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Présentation du Royaume-Uni

Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord.
Nature du régime : Monarchie constitutionnelle. Démocratie parlementaire.
Chef de l’Etat : Elizabeth II, Reine d’Angleterre (6 février 1952).
Chef du Gouvernement, Premier ministre : David Cameron (12 mai 2010).

Données géographiques

Superficie : 244 820 km2
Angleterre : 130 395 km2
Écosse : 78 782 km2
Pays de Galles : 20 779 km2
Irlande du Nord : 13 843 km2

Capitale : Londres (London).
Villes principales : Londres, Manchester, Birmingham, Leeds, Glasgow, Cardiff, Belfast.
Langue officielle : anglais.
Langue courante : anglais.
Monnaie : livre sterling - symbole : £.
Fête nationale : 14 juin, anniversaire officiel de la Reine.

Données démographiques

Population (2013) : 64,10M d’ habitants.
Angleterre : 53,90 millions d’habitants.
Londres (7,82M), Manchester (2,62M), Birmingham (2,28M), Leeds (1,49M), Sheffield (0,64M).
Écosse : 5,30M* - Glasgow (1,16M), Edimbourg (0,49M).
Pays de Galles 3,10M – Cardiff (0,32M).
Irlande du Nord 1,81M - Belfast (0,27M).
* Chiffres issus du recensement 2011 publiés le 17 décembre 2012

Population active (2013) : 30,76M (services 82,9%, industrie 15,8%, agriculture 1,3%).
Densité : 258,07 habitants/km².
Croissance démographique : entre 0,2 et 0,3% d’ici 2050.
Espérance de vie (H/F) (2011) : 79 ans/83 ans.
Taux d’alphabétisation : 99%.
Religions : Deux religions d’Etat : anglicanisme en Angleterre et presbytérianisme en Ecosse. Anglicans : 35%. Catholiques romains : 9%. Presbytériens : 4%. Autres chrétiens : 14%. Musulmans : 2,7%. Hindous : 1%. Sikhs : 0,6%. Juifs : 0,5%. Bouddhistes : 0,3%.
Autres : 0,2%. Sans religion : 33%. (source : British Social Attitudes).

Indice de développement humain (2013 - PNUD) : 0,892. 14ème rang mondial (28ème en 2011 et 18ème en 2006).

Données économiques
Sources : UK for National statistics et Eurostat

PIB (2014) : 2231,5 Md € - 5ème économie mondiale.
PIB par habitant (2014) : 34 579 €.
Taux de croissance (2014) : 2,6,%
Taux de chômage (2014) : 5,8 % (taux chômage des jeunes : 20,5%)
Solde budgétaire (2014) : -5,4% PIB (prévisions de 4,4% pour 2015)
Dette publique (au sens de Maastricht) : 89% (2014).
Balance commerciale (2013) : - 86,4 Md € [Export : 407,4 Md€ - Import : 493,8 Md€].

Principaux clients (2013) : Suisse (12,8%) Etats-Unis (10,6%), Allemagne (8,2%), Pays-Bas (6,9%), France (5,8%), Irlande (5,2%).
Principaux fournisseurs : Allemagne (13,2%), Chine (8,3%), Pays-Bas (8,1%), Etats-Unis (7,0%), France (5,7%), Belgique (4,7%).

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 0,7 %
  • industrie : 21,6%
  • services : 76,9 %.

Lien utile : http://www.tresor.economie.gouv.fr/Royaume Uni
Sources disponibles : DG-Trésor, Commission européenne, FMI

Consulats de France : Londres, Edimbourg.

Communauté française au Royaume Uni (31 décembre 2013) : 126 239 Français enregistrés (+ 0,2% par rapport à 2012) dont 120 707 dans la circonscription de Londres et 5 532 dans la circonscription d’Edimbourg et Glasgow. Le nombre total de Français résidant au Royaume Uni est estimé à 350.000.

Communauté britannique en France : 400 000 (estimation).

