Présentation de la Norvège

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : Royaume de Norvège
Nature du régime : Monarchie constitutionnelle ayant un système parlementaire
Chef de l’Etat : S. M. le Roi Harald V (17 janvier 1991)
Chef du gouvernement : Erna Solberg
Données géographiques
Superficie : : 323 802 km² (Svalbard inclus)
Capitale : Oslo (l’agglomération d’Oslo regroupe 634.463 habitants)
Villes principales : Bergen, Trondheim, Stavanger, Tromsø
Langue officielle : Norvégien (bokmål, langue parlée dérivée du danois, et nynorsk, langue écrite, « nouveau norvégien »). Dans certaines régions, le sámi (ou lapon) est également langue officielle.
Monnaie : Couronne Norvégienne (NOK) – taux de change juillet 2016 : 1 EUR = 9,4517 NOK
Fête nationale : 17 mai (fête de sa Constitution de 1814, largement inspirée par la France et deuxième Constitution plus ancienne toujours en vigueur)

Données géographiques

Superficie : 323 802 km² (Svalbard inclus)
Capitale : Oslo (l’agglomération d’Oslo regroupe 634.463 habitants)
Villes principales : Bergen, Trondheim, Stavanger, Tromsø
Langue officielle : Norvégien (bokmål, langue parlée dérivée du danois, et nynorsk, langue écrite, « nouveau norvégien »). Dans certaines régions, le sámi (ou lapon) est également langue officielle.
Monnaie : Couronne Norvégienne (NOK) – taux de change juillet 2016 : 1 EUR = 9,4517 NOK
Fête nationale : 17 mai (fête de sa Constitution de 1814, largement inspirée par la France et deuxième Constitution plus ancienne toujours en vigueur)

Données démographiques
(chiffres du Bureau des statistiques de Norvège)

Population : 5.258.317 (1er janvier 2016)
Croissance démographique : 1,27% (par rapport à 2014)
Densité de la population : 15,9 hab. par km²
Espérance de vie : Femmes : 84,2 ans, hommes : 80,6 ans (2016)
Taux de fécondité : 1,71 (2016)
Population active : 2.630.800 personnes (2014)
Taux d’alphabétisation : 100%
Religions : Évangéliques luthériens de Norvège (87%), musulmans (1,5%),
catholiques (1%)
Indice de développement humain : Classement PNUD 2014 : 0, 944 (1ère place)

Données économiques
(sources : Commission européenne et DG Trésor)

PIB (mds €) : 393,3 (2013), 377,6 (2014), 350,9 (2015), 344,3 (2016)
PIB par habitant (en €) : 77.381 (2013), 73 376 (2014), 70 324 (2015), 70 733 (2016)
Taux de croissance : 0,7% (2013), 2,2% (2014), 1,6% (2015), 1,2 (2016), 2,3% (2017p)
Taux de chômage : 3,4% (2013), 3,4% (2014), 4,2% (2015), 4,4 (2016)
Taux d’inflation : 2% (2013), 1,9% (2014), 2% (2015), 3,6% (2016), 2,2% (2017p)
Solde budgétaire (% PIB) : 10,7 (2013), 8,7 (2014), 5,7 (2015), 6,1 (2016)
Dette publique (% PIB) : 29,2 (2013), 26,6 (2014), 27,6 (2015), 30,6 (2016)

Balance commerciale : 48 Mds € (2013), 40,9 Mds € (2014), 24,9 Mds € (2015)
Principaux clients (2015) : Royaume-Uni (21,2%), Allemagne (17,8%), Pays-Bas (10%), France (6,3%), Suède (5,9%), Belgique (4,9%)
Principaux fournisseurs (2015) : Suède (11,6%), Allemagne (11,4%), Chine (10,2%), Royaume-Uni (6,3%), États-Unis (6,1%), Danemark (5,7%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • secteur primaire : 1,7%
  • secteur secondaire : 38,2%
  • secteur tertiaire : 60,1%

