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Présentation

Données générales

Nom officiel : République Unie de Tanzanie
Nature du régime : République
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. Jakaya Mrisho Kikwete

Données géographiques

Superficie : 945 087 km²
Capitale : Dodoma (capitale officielle, siège du Parlement)
Villes principales : Dar es Salam (capitale administrative et économique), Dodoma, Arusha, Stone Town (capitale de Zanzibar), Mwanza, Tanga, Tabora, Mbeya
Langue (s) officielle (s) : swahili, anglais
Langue (s) courante (s) : swahili, kiunguja (swahili de Zanzibar), anglais, arabe (Zanzibar)
Monnaie : Shilling tanzanien ; 1€ = 2 069TZS (février 2015)
Fête nationale : 26 avril (Union du Tanganyika et de Zanzibar)

Données démographiques

Population : 49.3millions (2013)
Densité : 55.6 habitants/km² (2013)
Croissance démographique : 3.03% (2013)
Espérance de vie : 59,5 ans pour les hommes ; 62 ans pour les femmes (2013)
Taux d’alphabétisation : 73,2% (2013)
Indice de développement humain : 0,488 – 159ème sur 187 (2013)
Religions : Animistes 35% ; Musulmans 35% (99% à Zanzibar) ; Chrétiens 30%

Données économiques

PIB : 33.23Mds USD (2013)
PIB par habitant : 695 USD/habitant (2013)

Taux de croissance : 7% (2013)
Taux d’inflation : 6% (2014)
Taux de chômage (au sens du BIT) : 3.5%.

Déficit public : 4.9% du PIB (2014-2015)
Dette publique : 36,1% du PIB (2013)
Balance commerciale : -4,3 Mds USD soit 15,2% du PIB (2012)

Principaux clients : Inde 14,1% ; Chine 11% ; Japon 6,1% ; Allemagne 5% ; EAU 4,9% (2012)
Principaux fournisseurs : Chine 21,1% ; Inde 16,1% ; Kenya 6,6% ; Afrique du Sud 5,6% ; EAU 4,8% (2012)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2013) :

  • Agriculture : 31%
  • Industrie : 21.7%
  • Services : 41.5%

Exportations de la France vers la Tanzanie : 84M€ (2013)
Importations françaises depuis la Tanzanie : 39M€ (2013)

Lien : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Autres

Ambassade de France : Dar es Salaam
Section consulaire : Dar es Salaam (au sein de l’Ambassade)
Communauté française en Tanzanie : 672 Français inscrits au registre des Français établis hors de France (décembre 201)
Communauté tanzanienne en France : n.d.

Politique intérieure

La stabilité et la cohésion de la Tanzanie, issue de l’union du Tanganyika et de l’archipel de Zanzibar en 1964, sont directement liées à l’action de Julius Nyerere, chef de l’Etat de 1963 à 1985. La Tanzanie a rompu en 1986 avec le dirigisme économique (socialisme agraire) et avec le régime du parti unique en 1992. Dès lors, le Parti de la Révolution (Chama Cha Mapinduzi), au pouvoir depuis l’indépendance a remporté toutes les élections : Benjamin Mkapa a été élu Président en 1995 et 2000 ; M. Jakaya Kikwete, Ministre des Affaires étrangères depuis 1995, lui a succédé le 14 décembre 2005 avec 80% des suffrages.

Jakaya Kikwete a été réélu en octobre 2010 pour un second et dernier mandat (limite constitutionnelle), avec un score inférieur à celui de 2005 (60 %). Ce résultat s’explique par le faible taux de participation sur le continent (43%), ainsi que par le dynamisme de la campagne de son principal rival Wilbrod Slaa du parti Chadema (qui a obtenu un score de 26%).

Depuis 2006, le Président Kikwete s’est attaché à promouvoir la modernisation économique du pays et à encourager un renouvellement de sa classe politique. Le gouvernement a été rajeuni et féminisé, le Parlement est plus actif. Le Président Kikwete a veillé à préserver le consensus national sur la laïcité et sur un projet politique non ethnique, dans un contexte régional à cet égard assez troublé.

