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Présentation de la Norvège

Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume de Norvège
Nature du régime : Monarchie constitutionnelle ayant un système parlementaire
Chef de l’Etat : S. M. le Roi Harald V (17 janvier 1991)
Chef du gouvernement : Erna Solberg


Données géographiques

Superficie : 384 822 km² (Svalbard inclus)
Capitale : Oslo
Villes principales : Bergen, Trondheim, Stavanger, Tromsø
Langue officielle : Norvégien (bokmål, langue parlée dérivée du danois, et nynorsk, langue écrite, « nouveau norvégien »). Dans certaines régions, le sámi (ou lapon) est également langue officielle.
Monnaie : Couronne Norvégienne (NOK)
Fête nationale : 17 mai


Données démographiques

Population : 5.096.275 habitants (1er octobre 2013)
Croissance démographique : 1,2%
Densité de la population) : 15,6 hab. par km²
Espérance de vie : Femmes : 83,6 ans, hommes : 79,1 ans
Taux d’alphabétisation : 100%
Religions : Evangéliques luthériens de Norvège (87%), musulmans (1,5%), catholiques (1%)
Indice de développement humain : Classement ONU 2011 : 0, 955 (1ère place)


Données économiques
(sources : Commission européenne et DG Trésor)

PIB (mds€) : 389,1 (2012), 387,7 (2013p)
PIB par habitant (en €) : 77.500 (2012)
Taux de croissance : 3,1% (2012), 1.9% (2013p)
Taux de chômage : 3,1% (2012), 3,1% (2013)
Taux d’inflation : 0,4% (2012), 1,5% (2013p)
Solde budgétaire (% / PIB) : 13,9 (2012), 13,2 (2013p)

Dette publique (% PIB) : 27,2 (2012), 27.1 (2013p)

Balance commerciale : 57,2 milliards € (2012)
Principaux clients (2012) : Royaume-Uni (26,5%), Pays-Bas (12,2%), Allemagne (12%), Suède (6,3%), France (6,3%), Etats-Unis (5.0%)
Principaux fournisseurs (2012) : Suède (13,5%), Allemagne (12,4%), Chine (9,3%), Danemark (6,2%), Royaume-Uni (6,1%), Etats-Unis (5,4%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • secteur primaire : 1,6 %
  • secteur secondaire : 39,9 %
  • secteur tertiaire : 56,8 %

Exportations françaises : 1.6 milliards € (2012)
Importations françaises :5,5 milliards € (2012)
Solde : -3,9 milliards € (2012)

Total des échanges : 7,1 milliards € (2012)
Part de marché de la France : 3,2 (2011) 3,2 (2012)
Flux d’IDE sortant de France : 1,485 milliards € (2011)
Stocks d’IDE français en Norvège : 7,156 milliards € (2011)
Rang du pays dans les stocks d’IDE : 11e (2011)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Consulats généraux de France : Néant
Communauté française en Norvège : 5097 personnes (2012)
Communauté norvégienne en France : 7.000 personnes


Politique intérieure

Possession danoise pendant quatre siècles, puis unie au royaume de Suède de 1814 à 1905, la Norvège est une monarchie constitutionnelle. Le roi a une fonction essentiellement honorifique, mais prononce le discours du trône et nomme le gouvernement. Les 169 membres du Parlement (Stortinget), monocaméral, sont élus à la proportionnelle tous les quatre ans.

Après 8 ans au pouvoir, le gouvernement de centre-gauche de Jens Stoltenberg, défait aux législatives du 9 septembre 2013,cède la place à une coalition de centre-droit dominée par les Conservateurs . Le Parti Travailliste reste toutefois, le principal parti en Norvège, avec 30,8% des voix et 55 des 169 députés (9 sièges en moins).

Après un échec des négociations entre les quatre tendances de droite, le nouveau gouvernement est constitué par une alliance entre les Conservateurs (qui sont arrivés en 2ème place, avec 26,8% des suffrages, soit 9,6% de plus qu’aux dernières élections), et le Parti du Progrès, qui, bien qu’il ait perdu 12 sièges par rapport à 2009, fait partie de la coalition gouvernementale pour la première fois de son histoire. Le parti vert est représenté pour la première fois au Parlement avec un député (2.8% des voix).