Exportations françaises : 1,48 Mds € (2013), 1,6 Mrd € (2014), 1,5 Mds € (2015)
Importations françaises : 5,36 Mds € (2013), 3,1 Mrd € (2014), 3 Mds € (2015), 2,8 Mds € (2016)
Solde commercial : -3,84 Mds € (2013), -1,5 Mds € (2014), -1,6 Mds € (2015)
Total des échanges : 6,8 Mds € (2013), 4,7 Mds € (2014), 4,5 Mds € (2015)
Part de marché de la France (%) : 3,3 (2013), 3,4(2014), 3,2 (2015)
Flux d’IDE sortant de France : 1,585 Mds € (2011), 1,34 Mds € (2013), 146 M € (2014)
Stocks d’IDE français en Norvège : 5,09 Mds € (2013), 6,21 Mds € (2014), 6,9 Mds € (2015)
Rang du pays dans les stocks d’IDE : 22e (2011), 26e (2012), 24e (2013), 16e (2014)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/norvege

Composition du gouvernement

Chef de l’État : S. M. le Roi Harald V (1991)
Gouvernement du 15 octobre 2013 issu des élections du 9 septembre 2013. La coalition est composée du parti conservateur (H) et du parti du progrès (FrP).

Premier Ministre : Mme Erna SOLBERG (H)

Ministre des Finances : Mme Siv JENSEN (FrP)
Ministre des Affaires communales et de la modernisation : M. Jan Tore SANNER (H)
Ministre des affaires EEE, des relations avec l’UE
et des affaires du conseil de coopération nordique : M. Frank BAKKE-JENSEN (H)*
Ministre du Transport et des Communications : M. Ketil SOLVIK-OLSEN (FrP)
Ministre des Affaires étrangères : M. Børge BRENDE (H)
Ministre de la culture : Mme. Linda Cathrine HOFSTAD HELLELAND (H)*Ministre de la Pêche : M. Per SANDBERG (FrP)*
Ministre du Climat et de l’Environnement : M. Vidar HELGESEN (H)*
Ministre du Commerce et de l’Industrie : Mme Monica MAELAND (H)
Ministre de l’Enfance, de la Parité
et de l’Insertion sociale : Mme Solveig HORNE (FrP)
Ministre de la Santé et des services des soins : M. Bent HØIE (H)
Ministre du Travail et des Affaires Sociales : Mme. Anniken HAUGLIE (H)*
Ministre de la Justice et de la sécurité publique : M. Anders ANUNDSEN (FrP)
Ministre de l’Immigration et de l’Intégration
(sous l’autorité du ministre de la justice) : Mme Sylvi LISTHAUG (FrP)*
Ministre du Pétrole et de l’Énergie : ) M.Terje SOVIKNES
Ministre de la Défense : Mme Ine Marie Eriksen SØREIDE (H)
Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation : M. Jon Georg DALE* (FrP)
Ministre de l’Éducation et de la recherche : M. Torbjorn Røe ISAKSEN (H)

* : lors du remaniement gouvernemental du 16 octobre 2016.

Echéances électorales : Législatives le 11 septembre 2017

Présence française

Consulats généraux de France : Section consulaire de l’ambassade à Oslo
Consulats honoraires : Alesund, Bergen, Narvik, Stavanger, Tromso et Trondheim

Communauté française en Norvège : 5.100 personnes
Communauté norvégienne en France : 7.000 personnes

https://no.ambafrance.org/

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Possession danoise pendant quatre siècles, puis unie au royaume de Suède de 1814 à 1905, la Norvège est une monarchie constitutionnelle. Le roi a une fonction essentiellement honorifique, mais prononce le discours du trône et nomme le gouvernement. Les 169 membres du Parlement (Stortinget), monocaméral, sont élus à la proportionnelle tous les quatre ans.

Les élections législatives du 9 septembre 2013 mènent un gouvernement minoritaire de centre-droit, dominé par les Conservateurs de Mme Erna Solberg, au pouvoir : après un échec des négociations entre les quatre tendances de droite, le gouvernement est constitué par une alliance entre les conservateurs (qui sont arrivés en 2e place, avec 26,8% des suffrages, soit 9,6% de plus qu’aux dernières élections), et le parti du progrès (16,3% des votes ; -6,6%), qui, bien qu’il ait perdu 12 sièges par rapport à 2009, fait partie de la coalition gouvernementale pour la première fois de son histoire. Deux autres partis, le parti libéral et le parti chrétien-populaire soutiennent le gouvernement Solberg.

