Piraterie et brigandage maritimes

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Piraterie et brigandages maritimes

La piraterie est considérée comme un acte de violence commis à des fins privées, en haute mer (hors eaux territoriales). Le brigandage, quant à lui, se définit comme un acte illicite, commis à des fins privées contre un navire, ou contre des personnes ou des biens à son bord, dans les eaux intérieures, les eaux archipélagiques ou la mer territoriale d’un État.

Nature de la menace

La piraterie maritime moderne prend indifféremment pour cibles des navires de commerce et de pêche ou des bateaux de plaisance, dont des voiliers, particulièrement lents et vulnérables, sans attention particulière pour le pavillon (la nationalité) du navire attaqué. Ces actions peuvent être violentes dans certaines régions, les pirates n’hésitant pas à se servir de fusils d’assaut et à exercer des pressions sur les équipages pour obtenir gain de cause. Elles se produisent d’abord en pleine mer mais également dans les Dispositifs de Séparation de Trafic (DST), les ports, aux points de mouillage et le long des côtes en fonction des zones géographiques. Le but des pirates et des brigands est de prendre le contrôle du navire attaqué, pour ensuite s’approprier tout ou partie des cargaisons, et/ou négocier une rançon contre la libération du navire et de son équipage, ou simplement de voler tout matériel se présentant à portée de main.

En 2019, le nombre total d’événements liés à la piraterie et au brigandage reste stable par rapport aux trois années précédentes, avec 360 événements recensés dans le monde. Il reste près de deux fois inférieur aux sommets atteints en 2011 au plus fort des attaques au large de la Somalie.

Deux régions sont particulièrement concernées par ce phénomène : le golfe de Guinée qui est devenu l’épicentre de l’insécurité maritime et concentre un tiers des actes de piraterie maritime à l’échelle mondiale, principalement au Nigéria, et l’Asie du Sud-Est, marquée par la menace d’enlèvements que font peser certains groupes criminels.

La piraterie semble en revanche désormais globalement contenue dans l’océan Indien, même si des groupes pirates y restent actifs et que le risque de résurgence de cette menace demeurera tant que la situation économique et politique ne s’améliorera pas en Somalie.

Les réseaux de pirates se maintiennent aussi dans le détroit de Malacca et dans le sud de la mer de Chine méridionale.

Principales zones à risque

  • Dans le golfe de Guinée, l’insécurité maritime liée à la piraterie et au brigandage reste élevée. Dans l’arc allant du Ghana au Gabon, elle est caractérisée par une forte recrudescence des enlèvements qui ont atteint un total de 146 en 2019, soit 92% du total mondial. Leur majorité se concentre dans le fond du golfe de Guinée.
  • Des côtes de la Guinée Bissau à l’Angola, la plupart des actes recensés sont le fait de brigands locaux agissant à proximité de leurs côtes. Toutefois, des raids de pirates venus de loin sont régulièrement observés dans un croissant s’étendant du large du Togo à la Guinée Équatoriale, notamment le long des côtes ou sur les zones de mouillage.
  • Dans l’océan Indien, après le pic de 2011, la piraterie se maintient à un niveau plus faible. Au large des côtes somaliennes, le nombre d’évènements est désormais marginal. 25 évènements ont été recensés au cours de l’année 2019 et aucun navire n’a été détourné. Cependant, cette situation résulte d’une importante présence de moyens militaires au large des côtes somaliennes (dont l’opération Atalante de l’Union européenne) et la zone reste fortement déconseillée.
    La zone du Sud de la mer Rouge à l’Est du golfe d’Aden (détroit de Bab-el-Mandeb) connaît des incidents qui ne sont généralement pas liés à de la piraterie ou du brigandage, mais davantage à des activités de pêche non-réglementée et non-déclarée, d’immigration clandestine et de trafics entre l’Afrique et le Yémen, voire d’extension maritime du conflit au Yémen.
  • En Asie du Sud-Est, 86 incidents ont été enregistrés en 2019, ce qui constitue une légère hausse par rapport à l’année précédente. On observe en particulier de nouveau des attaques menées dans le Dispositif de Séparation du Trafic (DST) à l’ouvert du détroit de Malacca. Les brigands s’en prennent aux barges remorquées qui transitent vers l’Ouest ou aux navires de fort tonnage qui font route vers l’Est. Les attaques se déroulent généralement la nuit ou au petit matin, et les brigands peuvent disposer d’armes blanches.
    Les zones à très fort risque sont : les détroits de Malacca et de Singapour, les eaux situées à l’ouest de la Malaisie péninsulaire et le long des côtes de Bornéo (côtes du Sarawak, du Sabah et du Brunei) ainsi que les eaux séparant les Philippines de l’état malaisien du Sabah (mers de Sulu et Sulawesi notamment).
    Les zones à risque sont : le golfe de Thaïlande, toutes les eaux séparant le Vietnam, les Philippines et le nord de Bornéo situées au sud de 10° de latitude nord, ainsi que les mers de Java, de Banda et des Célèbes.
  • En Amérique latine, la recrudescence du phénomène constatée depuis 3 ans se confirme. 135 incidents ont été recensés en 2019. Les larcins augmentent très nettement dans les Caraïbes, cette recrudescence des actes de brigandage touche également d’autres pays d’Amérique latine et les zones à risque sont : les eaux territoriales du Pérou, du Venezuela, les côtes bordant les Highlands Brésiliens et la Colombie ainsi que le golfe du Mexique, qui enregistrent des attaques de navires à fort tonnage dans leurs zones de mouillage.

