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Présentation

Données générales

Nom officiel : République Unie de Tanzanie
Nature du régime : République
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. Jakaya Mrisho Kikwete

Données géographiques

Superficie : 947 300 km²
Capitale : Dodoma (capitale officielle, siège du Parlement)
Villes principales : Dar es Salam (capitale administrative et économique), Dodoma, Arusha, Stone Town (capitale de Zanzibar), Mwanza, Tanga, Tabora, Mbeya
Langue (s) officielle (s) : swahili, anglais
Langue (s) courante (s) : swahili, kiunguja (swahili de Zanzibar), anglais, arabe (Zanzibar)
Monnaie : Shilling tanzanien ; 1€ = 2 188 TZS (janvier 2014)
Fête nationale : 26 avril (Union du Tanganyika et de Zanzibar)

Données démographiques

Population : 48 millions (2013)
Densité : 50,7 habitants/km² (2013)
Croissance démographique : 2,82% (2013)
Espérance de vie : 59,5 ans pour les hommes ; 62 ans pour les femmes (2013)
Taux d’alphabétisation : 73% (2010)
Indice de développement humain : 0,476 – 152ème sur 187 (2012)
Composition ethnique : Africains (99%)
Religions : Animistes 35% ; Musulmans 35% (99% à Zanzibar) ; Chrétiens 30%

Données économiques

PIB : 28,25 Mds USD (2012)
PIB par habitant : 588 USD/habitant (2012)

Taux de croissance : 6,9% (2012)
Taux d’inflation : 16,1% (2012)
Taux de chômage (au sens du BIT) : n.d.

Déficit public : 4% du PIB (2012)
Dette publique : 36,4% du PIB (2012)
Balance commerciale : -4,3 Mds USD soit 15,2% du PIB (2012)

Principaux clients : Inde 14,1% ; Chine 11% ; Japon 6,1% ; Allemagne 5% ; EAU 4,9% (2012)
Principaux fournisseurs : Chine 21,1% ; Inde 16,1% ; Kenya 6,6% ; Afrique du Sud 5,6% ; EAU 4,8% (2012)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2012) :

  • Agriculture : 27,7%
  • Industrie : 25,1%
  • Services : 47,2%

Exportations de la France vers la Tanzanie : 131,1 M€ (2012)
Importations françaises depuis la Tanzanie : 33,1 M€ (2012)

Lien : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Autres

Ambassade de France : Dar es Salaam
Section consulaire : Dar es Salaam (au sein de l’Ambassade)
Communauté française en Tanzanie : 671 Français inscrits au registre des Français établis hors de France (décembre 2012)
Communauté tanzanienne en France : n.d.


Politique intérieure

La stabilité et la cohésion de la Tanzanie, issue de l’union du Tanganyika et de l’archipel de Zanzibar en 1964, sont directement liées à l’action de Julius Nyerere, chef de l’Etat de 1963 à 1985. La Tanzanie a rompu en 1986 avec le dirigisme économique (socialisme agraire) et avec le régime du parti unique en 1992.

Dès lors, le Parti de la Révolution (Chama Cha Mapinduzi), au pouvoir depuis l’indépendance a remporté toutes les élections : Benjamin Mkapa a été élu Président en 1995 et 2000 ; M. Jakaya Kikwete, Ministre des Affaires étrangères depuis 1995, lui a succédé le 14 décembre 2005 avec 80% des suffrages.

Jakaya Kikwete a été réélu en octobre 2010 pour un second et dernier mandat (limite constitutionnelle), avec un score inférieur à celui de 2005 (60 %). Ce résultat s’explique par le faible taux de participation sur le continent (43%), ainsi que par le dynamisme de la campagne de son principal rival Wilbrod Slaa du parti Chadema (qui a obtenu un score de 26%).

Depuis 2006, le Président Kikwete s’est attaché à promouvoir la modernisation économique du pays et à encourager un renouvellement de sa classe politique. Le gouvernement a été rajeuni et féminisé, le Parlement est plus actif. Le Président Kikwete a veillé à préserver le consensus national sur la laïcité et sur un projet politique non ethnique, dans un contexte régional à cet égard assez troublé.

