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Présentation de la Norvège

Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume de Norvège
Nature du régime : Monarchie constitutionnelle ayant un système parlementaire
Chef de l’Etat : S. M. le Roi Harald V (17 janvier 1991)
Chef du gouvernement : Erna Solberg

Données géographiques

Superficie : 384 822 km² (Svalbard inclus)
Capitale : Oslo (l’agglomération d’Oslo regroupe 634.463 habitants)
Villes principales : Bergen, Trondheim, Stavanger, Tromsø
Langue officielle : Norvégien (bokmål, langue parlée dérivée du danois, et nynorsk, langue écrite, « nouveau norvégien »). Dans certaines régions, le sámi (ou lapon) est également langue officielle.
Monnaie : Couronne norvégienne (NOK) - taux de change 17 novembre 2015 : 1 EUR = 9,237 NOK
Fête nationale : 17 mai (fête de sa Constitution du 1814, largement inspirée par la France et deuxième Constitution plus ancienne toujours en vigueur).

Données démographiques
(chiffres du Bureau des statistiques de Norvège)

Population : 5 168 000 (1er janvier 2015)
Croissance démographique : 1,27% (par rapport à 2014)
Densité de la population : 15,8 hab. par km²
Espérance de vie : Femmes : 84,1 ans, hommes : 80 ans (2014)
Taux de fécondité : 1,78 (2013)
Population active : 2 723 100 personnes (2014)
Taux d’alphabétisation : 100%
Religions :Évangéliques luthériens de Norvège (87%), musulmans (1,5%), catholiques (1%)
Indice de développement humain : classement PNUD 2013 : 0, 944 (1ère place)

Données économiques
(sources : Commission européenne et DG Trésor)

PIB (mds €) : 384,7 (2013), 377,2 (2014), 379,9 (2015p)
PIB par habitant (en €) : 75 700 (2013), 73 418 (2014), 66 298 (2015p)

Taux de croissance : 1,3% (2013), 2,8% (2014), 1,8% (2015p)
Taux de chômage : 3,2% (2013), 4,1% (2014), 4,6% (2015p)
Taux d’inflation : 1,5% (2013), 1,9% (2014p), 2,5% (2015p)
Solde budgétaire (% PIB) : 13,5 (2013), 10,5 (2014), 9,4 (2015p)

Dette publique (% PIB) : 27,4 (2013), 26,4 (2014), 32,4 (2015p)

Balance commerciale : 48 Mds € (2013), 40.9 Mds€ (2014)
Principaux clients (2014) : Royaume-Uni (22.8%), Allemagne (16.3%), Pays-Bas (13,3%), France (65.9%), Suède (5,7%), États-Unis et Belgique (4,5%)
Principaux fournisseurs (2014) : Suède (12,5%), Allemagne (12,1%), Chine (9,7%), Royaume-Uni (6,6%), Danemark (6,2%), États-Unis (56.1%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • secteur primaire : 1,6%
  • secteur secondaire : 39,9%
  • secteur tertiaire : 56,8%

Exportations françaises : 1,67 Mds € (2012), 1,48 Mds € (2013), 1,6 Mrd € (2014)
Importations françaises : 5,63 Mds € (2012), 5,32 Mds € (2013), 3,1 Mrd € (2014)
Solde commercial : -3,95 Mds € (2012), -3,84 Mds € (2013), -1,5 Mrd € (2014)
Total des échanges : 7,3 Mds € (2012), 6,8 Mds € (2013), 4,7 Mds € (2014)
Part de marché de la France (%) : 3,3 (2011), 3,2 (2012), 3,4 (2013), 3,5 (2014)
Flux d’IDE sortant de France : 1,585 Mds € (2011), -645 M € (2013),
Stocks d’IDE français en Norvège : 5,47 Mds € (2011), 3,89 Mds € (2012), 5,15 Mds € (2013)
Rang du pays dans les stocks d’IDE : 22e (2011), 26e (2012), 24e (2013)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/norvege

Consulats généraux de France : Section consulaire de l’ambassade à Oslo
Consulats honoraires : Alesund, Bergen, Narvik, Stavanger, Tromso et Trondheim
Communauté française en Norvège : 5.100 personnes
Communauté norvégienne en France : 7.000 personnes

Politique intérieure

Possession danoise pendant quatre siècles, puis unie au royaume de Suède de 1814 à 1905, la Norvège est une monarchie constitutionnelle. Le roi a une fonction essentiellement honorifique. Il prononce le discours du trône et nomme le gouvernement. Les 169 membres du parlement (Stortinget), monocaméral, sont élus à la proportionnelle tous les quatre ans.

