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Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord.
Nature du régime : Monarchie constitutionnelle. Démocratie parlementaire.
Chef de l’Etat : Elizabeth II, Reine d’Angleterre (6 février 1952).
Chef du Gouvernement, Premier ministre : David Cameron (12 mai 2010).


Données géographiques

Superficie : 244 820 km²
Angleterre : 130 395 km²
Écosse : 78 782 km²
Pays de Galles : 20 779 km²
Irlande du Nord : 13 843 km²

Capitale : Londres (London).
Villes principales : Londres, Manchester, Birmingham, Leeds, Glasgow, Cardiff, Belfast.
Langue officielle : anglais.
Langue courante : anglais.
Monnaie : livre sterling - symbole : £.
Fête nationale : 14 juin, anniversaire officiel de la Reine.


Données démographiques

Population (2012) : 63 182 000 habitants.
Angleterre : 53,01 millions d’habitants.
Londres (7,82M), Manchester (2,62M), Birmingham (2,28M), Leeds (1,49M), Sheffield (0,64M).
Écosse : 5,29M (chiffres issus du recensement 2011 publiés le 17 décembre 2012) - Glasgow (1,16M), Edimbourg (0,49M).
Pays de Galles 3,06M – Cardiff (0,32M).
Irlande du Nord 1,81M - Belfast (0,27M).

Population active (2011) : 30,72M (services 82,9%, industrie 15,8%, agriculture 1,3%).
Densité : 258,07 habitants/km².
Croissance démographique : entre 0,2 et 0,3% d’ici 2050.
Espérance de vie (H/F) (2011) : 79 ans/83 ans.
Taux d’alphabétisation : 99%.

Religions : Deux religions d’Etat : anglicanisme en Angleterre et presbytérianisme en Ecosse. Anglicans : 35%. Catholiques romains : 9%. Presbytériens : 4%. Autres chrétiens : 14%. Musulmans : 2,7%. Hindous : 1%. Sikhs : 0,6%. Juifs : 0,5%. Bouddhistes : 0,3%.
Autres : 0,2%. Sans religion : 33%. (source : British Social Attitudes).

Indice de développement humain (2011 - PNUD) : 0,863. 28ème rang mondial (26ème en 2009 et 18ème en 2006).


Données économiques
Sources : UK for National statistics et Eurostat

PIB (2013) : 1890,2 Md € - 7ème économie mondiale.
PIB par habitant (2012) : 30 300 €.

Taux de croissance (2013) : 1,3% (prévisions 2014 : 2,7%)
Taux de chômage (2014) : 6,9 % (19,9% chez les 16-24 ans)
Solde budgétaire (2012) : -6,1% PIB (prévisions de 5,5% pour 2014)
Dette publique (au sens de Maastricht) : 91,2% (2013).
Balance commerciale (2012) : - 162,1 Md € [Export : 377,0 Md€ - Import : 539,1, Md€].

Principaux clients (2012) : Etats-Unis (13,2%), Allemagne (10,7%), Pays-Bas (7,8%), France (7,2%), Irlande (5,5%), Belgique (4,6%).
Principaux fournisseurs : Allemagne (12,3%), Etats-Unis (8,8%), Chine (8,1%), Pays-Bas (7,1%), France (5,6%), Norvège (4,8%).

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 0,7 %
  • industrie : 21,6%
  • services : 76,9 %.

Lien utile : http://www.tresor.economie.gouv.fr/… Uni
Sources disponibles : DG-Trésor, Commission européenne, FMI

Consulats de France : Londres, Edimbourg.

Communauté française au Royaume Uni (2013) : 126 239 Français enregistrés (+ 0,2% par rapport à 2012) dont 120 707 dans la circonscription de Londres et 5 532 dans la circonscription d’Edimbourg et Glasgow. Le nombre total de Français résidant au Royaume Uni est estimé à 350.000.

Communauté britannique en France : 400 000 (estimation).


Politique intérieure

Après 13 ans de majorité travailliste, le scrutin du 6 mai 2010 marque l’élection d’un « Hung Parliament » (sans parti majoritaire à lui seul) à la Chambre des Communes : 307 députés conservateurs, 258 travaillistes, 57 libéraux-démocrates et 30 députés de petits partis régionalistes. Les seules possibilités offertes aux partis politiques sont alors de constituer soit un gouvernement minoritaire soit une coalition, pour la première fois depuis 1931.