Les élections présidentielles de 2015 constituent le principal enjeu de politique intérieure. Le VIIIème Congrès du CCM, qui s’est tenu en novembre 2012, a vu la reconduction du Président Jakaya Kikwete à la tête du Parti et le renouvellement d’une partie du National Executive Committee (NEC) dont le Ministre des Affaires étrangères, Bernard Membe, est devenu membre.

D’ici là, le Gouvernement en place doit relever plusieurs défis :

  • Le processus de révision de la constitution est enjeu majeur de politique intérieure. Lancé en 2011 par Jakaya Kikwete, il doit aboutir à l’adoption d’un nouveau texte constitutionnel par referendum avant les élections de 2015. Il a fait émerger plusieurs points sensibles : la définition de l’Union entre le Tanganyika et Zanzibar (notamment le partage des compétences et des ressources naturelles) ; l’encadrement des pouvoirs du Président ; la laïcité. Ce processus associe l’opposition.
  • Le CCM doit désigner son candidat pour les élections de 2015. L’ancien Premier ministre, Edward Lowassa, qui avait démissionné en 2008 pour une affaire de corruption émerge comme un candidat sérieux face aux proches du Président Kikwete. Le CCM doit également faire face à la montée de l’opposition, notamment du principal parti d’opposition, le Chadema, à la faveur de ses bons résultats aux élections présidentielles de 2010 et de ses victoires récentes lors d’élections partielles au Parlement.
  • A Zanzibar, la situation reste toujours délicate. Le Président Kikwete a géré avec prudence mais détermination le dossier de l’archipel, où la situation politique est plus tendue que sur le continent. Le dialogue politique engagé dès 1995 pour apaiser les querelles récurrentes entre le parti au pouvoir (aile locale du CCM) et le puissant parti d’opposition CUF (Civil United Front) a laborieusement été relancé après les élections de 2005, dont le CUF contestait les résultats. Ce dialogue a finalement abouti fin 2009 à la conclusion d’un accord sur une formule de partage du pouvoir. Cet accord a été approuvé par référendum en juillet 2010, et mis en œuvre pour la première fois à l’occasion des élections générales d’octobre 2010. Le nouveau président de Zanzibar est Ali Mohamed Shein du CCM et le vice-président est l’ancien chef de l’opposition Seif Hamad du CUF qui a obtenu 49% des voix et accepté sa défaite. Néanmoins, la délicate question de la révision du statut de Zanzibar au sein de l’Union avec la Tanzanie reste ouverte et l’accord sur le partage du pouvoir n’est pas parvenu à contenir la montée d’une opposition plus radicale venant notamment du mouvement islamiste Uamsho prônant l’indépendance de l’archipel (plusieurs manifestations violentes en 2012).
  • De nombreuses réformes restent à mener pour tourner la page du dirigisme économique (secteur public, énergétique, des transports, etc.). La lutte contre la corruption a connu quelques résultats positifs (démission du trésorier du CCM, Rostam Aziz, en juillet 2011 ; remaniement ministériel important en mai 2012 suite à des accusations de corruption ou d’inaction contre certains ministres). Le pays connaît encore des difficultés économiques majeures (cf. infra) dont certaines manifestations (inflation, problèmes d’accès à l’énergie) provoquent un mécontentement social, dans les villes notamment.


Situation économique

Un potentiel économique important

L’économie tanzanienne connaît une croissance soutenue depuis plusieurs années. En 2012, elle atteint 6,9%. Les projections pour les années à venir sont de l’ordre de 6,5 à 7% par an selon le Fonds monétaire international.