Les élections législatives du 9 septembre 2013 mènent un gouvernement minoritaire de centre-droit, dominée par les conservateurs de Mme Erna Solberg, au pouvoir : Après un échec des négociations entre les quatre tendances de droite, le gouvernement est constitué par une alliance entre les conservateurs (qui sont arrivés en 2e place, avec 26,8% des suffrages, soit 9,6% de plus qu’aux dernières élections), et le parti du progrès (16,3% des votes ; -6,6%), qui, bien qu’il ait perdu 12 sièges par rapport à 2009, fait partie de la coalition gouvernementale pour la première fois de son histoire. Deux autres partis, le parti libéral et le parti chrétien-populaire soutiennent le gouvernement Solberg.

Le parti travailliste de Jens Stoltenberg reste toutefois, le principal parti en Norvège, avec 30,8% des voix et 55 des 169 députés (9 sièges en moins), mais, après huit ans au pouvoir, entre en opposition. Suite à la nomination de M. Stoltenberg au poste du SG de l’OTAN en 2014, le congrès national du parti travailliste a élu M. Jonas Gahr Støre (ministre des affaires étrangères de 2005-2012) comme chef du parti.

Le parti vert (2,8% des voix) est représenté pour la première fois au parlement avec un député.

Avec 84 voix contre 11, le parlement a rejeté, en mars 2013, la proposition des députés socialistes de gauche et de quatre députés travaillistes de remplacer la monarchie constitutionnelle actuelle par une république. Selon un sondage de la compagnie Norstat de 2014, 82% des Norvégiens préfèrent la monarchie comme forme de régime pomitique. Le roi Harald V et la famille royale jouissent également d’une importante popularité.

Aux élections locales du 14 septembre 2015, les partis de la coalition de droite ont reculé très sensiblement. Le parti travailliste est arrivé au pouvoir à Oslo après de 18 ans d’opposition grâce à un accord de coalition avec le verts, qui ont enregistré une percée dans le paysage politique.

Pour l’actuel session parlementaire (commencée le 2 octobre), le gouvernement de Mme. Solberg a défini comme priorités : l’adaptation de la Norvège a la baisse de prix du pétrole (réduire la dépendance des hydrocarbures, maintenir un taux d’emploi élevé), le dérèglement climatique, la pauvreté dans le monde et les conflits internationaux, ainsi que la crise migratoire.

A partir d’été 2015 la Norvège voit une augmentation significative des arrivées des réfugiés, avec un total de plus de 30 000 demandes d’asile dans les 11 premiers mois du 2015 (contre 11 480 en toute 2014). Un triplement à 33 000 est prévu pour 2015 et 2016). Les flux de réfugiés en provenance de Russie, par la frontière de Kirkenes, pose des défis importants aux autorités (5 500 en 2015 contre 20 en 2014). La PM a déclaré au parlement le 13 octobre que le système d’accueil était sous pression. Dans ce contexte, elle soutenait d’une part des mesures européennes communes (auxquelles la Norvège participe avec l’accueil de 1 500 migrants au titre de la relocalisation), et d’autre part des solutions « pratiques et sobres » pour la Norvège. Le gouvernement a annoncé un durcissement des règles de l’asile (notamment baisse des allocations, limitation du regroupement familial, etc.) et a introduit le 26 novembre des contrôles renforcés temporaires des frontières. Ces mesures ont menés à une baisse des arrivées. Pour prendre en compte l’augmentation du nombre de migrants, le budget de l’aide internationale a été augmenté à 1% du PNB (passant ainsi à environ 3.8 milliards d’euros). Au parlement six des huit partis ont accordé un compromis pour réduire le flux de migrants vers la Norvège (novembre 2015) et sur des mesures en faveur de l’intégration (décembre 2015) en précisant que l’intégration doit être fondée sur des valeurs fondamentales et reposer sur un équilibre entre les devoirs et les droits des chacun. Les autorités norvégiennes d’immigration ont revu à la baisse leurs prévisions d’arrivée de demandeurs d’asile en Norvège pour 2016, conformément à la tendance observée depuis décembre 2015. Elles constatent dans un rapport interne que le pays n’était pas préparé l’an dernier à un afflux important de réfugiés. Dans ce contexte, le gouvernement Solberg espère faire passer au parlement ce printemps une loi durcissant la politique d’immigration.

