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Présentation de la Tunisie

Présentation

Données générales

Nom officiel : République Tunisienne
Nature du régime : République Chef de l’Etat : Béji Caïd Essebsi (depuis le 31 décembre 2014)
Chef de gouvernement : Habib Essid (depuis le 6 février 2015)

Données géographiques

Superficie : 162.155 km²
Capitale : Tunis
Villes principales : Tunis, Sfax, Gabès, Sousse, Kairouan, Bizerte
Langue (s) officielle (s) : arabe
Langue (s) courante (s) : arabe dialectal, langues berbères, français
Monnaie : Dinar Tunisien (1 EUR = 2,2132 DT le 20/01/14)
Fête nationale : 20 mars (commémoration de l’indépendance en 1956)

Données démographiques

Population : 10,88 millions (1/7/2013 source : INS)
Densité : 67,1 hab./km²
Taux d’accroissement naturel : 1,30 % (2012, source : INS)
Espérance de vie : 73,8 années (2012, source : INS)
Taux d’alphabétisation : 77,6 % (source : rapport 2013 du PNUD sur le développement humain)

Religion (s) : Islam (98% de la population dont 85 % de rite malékite, minorité ibadite à Djerba), christianisme (1 %), judaïsme et autres (1%) (2013 source : CIA World Factbook)
Indice de développement humain : 0,712 (94ème) (source : rapport 2012 du PNUD sur le développement humain)

Données économiques

PIB : 46,9 Mds $ (2013, source : Banque mondiale)
PIB par habitant : 4316,8 $ (2013, source : FMI)
Taux de croissance : 2,3% (2014, source : DG Trésor)
Taux de chômage : 15,2% de la population active (2014, source : DG Trésor)
Taux d’inflation : 5,5% (2014, source : DG Trésor)
Solde budgétaire : - 4,6 % (2014, source : DG Trésor)
Balance commerciale : - 15,8 % du PIB (2014, source : DG Trésor)

Principaux clients : France (28%), Italie, Allemagne, Espagne, Suisse
Principaux fournisseurs : France (16%), Italie, Russie, Etats-Unis, Turquie, Chine

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2012, source : CIA World Factbook)

  • agriculture : 8,9 %
  • industrie : 29,6 %
  • service : 61,5 %

Exportations de la France vers la Tunisie : 3, 4 Mds € (2014)
Importations françaises depuis la Tunisie : 4 Mds € (2014)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/tunisie

Consulat (s) de France : Tunis
Communauté française en Tunisie : 30.000 dont 66 % de binationaux
Communauté tunisienne en France : 680.000

Politique intérieure

L’immolation par le feu, à Sidi Bouzid, de Mohamad Tarek Bouazizi, le 17 décembre 2010, a entraîné des manifestations dans tout le pays qui ont conduit au départ du Président Ben Ali, le 14 janvier 2011.

Une troïka alliant le parti islamiste Ennahda, le Congrès pour la République (gauche nationaliste) et Ettakatol (socialiste) a dirigé le pays pendant les trois premières années de la transition, au lendemain du scrutin d’octobre 2011. Mehdi Jomaa (indépendant), a dirigé de janvier 2014 à février 2015 le dernier gouvernement de transition. Cette même année, les Tunisiens ont respecté la feuille de route politique qu’ils s’étaient fixée et qui leur a permis de parachever leur transition politique : adoption en janvier 2014 de la nouvelle constitution tunisienne et organisation, dans de bonnes conditions, des élections législatives du 26 octobre 2014, remportées par Nida Tounès, et de l’élection présidentielle des 23 novembre et 21 décembre 2014, dont Beji Caid Essebsi est sorti vainqueur. Le Président Essebsi a nommé une personnalité indépendante, M. Habib Essid, à la tête du gouvernement, qui s’est formé dans le cadre d’une large coalition avec le parti islamiste Ennahda.