Les élections présidentielles de 2015 constituent le principal enjeu de politique intérieure..

D’ici là, le Gouvernement en place doit relever plusieurs défis :

- i) Le processus de révision de la constitution est enjeu majeur de politique intérieure. Lancé en 2011 par Jakaya Kikwete, il doit aboutir à l’adoption d’un nouveau texte constitutionnel par referendum avant les élections d’octobre 2015. Il a fait émerger plusieurs points sensibles : la définition de l’Union entre le Tanganyika et Zanzibar (notamment le partage des compétences et des ressources naturelles) ; l’encadrement des pouvoirs du Président ; la laïcité. Ce processus associe l’opposition.

- ii) Le CCM doit désigner son candidat pour les élections de 2015. L’ancien Premier ministre, Edward Lowassa, qui avait démissionné en 2008 pour une affaire de corruption émerge comme un candidat sérieux face aux proches du Président Kikwete en particulier Bernard Membe, ministre des Affaires étrangères, également candidat.
Le CCM doit également faire face à la montée de l’opposition, notamment du principal parti d’opposition, le Chadema, à la faveur de ses bons résultats aux élections présidentielles de 2010. Les récentes élections locales (décembre 2014) confirment la poussée du CHADEMA comme premier parti d’opposition.

- iii) A Zanzibar, la situation reste toujours délicate. Le Président Kikwete a géré avec prudence mais détermination le dossier de l’archipel, où la situation politique est plus tendue que sur le continent. Le dialogue politique engagé dès 1995 pour apaiser les querelles récurrentes entre le parti au pouvoir (aile locale du CCM) et le puissant parti d’opposition CUF (Civil United Front) a laborieusement été relancé après les élections de 2005, dont le CUF contestait les résultats. Ce dialogue a finalement abouti fin 2009 à la conclusion d’un accord sur une formule de partage du pouvoir. Cet accord a été approuvé par référendum en juillet 2010, et mis en œuvre pour la première fois à l’occasion des élections générales d’octobre 2010. Le nouveau président de Zanzibar est Ali Mohamed Shein du CCM et le vice-président est l’ancien chef de l’opposition Seif Hamad du CUF qui a obtenu 49% des voix et accepté sa défaite. Néanmoins, l’accord sur le partage du pouvoir n’est pas parvenu à contenir la montée d’une opposition plus radicale venant notamment du mouvement islamiste Uamsho prônant l’indépendance de l’archipel (plusieurs manifestations violentes en 2012).

- iv) De nombreuses réformes restent à mener pour tourner la page du dirigisme économique (secteur public, énergétique, des transports, etc.). La lutte contre la corruption a connu quelques résultats positifs (démission du trésorier du CCM, Rostam Aziz, en juillet 2011 ; remaniement ministériel important en mai 2012 et en janvier 2015 suite à des accusations de corruption ou d’inaction contre certains ministres). Le pays connaît encore des difficultés économiques majeures (cf. infra) dont certaines manifestations (inflation, problèmes d’accès à l’énergie) provoquent un mécontentement social, dans les villes notamment.

Situation économique

Un potentiel économique important

L’économie tanzanienne connaît une croissance soutenue depuis plusieurs années, située entre 6,5 et 7%. avec des projections favorables pour les années à venir
Le PIB, de 33 Mds USD, est composé à 31% par le secteur agricole et la pêche, 21.7% par l’industrie (dont construction et mines) et 41.5% par les services (dont secteur touristique qui représente 15% du PIB).
La croissance est très concentrée sur quelques secteurs à forte intensité capitalistique, dont les plus dynamiques sont :

  • Les transports et communications ;
  • Les services financiers : la Tanzanie compte actuellement une cinquantaine de banques ;
  • La construction/BTP.

Les mines : Or (4ème producteur continental) diamants et pierres précieuses, constituent la quasi-totalité de la production minière tanzanienne en valeur. Le secteur minier tanzanien présente également des perspectives importantes pour ce qui concernent en particulier l’uranium (réserves évaluées à 200 millions de tonnes d’oxyde d’uranium) le nickel et les terres rares.