Le PIB, de 28 Mds USD, est composé à 28% par le secteur agricole, 25% par l’industrie (dont construction et mines) et 47% par les services (dont secteur touristique qui représente 15% du PIB). La croissance est très concentrée sur quelques secteurs à forte intensité capitalistique, dont les plus dynamiques sont :

  • Les transports et communications.
  • Les services financiers : la Tanzanie compte actuellement une cinquantaine de banques, avec deux à quatre nouvelles venues par an.
  • La construction/BTP.
  • Les mines : or (1er poste d’exportation avec les diamants et les pierres précieuses, 4ème producteur d’or en Afrique) ; uranium (réserves évaluées à 200 millions de tonnes d’oxyde d’uranium) ; nickel ; manganèse ; terres rares.

Les découvertes gazières récentes dans l’on shore et l’offshore tanzaniens (bassin de la Ruvuma partagé avec le Mozambique) et les réserves pétrolières potentielles du Lac Tanganyika attirent les investisseurs étrangers. Le secteur minier tanzanien présente également des perspectives importantes : la Tanzanie sera le 8ème producteur mondial d’uranium d’ici 2013 avec des réserves évaluées à 200 millions de tonnes, le 7ème producteur de nickel au monde d’ici 2014 et possède certaines des plus hautes concentrations de terres rares au monde.

L’agriculture, qui emploie pourtant près de 80% de la population, souffre d’une faible productivité (3% de croissance par an) liée à l’archaïsme des matériels utilisés et à l’insuffisance des infrastructures de transport. Le potentiel de développement du secteur, dans un pays dont la surface représente plus du double de celle de la France et dont les ressources en eau ne manquent pas, n’en reste pas moins très important.


Des faiblesses structurelles

Malgré cette conjoncture économique favorable, la Tanzanie reste confrontée à un certain nombre de défis majeurs :

  • La pauvreté : 152ème pays sur 187 en termes d’indice de développement humain ; 70% de la population vit aujourd’hui avec moins de 2 USD par jour.
  • L’énergie : la Tanzanie présente un fort déséquilibre entre offre et demande en matière énergétique.
  • L’environnement des affaires : la Tanzanie occupe la 134ème position sur 183 au classement annuel de la Banque Mondiale « Doing Business ».


Des fondamentaux macroéconomiques relativement sains

Les revenus de l’Etat tanzanien augmentent régulièrement depuis plusieurs années, avec une amélioration progressive de la collecte des taxes et le soutien massif des bailleurs de fonds : environ 30% de son budget annuel est alimenté directement par l’aide internationale (1,7 Md€ en 2011). Les engagements les plus importants proviennent des Etats-Unis, de la Banque Mondiale, du Royaume-Uni, de l’Union Européenne (555 M€ au titre du 10ème FED) et de la Banque Africaine de Développement.

Le déficit public atteint 4% du PIB en 2012 (contre 6,5% du PIB en 2011). La dette publique atteint 36,4% du PIB en 2012.

Le niveau de l’inflation est élevé : +16% en 2012. La politique restrictive adoptée par la Bank of Tanzania semble toutefois porter ses fruits, même si elle a tendance à assécher une économie fortement dépendante des PME-PMI pour lesquelles l’accès au crédit est déjà difficile.

En grande partie pour cause de crise énergétique, le déficit commercial en 2012 atteint 15% du PIB. Cette situation se répercute sur le niveau des réserves, qui couvrent aujourd’hui seulement 3,6 mois d’importations.


Politique extérieure

La diplomatie tanzanienne se montre active sur certains grands dossiers, à la faveur de leur impact sur la situation intérieure ou des responsabilités qui lui incombent dans les enceintes multilatérales.

En 2008, la Tanzanie a ainsi exercé une présidence de l’Union Africaine active, pragmatique et discrète. Elle a favorisé les sorties de crise là où elles étaient possibles : crise politique au Kenya ; tensions rwando-congolaises ; expédition réussie à Anjouan aux Comores contre le colonel Bacar ; soutien au retour à l’Etat de droit en Mauritanie ; vicissitudes du dialogue inter-burundais ; soutien à la mise en place de la force hybride ONU-UA (MINUAD) au Darfour à laquelle participe un contingent tanzanien depuis 2009.

