Présentation des Bahamas
Présentation du pays

Données générales
Nom officiel : Commonwealth des Bahamas
Nature du régime : parlementaire de type britannique
Chef de l’Etat : le roi Charles III, représentée par un gouverneur général, Dame Cynthia A. Pratt nommée le 1 septembre 2022
Chef du Gouvernement : M. Philip E. Davis, Premier ministre élu le 17 septembre 2021
Données géographiques
Superficie : 13 880 km², répartis entre 700 îles, dont une quinzaine seulement sont habitées
Capitale : Nassau
Villes principales : Freeport, West End et George Town
Langue (s) officielle (s) : anglais
Langue (s) courante (s) : anglais, créole bahamien, anglo-bahamien, créole haïtien, créole jamaïcain, chinois mandarin
Monnaie : dollar des Bahamas (BSD), 1 BSD = 0,056 EUR en août 2025Fête nationale : 10 juillet (fête de l’indépendance, 1973)
Données démographiques
Population (Banque mondiale 2024) : 401 283
Densité (Banque mondiale 2021) : 41 habitants par km²
Croissance démographique (Banque mondiale 2024) : 0,5 %
Espérance de vie (Banque mondiale 202) : 75 ans
Taux d’alphabétisation (PNUD, 2005-2013) : 95,6 %
Indice de développement humain (PNUD 2023) : 0,82 soit 55e rang mondial sur 204
Indice de fécondité (2018, UNESCO) : 1,8
Religion (s) : baptisme (35,4 %), anglicanisme (15,1 %), catholicisme (13,5 %), pentecôtisme (8,1 %), Church of God (4,8 %), méthodisme (4,2 %)
Éléments d’actualité
Politique intérieure
Le Chef de l’Etat est le Roi Charles III du Royaume-Uni, représenté par un gouverneur général, nommé après délibération avec le cabinet. Le Premier ministre est le chef du parti qui remporte les élections législatives : il est nommé, ainsi que les membres du cabinet, par le gouverneur général. Le pouvoir exécutif est assumé par le cabinet des ministres, responsable devant le Parlement bicaméral. Le Sénat est constitué de 16 membres nommés par le gouverneur général : 9 sur proposition du Premier ministre, 4 sur celle du chef de l’opposition et 3 d’un commun accord. La Chambre des Représentants est composée de 39 membres élus au suffrage universel direct pour 5 ans.
Le Progressive Liberal Party (PLP-tendance centre gauche) a dominé la vie politique durant les deux premières décennies de l’indépendance, jusqu’à la victoire de M. Hubert Ingraham, chef du Free National Movement (FNM-tendance centre droit), aux élections de 1992. En 2021, le Premier Ministre sortant Hubert Minnis a perdu son pari en convoquant des élections générales anticipées 8 mois avant la date prévue par le calendrier électoral. Pas de grande surprise : victoire du PLP (centre gauche), l’un des deux partis traditionnels de l’archipel. Philip Davis est alors élu Premier Ministre en 2021, jusqu’aux prochaines élections générales de 2026.
L’alternance quasi-parfaite entre FNM et PLP est toujours de mise. En effet, alors qu’aucun Premier ministre du pays n’a réussi à effectuer deux mandats consécutifs depuis 1997, le système bahamien étant bipartisan, ces élections générales s’apparentaient davantage à un référendum qu’à un scrutin classique puisque la population semble s’être principalement prononcée sur la bonne ou mauvaise gestion de la pandémie par le pouvoir en place et sur la confiance qu’elle lui accorde pour poursuivre ses actions. Ce sentiment a été renforcé par la quasi-absence de campagne électorale, dû à la très courte durée entre l’annonce d’élections anticipées et les élections elles-mêmes (trois semaines).
