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Nom officiel : Royaume de Bahreïn
Superficie : 711 km² (estimation basse, car on estime à 10% la surface gagnée sur la mer ces dernières années) répartis sur 33 îles, dont certaines sont inhabitées.
Population : 1,11 M hab., dont 529 446 nationaux
Capitale : Manama
Villes principales : Muharraq, Riffa, Jidhafs, Hamad Town, Isa Town
Langue officielle : arabe
Monnaie : dinar bahreïnien
Fête nationale : 16 décembre
Croissance démographique : 1,39 %
Espérance de vie : 75,6 ans.
Taux d’alphabétisation : 91,5 % (H) - 84,2% (F).
Religions : islam, religion officielle : chiisme (70 % des nationaux, 55 % des résidents, projection à partir du recensement de 2001) et sunnisme, christianisme (nombreuses congrégations pour la population immigrée).
Indice de développement humain(2007) : 0,895 (39e rang).
PIB (2009) : 19,4 Mds USD
PIB par habitant (2009) : 17 838 USD
Taux de croissance (2008) : 6,1 %
Taux de croissance 2009 (estimation) : 3%
Taux de croissance 2010 (prévision) : + 3,5%
Taux de chômage (2008) : 4 % (officiel), 15% (estimé)
Taux de chômage 2009 (prévision) : 4%
Taux d’inflation (2008) : 3,5%
Taux d’inflation (estimation 2009) : 3 %Solde budgétaire(2008) : +8% du PIB
Solde budgétaire (estimation 2009) : -1,5% PIB
Solde budgétaire (prévision 2010) : - 0,7% (sur la base d’un baril à 60 USD)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
services financiers (2009) : 25%
hydrocarbures (2009) : 22 %
industrie : 15%
tourisme/hôtellerie : 10%
Exportations de la France versBahreïn (2009) : 584,7 M €
Importations françaises de Bahreïn (2009) : 126,2 M €
Section consulaire de France : Manama
Communauté française à Bahreïn :1.100 Français inscrits
Le gouvernement bahreïnien est dirigé par Cheikh Khalifa bin Salman Al Khalifa, oncle du roi et Premier ministre depuis 1971. Le prince héritier, Cheikh Salman bin Hamad Al Khalifa, est en outre commandant suprême adjoint des forces armées depuis janvier 2007. Il s’investit en priorité dans l’éducation et la diversification économique.
Dès son accession au pouvoir, le Roi Hamad a lancé un processus d’ouverture et de réforme en profondeur des institutions politiques (la Constitution actuellement en vigueur date de 2002). Le royaume fait également figure de pionnier dans la région du Golfe en matière de droits des femmes : octroi du droit de vote aux femmes en 2001, nomination de femmes ministres, élection d’une députée en 2006 (reconduite en 2010), élection en 2010 d’une conseillère municipale, intégration dans la population active.
Une « Charte nationale » a été approuvée en février 2001 par référendum, entérinant la création d’un Parlement constitué d’une chambre des députés (40) élus au suffrage universel et d’un conseil consultatif désigné par le Roi (choura, 10 femmes sur 40).
Après la promulgation de la nouvelle Constitution, des élections municipales et législatives ont eu lieu en 2002, 2006 et 2010. Depuis 2002, la chambre basse assume ses pouvoirs : débats et propositions de loi sur les problèmes politiques, économiques et de société ; droit d’interpellation et d’audition des ministres ; commissions parlementaires d’enquête sur certains sujets naguère jugés épineux (ex : les biens de l’Etat).
Les troisièmes élections municipales et législatives au suffrage universel direct se sont tenues les 23 et 30 octobre 2010 et ont été marquées par un bon niveau de participation (67%). Si les équilibres ne devraient pas être modifiés au sein du Parlement, l’association chiite légaliste Wifaq , dont c’était la seconde participation, a conforté sa position (élection de 18 députés contre 17 dans la précédente chambre). Les élections ont été par ailleurs marquées par la progression des indépendants (16 députés, gain de cinq sièges par rapport à 2006) et le recul des mouvements fondamentalistes sunnites (6 députés contre 12 dans la précédente chambre).