La Tanzanie s’est récemment montrée active sur les crises en République démocratique du Congo et à Madagascar ainsi que sur le dossier zimbabwéen à la faveur de sa présidence de la Troïka de l’organe politique de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) entre août 2012 et août 2013.

La Tanzanie est aujourd’hui membre du Conseil de paix et de sécurité de l’UA pour le biennum 2012-2013. Elle achèvera ce mandat lors du sommet ordinaire de l’Union africaine de la fin janvier 2014.


Les Grands Lacs

La Tanzanie se montre active sur ce dossier car elle subit depuis longtemps les contrecoups des conflits dans la région, notamment par l’afflux massif de réfugiés. En 2009, le gouvernement tanzanien a fait un geste exceptionnel en accordant la nationalité tanzanienne à 182 000 réfugiés qui avaient fui le Burundi en 1972.

La Tanzanie a joué un rôle majeur de médiateur dans la crise burundaise : elle a contribué à convaincre les rébellions armées de rallier le processus de transition.

La Tanzanie a également participé à la résolution du conflit en République démocratique du Congo : depuis 1999, Dar es Salam a accueilli de nombreuses rencontres entre les Chefs d’Etat parties au conflit ; la Tanzanie est un membre actif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ; elle s’est également impliquée au sein de l’ONU (la Tanzanie a été membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2005-2006, Mme Asha-Rose Migiro, ancienne Ministre des Affaires étrangères tanzanienne, a été Vice-secrétaire générale de l’ONU entre janvier 2007 et juillet 2012).

Outre son implication politique, elle a récemment envoyé un contingent militaire pour constituer la Brigade d’intervention de la MONUSCO (printemps 2013).

La Tanzanie accueille enfin le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, dont le siège est à Arusha (jusqu’au 31 décembre 2014, date de la fin des travaux du Tribunal).


Madagascar

La Tanzanie a fait partie, avec l’Afrique du Sud et la Zambie, de la troïka de la SADC qui a permis la signature d’une feuille de route pour la sortie de crise de la Grande Ile (automne 2011). D’août 2012 à août 2013, elle a fait avancer le processus électoral au titre de sa présidence de l’Organe politique de la SADC. Les élections malgaches se sont achevées avec le 2ème tour des présidentielles du 20 décembre 2013 et l’élection de M. Hery Rajaonarimampianina.


Intégration régionale

La Tanzanie est membre fondateur de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) avec le Kenya et l’Ouganda. Elle a contribué à la renaissance en 1999 de l’organisation, dont le siège est à Arusha. Un accord de libre-échange est entré en vigueur en janvier 2005 et la mise en place d’un marché commun a été lancée en juillet 2010.

La Tanzanie a encouragé l’élargissement de l’EAC au Rwanda et au Burundi (2007). Comme les autres pays de l’EAC, la Tanzanie s’est montrée disposée, dès 2008, à la négociation d’un accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne.

La Tanzanie est également membre de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Elle a quitté le COMESA en septembre 2000.


Somalie et piraterie

Depuis l’intensification des attaques de pirates somaliens au large de ses côtes (menaçant les explorations pétrolières et gazières au large de ses côtes et le tourisme à Zanzibar), la Tanzanie a pris conscience de sa vulnérabilité (faiblesse des moyens humains et matériels, nombreuses petites îles inhabitées offrant un refuge pour les pirates) et exprimé son souhait de participer à la lutte contre la piraterie.

Un projet d’accord de transfert des pirates pour poursuite, jugement et détention est également en négociation avec l’UE (un seul point de désaccord subsiste néanmoins concernant la peine de mort, même si elle n’est plus appliquée en Tanzanie depuis 1994). En novembre 2013, la Tanzanie a fait savoir qu’elle souhaitait rejoindre la mission européenne de PSDC « EUCAP Nestor » visant à renforcer les capacités maritimes et judiciaires des Etats riverains du Golfe d’Aden (Djibouti, Somalie, Seychelles) pour lutter contre la piraterie maritime.


Mise à jour : 21.01.14


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