Politique étrangère
Les Bahamas entretiennent les meilleures relations avec les Etats-Unis comme avec le mouvement des non-alignés, dont elles font partie. L’imbrication avec le territoire américain, sur lequel vivent d’ailleurs environ 32 000 Bahaméens résidents légaux, est totale. D’un point de vue sécuritaire, l’archipel des Bahamas a acquis une importance indéniable pour Washington. Dès 1982, le pays a bénéficié d’un dispositif de coordination entre le Pentagone, la Drug Enforcement Administration (DEA) et les garde-côtes en matière de lutte contre les trafics, l’OPBAT (Operation Bahamas, Turks & Caicos), incluant le détachement d’hélicoptères sur l’île d’Exuma. Depuis mai 2010, il est complété par la Caribbean Basin Security Initiative (CBSI), qui pourvoit les forces bahaméennes en équipements et formations.
Les Bahamas participent aux organisations régionales de la Caraïbe (membres de la CARICOM - dont ils vont prendre la présidence tournante au 1er semestre 2022 - et de l’Association des Etats de la Caraïbe), sans chercher toutefois à approfondir leur intégration au marché régional, le Caribbean Single Market & Economy. Avec Cuba, le différend relatif à la définition des frontières maritimes a été réglé par la signature d’un accord entre les deux pays le 3 octobre 2011. Une coopération s’est établie avec La Havane, après la mise à disposition par Cuba d’une trentaine d’enseignants et d’entraîneurs sportifs, et le financement de bourses d’études médicales.
Les relations des Bahamas avec Haïti et la Jamaïque sont contrariées par l’important flux migratoire provenant de ces pays. Haïti, Cuba, la Chine, le Brésil disposent d’une ambassade à Nassau, les Etats-Unis d’un chargé d’affaires. Pour leur part, les Bahamas ont une seule représentation en Europe, à Londres.
Les Bahamas sont affectées par la très forte immigration clandestine d’Haïtiens, qui restent dans le pays faute de parvenir aux Etats-Unis ; on estime qu’ils sont 70 000. Les forces de sécurité rapatrient périodiquement en Haïti les migrants clandestins.
Pays observateur de l’Organisation mondiale du commerce, les Bahamas souhaitent désormais en devenir membre à part entière. Elles ne sont pas parties au statut de la Cour pénale internationale. Elles ont adhéré à l’Office international de santé animale (OIE), dont le siège est en France.
Les Bahamas ont souscrit à l’Accord de partenariat économique (APE) Union européenne – CARIFORUM, signé à la Barbade le 15 octobre 2008. Un accord complémentaire sur les services a été signé le 25 janvier 2010. Le pays a par ailleurs bénéficié du Fonds européen de développement en vertu de l’accord de Cotonou jusqu’en 2013 (10e FED). Les Bahamas s’identifient peu avec la région caribéenne et ne participent pas au projet de marché commun (CSME) de la CARICOM, elles sont néanmoins signataires de l’Accord de Partenariat UE-CARIFORUM. La question de la vulnérabilité aux effets du changement climatique est en revanche un point très partagé avec le reste de la Caraïbe.
Enfin, un accord d’exemption de visa Schengen avec l’Union européenne est entré en vigueur le 1er juin 2009 ; la France a complété cet assouplissement des conditions de la circulation des personnes en levant l’obligation de visa pour les citoyens bahaméens souhaitant se rendre dans les départements et collectivités d’outre-mer, par arrêté du 14 décembre 2009.
Les Bahamas ne figurent plus sur la liste de l’UE des pays et territoires non coopératifs à des fins fiscales.
Situation économique
PIB (Banque mondiale 2024) : 15,83 Mds USD
PIB par habitant (BM 2024) : 3955,4 USD (3e pays le plus riche d’Amérique après les Etats-Unis et le Canada)
Croissance (Banque mondiale 2024) : 3.4 %
Chômage (Banque mondiale 2024) : 8,5 %
Inflation (Banque mondiale 2024) : 0.4 %
Solde budgétaire (Direction générale du Trésor 2023) : -3 % du PIB
Balance commerciale, hors services (Banque mondiale, 2018) : -2,675 Mds USD
Principaux clients (Direction générale du Trésor 2023) : Etats-Unis (79,3%), France (6,2%), Iles-Turques-et-Caiques (3,9%), Royaume-Uni (0,8%)
Principaux fournisseurs (Direction générale du Trésor 2023) : Etats-Unis , Canada, Iles-Turques-et-Caiques, Chine
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (BM, 2016) :
- agriculture : 1 %
- industrie : 13 %
- services : 86 %
L’économie des Bahamas dépend dans une large mesure du tourisme, principalement des Etats-Unis. Fortement touché par la crise financière mondiale, le pays peine renoue lentement avec la croissance (3,4% en 2024 contre -0,3% en 2016 Le pays souffre en outre d’un taux de chômage atteignant 8,5 % (2024). Le déficit commercial est creusé par l’importation des biens d’équipement et de consommation nécessaires au secteur du tourisme. Fin 2021, la dette publique représente 103,3 % du PIB.