Le parti travailliste de Jens Stoltenberg reste toutefois le principal parti en Norvège, avec 30,8% des voix et 55 des 169 députés (9 sièges en moins), mais après 8 ans au pouvoir il est entré dans l’opposition. Suite à la nomination de M. Stoltenberg au poste du SG de l’OTAN en 2014, le congrès national du parti travailliste a élu M. Jonas Gahr Støre (ministre des affaires étrangères de 2005-2012) comme chef du parti.

Le parti vert (2,8% des voix) est représenté pour la première fois au Parlement avec un député.

Aux élections locales du 14 septembre 2015, les partis de la coalition de droite ont reculé très sensiblement. La victoire la plus emblématique du parti travailliste est son accession au pouvoir à la mairie d’Oslo après 18 ans passés dans l’opposition, grâce à un accord de coalition avec les Verts, qui ont enregistré une percée dans le paysage politique.

A partir de l’été 2015, la Norvège a vu une augmentation significative de l’arrivée de réfugiés, avec un total de 31 000 demandes d’asile en 2015 (contre 11 480 en 2014). Les flux de réfugiés en provenance de Russie, par la frontière de Kirkenes, ont posé des défis importants aux autorités (5 500 en 2015 contre 20 en 2014). La Russie a conclu un accord avec la Norvège pour endiguer ces flux, qui ont aujourd’hui cessé. La Première ministre a déclaré au parlement le 13 octobre 2015 que le système d’accueil était sous pression. Elle a soutenu d’une part les mesures européennes communes (auxquelles la Norvège a participé avec l’accueil de 1 500 migrants au titre de la relocalisation), et d’autre part des solutions « pratiques et sobres » pour la Norvège en prônant une répartition équitable des demandeurs d’asile. Toutefois le gouvernement a annoncé un durcissement des règles de l’asile (notamment baisse des allocations, limitation du regroupement familial, etc.) et a introduit le 26 novembre 2015 des contrôles renforcés temporaires des frontières. Ces mesures ont conduit à une baisse des arrivées. Pour prendre en compte l’augmentation du nombre de migrants, le budget de l’aide internationale a été augmenté à 1% du PNB (passant ainsi à environ 3,8 Mds €).

Situation économique

L’économie norvégienne est stable et fait preuve de dynamisme. Elle a été relativement épargnée par la crise internationale (chute de 1,5% du PIB en 2009), et sa croissance, tirée par la consommation privée et les investissements pétroliers, notamment suite à un traité entré en vigueur en 2011 avec la Russie sur la délimitation de la frontière maritime. Depuis 2014 et la chute des cours du pétrole, les investissements dans le secteur des hydrocarbures ont connu un ralentissement (les hydrocarbures représentent plus de 50% des exportations et un quart des revenus budgétaires et du PIB de la Norvège). Le leader norvégien, Statoil, a abandonné plusieurs grands projets de prospection dans les zones arctiques difficiles d’accès. Sur le marché du travail, cela signifie une perte actuelle de plus de 25 000 postes de travail dans l’industrie pétrolière. Le niveau de production d’hydrocarbures se dirige momentanément vers un plateau. Un tel phénomène pourrait avoir de fortes conséquences dans ce pays qui est le 7e exportateur mondial de pétrole et le 3e de gaz. Les revenus de la rente pétrolière ont ainsi fondu dès 2014 et la tendance inchangée en 2015 a entrainé des rectificatifs budgétaires. Néanmoins, grâce aux revenus pétroliers, le gouvernement conserve une marge budgétaire qu’il compte utiliser pour des ajustements de sa politique. La production norvégienne actuelle de gaz devrait rester stable jusque 2035, en incluant des nouvelles découvertes attendues.