Elu à la tête des Conservateurs en 2005, David Cameron forme le 11 mai 2010, à 44 ans, un gouvernement de coalition avec les Lib-Dems, Nick Clegg devenant vice-premier ministre. Le gouvernement inscrit son action dans une logique de long terme, fondée sur l’amélioration de la compétitivité de l’économie, stimulant une croissance tirée par le secteur privé et atténuant l’impact social des coupes budgétaires.

Le parti libéral-démocrate est de loin le plus pro-européen et internationaliste du pays. Il est également traditionnellement le parti le plus anti-nucléaire et le refuge des partisans d’un désarmement unilatéral.

Face à la montée du vote protestataire en faveur du parti pour l’indépendance UKIP (12% des intentions de vote), le parti conservateur a durci sa politique, en particulier sur les questions migratoires, de libre circulation et de versement des prestations sociales aux étrangers, qui polarisent le débat interne. La fin de la période transitoire pour les Roumains et les Bulgares a précipité l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2014, de plusieurs mesures visant à restreindre l’immigration (y compris intracommunautaire) : renforcement du niveau de langue exigé pour accéder au statut de résident ; versement des allocations chômage seulement à partir de trois mois de résidence, sous condition de ressources.


Question écossaise

Le Parti National Ecossais (SNP), de centre-gauche dispose d’une majorité (65 sièges sur 129) au Parlement écossais depuis l’alternance de 2011 après 13 ans de législature travailliste dans une région où les conservateurs n’arrivent pas à percer. Depuis la création du parti en 1934, et sa montée en puissance dans les années 1970, le sujet de l’indépendance est un thème de débat récurrent. L’Ecosse jouit, depuis les accords de "dévolution" de 1999, d’une autonomie accrue au sein du Royaume-Uni, en matière d’éducation, de santé, d’environnement et de justice, les questions relatives aux affaires étrangères, à l’énergie, à la fiscalité et à la défense restant du ressort de Londres.

Après en avoir accepté le principe en janvier 2012, David Cameron a signé, le 15 octobre à Edimbourg, avec le dirigeant indépendantiste écossais, Alex Salmond, un accord prévoyant l’organisation d’un référendum sur l’indépendance, qui aura lieu le 18 septembre. David Cameron espérait renouveler le précédent de 1973 en Irlande du Nord, soldé par un statu quo, et enrayer la montée du SNP.Ouvert aux résidents en Ecosse, y compris les jeunes de 16 et 17 ans, le référendum portera sur un choix binaire (rester dans l’union ou la quitter) juridiquement contraignant. Les sondages restent favorables à la cause unioniste (39% des électeurs pour l’indépendance, 42% contre et 19% d’indécis) mais l’écart entre les deux camps se resserre à mesure que le scrutin approche.

Le débat s’est récemment durci autour de deux sujets décisifs pour l’issue du vote : le maintien de la livre et l’appartenance à l’UE. Le SNP, dans son livre blanc sur l’indépendance (26 novembre), assure que l’indépendance n’entraînerait pas de sortie de l’UE ou de l’OTAN et que l’Ecosse conserverait la livre comme monnaie et la Reine comme chef de l’Etat, ce qui est susceptible de rassurer les électeurs indécis. Au contraire, les unionistes ont exclu une union monétaire avec l’Ecosse et ont mis en avant les déclarations du président de la Commission européenne (décembre 2012 puis février 2013) expliquant notamment que l’accession d’une Ecosse indépendante à l’UE serait « très difficile, voire impossible ». Le gouvernement britannique insiste également sur les incertitudes pesant sur le secteur pétrolier et sa rentabilité.

L’Ecosse représente un tiers du territoire, 8,4% de la population du Royaume-Uni et près de 10% du PIB national. La force océanique de dissuasion nucléaire britannique est en Ecosse et il n’y a pas de site alternatif à Faslane. L’Ecosse souhaite conserver les revenus des hydrocarbures en Mer du Nord. A l’occasion du remaniement du 7 octobre, Michael Moore, le ministre lib-dem chargé de ce dossier, a été remplacé par Alistair Carmichael, personnalité plus combattive et perçue comme mieux à même de porter la contradiction face au First minister écossais, Alex Salmond.