Premier pays au monde à s’être soumis, en avril 2008, à l’examen périodique universel du Conseil des droits de l’Homme, Bahreïn se montre sensible aux recommandations du comité. Notamment, la procédure de « parrainage » obligatoire des travailleurs immigrés (76% de la main d’œuvre et 81% des emplois du secteur privé) a été assouplie. Un conseil consultatif des droits de l’homme habilité à recevoir des plaintes relatives aux droits de l’homme a par ailleurs été créé en novembre 2009.
Des tensions demeurent toutefois. Une partie de la communauté chiite avance l’existence de discriminations. Ces critiques sont régulièrement reprises par des ONG internationales (notamment HRW). A l’inverse, les autorités bahreïniennes s’inquiètent des risques de déstabilisation. Des arrestations ont ainsi eu lieu en août 2010, à la veille des élections législatives et municipales.
La capacité des autorités bahreïniennes à susciter l’adhésion des communautés chiites, qui s’estiment victimes de discrimination et critiquent les modalités d’organisation des élections, constitue sans doute la clé de la réussite du processus d’ouverture démocratique.
Disposant de moindres ressources en hydrocarbures que ses voisins, Bahreïn a été le premier pays du Golfe à diversifier et ouvrir son économie au début des années 1990. Il a libéralisé dès le début des années 1980 la législation applicable à l’investissement étranger, autorisant en particulier les sociétés étrangères à prendre une participation de 100 % dans une société bahreïnienne. Les autorités ont ainsi pu développer l’appareil industriel du pays, notamment dans le secteur de l’aluminium, et le secteur touristique.
Manama est surtout devenu l’une des premières places financières du Golfe, avec environ 470 banques et institutions financières, grâce à la qualité reconnue du contrôle et de la régulation mis en place par la banque centrale. C’est en particulier un pôle de la finance islamique (24 banques islamiques, 11 assureurs islamiques et 34 fonds islamiques). Au total, les services financiers représentent près de 25 % du PIB de l’archipel. Soucieux d’attirer les investissements étrangers et de conforter son statut de pôle régional de la finance, Bahreïn a annoncé la création d’une chambre d’arbitrage internationale ayant compétence pour connaître de tous les contentieux commerciaux et financiers supérieurs à 500 M BHD (environ 1Md €) et offrant aux parties la possibilité de s’accorder sur le droit applicable.
Du fait de cette diversification, le secteur des hydrocarbures ne contribue plus que pour 22% du PIB. Il demeure cependant déterminant pour les grands équilibres du pays (75% des recettes budgétaires générées par la part bahreïnienne des exportations du champ offshore d’Abu Saafa et des exportations de produits raffinés). Les réserves bahreïniennes étant en voie d’épuisement, Bahreïn est dépendant du pétrole brut acheté à l’Arabie saoudite à des conditions très avantageuses.
L’Etat conserve un rôle déterminant dans l’économie. 60 % du PIB est généré par des entreprises (Alba, NOGA, Batelco, NBB, ASRY, etc.) détenues en majorité ou en totalité par les holdings publiques Mumtalakat Bahraïn Holding Company et Bahrain Oil Gas Holdings. (Bapco…). Un mouvement de privatisation et d’ouverture de l’économie est toutefois actuellement piloté par l’EDB (Economic Development Board), placé sous l’autorité du prince héritier. Un bureau de supervision, de transparence et de contrôle des passations de marchés publics (tender board) a été créé. Bahreïn a signé en février 2005 la convention des Nations unies contre la corruption.
Fort de sa diversification économique et de la réduction de sa dépendance envers le pétrole, le royaume de Bahreïn a été moins touché par la crise financière que ses voisins : le secteur de la construction a été relativement épargné et le secteur financier a bien résisté en raison de la qualité de la régulation encadrant son activité. La crise de Dubaï a eu un faible impact sur le l’économie du royaume (les Emirats arabes unis ne constituent que la troisième destination des investissements bahreïniens dans le Golfe, après l’Arabie saoudite et le Koweït).
Bahreïn a signé en septembre 2004 un accord de libre-échange avec les Etats-Unis qui est entré en vigueur en janvier 2007.
Le Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG), dont Bahreïn est l’un des six Etats membres, et l’Union européenne négocient actuellement un accord de libre-échange qui devrait permettre à Bahreïn d’obtenir une baisse des tarifs appliqués à l’aluminium et aux produits pétroliers.