Le Président de la République, M. Béji Caïd Essebsi, représente l’Etat tunisien et dispose de pouvoirs partagés soit avec le chef du gouvernement (diriger la politique étrangère, nommer les ambassadeurs), soit avec l’Assemblée des représentants du peuple (déclarer la guerre). Il est le chef des armées.

  • Le chef du gouvernement, M. Habib Essid, est entré en fonction le 6 février 2015.
  • Le Président de l’Assemblée des représentants du peuple est M. Mohamed Ennaceur (président de Nidaa Tounes, le parti majoritaire avec 86 élus, suivi par Ennahda avec 69 députés).

Situation économique

Encore limitée par des obstacles structurels et par les conséquences sociales de la révolution, l’économie tunisienne a connu en 2014 une croissance modeste (2,3%), principalement portée par la consommation et peu par l’investissement (-12,6% en 2011, -3,8% en 2013 et +1,2% en 2014). La relance de l’activité économique et la résorption du chômage ((15,2% de la population active), des jeunes en particulier, constituent un enjeu crucial pour le pays.

Après une inflation soutenue en 2013 (6,1%) sous l’effet des évolutions du change et des prix de l’énergie, l’année 2014 a vu la pression inflationniste se réduire (5% en décembre). Le déficit budgétaire est mieux encadré. Le principal déséquilibre concerne désormais les comptes extérieurs du fait d’un déficit de la balance courante de 8.9% en 2014 (alimentaire et énergétique principalement).

La Tunisie a pu s’assurer des soutiens financiers étrangers (bilatéraux et multilatéraux) pour combler ses besoins de financements extérieurs. Un accord de confirmation de 1,77 Md$ a été signé avec le FMI en 2013 (dont 1,15 Md$ déjà décaissés) et la Banque Mondiale a mis en place un programme de 1,2 Md$. La Tunisie a aussi levé en janvier 2015, pour la première fois sans garantie étrangère, une émission obligataire d’un milliard de dinars sur les marchés internationaux (à un taux toutefois élevé de 5,75%).

Pilier de l’économie, le tourisme représente 7% du PIB et 400 000 emplois directs ou indirects. En 2014, 6 millions de personnes ont visité la Tunisie, soit 2.3% de moins qu’en 2013. Les recettes ont néanmoins progressé en 2014 (de près de 8% par rapport à 2013, soit 1,69 Md €) mais sont encore en baisse de 14,5% par rapport à 2010.

Politique extérieure

La Tunisie mène traditionnellement une politique extérieure marquée par la discrétion, la recherche du consensus, la préservation de bonnes relations avec son voisinage proche, notamment maghrébin, et le renforcement de son ancrage euro-méditerranéen. Le discours d’investiture du Président Caïd Essebsi a tracé les grandes lignes d’une politique étrangère fondée sur « le respect de la légalité nationale, la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays, la diffusion des valeurs de droits de l’Homme, la consolidation de l’appartenance maghrébine, africaine, arabe, islamique, et méditerranéenne de la Tunisie ».

La priorité européenne

La Tunisie aspire à accéder au statut de « partenaire privilégié » de l’Union européenne, qui est, de très loin, son principal partenaire économique (80 % de ses échanges commerciaux). Elle est le premier partenaire du Sud à avoir conclu en 1995 un accord d’association avec l’UE. La Tunisie est aussi l’un des premiers bénéficiaires de l’aide européenne, 390 millions d’euros pour 2011-2013, et bénéficie de programmes ambitieux d’accompagnement des grands chantiers de la transition (programmes d’appui à la réforme de la justice, réforme du secteur de la sécurité). Le pays est le troisième bénéficiaire des prêts de la Banque Européenne d’Investissements au Sud de la Méditerranée.

La politique arabe

La crise libyenne, qui favorise l’implantation de foyers djihadistes sur le territoire du voisin oriental de la Tunisie, constitue la première source de préoccupation des autorités tunisiennes. Tunis privilégie la coopération régionale et la médiation entre les différentes factions libyennes. La Tunisie plaide pour une solution politique inclusive, et rejette toute perspective d’intervention militaire étrangère, s’accordant sur ce point avec son voisin algérien.

