est particulièrement impliquée dans la résolution de la crise politique, le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa ayant assumé le rôle de médiateur pour le compte de la SADC. La stabilisation de la République démocratique du Congoest au cœur des priorités de l’Afrique du sud, qui participe à la brigade d’intervention au sein de la MONUSCO. Le commandant des forces de la MONUSCO est, depuis 2016, le général sud-africain Derrick Mgwebi. Enfin, elle a fortement mobilisé la SADC lors des événements au Zimbabwé qui ont conduit à la démission du Président Mugabé en novembre 2017.
Au-delà de la SADC, l’Afrique du Sud s’aligne depuis plusieurs années sur les positions de l’Union africaine, au sein de laquelle elle exerce son influence par l’intermédiaire de son siège au Conseil de paix et de sécurité et, jusqu’en janvier 2017,de la personnalité de la présidente de la Commission, Nkosazana Dlamini-Zuma. Fortement attachée au principe de la "solution africaine aux problèmes africains", elle est à l’origine de l’idée de développer une capacité immédiate de réponse aux crises en attendant l’opérationnalisation de la force africaine en attente.

Union Européenne

L’Union Européenne demeure le premier partenaire commercial de l’Afrique du Sud et une zone indispensable pour les exportations sud-africaines. L’PAE UE-SADC est entrée en application provisoire depuis octobre 2016 et doit permettre de renforcer les relations commerciales entre l’UE et l’Afrique du Sud. Toutefois, Pretoria cherche à augmenter ses échanges avec les grandes puissances émergentes, au premier rang desquelles les BRICS.

BRICS/BASIC/G20

Le pays a participé pour la première fois au forum des BRICS en 2011, et a accueilli le sommet en 2013. Soucieux de développer de forts partenariats Sud-Sud, qui correspondent davantage à son positionnement idéologique, l’Afrique du Sud s’investit beaucoup dans les BRICS. Son influence y demeure toutefois mesurée, compte tenu de son économie modeste (PIB 16 fois inférieur à celui de la Chine). Lors de la création de la banque de développement des BRICS, le pays s’est fortement impliqué pour accueillir le siège de la banque, qui sera finalement situé à Shanghai, et n’a pu obtenir qu’un bureau régional « Afrique ». Cependant, Pretoria tisse des liens économiques étroits avec ses partenaires des BRICS, dont la Chine, qui est devenu le premier partenaire commercial étatique de l’Afrique du Sud. L’Afrique du Sud prendra la présidence des BRICS en 2018.
L’Afrique du Sud est le seul Etat africain membre du G20, où elle s’efforce de promouvoir les intérêts africains.
De manière générale, l’Afrique du Sud cherche à utiliser ces enceintes pour promouvoir une politique non-alignée, qu’elle définit comme anti-impérialiste et anticolonialiste, fondée sur le principe de l’Ubuntu (l’humanisme et la fraternité placés au cœur de sa diplomatie) et souhaitant promouvoir la coopération Sud-Sud.

Afrique du Nord et Moyen-Orient

L’Afrique du Sud adopte une ligne en adéquation avec sa politique de respect de la souveraineté nationale et son attachement à l’autodétermination des peuples.
Le cas de la Syrie illustre parfaitement cette position. Le pays est hostile à tout interventionnisme, affirmant que la solution au conflit ne peut venir que des Syriens eux-mêmes. Se fondant sur l’échec de l’intervention en Libye, les Sud-Africains s’opposent à toute initiative étrangère en Syrie. Les succès de Daech ne font que renforcer leur position.
Sur l’Iran, l’Afrique du Sud affirme que le droit inaliénable de l’Iran à l’enrichissement et à l’utilisation du nucléaire civil doit être respecté, conformément au TNP. Sur le processus de paix au Proche-Orient, l’Afrique du Sud fait de la reconnaissance de l’État palestinien un enjeu majeur de politique étrangère. Le pays a voté en faveur de l’entrée de la Palestine comme État observateur à l’ONU et le thème est évoqué à chacune des allocutions du Président Zuma lors de l’AGNU.

Enjeux multilatéraux

Sur les négociations climatiques, l’Afrique du Sud est très ambitieuse. Le pays a souhaité que soit consacré à la COP 21 les engagements qui avaient été formulés lors de la COP de Durban en 2011. Pretoria a voulu un accord universel et contraignant, plaçant l’adaptation au cœur des engagements et fondé sur le principe d’une responsabilité commune mais différenciée. Enfin, l’Afrique du Sud souhaite que les pays du Nord honorent les engagements qui ont été pris en matière de financement.
Sur la réforme du Conseil de Sécurité, le pays soutient la position africaine, déterminée par le consensus d’Ezulwini (2005) : au moins deux sièges permanents attribués à l’Afrique, et cinq sièges non-permanents. Le choix des Etats qui obtiendraient ces sièges serait ensuite déterminé par l’Union Africaine.

Mise à jour : 17.11.17

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