Ni la politique économique ni la politique étrangère du nouveau gouvernement ne devraient connaître de transformation d’ampleur. Les principaux thèmes du programme sont l’environnement (forage pétrolier dans l’archipel de Lofoten), les droits sociaux, la santé et l’éducation.

Avec 84 voix contre 11, le Parlement a rejeté, en mars 2013, la proposition des députés socialistes de gauche et de quatre députés travaillistes de remplacer la monarchie constitutionnelle actuelle par une république. Selon un sondage Ipsos de 2012, 93% des Norvégiens estiment que le roi Harald V accomplit bien sa mission. Le prince héritier Haakon est très populaire aussi.


Situation économique

Après 16 ans de croissance supérieure à 5 %, la Norvège conserve une croissance solide, ayant été relativement épargnée par la crise internationale (chute de 1,5 % du PIB en 2009). La croissance de l’économie norvégienne a été de 3,2% pour l’année 2012, tirée par la consommation privée et les investissements pétroliers.

Les investissements dans le secteur pétrolier/gazier ont augmenté de plus de 14% en 2011, et 12 à 13% en 2012 et peuvent dépasser les 200 Mds NOK en 2013.

Sixième exportateur mondial de pétrole, 3ème de gaz, la découverte de nouveaux gisements l’année dernière et la conclusion d’un traité avec la Russie sur la délimitation de la frontière maritime lui promettent de nouvelles ressources jusqu’en 2060.

La consommation des ménages a bénéficié d’un pouvoir d’achat élevé et d’une augmentation salariale de 3 à 4.5% depuis trois ans.. Les principaux autres indicateurs sont bons : chômage inférieur à 4% depuis 2006, inflationdevrait se situer à 2% pour 2014 et ceci malgré la baisse de la couronne depuis le début de l’année.

Le pays dégage de confortables surplus grâce à la rente pétrolière dans ses comptes courants (14%du PIB)) et un budget en excédant de plus de 10% du PIB. Les gouvernements ont mis en œuvre des réformes pour contrôler les dépenses publiques (réforme des retraites en 2011).

Le fonds pétrolier dans lequel est versée la quasi-totalité des revenus des hydrocarbures norvégiens a dépassé les 600 mds d’euros au 1er janvier 2014. Il s’agit d’un enjeu considérable pour l’économie norvégienne et d’un partenaire important pour la France, qui occupe la 5ème place dans le portefeuille d’actions du fonds (à la fin juin 2013, 6,2% du portefeuille).

L’objectif de diversification des placements du fonds reste fixé à 60% d’actions, 35-40% d’obligations et 5% d’immobilier, avec une réduction de la part de l’Europe de 50 à 40%. La part des pays émergents dans le portefeuille augmente progressivement. Le fonds s’est dégagé quasi-intégralement de la Grèce et du Portugal depuis 2009, et a vendu en 2011 la moitié de ses obligations espagnoles et italiennes. Son volume (1,2 % de la capitalisation mondiale) en fait un prescripteur incontournable sur les marchés.

Les autorités norvégiennes rappellent régulièrement, notamment concernant les investissements dans la zone euro, que le seul critère d’investissement est le rendement à long terme, sans considération politique. Un prélèvement de 2.9% de sa valeur, ce qui reste inférieur à son rendement réel de long terme et à la limite de la règle des 4% autorisée et a permis de combler le déficit budgétaire en 2014.Le Fonds a réalisé en 2012 la deuxième meilleure performance de son histoire avec un rendement de 13,4 % pour atteindre 3 816 Mds de NOK.

Les perspectives économiques pour 2014 laissent toutefois entrevoir quelques vulnérabilités à cause du ralentissement du marché immobilier, et la consommation des ménages qui pourrait marquer un ralentissement à +1.7% en 2014 alors que la dette des ménages continue de croitre de 7% par an.