Situation économique

Le gouvernement de D. Cameron mène depuis 2010 une politique de rigueur budgétaire qui semble porter ses fruits. La présentation du budget, le 19 mars 2014, (Autumn Statement) a été marquée par une révision en hausse des prévisions de croissance ( + 2,7% pour 2014 (+0,3 point par rapport à décembre 2013 et +2,3% pour 2015 (+0,2 point)). Le budget confirme la consolidation budgétaire, même si le déficit public (5,5% du PIB prévus en 2014-2015) et la dette (91,2%) restent à un niveau élevé. Malgré l’amélioration des perspectives économiques, le cap de la rigueur budgétaire est maintenu (réduction de dépenses publiques supplémentaires, hausse de certains prélèvements, relèvement de l’âge de la retraite).

En dépit de l’austérité, le gouvernement a mis en place quelques mesures favorables au pouvoir d’achat des ménages : réduction de la fiscalité environnementale, annonce d’une augmentation de 11% du revenu minimum d’ici 2015 (seulement 4% des salariés seraient concernés).Par ailleurs, les grands projets d’infrastructures restent une priorité (335 Mds£ d’investissements publics et privés d’ici 2030). Londres s’applique à attirer les investisseurs étrangers par une politique de l’offre (baisse de l’impôt sur les sociétés à 20% en avril 2015 soit le taux le plus bas du G7 et du G20) et à faire de la City une plaque tournante de la finance internationale.

En parallèle, a Banque d’Angleterre mène une politique monétaire expansionniste, avec le maintien d’un taux d’intérêt historiquement bas et la mise en place d’une politique monétaire non conventionnelle « d’assouplissement quantitatif » (Quantitative Easing) – achats de bons du Trésor britannique financés par émission monétaire, à hauteur de 375 Md£. Cette politique favorise l’inflation et la dépréciation de la livre.


Energie

Le Royaume-Uni est confronté à un défi énergétique sans précédent : fermeture d’ici 2020 d’un quart de ses capacités de production d’électricité ; mix énergétique dominé par les énergies fossiles ; engagement ambitieux en matière de réductions de CO2 (-34%/2020 et -80% d’ici 2050).

La loi sur l’énergie, qui regroupe un paquet de mesures visant à réformer le marché de l’électricité, a été promulguée le 19 décembre 2013. Elle prévoit notamment une forte augmentation des subventions au secteur des énergies à faible empreinte carbone : 9,8 Mds£ en valeur nominale (7,6 Mds£ en prix réels 2012) d’ici 2020. Mesure figurant dans l’accord de coalition de mai 2010, le prix plancher du carbone est entré en vigueur le 1er avril pour inciter le secteur privé à investir dans la production d’électricité sobre en carbone. Cette taxe revient à un quasi doublement du prix du carbone sur le marché ETS et augmentera rapidement par la suite, entraînant des coûts importants dans un pays où près de 70% de l’électricité est d’origine fossile.

Par ailleurs, le gouvernement a publié, le 5 décembre 2012, la stratégie du gaz et, le 26 mars, la stratégie industrielle sur l’énergie. Cette dernière confirme le rôle important du nucléaire et l’importance croissante donnée à la dimension industrielle de la politique énergétique. Le gouvernement, qui cherche à prémunir le pays contre le risque de coupures de courant dans les prochaines années, espère attirer 110 Mds£ d’investissements privés dans les infrastructures énergétiques.

Le Royaume-Uni est engagé dans l’exploitation du gaz de schiste.

Le Royaume-Uni compte aujourd’hui 16 réacteurs (dont 15 exploités par EDF Energy). Le 21 octobre 2013, le gouvernement britannique et EDF Energy sont parvenus à un accord commercial en vue de la construction de deux EPR de 3ème génération sur le site d’Hinkley point (sud-ouest de l’Angleterre).


Politique extérieure

Une diplomatie d’envergure mondiale

Le gouvernement Cameron conduit une politique étrangère pragmatique et au service des intérêts britanniques. Ses grandes priorités sont sensiblement identiques à celles des gouvernements travaillistes qui l’ont précédé, mais présentent quelques inflexions. Traditionnellement, la politique étrangère du Royaume-Uni est présentée dans les trois dimensions chères à Churchill : l’Europe, la relation transatlantique et le Commonwealth. Londres attache toujours beaucoup d’importance à la relation transatlantique, malgré un lien moins inconditionnel avec les Etats-Unis, et reste conscient de sa dépendance à l’égard de l’Union européenne.