Les découvertes gazières récentes dans l’on shore et l’offshore tanzaniens (bassin de la Ruvuma partagé avec le Mozambique) et les réserves pétrolières potentielles du Lac Tanganyika attirent les investisseurs étrangers. La chute mondiale du prix du baril et la perspective des élections générales tanzaniennes en octobre pourraient freiner momentanément les investissements.

L’agriculture, qui emploie pourtant près de 80% de la population, souffre d’une faible productivité (+4.2% de croissance en 2013 liée à l’archaïsme des matériels utilisés et à l’insuffisance des infrastructures de transport. Le potentiel de développement du secteur, dans un pays dont la surface représente plus du double de celle de la France et dont les ressources en eau ne manquent pas, n’en reste pas moins très important.

Des faiblesses structurelles

Malgré cette conjoncture économique favorable, la Tanzanie reste confrontée à un certain nombre de défis majeurs :

  • La pauvreté : 159ème pays sur 187 en termes d’indice de développement humain ; 70% de la population vit aujourd’hui avec moins de 2 USD par jour.
  • L’énergie : la Tanzanie présente un fort déséquilibre entre offre et demande en matière énergétique. Seuls 18% des foyers tanzaniens ont accès à l’électricité (2% en zone rurale).
  • L’environnement des affaires : pour 2014, la Tanzanie occupe la 145ème position sur 183 au classement annuel de la Banque Mondiale « Doing Business » (difficultés principales liées à l’opacité et l’imprévisibilité du droit foncier).

Des fondamentaux macroéconomiques relativement sains

Les revenus de l’Etat tanzanien augmentent régulièrement depuis plusieurs années, avec une amélioration progressive de la collecte des taxes et le soutien massif des bailleurs de fonds : environ 30% de son budget annuel est alimenté directement par l’aide internationale ( Md€ en 201). Les engagements les plus importants proviennent des Etats-Unis, de la Banque Mondiale, du Royaume-Uni, de l’Union Européenne (555 M€ au titre du 10ème FED) et de la Banque Africaine de Développement.

L’inflation est maitrisée après un dérapage en 2011-2012 (pic de 19,8% en décembre 2011), et oscillait entre 5 et 6% en 2014.

Les performances macroéconomiques sont bonnes sur l’année budgétaire 2013-2014. Le déficit public, à 4,4% du PIB, a été contenu. Le FMI considère la dette externe (36,1% du PIB) soutenable. La Banque centrale dispose de réserves de change confortables, capables de couvrir environ 4 mois d’importations.

Sur l’année budgétaire en cours (2014-2015), si le FMI relève que « de nouveaux défis ont émergé » en matière de gestion budgétaire, il estime néanmoins que l’objectif de déficit public de 4,9% du PIB reste accessible à condition que la revue de mi-budget en février 2015 l’examine attentivement.

Politique extérieure

La Tanzanie est un pays d’une stabilité rare dans la région. Elle n’a connu qu’une guerre depuis son indépendance (contre l’Ouganda entre 1978 et 1979). Elle tire un prestige continental du soutien panafricain de Julius Nyerere aux mouvements de libération africain.

La diplomatie tanzanienne se montre active sur certains grands dossiers, à la faveur de leur impact sur la situation intérieure ou des responsabilités qui lui incombent dans les enceintes multilatérales.

En 2008, la Tanzanie a ainsi exercé une présidence de l’Union Africaine active, pragmatique et discrète. Elle a favorisé les sorties de crise là où elles étaient possibles : crise politique au Kenya ; tensions rwando-congolaises ; expédition réussie à Anjouan aux Comores contre le colonel Bacar ; soutien au retour à l’Etat de droit en Mauritanie ; vicissitudes du dialogue inter-burundais ; soutien à la mise en place de la force hybride ONU-UA (MINUAD) au Darfour à laquelle participe un contingent tanzanien depuis 2009.

La Tanzanie s’est récemment montrée active sur les crises en République démocratique du Congo et à Madagascar ainsi que sur le dossier zimbabwéen à la faveur de sa présidence de la Troïka de l’organe politique de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) entre août 2012 et août 2013.