Le 16 décembre 2015 Mme Solberg a procédé à un remaniement ministériel à mi-mandat : sans toucher les postes clés, les changements (trois ministres quittent le gouvernement, quatre nouvelles nominations, 3 changements de portefeuilles) sont en ligne avec les priorités du gouvernement. La création d’un nouveau ministère de l’immigration et l’intégration aux mains du parti du progrès laisse présager une politique plus stricte dans ce domaine. Au vu des derniers sondages (décembre 2015) qui donnent au conservateurs 20,7% et au parti de progrès 18,2%, ce remaniement devrait aussi préparer le gouvernement pour la campagne électorale de 2017.

Situation économique

Depuis plusieurs années, l’économie norvégienne fait preuve d’un grand dynamisme. Elle a été relativement épargnée par la crise internationale (chute de 1,5% du PIB en 2009), et les chiffres font état d’une croissance proche de 3% pour l’année 2012, tirée par la consommation privée et les investissements pétroliers, notamment suite à un traité entré en vigueur en 2011 avec la Russie sur la délimitation de la frontière maritime. Depuis la mi-2014 et la chute des cours du pétrole, les investissements dans le secteur des hydrocarbures ont connu un ralentissement et une baisse de 20% est prévue en 2015. Le leader norvégien, Statoil, a abandonné plusieurs grands projets de prospection dans les zones arctiques difficiles d’accès. Sur le marché de travail cela signifie une perte actuelle de plus de 25.000 postes de travail dans l’industrie pétrolière. Le niveau de production d’hydrocarbures se dirige momentanément vers un plateau. Un tel phénomène pourrait avoir de fortes conséquences dans ce pays qui est le 7e exportateur mondial de pétrole, et le 3e de gaz, et où le secteur des hydrocarbures représente au minimum un quart du PIB et un tiers des revenus du budget de l’État. Les revenus de la rente pétrolière ont ainsi fondu dès 2014 et la tendance devrait rester inchangée en 2015 ce qui a entrainé des rectificatifs budgétaires. Néanmoins, grâce aux revenus pétroliers, le gouvernement conserve une marge budgétaire qu’il compte utiliser pour des ajustements de sa politique. Selon les Norvégiens la production norvégienne actuelle de gaz devrait rester stable jusque 2035, y inclus des nouvelles découvertes attendues.

La croissance de l’économie norvégienne est à présent attendue à 1,2% lors de l’élaboration du budget 2016 - en automne 2015. Le principal frein est la baisse de 17 à 20% des investissements dans l’industrie pétrolière. De même, la consommation des ménages devrait augmenter de 2,7% en 2016, contre 3.5 à 4% enregistrés sur les trois dernières années. Le produit intérieur brut ainsi devrait croître de 1,0% en 2015 et de 1,3% l’année prochaine, contre 2,2% en 2014. L’inflation pour sa part devrait se maintenir à 2,1 % (prévisions 2017 : 2,9%) et les salaires croîtront de 2,7% cette année, contre 3,1% en 2014. La hausse des salaires réels sera donc plus modérée. Il s’agit d’une hausse salariale de 13 600 NOK (1600 €) en moyenne par équivalent temps plein (ETP). Le chômage a récemment franchi la barre des 4%. Selon les prévisions, il ne devrait pas augmenter considérablement au-delà du niveau actuel (4,1%) en 2016.

La principale interrogation concerne les effets de la baisse des cours du Brent sur les finances publiques. Malgré un environnement macro-économique très différent - cours du Brent en particulier - le budget présenté le 7 octobre 2015 prévoit un budget à l’équilibre si l’on inclut les recettes pétrolières. Hors revenus pétroliers le déficit est cependant de 194 Mrds de Nok (7,1 % du PIB).
La politique budgétaire peut être qualifiée d’expansive avec une croissance nominale des dépenses de 3,6% (4,5% hors pétrole) à 1 245 Mrds Nok (135 Mrds €). Les priorités vont aux dépenses sociales (36%) mais aussi aux transports et à l’éducation. L’exercice 2016 est basé sur une hypothèse de croissance de 1,2 %, une inflation de 2,5 % et un chômage de 4,5 %. Le Fonds de Pension Global (FPG) sera sollicité à hauteur de 2,8 % de sa valeur (207Mrds), soit moins que les 4% autorisés.