En outre, le Royaume-Uni reste attaché au Commonwealth, fort de ses 53 pays membres (depuis le retrait de la Gambie en octobre 2013) et plus de 2 milliards de citoyens. Par ailleurs, le Royaume-Uni souhaite désormais renforcer ses liens avec l’ensemble des économies émergentes d’Asie, d’Afrique du Nord et d’Amérique latine, et mettre sa diplomatie davantage au service de ses intérêts économiques et commerciaux.

La "relation spéciale" qui unit le Royaume-Uni aux Etats-Unis repose sur le partage du renseignement, la proximité des politiques économiques et l’intensité des flux d’investissements ainsi que les relations militaires. Elle fait l’objet d’un consensus quasi-constant au sein des élites politiques du pays. Après les attentats du 11 septembre 2001, cette alliance est apparue essentielle à deux reprises : en octobre 2001 avec le lancement conjoint de l’offensive en Afghanistan, puis en mars 2003 - avec plus de visibilité encore du fait de la division de la communauté internationale - lors de l’intervention en Irak. S’il ne reste plus de soldats britanniques en Irak depuis juillet 2009, le contingent britannique en Afghanistan, deuxième contribution à la FIAS essentiellement déployée dans le Helmand, est actuellement de 5.200 hommes (après un pic à 10.000 en 2011). La priorité du Royaume-Uni est désormais de réussir la transition et d’assurer un soutien durable aux forces de sécurité afghanes après 2014.

Les responsables britanniques affichent néanmoins depuis quelques années la volonté de rendre l’alignement avec les Etats-Unis moins inconditionnel. En effet, dans l’opinion britannique, la relation avec les Etats-Unis est depuis quelque temps empreinte de méfiance : les Etats-Unis auraient volontairement mal informé les Britanniques sur les motifs de leur engagement en Irak et en Afghanistan, afin d’obtenir leur soutien. Le Royaume-Uni se démarque aussi des Etats-Unis par une position plus équilibrée dans le conflit israélo-palestinien (depuis l’opération « Plomb durci » en 2009). William Hague se dit « ami critique d’Israël » et condamne fermement les colonies, alors que l’opinion se montre parfois ouvertement hostile.

Désireux de mettre davantage la diplomatie britannique au service des intérêts économiques et commerciaux de son pays, David Cameron souhaite renforcer les liens avec les pays émergents d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique du Nord. William Hague s’est ainsi engagé à maintenir les 140 ambassades britanniques à travers le monde et à renforcer la présence britannique dans les pays émergents, plus particulièrement les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) par l’ouverture ou l’augmentation des effectifs de consulats, en particulier en Chine et en Inde mais aussi au Brésil, au Mexique, en Indonésie et en Turquie. L’ambassade à Madagascar, fermée en 2005, est rouverte depuis fin octobre 2013. L’effort particulier mis sur les puissances émergentes et des régions clés doit être compensé par une empreinte moindre ou plus « efficace » en Europe, en Afghanistan et en Irak (fermeture du consulat général à Bassora en Irak).

Après une période d’inquiétudes du fait du dossier des droits de l’homme, la relation sino-britannique est marquée par un renforcement des partenariats stratégiques. Le déplacement de George Osborne en Chine (14-19 octobre 2013), précédé de plusieurs mois de diplomatie très conciliante du côté britannique, a marqué la fin du gel des relations bilatérales entamé il y a plus d’un an à la suite des rencontres de David Cameron et Nick Clegg avec le Dalaï Lama. Dans un contexte d’intensification des échanges bilatéraux, cette visite a permis de signer plusieurs accords témoignant d’un renforcement des liens économiques et commerciaux avec Pékin : facilitations pour la délivrance de visas ; mesures en faveur de l’installation des succursales bancaires chinoises au Royaume-Uni ; renforcement du rôle de centre offshore de Londres pour le renminbi (62% des transactions en yuan hors Chine et Taïwan passent déjà par le marché des changes britanniques, Forex) ; coopération nucléaire. La visite de David Cameron en Chine le 2-5 décembre 2013 constitue le point d’orgue de ce processus de réconciliation diplomatique. A cette occasion, le premier ministre britannique s’est déclaré favorable à la signature d’un accord de libre-échange UE/Chine et a présenté le Royaume-Uni comme le pays le plus à même de défendre les intérêts économiques de Pékin en Europe.

