Présentation
Données générales
Nom officiel : République Tunisienne
Nature du régime : République (gouvernement provisoire)
Chef de l’Etat : Moncef Marzouki (depuis le 12 décembre 2011)
Chef de gouvernement : Hamadi Jebali (depuis le 14 décembre 2011)
Données géographiques
Superficie : 162.155 km²
Capitale : Tunis
Villes principales : Tunis, Sfax, Gabès, Sousse, Kairouan, Bizerte
Langue (s) officielle (s) : Arabe
Langue (s) courante (s) : arabe dialectal, langues berbères
Monnaie : Dinar Tunisien (1 EUR = 2,0344 DT le 25/10/2012)
Fête nationale : 20 mars (commémoration de l’indépendance en 1956)
Données démographiques
Population : 10,6738 millions (est. 1/7/2011 source : INS Tunisien)
Densité : 65,82 hab./km²
Croissance démographique : 1,29 % (2010) (source : INS)
Espérance de vie : 74,7 années (2010) (source : INS)
Taux d’alphabétisation : 77,6 % (source : rapport 2011 du PNUD sur le développement humain)
Religion (s) : Islam sunnite (98% de la population dont 85 % de rite malékite, minorité ibadite à Djerba), christianisme, judaïsme (2%)
Indice de développement humain : 0,698 (94ème) (source : rapport 2011 du PNUD sur le développement humain)
Données économiques
PIB (2011) : 48,932 Milliards USD (prix constants) (source : FMI)
PIB par habitant (2011) : 4199,346 USD/hab.
Taux de croissance (2011) : -1,8 % % (source : Banque mondiale)
Taux de chômage (au sens du BIT) (2011) : 18 % (source : CIA World Factbook)
Taux d’inflation (2011) : 3,8 % (source : Banque Mondiale)
Solde budgétaire (2011) : 2,59 Mds USD (source : CIA World Factbook)
Balance commerciale (2011) : -5,89 Mds USD (source : CIA World Factbook)
Principaux clients : France (30,7%), Italie (21,6%), Allemagne (9,1%) (source : DGTPE)
Principaux fournisseurs : France (18,4%), Italie (15,8%), Allemagne (7,4%), Chine (6,1%) (source : DGTPE)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010) : (source : CIA World Factbook)
agriculture : 10,6 %
industrie : 34,6 %
services : 54,6 %
Exportations de la France vers la Tunisie : 3,6 Mds €
Importations françaises depuis la Tunisie : 4,5 Mds €
http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/tunisie
Consulat (s) de France : Tunis
Communauté française en Tunisie : 25000 dont 70 % de binationaux
Communauté tunisienne en France : 625.864
Politique intérieure
Un an après la fuite de l’ex-Président Ben Ali (14 janvier 2011) et à la suite de l’élection de l’assemblée constituante (23 octobre 2011), un nouveau gouvernement, dirigé par M. Hamadi Jebali, a pris ses fonctions le 23 décembre 2011, achevant ainsi la mise en place des institutions qui devraient diriger la Tunisie durant sa phase de transition politique. La Constituante a pour mission d’élaborer une nouvelle Constitution en remplacement de celle de 1959. Un débat majeur a été tranché en octobre 2012 sur le régime politique de la nouvelle Tunisie, qui sera semi-présidentiel.
Le fonctionnement institutionnel, fixé par la loi d’organisation des pouvoirs adoptée le 10 décembre par l’assemblée constituante, repose sur un triumvirat :
Le Président de la République, Moncef Marzouki (CPR), élu par la Constituante le 12 décembre, représente l’Etat tunisien et a des attributions partagées soit avec le chef du gouvernement (diriger la politique étrangère, nommer les ambassadeurs), soit avec la Constituante (déclarer la guerre). Il est chef des armées.
Le Chef du gouvernement, Hamadi Jebali (Ennahda), dirige le gouvernement qui exerce le pouvoir exécutif. Il a obtenu la confiance de l’assemblée constituante le 23 décembre 2011.
Le Président de la Constituante, Mustapha Ben Jafar (Ettakatol), élu le 23 novembre, dirige les travaux de l’assemblée qui exerce le pouvoir législatif.
La répartition de ces trois Présidences s’est faite en vertu d’un accord entre les trois partis qui ont remporté les élections du 23 octobre 2011 et qui ont décidé de s’allier dans une « troïka » (ou « coalition d’intérêt national ») : Ennahda (« la Renaissance », parti islamiste), le Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste) et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL, en arabe « Ettakatol », socialiste).
Situation économique
La révolution tunisienne est intervenue alors que la croissance de son économie, ralentie depuis 2008, ne profitait pas à l’ensemble de la population ; d’importantes franges de celles-ci demeuraient économiquement marginalisées.