Le projet de budget 2016 a été adopté avec 1 Md EUR surcoût par an pour l’accueil des réfugiés et une réorientation d’une partie du budget d’aide au développement vers l’accueil des réfugiés ( 195 EUR) en 2016. Il s’y ajoutent des économies, également critiquées, telles qu’une baisse de 20% des aides financières versées aux réfugiés (-10% pour les mineurs), une réduction des heures d’enseignement du norvégien et un renvoi plus rapide des demandeurs d’asile déboutés. Les négociations budgétaires ont mis à l’épreuve la coopération du gouvernement avec les deux partis qui le soutiennent.

La capitalisation du fonds souverain, auquel est versée la quasi-totalité des revenus, des hydrocarbures norvégiens a dépassé les 800 Mds€ en mai 2015. Il s’agit d’un enjeu considérable pour l’économie norvégienne et d’un partenaire important pour la France, qui occupe la 4ème place dans le portefeuille d’actions du fonds (6% en valeur), bien que sa part soit en déclin au profit des pays émergents. L’objectif de diversification des placements du fonds reste fixé à 60% d’actions, 35-40% d’obligations et 5% d’immobilier, avec une réduction de la part de l’Europe de 50 à 40%. Son volume (1,2% de la capitalisation mondiale) en fait un prescripteur incontournable sur les marchés. Les autorités norvégiennes rappellent régulièrement, notamment concernant les investissements dans la zone euro, que le seul critère d’investissement est le rendement à long terme, sans considération politique. Un prélèvement de 2,9% de sa valeur, ce qui reste inférieur à son rendement réel de long terme et à la limite de la règle des 4% autorisée, a permis de combler le déficit budgétaire en 2014. Deux propositions de réforme touchant le fonds sont actuellement discutées : la suppression du comité d’éthique surveillant les investissements du fonds et le transfert de ses compétences à la banque centrale. Le comité des finances du parlement a annoncé le 27 mai 2015 que la coalition au pouvoir et le parti travailliste avaient trouvé un accord sur le retrait du fonds du capital de toutes les sociétés minières ou productrices d’électricité à base de charbon tombant sous le coup d’au moins une des deux définitions suivantes : au moins 30 % de leurs activités ou de celles de sociétés qu’elles contrôlent sont basées sur le charbon et au moins 30 % de leurs revenus ou de ceux des sociétés qu’elles contrôlent sont issus du charbon. Ces critères, désormais plus stricts que ceux de banques ou fonds de pensions comme Nordea, Storebrand et KLP notamment, entreront en vigueur au 1er janvier 2016. Le fonds ne revendra cependant pas dans un premier temps ses parts dans des sociétés dont l’exposition au charbon dépasse 30 % si celles-ci peuvent justifier d’une stratégie de désengagement du charbon ou de report sur les énergies renouvelables. Le ministère des finances estime que ces nouvelles règles concernent entre 50 et 75 sociétés, pour une valeur totale des placements de 35 à 40 milliards. La question des sociétés pétrolières et gazières (228 Mrds d’actifs) reste cependant largement en suspens.

Politique européenne

A deux reprises, le peuple norvégien a rejeté par référendum l’entrée de son pays dans l’Union européenne (1972 et 1994). Les gouvernements successifs ont cherché depuis lors à maintenir des liens aussi étroits que possible avec l’Union. En témoignent la participation de la Norvège depuis 1994 au marché intérieur de l’UE grâce à l’accord sur l’Espace économique européen (EEE), sa participation à l’espace Schengen et, depuis 2001, à la convention de Dublin (asile) ainsi qu’à Europol. Elle s’aligne très souvent sur les positions européennes en matière de politique étrangère et participe à des opérations de la politique européenne de sécurité et de défense commune. De même, elle fait partie des programmes européens Horizon 2020 (coopération scientifique) et Erasmus+ (programme étudiant d’échange). Enfin, au titre de l’EEE, la Norvège contribue financièrement à la politique européenne de cohésion (à hauteur de 1,8 milliards d’euros pour la période 2009-2014).

L’euroscepticisme largement majoritaire tient au souhait de la Norvège de conserver toute la maîtrise de sa politique en matière de pêche et d’agriculture (exclues de l’accord EEE), à sa prospérité économique fondée sur ses importantes ressources en hydrocarbures, à la préservation de son modèle social (« scandinave ») et au fait qu’elle bénéficie déjà du marché intérieur européen via l’accord EEE. Il faut aussi y voir le souci de préserver une indépendance somme toute assez récente.