Conseils généraux

Les navigateurs, en particulier de plaisance, doivent :

  • consulter les conseils aux voyageurs (onglet « sécurité ») pour connaître les zones à risques ;
  • éviter les zones à risques ;
  • s’informer auprès des ambassades et consulats français et des autorités portuaires ou maritimes compétentes avant d’entreprendre une navigation ou une traversée ;
  • s’inscrire auprès de la Coopération Navale Volontaire (CNV) (courriel : centcoopnav chez marine.defense.gouv.fr) ;
  • s’assurer que leurs moyens de communications (valises satellites, radio HF…) et que les moyens électroniques du bord (GPS, balise d’alerte, radar…) fonctionnent ;
  • informer une personne restant à terre de la route qu’ils comptent emprunter, lui laisser un document qui présente le voyage initialement prévu, la composition de l’équipage, les caractéristiques du navire et ses moyens de communication ; tenir régulièrement informée cette personne restée à terre de la position et convenir des jours et heures des contacts téléphoniques ou par courriel ; laisser une consigne claire visant à prévenir la gendarmerie ou la police nationale ;
  • maintenir une veille permanente anti-piraterie 24h sur 24 ;
  • ne pas mouiller trop près des côtes dans les zones sensibles ;
  • éviter le cabotage de nuit et la navigation isolée ;
  • rester discret lors des escales sur le programme (dates, parcours) ;
  • assurer des tours de garde dans les ports les plus sensibles.

Contacts

Le MICA Center (Maritime Information, Cooperation and Awareness Center), unité de la marine nationale spécifiquement chargée des échanges et de la production des analyses de la CNV, est le centre d’expertise français dédié à la sureté maritime à compétence mondiale. Cet organisme est situé à Brest, au sein de la préfecture maritime.
Il assure une veille permanente pour diffuser toute alerte ou événement d’importance susceptible d’intéresser les navires et armateurs. Il fournit par ailleurs des informations sécuritaires sur les zones maritimes à risques. Enfin, il recense et analyse les situations touchant la navigation sur l’ensemble des océans.

Le MICA Center héberge le MDAT-GoG pour le golfe de Guinée (Maritime Domain Awareness for Trade – Gulf of Guinea) et le MSCHoA pour la Corne de l’Afrique (Maritime Security Centre – Horn of Africa) :

Le site internet du MICA Center fournit toutes les informations concernant la sûreté en mer.
Le dernier bilan des actes de piraterie et de brigandage dans le monde y est également téléchargeable.

Carte des risques de piraterie et de brigandages maritimes dans le monde

Pour plus d’informations, vous pouvez également consulter sur ce site les fiches "Conseils aux voyageurs" des pays qui vous intéressent, le site (en anglais) de la Chambre de Commerce Internationale ou le site de l’Organisation Maritime Internationale.

Mise à jour : novembre 2020