Politique intérieure

A l’issue des élections législatives du 7 mai 2015, le parti conservateur a obtenu la majorité absolue des sièges au Parlement (331 sièges sur 650), ce qui lui permet de gouverner seul après cinq ans d’une coalition avec le parti libéral-démocrate. Avec près de 37% des voix (+0,8% par rapport à 2010), ils remportent 24 circonscriptions supplémentaires. Le parti travailliste (+1.5% par rapport à 2010 soit 30,4% - 232 sièges) perd 26 sièges ; les libéraux-démocrates ne conservent que 8 sièges (-49 par rapport à 2010). Troisième parti en nombre de voix (12,6% soit +9,5% par rapport à 2010), UKIP confirme sa présence dans le paysage britannique, même si elle ne se traduit pas en termes de sièges. Ces élections traduisent enfin une percée sans précédent pour le parti nationaliste écossais (+50 sièges), qui obtient 56 des 59 sièges en Ecosse.

Sur la base de son manifeste de campagne, le gouvernement conservateur de D. Cameron officialisera son programme de travail lors de la cérémonie du discours du trône, prévue le 27 mai. Deux principaux axes de travail seront la réorganisation institutionnelle du royaume (renforcement de la décentralisation et du pouvoir des grandes agglomérations) et la relation du Royaume-Uni à l’UE.

Question écossaise

L’Ecosse représente un tiers du territoire, 8,4% de la population du Royaume-Uni et près de 10% du PIB national. Le Parti National Ecossais (SNP), de centre-gauche dispose d’une majorité (65 sièges sur 129) au Parlement écossais depuis l’alternance de 2011 après 13 ans de législature travailliste dans une région où les conservateurs n’arrivent pas à percer. Depuis la création du parti en 1934, et sa montée en puissance dans les années 1970, le sujet de l’indépendance est un thème de débat récurrent. L’Ecosse jouit, depuis les accords de « dévolution » de 1999, d’une autonomie accrue au sein du Royaume-Uni, en matière d’éducation, de santé, d’environnement et de justice, les questions relatives aux affaires étrangères, à l’énergie, à la fiscalité et à la défense restant du ressort de Londres. Après en avoir accepté le principe en janvier 2012, David Cameron a signé, le 15 octobre à Edimbourg, avec le dirigeant indépendantiste écossais, Alex Salmond, un accord prévoyant l’organisation d’un référendum sur l’indépendance, le 18 septembre. Ouvert aux résidents en Ecosse, y compris les jeunes de 16 et 17 ans, ce referendum a abouti au maintien de l’Ecosse dans le Royaume-Uni (55,3% des voix).

Ce résultat a ouvert une profonde réforme institutionnelle et administrative du pays. Après les promesses des trois partis unionistes de renforcer l’autonomie de l’Ecosse (Devo max) en matière de taxe, de dépenses et de sécurité sociale, la commission pluri-partisane Smith a présenté en janvier 2015 un projet de loi visant à renforcer les pouvoirs de l’Ecosse. En parallèle, l’ancien ministre des affaires étrangères William Hague mène une réflexion sur la représentation de l’Angleterre au Parlement de Westminster.

Situation économique

Le précédent gouvernement de D. Cameron a mené depuis 2010 une politique de rigueur budgétaire, couplée à une politique monétaire expansionniste, qui s’est accompagné d’une amélioration de la situation économique du pays depuis 2013. Le taux de croissance y est de 2.6 % et le chômage, en baisse continue, pourrait atteindre les 5.6% en 2015. L’activité a été particulièrement dynamique dans les services et l’industrie.

Le déficit public reste élevé mais se résorbe (4.6 % projetés pour 2015). Les principaux points de vigilance sont la dette publique, qui continue de croitre (90% attendue pour 2015) et la hausse constante des prix de l’immobilier, faisant craindre une nouvelle bulle spéculative. Malgré l’amélioration des perspectives économiques, le cap de la rigueur budgétaire est maintenu (réduction de dépenses publiques supplémentaires, hausse de certains prélèvements, relèvement de l’âge de la retraite). La répartition des fruits de la croissance (restauration du pouvoir d’achat, réduction des inégalités sociales) et la qualité des services publics font débat. Lle gouvernement a mis en place quelques mesures favorables au pouvoir d’achat des ménages : réduction de la fiscalité environnementale, annonce d’une augmentation de 11% du revenu minimum d’ici 2015 (4% des salariés seraient concernés).