Pour l’heure, la Norvège considère que ses intérêts sont garantis de manière satisfaisante par l’accord EEE, qui prévoit la reprise de l’ensemble de l’acquis communautaire en matière de marché intérieur. Le livre blanc sur la politique européenne de la Norvège, présenté en octobre 2012, souligne la quasi-intégration du pays à l’UE. Confortée dans son choix depuis la crise économique, la population norvégienne, protégée par la manne pétrolière, est plus opposée à une adhésion à l’UE que jamais (70% d’après les derniers sondages). Le nouveau parlement compte désormais une très forte majorité de parlementaires favorable à une adhésion de la Norvège à l’UE (70%), et le gouvernement Solberg accorde plus d’importance aux questions européennes. La nomination d’un ministre chargé des affaires européennes, placé directement auprès de la Première ministre témoigne d’une nouvelle approche plus « pro-active et pragmatique » en matière européenne. La mesure la plus symbolique du gouvernement a été la disparition de la « clause suicidaire » dans l’accord de coalition. Présente depuis 12 ans, cette clause visait à rendre caduc l’accord de coalition dès lors qu’un des partis aurait décidé de lancer le débat sur la question de l’appartenance à l’UE.

Le mécanisme de reprise quasi-automatique de l’acquis fonctionne bien ; la Norvège possède une des meilleures performances en matière de transposition des directives sur le marché intérieur (99,1%). La Norvège a lancé une procédure d’examen de ses liens avec l’Union européenne, qui s’est traduite par la présentation d’un rapport d’évaluation le 17 janvier 2012. Ce bilan souligne la quasi-intégration du pays à l’UE (la Norvège atteindrait "les trois-quarts" du niveau d’intégration d’un Etat membre).

La Norvège, tout comme l’Islande, applique l’acquis de Schengen dans son intégralité sur la base d’un accord d’association avec l’Union européenne signé le 18 mai 1999. Les dispositions relatives au Système d’information Schengen (SIS) sont entrées en vigueur le 1er janvier 2000. Les deux pays prennent ainsi part aux discussions sur le développement de l’acquis de Schengen, mais pas aux votes. Par ailleurs, la Norvège participe financièrement à l’agence Frontex. Un accord de coopération a également été signé avec Europol. En outre, la Norvège a adhéré le 26 juin 2010 au traité de Prüm sur la lutte contre le terrorisme, la criminalité et l’immigration illégale. En matière d’asile, elle est partie aux accords de Dublin.

Bien que la PESC n’entre pas dans le cadre de l’accord EEE, un dialogue politique existe, formalisé par une déclaration annexée à l’accord. Celle-ci prévoit notamment des échanges de vues informels au niveau ministériel lors des réunions du Conseil de l’EEE (deux fois par an). Au-delà du cadre juridique, l’UE est de facto, avec les Nations Unies, la référence prioritaire de la diplomatie norvégienne lorsqu’il s’agit de prendre position. La Norvège s’aligne ainsi régulièrement sur les déclarations PESC.

Un accord sur la gestion des stocks de maquereau a été conclu, le 12 mars 2014, entre l’UE, la Norvège et les Iles Féroé, mais sans l’Islande. Le traité fixe le TAC de maquereau à 1,24 million de tonnes par an pour les Etats côtiers de l’Atlantique nord-est, soit une augmentation significative de près de 40% par rapport aux recommandations faites par le Conseil International pour l’Exploration de la Mer.

Politique extérieure

La Norvège continue à promouvoir ses points forts sur la scène internationale grâce à sa générosité en matière d’APD (1% de son PNB), au prix Nobel de la paix, et à son engagement dans les instances multilatérales (ONU, OTAN, OSCE, Conseil de l’Europe) et sur certains sujets (lutte contre la mortalité infantile et maternelle, accès aux médicaments, lutte contre le changement climatique), ainsi qu’à sa tradition de disponibilité au dialogue (avec le Hamas par exemple) et à la médiation (dialogue entre le gouvernement colombien et les FARC). En outre, la Norvège démontre un haut niveau d’engagement dans les crises humanitaires, notamment en Afrique. Elle a proposé une conférence internationale des pays donateurs pour la Syrie qui s’est déroulée début février 2016 à Londres en coopération avec le Royaume Uni, l’Allemagne, le Koweït et les Nations Unies. Il s’agissait d’améliorer les conditions de vie des réfugiés et leur accueil dans les pays voisins de la Syrie.