La Tanzanie était membre du Conseil de paix et de sécurité de l’UA pour le biennum 2012-2013. Elle a été reconduite à ce poste lors du Sommet de l’UA de janvier 2014 pour deux ans à compter du 1er avril 2014.

Les Grands Lacs

La Tanzanie se montre active sur ce dossier car elle subit depuis longtemps les contrecoups des conflits dans la région, notamment par l’afflux massif de réfugiés. En 2009, le gouvernement tanzanien a fait un geste exceptionnel en accordant la nationalité tanzanienne à 182 000 réfugiés qui avaient fui le Burundi en 1972.

La Tanzanie a joué un rôle majeur de médiateur dans la crise burundaise : elle a contribué à convaincre les rébellions armées de rallier le processus de transition.

La Tanzanie a également participé à la résolution du conflit en République démocratique du Congo : depuis 1999, Dar es Salam a accueilli de nombreuses rencontres entre les Chefs d’Etat parties au conflit ; la Tanzanie est un membre actif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ; elle s’est également impliquée au sein de l’ONU (la Tanzanie a été membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2005-2006, Mme Asha-Rose Migiro, ancienne Ministre des Affaires étrangères tanzanienne, a été Vice-secrétaire générale de l’ONU entre janvier 2007 et juillet 2012). Outre son implication politique, elle a fourni un tiers des effectifs de la brigade d’intervention de la MONUSCO, commandée par un général tanzanien.

La Tanzanie accueille enfin le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, dont le siège est à Arusha (jusqu’au 31 décembre 2014, date de la fin des travaux du Tribunal).

Soudan du sud

La Tanzanie contribue activement à la recherche d’un règlement pacifique au conflit qui a éclaté fin 2013 au Soudan du Sud. Le 21 janvier, les parties au conflit ont conclu à Arusha, sous l’égide du président Kikwete et du parti au pouvoir (CCM), un accord de réunification du MPLS, parti au pouvoir au Soudan du Sud.

Madagascar

La Tanzanie a fait partie, avec l’Afrique du Sud et la Zambie, de la troïka de la SADC qui a permis la signature d’une feuille de route pour la sortie de crise de la Grande Ile (automne 2011). D’août 2012 à août 2013, elle a fait avancer le processus électoral au titre de sa présidence de l’Organe politique de la SADC. Les élections malgaches se sont achevées avec le 2ème tour des présidentielles du 20 décembre 2013 et l’élection de M. Hery Rajaonarimampianina.

Intégration régionale

La Tanzanie est membre fondateur de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) avec le Kenya et l’Ouganda. Elle a contribué à la renaissance en 1999 de l’organisation, dont le siège est à Arusha. Un accord de libre-échange est entré en vigueur en janvier 2005 et la mise en place d’un marché commun a été lancée en juillet 2010. La Tanzanie a encouragé l’élargissement de l’EAC au Rwanda et au Burundi (2007). Comme les autres pays de l’EAC, la Tanzanie s’est montrée disposée, dès 2008, à la négociation d’un accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne.

La Tanzanie est également membre de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Elle a quitté le COMESA en septembre 2000.

Somalie et piraterie

Depuis l’intensification des attaques de pirates somaliens au large de ses côtes (menaçant les explorations pétrolières et gazières au large de ses côtes et le tourisme à Zanzibar), la Tanzanie a pris conscience de sa vulnérabilité (faiblesse des moyens humains et matériels, nombreuses petites îles inhabitées offrant un refuge pour les pirates) et exprimé son souhait de participer à la lutte contre la piraterie.

Un projet d’accord de transfert des pirates pour poursuite, jugement et détention est également en négociation avec l’UE (un seul point de désaccord subsiste néanmoins concernant la peine de mort, même si elle n’est plus appliquée en Tanzanie depuis 1994). En novembre 2013, la Tanzanie a fait savoir qu’elle souhaitait rejoindre la mission européenne de PSDC « EUCAP Nestor » visant à renforcer les capacités maritimes et judiciaires des Etats riverains du Golfe d’Aden (Djibouti, Somalie, Seychelles) pour lutter contre la piraterie maritime.

Mise à jour : 03.03.15


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