C’est à l’Algérie que BCE a réservé son premier déplacement à l’étranger, le 4 février dernier. Outre leur convergence de vues sur la question libyenne, les deux pays se retrouvent en matière de lutte contre le terrorisme : confrontées depuis deux ans à des poches terroristes à sa frontière orientale, les autorités tunisiennes comptent sur une coopération sécuritaire forte de la part de l’Algérie (en matière de renseignements notamment).

La question palestinienne bénéficie traditionnellement d’un fort capital de sympathie en Tunisie et reste prioritaire pour l’opinion publique tunisienne. La Tunisie avait accueilli le siège de l’OLP de 1982 à la signature des accords d’Oslo en septembre 1993. Hamadi Jebali, ex-Premier ministre tunisien, avait invité Ismaïl Haniyeh, chef du gouvernement Hamas de Gaza, à effectuer une visite en Tunisie en janvier 2012. Cette initiative d’Ennahda avait tendu les relations de la diplomatie tunisienne avec l’autorité palestinienne.

La réorientation de la politique étrangère vers les Etats arabes du Golfe n’est pas allée aussi loin que l’espérait Ennahda au lendemain de la révolution. Le précédent Premier ministre tunisien, Mehdi Jomaa, avait effectué une série de visites officielles dans le Golfe du 15 au 19 mars 2014 (Emirats Arabes Unis, Qatar, Koweït, Bahreïn et Arabie Saoudite). Les aides financières apportées par ces pays se sont avérées avantageuses, mais celles des bailleurs traditionnels de la Tunisie restent indispensables. Les nouvelles autorités tunisiennes se sont notamment tournées vers les Emirats arabes unis, après une détérioration de la relation bilatérale sous la troïka (Ennahda, le CPR et Ettakatol). Le Président Essebsi souhaite également entretenir de bonnes relations avec l’Arabie saoudite, où il s’est rendu à l’occasion des obsèques du roi Abdallah.

S’agissant de la Syrie, le Conseil national syrien (CNS) s’était réuni à Tunis du 16 au 19 décembre 2011. Cette rencontre avait été rendue possible par le soutien personnel du Président Marzouki à l’opposition syrienne. Le 4 février 2012, M. Marzouki avait annoncé que la Tunisie cessait de reconnaître le régime de Bachar Al Assad comme l’autorité légitime en Syrie et avait expulsé l’ambassadeur syrien à Tunis. L’ancien ministre des affaires étrangères, Othman Jarandi, avait condamné en août 2013 le recours aux armes chimiques contre les civils, mais avait néanmoins souligné le refus de son pays d’une intervention militaire étrangère.

Les autres partenaires de la Tunisie

L’arrivée du gouvernement Jomaa, en 2014, avait permis un retour de la confiance dans les relations de la Tunisie avec les États-Unis, qui s’était traduit par des appuis financiers conséquents (en particulier une garantie d’émissions obligataires de 500 M USD) et la reprise d’une coopération en matière sécuritaire. Le Président Essebsi a été reçu en visite officielle à Washington en mai 2015, à l’occasion de laquelle le Président Obama a annoncé son intention d’accorder à la Tunisie le statut d’ « allié majeur non-membre de l’Otan », qui donne accès à une coopération militaire renforcée avec les Etats-Unis, notamment dans l’achat d’armements.

La Tunisie souhaite également se tourner vers les grands pays émergents que sont la Turquie (signature d’un accord de libre-échange en 2004) et le Brésil. Le Premier ministre tunisien, Mehdi Jomaa, a effectué une série de visites officielles dans plusieurs états du Golfe, du 15 au 19 mars 2014. Il s’est ainsi rendu aux Emirats Arabes Unis, au Qatar, au Koweït au Bahreïn et en Arabie Saoudite

Mise à jour : 09.06.15

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