Nom officiel : République des Philippines
Nature du régime : République ; institutions inspirées du modèle américain de séparation des pouvoirs
Chef de l’Etat : Benigno Simeon "Ninoy" Aquino, Jr, président de la République
Superficie : 300.000 km²
Capitale : Manille
Villes principales : Quezon City, Cebu, Davao.
Langues officielles : Philippin (Tagalog) anglais.
Langues vernaculaires : Cebuano ; Tagalog ; Ilocano ;
Monnaie : peso taux de change au 11 février 2011 : 1 euro pour 0,0166 peso
Fête nationale : 12 juin
Population (projections de National Statistic Office pour 2010) : 94,0 millions d’habitants
Densité : 299 habitants/km²
Répartition : Luçon 46 millions, Mindanao 21,6 millions
Croissance démographique (Banque Mondiale 2009) : 1,8 %
Espérance de vie (2010) : 72,3 ans
Taux d’alphabétisation (2010) : 93,7 %
Religion (s) : catholiques (84%), musulmans (7%), protestants évangéliques (4%) bouddhistes (1.5%)
Indice de développement humain : 0,638 (97ème place selon le rapport sur le développement humain 2010).
PIB (2009) : 161 Milliards USD
PIB par habitant (2009) : 1 748 USD (3 542 USD en parité pouvoir d’achat)
Taux de croissance (2010) : 7,3 %
Taux de chômage (au sens du BIT) (2010) : 7,1 %
Taux d’inflation (2010) : 3,8 %
Solde budgétaire(2009) : - 3,9 %
Balance commerciale(2009) : - 5 Milliards USD
Principaux clients(2009) : Etats-Unis (18 %), Japon (16 %), Pays-Bas (10 %) , Hong Kong (8 %), Chine (8 %)
Principaux fournisseurs(2009) : Japon (12 %), Etats-Unis (12 %), ,Chine (9 %), Singapour (9 %), Taiwan (7 %), Corée (7 %), Thaïlande (6 %)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 13,8 %
industrie : 31,7 %
services : 54,5 %
Exportations de la France vers les Philippines (2010, douanes françaises) : 679 M €
Importations françaises depuis les Philippines (2010, douanes françaises)) : 521 M €
Communauté française aux Philippines : 1 719 personnes
Communauté philippine en France : évaluée par l’administration philippine à 47000 personnes (2008) dont 39000 irréguliers
Après trois siècles de domination espagnole et près d’un demi-siècle sous tutelle américaine, les Philippines ont accédé à l’indépendance en 1946, au lendemain de la seconde guerre mondiale où elles furent le théâtre de batailles majeures.
Les institutions politiques actuelles, largement inspirées de celles des Etats-Unis, sont régies par la constitution de 1987. Le Président de la République est élu pour un mandat unique de 6 ans. Il est assisté par un vice-président, élu séparément pour la même période. Le parlement comprend un sénat de 24 membres élus pour 6 ans et une chambre des représentants (286 membres élus pour 3 ans). Le pays est divisé en 17 régions et trois régions autonomes, elles-mêmes découpées en provinces et municipalités. Les partis politiques reposent davantage sur la personnalité de leurs chefs que sur des programmes originaux. Les structures sociales du pays évoluent lentement. Ainsi, depuis près d’un siècle, toute tentative de réforme agraire en profondeur est bloquée par les grands propriétaires. L’influence de l’église est toujours très importante et empêche, pour le moment, la mise en place de toute politique démographique, via la création d’un véritable planning familial.