La région du Grand Nord (délimitée à l’ouest par la mer de Norvège et à l’est par la mer de Barents) est clairement définie comme la priorité de la politique étrangère norvégienne, en raison des perspectives d’exploitation des hydrocarbures (25% des ressources pétrolières et gazières mondiales non encore découvertes y seraient localisées), des ressources halieutiques de plus en plus importantes (la zone abrite d’ores et déjà le plus important stock de poissons consommés en Europe) et du développement à terme du transport commercial par le passage du Nord-Est (triplement prévu du trafic maritime en moins de 10 ans du fait de la fonte de la banquise). Ces perspectives doivent être conciliées avec la protection d’un environnement particulièrement fragile. Dans ce contexte, la Norvège souhaite renforcer le rôle du Conseil arctique, dont elle héberge le secrétariat permanent (à Tromsø). Elle est le pays le plus favorable à une implication des États observateurs du Conseil dans la coopération en Arctique et soutient la candidature de l’UE à un statut d’observateur. Outre son rôle actif au sein du Conseil nordique qui réunit les cinq pays nordiques, ses territoires autonomes et, comme observateurs, les pays baltes, elle est à l’origine de la création du Conseil euro-arctique de la mer de Barents et participe au conseil des États riverains de la mer Baltique.

Par ailleurs, la Russie et la Norvège développent leur coopération dans la région : après 40 ans de négociations, les deux pays ont signé un accord sur la délimitation et la coopération en Mer de Barents et dans l’Océan Arctique, à Mourmansk (Russie) le 15 septembre 2010, et un accord sur le « petit trafic frontalier », entré en vigueur le 29 mai 2012, facilitant les échanges à la frontière russo-norvégienne.

L’appartenance de la Norvège à l’ONU depuis sa création a joué un rôle de premier plan dans la politique étrangère du pays. Les Norvégiens ont fourni un effort considérable dans ce domaine (plus de 41.000 casques bleus depuis l’origine et le premier secrétaire général, Trygye Lie). Oslo considère qu’il revient à l’ONU de jouer un rôle central comme promoteur de la paix et des droits de l’homme et comme acteur du développement international. La Norvège est, selon les années, le 7e contributeur volontaire aux Nations Unies (1er par habitant). L’ex-premier ministre, Jens Stoltenberg, a co-présidé le groupe de haut niveau sur la réforme du système des Nations Unies et celui sur le financement des mesures climatiques. M. Stoltenberg a parrainé également les Objectifs du Millénaire pour le Développement 4 (santé infantile) et 5 (santé maternelle), et a été nommé le 23 décembre 2013 envoyé spécial des Nations Unies pour le climat avec l’ancien président ghanéen John Kufor.

L’aide publique au développement (APD) norvégienne pour 2016 devrait se maintenir à 1% du PIB avec 3,5 milliards d’euros. Cette proposition correspond à une augmentation de 62,5 M d’euros par rapport à 2015. De plus, le gouvernement envisage de réserver une partie de l’APD pour l’accueil des réfugiés en Norvège. Au-delà de l’aide humanitaire, les secteurs prioritaires de l’APD norvégienne sont : l’énergie et l’environnement, l’éducation, la santé, la promotion de la bonne gouvernance et le développement économique. L’aide humanitaire s’élèvera à 520 M d’euros incluant les contributions pour la Syrie et ses pays frontaliers dont l’Irak (16,2 M) ainsi que les fonds dédiés au UNHCR et au programme alimentaire mondial.

Comme les accords d’Oslo en avaient témoigné, le Proche-Orient fait l’objet d’un engagement constant de la diplomatie norvégienne. La Norvège préside le « comité ad hoc de liaison des donateurs » (AHLC, où la France est membre « invité spécial ») et participe régulièrement au suivi de la conférence de Paris.

Membre fondateur et partenaire fiable de l’OTAN, la Norvège considère l’alliance atlantique comme le garant de sa sécurité et reste très attachée à la préservation du rôle et des compétences de l’organisation, perçue comme un instrument de sécurité et d’influence inégalable en Europe (la PSDC apparaissant comme un complément). Attachée au maintien d’une implantation significative sur le sol européen, la Norvège soutient l’idée d’un recentrage du rôle de l’Alliance sur ses fonctions traditionnelles et sur son territoire premier, l’Europe. Elle défend un rôle important des implantations sur son propre territoire (commandement de Stavanger) et n’hésite pas pour cela à mobiliser des moyens importants. La nomination de Jens Stoltenberg au poste du SG de l’OTAN en 2014 reflète la reconnaissance de l’engagement de la Norvège au sein de l’Alliance et de sa capacité à mener un dialogue responsable et ferme avec la Russie.

Mise à jour : 04.05.16

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