La capitalisation du fonds souverain, auquel est versée la quasi-totalité des revenus des hydrocarbures norvégiens a dépassé les 800 Mds € en mai 2015. Il s’agit d’un enjeu considérable pour l’économie norvégienne (plus de 200% du PIB norvégien) et d’un partenaire important pour la France, qui occupe la 4ème place dans le portefeuille d’actions du fonds (6% en valeur), bien que sa part soit en déclin au profit des pays émergents. Son volume (1,2% de la capitalisation mondiale) en fait un prescripteur incontournable sur les marchés. Les autorités norvégiennes rappellent régulièrement, notamment concernant les investissements dans la zone euro, que le seul critère d’investissement est le rendement à long terme, sans considération politique. Un prélèvement de 2,9% de sa valeur, ce qui reste inférieur à son rendement réel de long terme et à la limite de la règle des 4% autorisée, a permis de combler le déficit budgétaire en 2014.. Deux propositions de réforme touchant le fonds sont actuellement discutées : la suppression du comité d’éthique surveillant les investissements du fonds et le transfert de ses compétences à la Banque centrale. Le comité des finances du parlement a annoncé le 27 mai 2015 que la coalition au pouvoir et le parti travailliste avaient trouvé un accord sur le retrait du fonds du capital de toutes les sociétés minières ou productrices d’électricité à base de charbon tombant sous le coup d’au moins une des deux définitions suivantes : au moins 30 % de leurs activités ou de celles de sociétés qu’elles contrôlent sont basées sur le charbon et au moins 30 % de leurs revenus ou de ceux des sociétés qu’elles contrôlent sont issus du charbon. Ces critères, désormais plus stricts que ceux de banques ou de fonds de pensions comme Nordea, Storebrand et KLP notamment, sont entrés en vigueur le 1er janvier 2016. Le fonds ne revendra cependant pas dans un premier temps ses parts dans des sociétés dont l’exposition au charbon dépasse 30 %, si celles-ci peuvent justifier d’une stratégie de désengagement du charbon ou de report sur les énergies renouvelables. Le ministère des finances estime que ces nouvelles règles concernent entre 50 et 75 sociétés, pour une valeur totale des placements de 35 à 40 milliards. La question des sociétés pétrolières et gazières (228 Mds d’actifs) reste cependant largement en suspens. Il existe un débat sur la finalité du fonds (pression de l’opinion publique pour que la rente pétrolière puisse davantage bénéficier aux générations actuelles, voix s’élevant pour que la Norvège utilise le fonds pour financer des infrastructures ou investir dans l’éducation, dans les industries vertes en Norvège ou à l’étranger).

Le 16 février 2017, la Première ministre norvégienne, Erna Solberg, et la ministre des finances, Siv Jensen, ont annoncé que le fonds souverain devait augmenter la part des actions dans son portefeuille de 60 à 70%, tout en insistant sur la nécessité d’abaisser à 3% le taux de ponction du fonds souverain norvégien (actuellement de 4%). Le projet de loi sera débattu au parlement le 31 mars prochain. La première mesure consisterait à prendre plus de risques en achetant des actions supplémentaires ; la seconde reviendrait à limiter une pratique des gouvernements qui puisent dans le fonds pour équilibrer leur budget. Pour la première fois en 2016, la Norvège a davantage puisé dans le fonds qu’elle n’y a placé.

L’innovation semble occuper une place croissante dans l’économie norvégienne, depuis que la conjoncture affecte les exportations d’hydrocarbures. Elle revêt une importance considérable dans des perspectives de développement économique durable, liées au changement climatique et au potentiel ouvert par les énergies vertes. L’innovation peut aussi appuyer les secteurs des transports, des industries extractives ou piscicoles. A ce titre, les partenariats entre les mondes de la recherche et industriels sont encouragés. Les Norvégiens participent par ailleurs aux programmes Horizon 2020. Le pays pourrait renforcer sa place sur le marché européen, dans les secteurs des énergies renouvelables, de la bio économie, ou encore de la digitalisation. L’émergence d’une « marque » Norvège constitue à ce titre un objectif économique d’avenir.