Les grands projets d’infrastructures restent une priorité (335 Mds£ d’investissements publics et privés d’ici 2030). Londres s’applique à attirer les investisseurs étrangers par une politique de l’offre (baisse de l’impôt sur les sociétés à 20% en avril 2015 soit le taux le plus bas du G7 et du G20) et à faire de la City une plaque tournante de la finance internationale.

Energie

Le Royaume-Uni est confronté à un défi énergétique sans précédent : fermeture d’ici 2020 d’un quart de ses capacités de production d’électricité ; mix énergétique dominé par les énergies fossiles ; engagement ambitieux en matière de réductions de CO2 (-34 %/2020 et -80 % d’ici 2050). Le Royaume-Uni compte aujourd’hui 16 réacteurs (dont 15 exploités par EDF Energy).Le pays est par ailleurs engagé dans l’exploitation du gaz de schiste.

La loi sur l’énergie, qui regroupe un paquet de mesures visant à réformer le marché de l’électricité, a été promulguée le 19 décembre 2013. Elle prévoit notamment une forte augmentation des subventions au secteur des énergies à faible empreinte carbone (9,8 Mds£* d’ici 2020). Le prix plancher du carbone est entré en vigueur le 1er avril 2014 pour inciter le secteur privé à investir dans la production d’électricité sobre en carbone. Cette taxe revient à un quasi doublement du prix du carbone sur le marché ETS et augmentera rapidement par la suite, entraînant des coûts importants dans un pays où près de 70% de l’électricité est d’origine fossile.

La stratégie industrielle sur l’énergie (26 mars 2014) confirme le rôle important du nucléaire et l’importance croissante donnée à la dimension industrielle de la politique énergétique. L’objectif est d’attirer 110 Mds£ d’investissements privés dans les infrastructures énergétiques

Le 21 octobre 2013, le gouvernement britannique et EDF Energy sont parvenus à un accord commercial en vue de la construction de deux EPR de 3ème génération sur le site d’Hinkley point (sud-ouest de l’Angleterre).

* En valeur nominale. 7,6 Mds£ en prix réels 2012

Politique extérieure

Une diplomatie d’envergure mondiale

Traditionnellement, la politique étrangère du Royaume-Uni est présentée dans trois dimensions : l’Europe, la relation transatlantique et le Commonwealth. Londres attache toujours beaucoup d’importance à la relation transatlantique, malgré un lien moins inconditionnel avec les Etats-Unis, et. En outre, le Royaume-Uni reste attaché au Commonwealth, fort de ses 53 pays membres) et plus de 2 milliards de citoyens.

Le premier mandat de David Cameron (2010-2015) a été marqué par la continuité avec les gouvernements travaillistes qui ont précédé sur les grands sujets de la politique étrangère (Proche-Orient, Irak et Afghanistan, relation avec la Russie). Aussi, un large consensus entre le gouvernement et l’opposition a prévalu sur ces sujets, à l’exception notable du vote des députés travaillistes contre les frappes aériennes en Syrie. Le Royaume-Uni s’est montré pragmatique en relançant la relation avec la Chine malgré les critiques persistantes de la situation des droits de l’homme dans le pays, et a tenté plus généralement de faire une plus grande place aux pays émergents dans sa politique étrangère. Les tentatives de rétablir une relation de proximité avec l’Inde, en capitalisant sur le passé commun, n’ont pas eu le succès escompté : le rapport de forces s’est inversé et l’Inde en est consciente. L’effacement du gouvernement britannique dans les négociations avec la Russie sur la crise ukrainienne lui ont valu des critiques de l’opposition mais aussi une inquiétude croissante des Etats-Unis. Le nouveau mandat de David Cameron ne devrait pas apporter d’inflexion majeure dans la politique étrangère britannique, surtout que le ministre des Affaires étrangères Philip Hammond a été reconduit à son poste. Le Royaume-Uni pourrait cependant se montrer moins « isolationniste » sous la pression des partenaires de l’UE et de l’OTAN.