En 2012, le Royaume-Uni a été la première destination des investissements directs chinois à l’étranger (après Hong Kong). Il est l’un des principaux pays d’accueil des étudiants chinois (près de 120.000) et le premier des pays européens s’agissant du nombre d’Instituts Confucius (20 instituts et 60 salles de classe sur tout le territoire).

Les relations bilatérales avec l’Inde, parfois ambiguës du fait du passé colonial, constituent une priorité pour la diplomatie britannique. Le Royaume Uni est en tête des investissements indiens en Europe et la communauté indienne compte 1,5 millions de membres. David Cameron s’est rendu en Inde une première fois en juillet 2010 et a insisté sur la nécessité de relancer un partenariat stratégique entre les deux pays, malgré les irritants (difficultés faites aux investisseurs britanniques, restrictions à l’immigration au Royaume-Uni). A l’occasion d’une deuxième visite du 18 au 20 février 2013, le Premier ministre a fixé l’objectif de doubler le niveau du commerce bilatéral annuel d’ici 2015, le faisant ainsi passer à 16 Mds£. Lors de sa dernière visite, le 14-15 novembre 2013, D. Cameron s’est efforcé d’envoyer un signal fort sur la politique migratoire, irritant dans les relations des derniers mois. Les restrictions à l’immigration (portant sur six pays dont l’Inde, et désormais supprimées) ne devaient pas dissuader les étudiants et investisseurs, qui seraient accueillis sans limite de nombre.

Le Pakistan est un partenaire incontournable pour le Royaume-Uni. Un dialogue stratégique renforcé dans cinq domaines de coopération (commerce et affaires, finance et aide au développement, éducation et santé, culture, défense et sécurité) a été instauré en avril 2011. David Cameron a été le premier dirigeant de gouvernement européen à se rendre à Islamabad (29-30 juin 2013) depuis la formation du nouveau gouvernement pakistanais. Le premier ministre Nawaz Sharif se rendra au Royaume-Uni le 30 avril 2014, avec un programme à dominante économique. Le Royaume-Uni cherche à jouer le rôle d’intermédiaire dans la réconciliation entre le Pakistan et l’Afghanistan : une première réunion trilatérale s’est tenue à Chequers en février 2013, et la seconde à Londres fin octobre 2013, marquant un net réchauffement des relations.

Le gouvernement de D. Cameron s’efforce d’améliorer l’état des relations du Royaume-Uni avec la Russie, marquées depuis plusieurs années par un relent de guerre froide (affaire Litvinenko, octroi de l’asile politique à l’oligarque Berezovsky et à l’indépendantiste tchétchène Zakaiev, expulsions de diplomates, tracasseries infligées au British Council en Russie). De fait, les intérêts économiques des deux pays peuvent se rejoindre (les relations commerciales ont enregistré une hausse de 39% en 2011).

Plus de 1000 compagnies britanniques sont immatriculées en Russie et la Russie constitue un investisseur étranger important pour la levée de fonds à la Bourse de Londres. 500.000 Russes vivraient au Royaume-Uni. Les efforts entrepris depuis 2009 ont abouti au déplacement en Russie de William Hague en octobre 2010 et en mai 2012, et de David Cameron en septembre 2011. Pour la première fois depuis neuf ans, Vladimir Poutine a effectué une visite à Londres le 2 août 2012 à l’occasion des Jeux olympiques. A l’occasion des jeux Olympiques de Sotchi, les agences de renseignements britanniques et russes ont dit reprendre leur collaboration, rompue depuis 2007, afin d’assurer la sécurité des jeux.

Dans la crise ukrainienne, le Royaume-Uni tient une position ferme vis-à-vis de la Russie et se dit prêt à enclencher les sanctions économiques de troisième phase, à condition que le fardeau soit équitablement réparti entre Etats membres de l’UE.