Les élections présidentielles qui se sont tenues le 10 mai 2010 ont vu la victoire avec 42 % des voix de Benigno "Noynoy" Aquino, fils de l’ancienne Présidente Cory Aquino (1986 - 1992), symbole du retour à la démocratie après la dictature de Ferdinand Marcos. Le nouveau Président incarne le changement et l’aspiration des Philippins à une meilleure gouvernance, dans un pays marqué par une corruption endémique. Malgré les violences qui ont endeuillé la campagne électorale (et notamment l’assassinat de 57 personnes à Maguindanao sur l’île de Mindanao en novembre 2009) et les craintes, qui se sont révélées exagérées, de dysfonctionnement du nouveau système électronique de vote, les observateurs étrangers considèrent que près des ¾ de la population a pu participer au scrutin. M. Aquino a pris ses fonctions le 1er juillet 2010.
M. Aquino succède à Mme Gloria Macapagal Arroyo, arrivée au pouvoir après la destitution en 2001 pour corruption du Président Estrada et réélue en juin 2004. Malgré l’amélioration économique qu’avaient connu les Philippines depuis son accession à la présidence, son pouvoir est resté constamment fragilisé par la persistance d’un climat d’insécurité et de violence (coup d’état avorté en février 2006, diverses tentatives de destitution devant le parlement), ce qui n’avait cependant pas empêché les partis soutenant la présidente de remporter les élections législatives en mai 2007.
L’abolition de la peine de mort en juin 2006 mérite d’être saluée. Néanmoins la situation des droits de l’Homme connaît encore des nombreuses violations :le nombre d’assassinats et de disparitions inexpliquées touchant des citoyens souvent liés aux mouvements d’opposition et de défense des droits de l’homme a diminué de façon notable depuis 2007 à la suite de fortes pressions internationales (Nations Unies, UE) mais ces crimes, récurrents, perpétrés le plus souvent par des membres des forces armées ou de la police, ne sont en général jamais élucidés et restent par conséquents impunis. De plus, depuis le massacre de Maguindanao (cf supra) où 30 journalistes figuraient parmi les victimes, les Philippines sont devenues le pays le plus dangereux pour les journalistes en Asieet le deuxième dans le monde.
La situation à Mindanao demeure fragile : les discussions sur la mise à jour de l’accord de paix signé en 1996 avec le MNLF (front de libération nationale Moro) se poursuivent sans avoir abouties jusqu’à présent. Un accord, séparé, de cessez-le-feu a été conclu en juillet 2009 entre le gouvernement et le MILF (front islamique de libération Moro, né d’une scission du MNLF) près d’un an après la reprise des hostilités qui avaient forcé en août 2008 plus de 500 000 personnes à fuir les combats. La situation est toujours précaire dans les camps de réfugiés. Le gouvernement philippin et le MILF ont adopté en décembre 2009 les nouveaux termes de référence de l’International Monitoring Team (IMT) et l’Union européenne a été invitée à prendre la direction de sa composante humanitaire. De nouvelles négociations, les premières sous l’ère Aquino, ont été organisées les 8-9 février avec la Malaisie dans le rôle de facilitateur. Elles devraient se poursuivre en mars.
Par ailleurs, des contacts sont en cours avec le National Democratic Front (NDF, vitrine légale du PCP et de la NPA) . Cette dernière, bras armé du PCP est toujours présente dans de nombreuses régions philippines. Des négociations formelles ont été reprises en Norvège du 15 au 21 février dernier.
Si une main-d’œuvre relativement qualifiée a permis l’émergence d’une industrie manufacturière compétitive dans certains secteurs (agroalimentaire et surtout électronique), favorisant une forte progression des exportations, les services occupent une place prédominante (55% du PIB en 2009). Le secteur agricole, peu productif, reste important (35 % de la population occupée et 15 % du PIB), alors que la part de l’industrie dans le PIB diminue tendanciellement (30 %).
Le pays s’est fait une place dans la filière électronique (12% de la production mondiale de semi-conducteurs), qui dégage toutefois peu de valeur ajoutée. Grâce notamment à la dérégulation réussie des télécommunications, il occupe désormais la 4ème place mondiale dans le Business Process Outsourcing (sous-traitance de services). Cependant la compétitivité globale du pays est insuffisante du fait d’un faible taux d’investissement (15 % du PIB), d’infrastructures inadéquates, du coût élevé de l’énergie et d’un climat des affaires défavorable (faible gouvernance, incertitude juridique). Ainsi les flux d’IDE sont faibles (moins de 2 % du PIB) et ont résulté ces dernières années surtout de privatisations (centrales électriques).
