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Données générales

Données géographiques et générales

Nom officiel : République des Philippines

Nature du régime : République, institutions inspirées du modèle américain de séparation des pouvoirs

Chef de l’Etat : Benigno Simeon "Noynoy" Aquino III, Président de la République

Superficie : 300.000 km²

Capitale : Manille

Villes principales : Quezon City, Manille, Caloocan, Davao, Cebu.

Langues officielles : Philippin (Tagalog) anglais.

Langues vernaculaires : Cebuano ; Tagalog ; Ilocano.

Monnaie  : peso philippin (taux de change au 18 mai 2012 : 1 euro = 54,9 pesos)

Fête nationale : 12 juin

Données démographiques

Population (Rapport sur le développement humain du PNUD, 2011) : 94,9 millions d’habitants

Densité  : 316 habitants/km²

Répartition : Luçon 46 m, dont Metro Manila (région de la capitale) : 11,5 m, Mindanao 21,6 m

Croissance démographique : 2,0 %

Espérance de vie (2010) : 68,7 ans

Taux d’alphabétisation (2010) : 95,4 %

Religions : catholiques (84%), musulmans (7%), protestants évangéliques (4%), bouddhistes (1.5%)

Indice de développement humain (2011) : 0,644 (développement humain moyen, 112e rang mondial)

Données économiques

PIB (2011) : 224,8 Milliards USD (source : FMI)

PIB par habitant (2011) : 2 232 USD

PIB par habitant (en PPA) : 3 834 USD

Taux de croissance du PIB (2011) : 3,7 % (7,3 % en 2010)

Taux de chômage (au sens du BIT, 2011) : 7,0 %

Taux d’inflation (moyenne 2011) : 4,8 %

Solde budgétaire (2011) : - 2,0 %

Balance commerciale (2011) : - 15,4 Milliards USD

Principaux clients (2011) : Japon (19%), Etats-Unis (15%), Chine (13%), Union européenne (12%)

Principaux fournisseurs (2011) : Japon (11 %), Etats-Unis (11 %), Chine (10 %), Singapour (8 %), Corée (7 %), Taiwan (7 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
- agriculture : 13,8 %
- industrie : 31,7 %
- services : 54,5 %

Exportations de la France vers les Philippines (2011, douanes françaises) : 686 M €

Importations françaises depuis les Philippines (2011, douanes françaises) : 520 M €

Communauté française aux Philippines (au 1er janvier 2012) : 2 289 personnes

Communauté philippine en France : évaluée par l’administration philippine à 47 000 personnes (2008).

Politique intérieure

Après trois siècles de domination espagnole et près d’un demi-siècle de mise sous tutelle américaine, les Philippines ont accédé à l’indépendance en 1946, au lendemain de la seconde guerre mondiale durant laquelle elles furent le théâtre de batailles majeures.

Les institutions politiques actuelles, largement inspirées du système américain, sont régies par la constitution de 1987. Le président de la République est élu pour un mandat unique de six ans. Il est assisté par un vice-président, élu séparément et pour la même période. Le parlement comprend un sénat de 24 membres élus pour six ans et une chambre des représentants (286 membres élus pour trois ans). Le pays est divisé en 17 régions et trois régions autonomes, elles-mêmes découpées en provinces et municipalités. Les partis politiques reposent davantage sur la personnalité de leurs chefs que sur des programmes originaux. Les structures sociales du pays évoluent lentement. Ainsi, depuis près d’un siècle, toute tentative de réforme agraire en profondeur est bloquée par les grands propriétaires. L’influence de l’Eglise catholique est toujours très importante et empêche, pour le moment, la mise en place de toute politique de contrôle de la croissance démographique, via la création d’un véritable planning familial.

Les élections présidentielles du 10 mai 2010 ont vu la victoire de Benigno « Noynoy » Aquino III, fils de l’ancienne présidente Cory Aquino (1986-1992) qui avait été le symbole du retour à la démocratie après la dictature de Ferdinand Marcos. Le nouveau président incarne le changement et l’aspiration des Philippins à une meilleure gouvernance, dans un pays marqué par une corruption endémique. Malgré les violences qui ont affecté la campagne électorale et les craintes, qui se sont révélées exagérées, de dysfonctionnement du nouveau système électronique de vote, les observateurs étrangers ont estimé que près des trois-quarts de la population ont pu participer au scrutin. Le président Aquino a pris ses fonctions le 1er juillet 2010.

Benigno Aquino succède à Gloria Macapagal Arroyo, arrivée au pouvoir après la destitution en 2001 pour corruption du président Estrada et réélue en juin 2004. Malgré l’amélioration économique qu’avaient connue les Philippines à la suite de son accession à la présidence, le pouvoir de Mme Arroyo a été fragilisé par la persistance d’un climat d’insécurité et de violence (coup d’Etat avorté en février 2006, diverses tentatives de destitution devant le parlement), ce qui n’a cependant pas empêché les partis soutenant la présidente de remporter les élections législatives en mai 2007.