Politique étrangère

À deux reprises, le peuple norvégien a rejeté par référendum l’entrée de son pays dans l’Union européenne (1972 et 1994). Les gouvernements successifs ont cherché depuis lors à maintenir des liens aussi étroits que possible avec l’Union. En témoignent son statut de membre de l’Association européenne de libre-échange, la participation de la Norvège depuis 1994 au marché intérieur de l’UE grâce à l’accord sur l’espace économique européen (EEE), sa participation à l’espace Schengen et, depuis 2001, à la convention de Dublin (asile) ainsi qu’à Europol. Elle s’aligne très souvent sur les positions européennes en matière de politique étrangère et participe à des opérations de la politique européenne de sécurité et de défense commune. De même, elle fait partie des programmes européens Horizon 2020 (coopération scientifique) et Erasmus+ (programme étudiant d’échange). Enfin, au titre de l’EEE, la Norvège contribue financièrement à la politique européenne de cohésion (à hauteur de 1,8 Md € pour la période 2009-2014) en finançant 150 programmes dans 16 pays bénéficiaires. Les contributions pendant la période 2014-2021 prévoient une augmentation des fonds norvégiens de 11,2%.

L’euroscepticisme largement majoritaire tient au souhait de la Norvège de conserver toute la maîtrise de sa politique en matière de pêche et d’agriculture (exclues de l’accord EEE), à sa prospérité économique fondée sur ses importantes ressources en hydrocarbures, à la préservation de son modèle social (« scandinave ») et au fait qu’elle bénéficie déjà du marché intérieur européen via l’accord EEE. Il faut aussi y voir le souci de préserver une indépendance somme toute assez récente.

Pour l’heure, la Norvège considère que ses intérêts sont garantis de manière satisfaisante par l’accord EEE, qui prévoit la reprise de l’ensemble de l’acquis communautaire en matière de marché intérieur. Le livre blanc sur la politique européenne de la Norvège, présenté en octobre 2012, souligne la quasi-intégration du pays à l’UE (l’Union est le 1er partenaire commercial de la Norvège, inversement la Norvège est le 5ème partenaire commercial de l’UE). Le mécanisme de reprise quasi-automatique de l’acquis fonctionne bien, la Norvège possède une des meilleures performances en matière de transposition des directives sur le marché intérieur (99,1%). Toutefois, confortée dans son choix depuis la crise économique, la population norvégienne, protégée par la manne pétrolière, est plus opposée à une adhésion à l’UE que jamais (70% d’après un sondage fin 2014). Alors que le parlement compte désormais une très forte majorité de parlementaires favorable à une adhésion de la Norvège à l’UE (70%). Le gouvernement Solberg accorde, par conséquent, plus d’importance aux questions européennes. La nomination d’un ministre chargé des affaires européennes, placé directement auprès de la Première ministre a témoigné de cette approche plus « proactive et pragmatique » en matière européenne. La mesure la plus symbolique du gouvernement a été la disparition de la « clause suicidaire » dans l’accord de coalition. Présente depuis 12 ans, cette clause visait à rendre caduc l’accord de coalition dès lors qu’un des partis aurait décidé de lancer le débat sur la question de l’appartenance à l’UE.

La Norvège, tout comme l’Islande, applique l’acquis de Schengen dans son intégralité sur la base d’un accord d’association avec l’Union européenne signé le 18 mai 1999. Les dispositions relatives au Système d’information Schengen (SIS) sont entrées en vigueur le 1er janvier 2000. Les deux pays prennent ainsi part aux discussions sur le développement de l’acquis de Schengen, mais pas aux votes. La Norvège participe aux agences européennes EUROPOL et EUROJUST qui veillent à la coordination des services de police et des autorités judiciaires nationales, et a adhéré le 26 juin 2010 au traité de Prüm sur la lutte contre le terrorisme, la criminalité et l’immigration illégale. Elle est partie à la Convention de Dublin (aujourd’hui Dublin II) et suit la politique européenne sur l’immigration. La Norvège participe dans le cadre de la politique de redistribution européenne de demandeurs d’asile et s’est dit prête à accueillir 1 500 migrants se trouvant actuellement en Italie et en Grèce.