Les transferts des Philippins expatriés représentent un poids très élevé dans l’économie, environ 10 % du PIB ces dernières années. Ils soutiennent la consommation des ménages, tirant la croissance, et favorisent l’appréciation du peso, ce qui permet de limiter l’inflation et le poids de la dette externe. Mais à long terme, ces transferts peuvent aussi avoir les mêmes effets négatifs qu’une rente pétrolière ou minière : appréciation réelle de la monnaie, désindustrialisation, désincitation au travail, pression haussière sur l’immobilier…
Après une croissance faible en 2009 -1,1 %), le taux de croissance a atteint 7,3 % en 2010, avec la reprise de la demande extérieure, de l’investissement et une consommation toujours soutenue. Les comptes extérieurs ont également connu une évolution favorable avec un excédent courant proche de 5 % du PIB La balance courante devrait être excédentaire de 5 % du PIB. Ceci s’est traduit par une hausse des réserves de change et une appréciation du peso. Le déficit public est proche de 4 % du fait des mesures de relance mais aussi du fait d’une faible collecte fiscale (fraude élevée). Après avoir fortement diminué depuis le milieu des années 2000, la dette publique est de 57 % du PIB.
Malgré la croissance économique relativement élevée ces dernières années (4,7 % en moyenne) , la situation sociale ne s’est pas améliorée selon les propres statistiques nationales. Ainsi la part de la population pauvre (selon les normes philippines) est passée de 30 % en 2003 à 33 % en 2006 (dernières données disponibles). D’une part la population paupérisée est particulièrement sensible aux fréquentes catastrophes naturelles et à la volatilité de la production agricole, d’autre part ces dernières années les dépenses de protection sociale étaient, certes en hausse, mais toujours limitées. Enfin une grande partie de la politique sociale des gouvernements passés se fondait sur les subventions au riz, d’un coût budgétaire élevé et d’une efficacité très contestée, notamment par les banques de développement.
Les Philippines entretiennent des relations privilégiées avec les Etats-Unis, où réside la plus importante communauté philippine expatriée (2,8 M de personnes). L’aide publique américaine est en très forte hausse depuis quelques années, qu’il s’agisse de l’aide militaire (30 MUSD en 2007) ou de programmes de bonne gouvernance et de renforcement des capacités de l’Etat philippin (145 MUSD en 2007). L’autre axe de la politique étrangère du pays est le renforcement des liens avec ses partenaires de l’ASEAN.
Après les Etats-Unis, le partenaire majeur des Philippines est le Japon, premier investisseur, 1er fournisseur et 2e client. Les échanges commerciaux résultent notamment des opérations des sociétés d’électronique japonaises grand public qui expédient aux Philippines des composants et importent au Japon des produits assemblés. Le Japon est également le premier pourvoyeur d’aide publique au développement (12,4 Md € pour la période 1975-2005).
Les relations avec Pékin, autrefois inexistantes, sont aujourd’hui denses. Les échanges économiques se sont accrus considérablement : la Chine est désormais le 3e partenaire commercial des Philippines et le 2ème pour l’ensemble Chine + Hong Kong. Manille souhaite approfondir un dialogue stratégique avec la Chine, en dépit de différends territoriaux (îles Spratleys) qui ne sont toujours pas réglés.
La Corée du Sud est le troisième partenaire régional, assurant le tiers des investissements et le premier contingent touristique.
L’Union européenne est un partenaire économique important (5e exportateur vers Manille et 1er récipiendaire des exportations philippines) mais un interlocuteur politique à faible visibilité.
Mise à jour : 09.06.11