L’économie a globalement montré une certaine résilience au début de l’année 2011 mais la croissance est restée négative en 2011. En effet, en dépit d’une bonne résistance des exportations, la situation macro-économique se dégrade. Les flux d’Investissements Directs à l’Etranger reçus sont en baisse depuis janvier 2011 (-31,7% sur les 11 premiers mois de cette année par rapport à 2010).
Après une chute en janvier 2011 (-70%), les recettes en devises ont progressé, pour à nouveau diminuer en octobre de la même année. Les recettes du tourisme en 2011 (7% du PIB, 400.000 emplois), même si elles ont légèrement rebondi, accusaient en 2011 une baisse de 34 % par rapport à 2010.
La reprise économique et la baisse du taux de chômage des jeunes en particulier constituent le véritable enjeu. Le taux de chômage était estimé à 18% en 2011. Dès sa prise de fonction, le gouvernement Jebali a été confronté à des manifestations populaires qui se sont amplifiées en novembre 2012 aussi bien en province (évènement de Siliana) qu’à Tunis.
Politique extérieure
a) La priorité européenne
Traditionnellement, la Tunisie revendique sa dimension méditerranéenne. Sa participation dynamique au dialogue "5+5" et son rôle actif dans le processus euro-méditerranéen visent à renforcer son ancrage à l’Union européenne, son principal partenaire : 74% des exportations tunisiennes sont destinées à l’UE, dont proviennent 63% des importations du pays.
Les relations euro-tunisiennes sont anciennes. La Tunisie et la Commission européenne ont en effet noué des relations contractuelles dès 1976. Aujourd’hui, la Commission travaille à un rééquilibrage des enveloppes destinées aux partenaires du sud de l’Europe, et en particulier vers ceux qui ont engagé des réformes. En outre, la coopération économique et commerciale est un pilier central de ce partenariat. La Tunisie est le premier pays de la rive sud à être intégré dans la zone de libre-échange pour les produits industriels avec l’Union Européenne, depuis le 1er janvier 2008. Enfin, le principe d’un statut avancé a été agréé lors du Conseil d’association du 11 novembre 2008, sous présidence française du Conseil de l’Union européenne et a été signé en novembre 2012.
b) La politique arabe
La Tunisie entretient de bonnes relations avec ses voisins maghrébins. Au cours de la crise libyenne, les autorités tunisiennes ont soutenu l’action de la France et accueilli des milliers de réfugiés libyens. Les Tunisiens sont conscients que la reconstruction de la Libye est une opportunité pour leurs entreprises et leur main-d’œuvre. C’est en Libye, le 2 janvier 2012, que le Président tunisien Moncef Marzouki a effectué sa première visite officielle depuis sa prise de fonction. Il a ensuite entamé le 7 février une tournée régionale (Maroc, Mauritanie, Algérie) pour relancer le projet d’union régionale (Union pour le Maghreb arabe, UMA).
Avant la révolution, la cause palestinienne était pratiquement la seule pour laquelle il était permis de manifester dans la rue. Les Palestiniens ont un fort capital de sympathie pour la Tunisie qui a accueilli le siège de l’OLP de 1982 à la signature des accords d’Oslo en septembre 1993. Hamadi Jebali, le Premier ministre tunisien, a invité Ismaïl Haniyeh, chef du gouvernement Hamas de Gaza, à effectuer une visite en Tunisie du 5 au 9 janvier. Cette initiative d’Ennahda a tendu les relations de la diplomatie tunisienne avec l’autorité palestinienne.
La relation de la Tunisie avec le Qatar s’est renforcée. L’émirat a une réelle influence « culturelle » sur les Tunisiens, par le biais d’Al Jazeera (10% de téléspectateurs). Après le scrutin du 23 octobre, Rached Ghannouchi a effectué son premier déplacement au Qatar.
Le Conseil national syrien (CNS) s’est réuni du 16 au 19 décembre 2011 à Tunis. Cette rencontre a été rendue possible par le soutien personnel du Président Marzouki. Le 4 février 2012, Moncef Marzouki a annoncé que la Tunisie cessait de reconnaître le gouvernement du président Bachar Al Assad comme l’autorité légitime en Syrie et a expulsé l’ambassadeur syrien à Tunis. Le 5 février, Hamadi Jebali a appelé tous les pays à expulser les ambassadeurs syriens pour protester contre la répression sanglante.
c) Le reste du monde
Dans son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale constituante le 22 décembre 2011, le nouveau Premier ministre a donné le ton de la politique étrangère de son gouvernement. La Tunisie se tournera désormais, par ordre de préférence vers le Maghreb, les pays arabes, l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Afrique et le monde musulman, les pays émergents (Turquie et Brésil). Il est probable que les Turcs, très appréciés du fait de leur position sur le processus de paix mais aussi du « modèle AKP » renforcent leurs liens avec la Tunisie. Le ministre des Affaires étrangères tunisien, Rafik Abdessalem, s’est rendu en Turquie le 11 janvier. La Turquie a d’ailleurs annoncé un prêt de 500M$ à la Tunisie.
Mise à jour : 18.12.12
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