La « relation spéciale » qui unit le Royaume-Uni aux Etats-Unis repose sur le partage du renseignement, la proximité des politiques économiques et l’intensité des flux d’investissements ainsi que les relations militaires. Elle fait l’objet d’un consensus quasi-constant au sein des élites politiques du pays. Après les attentats du 11 septembre 2001, cette alliance est apparue essentielle à deux reprises : en octobre 2001 avec le lancement conjoint de l’offensive en Afghanistan, puis en mars 2003 - avec plus de visibilité encore du fait de la division de la communauté internationale - lors de l’intervention en Irak. Les soldats britanniques ont quitté l’Irak en juillet 2009. En Afghanistan, les dernières troupes se sont retirées en octobre 2014 après treize années de présencemilitaire, transférant la base de Camp Bastion à l’armée afghane. Les responsables britanniques affichent néanmoins depuis quelques années la volonté de rendre l’alignement avec les Etats-Unis moins inconditionnel. En effet, dans l’opinion britannique, la relation avec les Etats-Unis est depuis quelque temps empreinte de méfiance : les Etats-Unis auraient volontairement mal informé les Britanniques sur les motifs de leur engagement en Irak et en Afghanistan, afin d’obtenir leur soutien. Le Royaume-Uni se démarque aussi des Etats-Unis par une position plus équilibrée dans le conflit israélo-palestinien (depuis l’opération « Plomb durci » en 2009). Lors des attaques des derniers mois, Philip Hammond a tenu des positions délibérément très équilibrées, dans la ligne des positions européennes.

Désireux de mettre davantage la diplomatie britannique au service des intérêts économiques et commerciaux de son pays, David Cameron souhaite renforcer les liens avec les pays émergents d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique du Nord. William Hague, ancien ministre des Affaires étrangères, s’était engagé à maintenir les 140 ambassades britanniques à travers le monde et à renforcer la présence britannique dans les pays émergents, plus particulièrement les BRICSpar l’ouverture ou l’augmentation des effectifs de consulats, en particulier en Chine et en Inde, mais aussi au Brésil, au Mexique, en Indonésie et en Turquie. L’ambassade à Madagascar, fermée en 2005, est rouverte depuis fin octobre 2013. L’effort particulier mis sur les puissances émergentes et des régions clés doit être compensé par une empreinte moindre ou plus « efficace » en Europe, en Afghanistan et en Irak.

Après une période d’inquiétudes du fait du dossier des droits de l’homme, la relation sino-britannique est marquée par un renforcement des partenariats stratégiques. Le déplacement de George Osborne en Chine (14-19 octobre 2013), précédé de plusieurs mois de diplomatie très conciliante du côté britannique, a marqué la fin du gel des relations bilatérales provoqué par les rencontres de David Cameron et Nick Clegg avec le Dalaï Lama. Dans un contexte d’intensification des échanges bilatéraux, cette visite a permis de signer plusieurs accords témoignant d’un renforcement des liens économiques et commerciaux avec Pékin : facilitations pour la délivrance de visas ; mesures en faveur de l’installation des succursales bancaires chinoises au Royaume-Uni ; renforcement du rôle de centre offshore de Londres pour le renminbi (62% des transactions en yuan hors Chine et Taïwan passent déjà par le marché des changes britanniques, Forex) ; coopération nucléaire. La visite de David Cameron en Chine le 2-5 décembre 2013 a constitué le point d’orgue de ce processus de réconciliation diplomatique. A cette occasion, le premier ministre britannique s’est déclaré favorable à la signature d’un accord de libre-échange UE/Chine et a présenté le Royaume-Uni comme le pays le plus à même de défendre les intérêts économiques de Pékin en Europe. Lors des grandes manifestations à Hong Kong en septembre 2014, Londres avait exprimé sa « préoccupation ». En 2012, le Royaume-Uni a été la première destination des investissements directs chinois à l’étranger (après Hong Kong). Il est l’un des principaux pays d’accueil des étudiants chinois (près de 120.000) et le premier des pays européens s’agissant du nombre d’Instituts Confucius (20 instituts et 60 salles de classe sur tout le territoire).