La peine de mort a été abolie en juin 2006. La situation des droits de l’homme connaît cependant de nombreuses violations : le nombre d’assassinats et de disparitions inexpliquées touchant des citoyens (souvent liés aux mouvements d’opposition et de défense des droits de l’homme) a diminué de façon notable depuis 2007, à la suite de fortes pressions internationales (Nations unies, Union européenne) mais ces crimes, récurrents, perpétrés le plus souvent par des membres des forces armées ou de la police, ne sont en général jamais élucidés et restent par conséquents impunis. De plus, depuis le massacre de Maguindanao où 30 journalistes figuraient parmi les victimes, les Philippines sont devenues pour les journalistes le pays le plus dangereux d’Asie.

La reprise des négociations avec les mouvements militants est à noter. Le gouvernement philippin et la rébellion communiste de la NPA se sont mis d’accord le 18 janvier 2011 à Oslo pour reprendre des pourparlers officiels en vue de mettre fin à un conflit qui dure depuis 1969. À Mindanao, la situation demeure fragile : les discussions sur la mise à jour de l’accord de paix signé en 1996 avec le MNLF (front de libération nationale Moro) se poursuivent sans avoir abouti jusqu’à présent. Un accord séparé de cessez-le-feu avait été conclu en juillet 2009 entre le gouvernement et le MILF (front islamique de libération Moro, né d’une scission du MNLF) près d’un an après la reprise des hostilités qui avaient forcé en août 2008 plus de 500 000 personnes à fuir les combats. Le gouvernement philippin et le MILF ont adopté en décembre 2009 les nouveaux « termes de référence » de l’International Monitoring Team (IMT), et l’Union européenne a été invitée à prendre la direction de sa composante humanitaire.

De nouvelles négociations ayant été organisées en février 2010, la Malaisie occupant un rôle de facilitateur, une rencontre historique a eu lieu entre le président Aquino et le président du MILF, Murad Ibrahim, lors des négociations du 4 août 2011 à Tokyo, au terme desquelles le Front islamique a déclaré ne plus aspirer à l’indépendance, mais à une « autonomie ». Si cette rencontre semble avoir créé une dynamique nouvelle au plus haut niveau de l’Etat, comme chez les principaux dirigeants du MILF, une recrudescence des tensions en octobre 2011 a causé la mort de plus de trente personnes et la fuite d’environ vingt-mille civils. Lors d’une nouvelle rencontre qui s’est tenue à Manille le 3 novembre 2011, les représentants des deux parties se sont accordés sur le principe de la poursuite des négociations et la mise en place d’une enquête sur les heurts du mois d’octobre. Ces négociations devraient se faire, toujours avec la médiation de la Malaisie, en présence des observateurs internationaux et du comité conjoint de cessez-le-feu.

Situation économique

Les Philippines sont ouvertes au commerce international (le total des échanges représente 50% du PIB), mais demeurent vulnérables. Les termes de l’échange leur sont défavorables, et le déficit commercial s’est accru de manière inquiétante, principalement en raison de la crise et de l’augmentation des importations.

Les exportations (48 Mds USD) ont diminué de 6,7% par rapport à 2010, tandis que les importations (60 Mds) augmentaient de 9,5%. Le déficit a presque quadruplé en un an, passant de 3,5 Mds en 2010 à 12 Mds en 2011, et venant annuler une partie des effets bénéfiques pour la balance des paiements que représentent les gains en devises des transferts des immigrés (20 Mds) et de la sous-traitance de services aux entreprises, en hausse rapide (« call centers », représentant 10 Mds).

Le Japon reste le premier client des Philippines (8,9 Mds USD, +13% par rapport à 2010) avant les Etats-Unis (7,1 Mds, -6%), et la Chine (6,1 Mds, +7%). Par grands blocs de partenaires, l’Asie de l’Est arrive en tête avec 47,7% des exportations philippines (+4%). L’ASEAN représente 18% des exportations, mais elle est en baisse de 25% d’une année sur l’autre. Viennent ensuite les Etats-Unis (14,8%, -6%) et l’Union Européenne (12,3%, -20%).

Le Japon et les Etats-Unis sont les deux premiers fournisseurs des Philippines, représentant chacun 10,8% du total des importations philippines (environ 6,5 Mds, en baisse de 3,5% pour le Japon, mais en hausse de 10% pour les Etats-Unis). La Chine, en troisième position, devance Singapour avec 6 Mds USD (10% du total) et une croissance très rapide (+31% par rapport à 2010). Viennent ensuite Singapour (4,9 Mds), la Corée du Sud (4,4 Mds) et Taïwan (4,2 Mds). Par grands blocs, l’Asie de l’Est est le premier fournisseur des Philippines avec 37,6% du total (en hausse de 11%) devant l’ASEAN (23,6% du total, en baisse de 8%) puis les Etats-Unis et l’Union européenne (+12%).