Politique européenne

A deux reprises, le peuple norvégien a rejeté par référendum l’entrée de son pays dans l’Union européenne (1972 et 1994). Les gouvernements successifs ont cherché depuis lors à maintenir des liens aussi étroits que possible entre leur pays et l’Union. En témoignent la participation de la Norvège depuis 1994 au marché intérieur de l’UE grâce à l’accord sur l’Espace économique européen (EEE), sa participation à l’espace Schengen et depuis 2001 à la convention de Dublin (asile) ainsi qu’à Europol. Elle s’aligne très souvent sur les positions européennes en matière de politique étrangère et participe à des opérations de la politique européenne de sécurité et de défense commune. Enfin, au titre de l’EEE, la Norvège contribue financièrement à la politique européenne de cohésion (à hauteur de 1,8 milliards d’euros pour la période 2009-2014).L’euroscepticisme largement majoritaire tient au souhait de la Norvège de conserver toute la maîtrise de sa politique en matière de pêche et d’agriculture (exclues de l’accord EEE), à sa prospérité économique fondée sur ses importantes ressources en hydrocarbures, à la préservation de son modèle social (« scandinave ») et au fait qu’elle bénéficie déjà du marché intérieur européen via l’accord EEE. Il faut aussi y voir le souci de préserver une indépendance somme toute assez récente.
Pour l’heure, la Norvège considère que ses intérêts sont garantis de manière satisfaisante par l’accord EEE, qui prévoit la reprise de l’ensemble de l’acquis communautaire en matière de marché intérieur. L’accord, signé à Porto le 2 mai 1992, permet en effet à la Norvège de bénéficier pleinement du marché intérieur et des quatre libertés.
Le mécanisme de reprise quasi-automatique de l’acquis fonctionne bien ; la Norvège possède une des meilleures performances en matière de transposition des directives sur le marché intérieur (99,8 %). La Norvège a lancé une procédure d’examen de ses liens avec l’Union européenne, qui s’est traduite par la présentation d’un rapport d’évaluation le 17 janvier 2012. Ce bilan souligne la quasi-intégration du pays à l’UE (la Norvège atteindrait "les trois-quarts" du niveau d’intégration d’un Etat membre).+
La Norvège, tout comme l’Islande, applique l’acquis de Schengen dans son intégralité sur la base d’un accord d’association avec l’Union européenne signé le 18 mai 1999. Les dispositions relatives au Système d’information Schengen (SIS) sont entrées en vigueur le 1er janvier 2000. Les deux pays prennent ainsi part aux discussions sur le développement de l’acquis de Schengen, mais non aux votes. Par ailleurs, la Norvège participe financièrement à l’agence Frontex. Un accord de coopération a également été signé avec Europol. En outre, la Norvège a adhéré le 26 juin 2010 au traité de Prüm sur la lutte contre le terrorisme, la criminalité et l’immigration illégale. En matière d’asile, elle est partie aux accords de Dublin.
Bien que la PESC n’entre pas dans le cadre de l’accord EEE, un dialogue politique existe, formalisé par une déclaration annexée à l’accord. Celle-ci prévoit notamment des échanges de vues informels au niveau ministériel lors des réunions du Conseil de l’EEE (deux fois par an), ainsi que l’usage des canaux diplomatiques existants, notamment des représentations diplomatiques dans la capitale du pays assurant la présidence de l’UE, à Bruxelles et dans les capitales des Etats de l’AELE. Au-delà du cadre juridique, l’UE est de facto, avec les Nations Unies, la référence prioritaire de la diplomatie norvégienne lorsqu’il s’agit de prendre position. La Norvège s’aligne ainsi régulièrement sur les déclarations PESC (128 alignements sur 136 textes en 2009).


Politique extérieure

La Norvège continue à promouvoir ses points forts sur la scène internationale grâce à sa générosité en matière d’APD (1% de son PIB), au Prix Nobel de la paix, à son engagement dans les instances multilatérales (ONU, OTAN) et sur certains sujets (lutte contre la mortalité infantile et maternelle, accès aux médicaments, lutte contre le changement climatique, les objectifs du Millénaire), ainsi qu’à sa tradition de disponibilité au dialogue (avec le Hamas par exemple) et à la médiation.