Les relations bilatérales avec l’Inde, parfois ambiguës du fait du passé colonial, constituent une priorité pour la diplomatie britannique. Le Royaume Uni est en tête des investissements indiens en Europe et la communauté indienne compte 1,5 millions de membres. David Cameron s’est rendu en Inde une première fois en juillet 2010 et a insisté sur la nécessité de relancer un partenariat stratégique entre les deux pays, malgré les irritants (difficultés faites aux investisseurs britanniques, restrictions à l’immigration au Royaume-Uni). A l’occasion d’une deuxième visite du 18 au 20 février 2013, le Premier ministre a fixé l’objectif de doubler le niveau du commerce bilatéral annuel d’ici 2015, le faisant ainsi passer à 16 Mds£. Lors de sa dernière visite, le 14-15 novembre 2013, D. Cameron s’est efforcé d’envoyer un signal fort sur la politique migratoire, irritant dans les relations des derniers mois. Les restrictions à l’immigration (portant sur six pays dont l’Inde, et désormais supprimées) ne devaient pas dissuader les étudiants et investisseurs, qui seraient accueillis sans limite de nombre.

Le Pakistan est un partenaire incontournable pour le Royaume-Uni. Un dialogue stratégique renforcé dans cinq domaines de coopération (commerce et affaires, finance et aide au développement, éducation et santé, culture, défense et sécurité) a été instauré en avril 2011. David Cameron a été le premier dirigeant de gouvernement européen à se rendre à Islamabad (29-30 juin 2013) depuis la formation du nouveau gouvernement pakistanais. Le premier ministre Nawaz Sharif se rendra au Royaume-Uni le 30 avril 2014, avec un programme à dominante économique. Le Royaume-Uni cherche à jouer le rôle d’intermédiaire dans la réconciliation entre le Pakistan et l’Afghanistan : une première réunion trilatérale s’est tenue à Chequers en février 2013, et la seconde à Londres fin octobre 2013, marquant un net réchauffement des relations.

La crise ukrainienne contrecarre la stratégie du gouvernement de D. Cameron, qui s’efforçait d’améliorer l’état des relations du Royaume-Uni avec la Russie, marquées depuis plusieurs années par un relent de guerre froide (affaire Litvinenko, octroi de l’asile politique à l’oligarque Berezovsky et à l’indépendantiste tchétchène Zakaiev, expulsions de diplomates, tracasseries infligées au British Council en Russie). De fait, les intérêts économiques des deux pays peuvent se rejoindre (les relations commerciales ont enregistré une hausse de 39% en 2011). Plus de 1000 compagnies britanniques sont immatriculées en Russie et la Russie constitue un investisseur étranger important pour la levée de fonds à la Bourse de Londres. 500.000 Russes vivraient au Royaume-Uni. Les efforts entrepris depuis 2009 ont abouti au déplacement en Russie de William Hague en octobre 2010 et en mai 2012, et de David Cameron en septembre 2011. Pour la première fois depuis neuf ans, Vladimir Poutine a effectué une visite à Londres le 2 août 2012 à l’occasion des Jeux olympiques. A l’occasion des jeux Olympiques de Sotchi, les agences de renseignements britanniques et russes ont dit reprendre leur collaboration, rompue depuis 2007, afin d’assurer la sécurité des jeux.

Dans la crise ukrainienne, le Royaume-Uni tient une position ferme vis-à-vis de la Russie. Niant tout lien avec le durcissement de la crise et le déclenchement de sanctions économiques de 3ème phase, le gouvernement britannique a annoncé le 31 juillet l’ouverture une enquête sur la mort d’Alexandre Litvinenko, empoisonné au polonium à Londres en 2006.

Un engagement fort au service de la résolution des crises en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique

La Somalie constitue un intérêt britannique majeur : héritage colonial et zone d’influence, impact de la piraterie sur les intérêts commerciaux britanniques, contre-terrorisme. Le Premier Ministre David Cameron a pris l’initiative de la Conférence du 23 février 2012 qui a notamment abouti à la révision du mandat de la force de l’Union Africaine, l’AMISOM. Le Royaume-Uni reste attaché au financement pérenne de l’AMISOM, même s’il reconnaît de plus en plus ouvertement la nécessité d’une stratégie de sortie de la mission.

Les menaces pour la sécurité européenne provenant du Sahel sont bien comprises de nos partenaires britanniques. Volontariste et désireux de bénéficier de notre expertise, inquiet des risques d’expansion, Londres est le premier de nos partenaires à avoir fourni une assistance lors de l’opération au Mali, et le seul allié européen à nous fournir un appui à deux composantes, transport et renseignement (avec deux C17 et un avion Sentinel IRS-Intelligence Surveillance Reconnaissance).