Le gouvernement s’est efforcé d’améliorer les services publics de base (énergie, eau et transport) et de soutenir le tourisme représentant 40 à 60 % du PIB. De nombreux projets immobiliers sont programmés, ainsi que des projets d’infrastructure publics et privés (construction de routes et de réseaux d’adduction d’eau, extension de l’aéroport de Nassau, construction du complexe touristique de Baha Mar). Le PIB/habitant fait des Bahamas le 3e pays d’Amérique le plus riche derrière les Etats-Unis et le Canada. Les Bahamas ont attiré 6 millions de visiteurs en 2015.
L’obligation d’une représentation physique aux Bahamas introduite par la Banque centrale en 2001 (Banks and Trust Companies Regulations Act) a réduit le nombre de banques offshore ou sociétés de gestion de trusts à 270. Les autorités américaines estiment à 115 000 les IBCs enregistrées, parmi lesquelles environ 40 000 seraient actives. Le secteur financier compte pour 20 % du PIB.
La Banque internationale de développement a concédé de nouveaux prêts aux Bahamas en 2012, le premier d’un montant de 81 millions USD pour la réhabilitation des réseaux d’eau de l’île de New Providence, un second de 16,5 millions USD en appui au commerce extérieur (modernisation des procédures douanières de façon à faciliter l’adhésion à l’OMC), et le dernier de 7,5 millions USD pour des actions en matière d’éducation et de santé publique.
Il n’existe toutefois pas d’impôts sur le revenu des particuliers ou des sociétés, et l’assiette fiscale repose beaucoup sur des taxes sur la propriété foncière, sur les ressources touristiques et sur le commerce international. Une TVA de 7,5 % est appliquée depuis janvier 2015.
Les Bahamas sont sorties de la liste grise des juridictions non coopératives de l’OCDE en avril 2010. Par ailleurs, le Foreign Accounts Tax Compliance Act (FATCA) est entré en vigueur aux Bahamas en avril 2014. Les Bahamas font partie des pays placés sous surveillance renforcée du GAFI avec qui ils coopèrent étroitement. L’un des principaux problèmes des Bahamas actuellement est d’ordre réputationnel. Ceux-ci nécessitent des efforts pour une mise en conformité avec les standards financiers internationaux. (Les Bahamas sont en liste grise ETNC de l’UE et probablement en liste noire au 1er trimestre 2019, liste grise du GAFI depuis octobre 2018, liste grise du LBC / CFT). Les Bahamas ne figurent plus sur la liste de l’UE des pays et territoires non coopératifs à des fins fiscales
Les Bahamas sont, à l’instar des autres États insulaires des Caraïbes, vulnérables aux catastrophes naturelles. L’économie bahamienne souffre notamment du passage régulier des ouragans (Irene en 2011, Joaquin en 2015, Matthew en 2016, Irma et Maria en 2017 et Dorian, de catégorie 5, le 1er septembre 2019, pour lequel un détachement de 50 militaires français a été mis à disposition au travers d’une force conjointe avec les Allemands et les Néerlandais pour aider à la gestion de l’urgence immédiate de la catastrophe et pour soutenir la population).
Ces catastrophes naturelles ont contribué à l’irrégularité de la croissance économique de l’archipel depuis 2010.
Mise à jour : 30.01.26
Informations complémentaires
- Instantanés diplomatiques
- Documents de référence