Un engagement fort au service de la résolution des crises en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique

La Somalie constitue un intérêt britannique majeur : héritage colonial et zone d’influence, impact de la piraterie sur les intérêts commerciaux britanniques, contre-terrorisme. Le Premier Ministre David Cameron a pris l’initiative de la Conférence du 23 février 2012 qui a notamment abouti à la révision du mandat de la force de l’Union Africaine, l’AMISOM. Le Royaume-Uni reste très attaché au financement pérenne de l’AMISOM. 

Les menaces pour la sécurité européenne provenant du Sahel sont bien comprises de nos partenaires britanniques. Volontariste et désireux de bénéficier de notre expertise, inquiet des risques d’expansion, Londres est le premier de nos partenaires à avoir fourni une assistance lors de l’opération au Mali, et le seul allié européen à nous fournir un appui à deux composantes, transport et renseignement (avec deux C17 et un avion Sentinel IRS-Intelligence Surveillance Reconnaissance).

En RCA, le Royaume-Uni a également soutenu le lancement de l’opération Sangaris par une aide de transport logistique (trois vols de C17 début décembre) et une aide humanitaire considérable (23M£ depuis juillet 2013). Le Royaume-Uni soutient pleinement notre action, et a proposé de renouveler son aide logistique, mais exclut totalement de participer à la génération des forces en vue d’une opération européenne de maintien de la paix (« no boots on the ground »), dans un contexte où l’opinion britannique rejette toute intervention qui ne serait pas directement liée aux intérêts vitaux britanniques.

Le Royaume-Uni condamne sans réserve, comme la France, la répression féroce menée en Syrie par le régime de Bachar Al Assad. Le 20 novembre 2012, le Royaume-Uni a reconnu la nouvelle Coalition de l’opposition syrienne comme seul représentant légitime du peuple syrien. Le vote négatif à la chambre des Communes le 29 août a fait disparaître le débat sur une quelconque intervention britannique, que l’opinion rejette massivement. La réponse humanitaire est désormais la priorité : le Royaume-Uni consacre au total 600 M£ à l’aide humanitaire en Syrie et dans les pays voisins accueillant des réfugiés.

Après les révolutions en Tunisie et en Egypte, les autorités britanniques ont appelé ces deux pays à saisir les opportunités en matière de développement économique et d’ouverture politique. Inquiets du ralentissement économique notamment en Egypte, les Britanniques appellent à une meilleure coordination des bailleurs (Banque mondiale, FMI, UE) et à une relance de la politique de voisinage.

Concernant la question du nucléaire en Iran, le Royaume-Uni, tout en gardant en mémoire l’invasion de son ambassade à Téhéran en novembre 2011, privilégie la solution diplomatique dans le cadre E3+3. Sur une ligne très similaire à la nôtre, Londres considère que le maintien de sanctions importantes couplé avec une pression sur l’Iran pour faire avancer les négociations est la meilleure approche. Par ailleurs les deux pays ont engagé une reprise des relations diplomatiques avec la désignation de représentants spéciaux non-résidents, et la perspective d’une prochaine réouverture de l’ambassade britannique à Téhéran.

Londres souhaite une relance du processus de paix israélo-palestinien. Les Britanniques apportent un soutien sans réserve à l’initiative de John Kerry, et considèrent qu’une fenêtre d’opportunité est actuellement ouverte pour avancer. William Hague a fermement condamné toutes les dernières annonces des autorités israéliennes sur la poursuite de la colonisation. Généralement, les positions britanniques sur le dossier israélo-palestinien sont très proches des nôtres. Elles ont toutefois divergé lors du vote du 29 novembre 2012 sur le rehaussement du statut de la Palestine à l’ONU ainsi qu’en 2011 sur l’adhésion palestinienne à l’UNESCO (abstentions britanniques).


Défense

Dans le cadre de la Révision stratégique de la défense et de la sécurité (équivalent du Livre blanc de la Défense) qui sera tenue en 2015, le ministère de la Défense a annoncé la suppression de 5300 emplois dans l’armée. D’ici 2020, l’armée régulière comptera 82 000 personnes, soit leur plus bas niveau depuis le 19ème siècle. Le budget de la défense reste stable à 33 milliards de livres.


Mise à jour : 30.04.14


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