En RCA, le Royaume-Uni a également soutenu le lancement de l’opération Sangaris par une aide de transport logistique (trois vols de C17 début décembre) et une aide humanitaire considérable (23M£ depuis juillet 2013). Le Royaume-Uni soutient pleinement notre action et la mise en place d’une opération des Nations Unies.

Le Nigéria, premier partenaire du Royaume-Uni en Afrique de l’Ouest, avec lequel les Britanniques tentent de développer une coopération de défense et de renseignement, est un partenaire difficile. Des progrès ont cependant pu être réalisés au cours des derniers mois. Le Royaume-Uni a été à l’origine d’un « groupe des amis du Nigéria » dont le but est de coordonner l’action des pays occidentaux dans la lutte contre Boko Haram. Le Royaume-Uni pourrait dans les prochains mois redéployer au Nigéria ses drones Reaper du théâtre afghan.

Le Royaume-Uni condamne sans réserve, comme la France, la répression féroce menée en Syrie par le régime de Bachar Al Assad. Le 20 novembre 2012, le Royaume-Uni a reconnu la nouvelle Coalition de l’opposition syrienne comme seul représentant légitime du peuple syrien. Le vote négatif à la chambre des Communes le 29 août a fait disparaître le débat sur une quelconque intervention britannique, que l’opinion rejette massivement. La réponse humanitaire est désormais la priorité : le Royaume-Uni consacre au total 600 M£ à l’aide humanitaire en Syrie et dans les pays voisins accueillant des réfugiés.

Concernant la question du nucléaire en Iran, le Royaume-Uni, tout en gardant en mémoire l’invasion de son ambassade à Téhéran en novembre 2011, privilégie la solution diplomatique dans le cadre E3+3. Sur une ligne très similaire à la nôtre, Londres considère que le maintien de sanctions importantes couplé avec une pression sur l’Iran pour faire avancer les négociations est la meilleure approche. Par ailleurs les deux pays ont engagé une reprise des relations diplomatiques avec la désignation de représentants spéciaux non-résidents, et la perspective d’une prochaine réouverture de l’ambassade britannique à Téhéran.

Londres souhaite une relance du processus de paix israélo-palestinien et une solution à deux Etats. William Hague a fermement condamné toutes les dernières annonces des autorités israéliennes sur la poursuite de la colonisation. Généralement, les positions britanniques sur le dossier israélo-palestinien sont très proches des nôtres. Elles ont toutefois divergé lors du vote du 29 novembre 2012 sur le rehaussement du statut de la Palestine à l’ONU ainsi qu’en 2011 sur l’adhésion palestinienne à l’UNESCO (abstentions britanniques).

Défense

La nouvelle revue stratégique de la défense et de la sécurité (Strategic Defense and security review), équivalent britannique du Livre blanc de la défense, sera conduite au second semestre 2015. Comme lors de la précédente revue en 2010, les choix budgétaires seront au cœur des travaux : une nouvelle baisse du budget de la défense de 10% est attendue (après une baisse équivalente en 2010-2015), ainsi que de nouvelles réductions des personnels civils et militaires. L’armée de terre de devrait plus compter que 82.000 militaires, niveau le plus bas depuis le XIXe siècle. Aussi, le Royaume-Uni devrait ne plus pouvoir remplir son objectif, fixé par l’OTAN, de dépenser 2% de son PIB pour la défense : le niveau de dépense devrait passer à 1,95% dès 2015, puis à 1,85% en 2016-2017. Le gouvernement s’est cependant engagé à investir dans les équipements (le budget des équipements devrait croître de 1% de plus que l’inflation chaque année) et à poursuivre les grands programmes : mise en service de deux porte-avions et acquisition d’avions de combat F-35, modernisation de la dissuasion nucléaire (les quatre sous-marins nucléaires seront remplacés par quatre engins d’une nouvelle classe). La réduction des effectifs de l’armée sera partiellement équilibrée par une montée en puissance des effectifs de réserve (objectif de 35.000 réservistes, contre 12.000 actuellement).

Mise à jour : 29.05.15

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