La région du Grand Nord (délimitée à l’Ouest par la mer de Norvège et à l’Est par la mer de Barents) est clairement définie comme la priorité de la politique étrangère norvégienne, en raison des perspectives d’exploitation des hydrocarbures (25% des ressources pétrolières et gazières mondiales non encore découvertes y seraient localisées), des ressources halieutiques de plus en plus importantes (la zone abrite d’ores et déjà le plus important stock de poissons consommés en Europe) et du développement à terme du transport commercial par le passage du Nord-Est (triplement prévu du trafic maritime en moins de 10 ans du fait de la fonte de la banquise).

Ces perspectives doivent être conciliées avec la protection d’un environnement particulièrement fragile. Dans ce contexte, la Norvège souhaite renforcer le rôle du Conseil arctique, dont elle héberge désormais le secrétariat permanent (à Tromsø). Par ailleurs, la Russie et la Norvège développent leur coopération dans la région : après 40 ans de négociations, les deux pays ont signé un accord sur la délimitation et la coopération en Mer de Barents et dans l’Océan Arctique, à Mourmansk (Russie) le 15 septembre 2010, et un accord sur le « petit trafic frontalier », entré en vigueur le 29 mai 2012, facilitant les échanges à la frontière russo-norvégienne.

L’appartenance de la Norvège à l’ONU depuis sa création a joué un rôle de premier plan dans la politique étrangère du pays. Les Norvégiens ont fourni un effort considérable dans ce domaine (plus de 41.000 casques bleus depuis l’origine et le premier secrétaire général, Trygye Lie). Oslo considère qu’il revient à l’ONU de jouer un rôle central comme promoteur de la paix et des droits de l’homme et comme acteur du développement international.

La Norvège est, selon les années, le 7ème contributeur volontaire aux Nations-Unies (1er par habitant). L’ex-premier ministre, Jens Stoltenberg, a co-présidé le groupe de Haut niveau sur la réforme du système des Nations unies et celui sur le financement des mesures climatiques. M. Stoltenberg a parrainé également les Objectifs du Millénaire pour le Développement 4 (santé infantile) et 5 (santé maternelle), et a été nommé le 23 décembre 2013 envoyé spécial des nations unies pour le climat avec l’ancien président ghanéen John Kufor.

En 2012, la Norvège a consacré 1% de son PIB à l’aide au Développement. Elle se situe dans le trio de tête du Comité d’Aide au Développement de l’OCDE. Si ses priorités traditionnelles vont à l’Afrique orientale et australe (Tanzanie, Soudan, Mozambique), elle a augmenté son aide en Asie méridionale (Afghanistan, Pakistan) et plaide pour une coordination de ses efforts avec la politique de l’UE.

La Norvège entend par ailleurs renforcer la part de son aide transitant par les canaux multilatéraux : elle était parmi les premiers contributeurs volontaires au PNUD, à l’ONUSIDA ou au HCR. Elle soutient en outre l’initiative française UNITAID (elle participe au Groupe pilote pour les financements innovants). La Norvège affecte une partie de sa taxe CO2 (kérosène) à UNITAID. Elle a créé à New York avec la France le groupe de travail ministériel « diplomatie et santé mondiale », qui vise à développer la priorité donnée à la santé en matière de politique étrangère.

Depuis les accords d’Oslo, le Proche-Orient fait l’objet d’un engagement constant de la diplomatie norvégienne. La Norvège préside le « Comité ad hoc de liaison des donateurs » (AHLC, où la France est membre « invité spécial ») et participe régulièrement aux dîners de suivi de la Conférence de Paris.

La Norvège est par ailleurs très attachée à la préservation du rôle et des compétences de l’OTAN, perçue comme un instrument de sécurité et d’influence inégalable en Europe (la PESD apparaissant comme un complément). Attachée au maintien d’une implantation significative sur le sol européen, la Norvège soutient l’idée d’un recentrage du rôle de l’Alliance sur ses fonctions traditionnelles et sur son territoire premier, l’Europe. Elle défend un rôle important des implantations sur son propre territoire (commandement de Stavanger) et n’hésite pas pour cela à mobiliser des moyens importants.


Mise à jour : 28.01.14

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