Outre son caractère déficitaire, le commerce extérieur philippin a continué en 2011 d’être peu diversifié :
- 50% des produits exportés sont des composants électroniques moyens et bas de gamme, 14% des produits du secteur primaire (produits agricoles non transformés, surtout des noix de coco et produits des mines), 4% du textile et 3,5% des meubles ;
- 30% des produits importés sont des intrants pour les composants électroniques, 20% sont des hydrocarbures et produits dérivés, 22,5% des produits manufacturés (aéronautique et automobile) et 4% des biens de consommation.

Les exportations sont essentiellement composées de produits à faible valeur ajoutée. Même le principal poste d’exportation, l’électronique et les composants (téléphonie, ordinateurs) constitue une activité de sous-traitance. Les importations de composants électroniques s’élèvent à 17,8 Mds USD et les exportations à 23,7 Mds, soit une plus-value assez faible de 6MdsUSD (2,7% du PIB). Les importations (hors pétrole et électronique) sont en revanche composées de produits à forte valeur ajoutée : équipements de transport et de télécommunication, machines, produits chimiques et pharmaceutiques, biens de consommation de luxe. Les termes de l’échange ne sont pas favorables aux Philippines et devraient continuer à se dégrader, le pays comptant essentiellement, à court terme, sur le développement des exportations de produits miniers et agricoles.

Les échanges globaux de l’ASEAN avec les Philippines ont diminué de plus de 15% en 2011 (-25% pour les exportations philippines vers l’ASEAN et -8% pour les importations en provenance de l’ASEAN, déficit de 5,6 Mds USD au détriment des Philippines). Cette baisse est en partie imputable à la crise, mais elle est aussi due fait que les Philippines ne profitent pas suffisamment des accords de libre-échange de sa zone d’appartenance et ne disposent pas des productions susceptibles d’améliorer les performances. Par exemple, la quasi-totalité des voitures importées viennent de Thaïlande, tandis que la petite industrie locale de montage de véhicules est tournée vers le marché intérieur et importe l’essentiel des composants.

Les Philippines ont également pris du retard dans la négociation d’accords de libre-échange avec les autres grands partenaires économiques. Leur participation éventuelle au partenariat trans-pacifique proposé par les Etats-Unis viendrait à l’encontre des restrictions à l’investissement étranger qui sont inscrites dans la Constitution. Les échanges avec la Chine sont quant à eux équilibrés dans les deux sens (6 Mds USD), mais les importations philippines augmentent.

La faiblesse de la base industrielle des Philippines et les restrictions à l’investissement étranger constituent un frein au développement d’exportations à forte valeur ajoutée. Elles encouragent aussi l’importation de biens d’équipements et de consommation. Selon le Fonds monétaire international (FMI), le déficit devrait s’élever en 2016 (à la fin du mandat du Président Aquino) à près de 20 Mds USD. Le gouvernement annonce pourtant une forte augmentation des exportations d’ici à 2016 (80 Mds en 2012 et 120Mds en 2016 soit une hausse de 150%). Le gouvernement philippin parie sur la relance mondiale, une forte hausse des exportations de produits agroalimentaires et miniers, et enfin sur l’exportation de produits manufacturés à partir d’investissements étrangers (chinois, japonais, coréens et américains notamment).

Politique extérieure

Les Philippines entretiennent des relations privilégiées avec les Etats-Unis, où réside la plus importante communauté philippine expatriée (près de trois millions de personnes). L’aide publique américaine est en très forte hausse depuis quelques années, qu’il s’agisse de l’aide militaire ou de programmes de bonne gouvernance et de renforcement des capacités de l’Etat philippin. L’autre axe de la politique étrangère du pays est le renforcement des liens avec ses partenaires de l’ASEAN.

Après les Etats-Unis, le second partenaire priviligié des Philippines est le Japon, à la fois premier investisseur, premier fournisseur et premier client. Les échanges commerciaux résultent notamment des opérations des sociétés d’électronique japonaises grand public qui expédient aux Philippines des composants et importent au Japon des produits assemblés. Le Japon est également le premier pourvoyeur d’aide publique au développement (12,4 Md € pour la période 1975-2005).

Les relations avec Pékin, autrefois inexistantes, sont aujourd’hui denses. Les échanges économiques se sont accrus considérablement : la Chine est désormais le troisième partenaire commercial des Philippines. Manille souhaiterait établir un dialogue stratégique avec la Chine, mais cette évolution est compromise par la préoccupation qu’inspirent les ambitions militaires chinoises dans la région et la question récurrente des différends territoriaux (îles Spratleys et Scarborough Shoal).

La Corée du Sud est le troisième partenaire régional, assurant le tiers des investissements et le premier contingent touristique.

L’Union européenne est également un partenaire économique important (5e exportateur vers Manille et 1er récipiendaire des exportations philippines) mais un interlocuteur politique à faible visibilité.

Mise à jour : 18.05.12

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