Bahreïn entretient des liens étroits avec l’Arabie saoudite, à laquelle il est relié par un pont-digue de 25 km. Outre l’aide pétrolière qu’elle lui fournit, l’Arabie Saoudite représente l’essentiel de ses entrées touristiques, ainsi qu’un débouché substantiel pour sa production d’aluminium. Elle est le 1er fournisseur de Bahreïn et son 3e client.
Le différend territorial qui opposait Bahreïn au Qatar sur les îles Hawar est résolu depuis un arrêt de la CIJ du 16 mars 2001, qui reconnaît la souveraineté bahreïnienne sur ces îles. Un projet de pont reliant les deux pays est en cours de réalisation.
Bahreïn est favorable au projet de création d’une monnaie commune aux pays du CCEAG.
Le royaume entretient des relations privilégiées avec les Etats-Unis, qui lui ont accordé en 2001 le statut d’« allié majeur hors OTAN ». Il accueille le commandement de la Ve flotte et le Commandement central des Forces navales américaines (USNAVCENT).
A l’occasion de la visite du roi Hamad à Washington en mars 2008, un accord de coopération en matière de nucléaire civil a été signé.
S’agissant du conflit israélo-arabe, Bahreïn se caractérise par sa volonté de dialogue. Lors de la crise de Gaza de l’hiver 2008-2009, le Roi s’est montré très critique vis-à-vis d’Israël et a appelé à la réconciliation inter-arabe et inter-palestinienne ; Bahreïn n’a pas participé au sommet de Doha organisé à l’initiative du Qatar. Manama a annoncé le financement de la reconstruction d’une école détruite à Gaza.
Le royaume a suggéré la création d’une organisation régionale pour la paix au Moyen-Orient (rassemblant l’ensemble des pays de la région, y compris l’Iran, la Turquie et Israël). Une telle structure n’aurait pas vocation à remplacer les autres initiatives visant cet objectif. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et Israël ont déjà indiqué leur soutien à la proposition bahreïnienne, à laquelle la France est également favorable.
Le prince héritier de Bahreïn, cheikh Salman, a publié en juillet 2009 une tribune dans le Washington Post dans laquelle il appelait l’opinion arabe à communiquer davantage dans les médias israéliens afin de faire progresser les efforts de paix.
Après trois années de fermeture, l’ambassade de Bahreïn en Irak a été rouverte en septembre 2008. La reprise en 2009-2010 des liaisons aériennes entre Bahreïn et l’Irak (Bagdad, Najaf, Erbil) atteste d’une redynamisation des relations entre ces deux pays.
Si les relations entre Bahreïn et l’Iran sont aujourd’hui normalisées (rétablissement des relations diplomatiques en 1999, visite du président Ahmadinejad fin 2007), certaines tensions et méfiances perdurent, comme ce fut le cas en 2009 par suite de propos de personnalités iraniennes déniant à Bahreïn sa souveraineté et son arabité.Le royaume est favorable à l’instauration d’une zone exempte d’armes de destruction massive et de leurs vecteurs au Moyen-Orient et fait preuve d’un grand légalisme vis-à-vis de l’Iran. Il écarte tout recours à l’option militaire et semble estimer nécessaire une plus grande souplesse sur la question de l’enrichissement pour ramener les Iraniens à la table des négociations. En outre, Bahreïn négocie avec l’Iran (et Gazprom) en vue de l’exploitation commune et de la fourniture de gaz naturel iranien.
Bahreïn a ratifié la Convention des Nations unies sur la répression du financement du terrorisme. Un « GAFI régional » a été mis en place à Manama en novembre 2004 afin de renforcer le dispositif international de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Une commission interministérielle ad hoc a été créée en 2006 et placée sous l’autorité de la Banque centrale bahreïnienne et du ministère de l’intérieur afin d’assurer la lutte contre la délinquance financière, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Le royaume, qui envisagerait de se doter d’une petite unité nucléaire, a ratifié, le 23 juin 2009, l’accord sur les garanties généralisées (CSA), cette ratification faisant de lui un membre à part entière de l’AIEA. Bahreïn a par ailleurs ratifié le protocole additionnel au TNP le 21 septembre 2010. Bahreïn a reconnu l’indépendance du Kosovo en mai 2009.
Mise à jour : Novembre 2010