Bien que la PESC n’entre pas dans le cadre de l’accord EEE, un dialogue politique existe, formalisé par une déclaration annexée à l’accord. Celle-ci prévoit notamment des échanges de vues informels au niveau ministériel lors des réunions du Conseil de l’EEE (deux fois par an). Au-delà du cadre juridique, l’UE est de facto, avec les Nations unies, la référence prioritaire de la diplomatie norvégienne lorsqu’il s’agit de prendre position. La Norvège s’aligne ainsi régulièrement sur les déclarations PESC. La Norvège participe aussi à des missions militaires de l’UE dans les Balkans, en Asie et au Moyen-Orient et fournit des troupes aux groupes de combat nordiques sous l’égide de l’UE.

Dans le domaine de l’énergie, la Norvège est un partenaire de premier ordre pour l’UE (20% des importations de gaz de l’UE sont fournies par la Norvège). Les affaires maritimes font aussi l’objet d’une coopération rapprochée entre l’UE et la Norvège. Elle a notamment été consultée par la Commission européenne lors du lancement de la politique maritime intégrée de l’UE en 2008. La Norvège adhère aussi à la politique de conservation des ressources halieutiques et au système de quota de pêche dans la mer du Nord.
Un accord sur la gestion des stocks de maquereau a été conclu, le 12 mars 2014, entre l’UE, la Norvège et les Iles Féroé, mais sans l’Islande. Le traité fixe le TAC de maquereau à 1,24 million de tonnes par an pour les États côtiers de l’Atlantique nord-est, soit une augmentation significative de près de 40% par rapport aux recommandations faites par le Conseil International pour l’Exploration de la Mer.

La Norvège estime que la place du Royaume-Uni est dans l’UE et les autorités ont exprimé leur forte déception à la suite du résultat du référendum britannique. L’intérêt de la Norvège reste de renforcer la coopération européenne, notamment dans le domaine économique (emploi, bien être), tout comme la poursuite du projet européen sur le sujet des migrations, de la sécurité et du climat. La Norvège a toujours veillé à ne pas présenter au Royaume-Uni la réussite norvégienne comme un argument pour quitter l’UE. L’ancien ministre des affaires européennes, Vidar Helgesen avait, lors d’une conférence à Londres en février 2015, attiré l’attention des Britanniques sur le rôle de plus en plus important que l’UE joue avec la nouvelle politique étrangère et de sécurité commune, et sur le fait que l’EEE signifie « tout accepter sans droit de vote ». Le Royaume-Uni est perçu par les Norvégiens comme l’un des deux principaux pays partenaires et pays d’accès à l’UE.

La Norvège continue à promouvoir ses points forts sur la scène internationale grâce à sa générosité en matière d’APD (1% de son PNB), au Prix Nobel de la paix, ainsi qu’à son engagement dans les instances multilatérales (ONU, OTAN, OSCE, Conseil de l’Europe) et sur certains sujets (lutte contre la mortalité infantile et maternelle, accès aux médicaments, lutte contre le changement climatique, engagement en faveur de l’abolition de la peine de mort, la Norvège ayant accueilli le 6ème congrès mondial contre la peine de mort, co-parrainé par la France et l’Australie), auxquels s’ajoute sa tradition de disponibilité au dialogue (avec le Hamas par exemple) et à la médiation (dialogue entre le gouvernement colombien et les FARC, action récompensée par le Prix Nobel de la paix 2016). En outre, la Norvège démontre un haut niveau d’engagement dans les crises humanitaires, notamment en Afrique. Elle a co-organisé avec l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Koweït et les Nations unies la conférence de Londres le 4 février 2016 afin d’améliorer les conditions de vie des réfugiés et leur accueil dans les pays voisins de la Syrie et a promis 10 milliards de couronnes (environ 1,05 milliards d’euros) d’aide en réponse à la crise syrienne entre 2016 et 2020.

La région du Grand Nord (délimitée à l’Ouest par la mer de Norvège et à l’Est par la mer de Barents) est clairement définie comme la priorité de la politique étrangère norvégienne, en raison des perspectives d’exploitation des hydrocarbures (25% des ressources pétrolières et gazières mondiales non encore découvertes y seraient localisées), des ressources halieutiques de plus en plus importantes (la zone abrite d’ores et déjà le plus important stock de poissons consommés en Europe) et du développement à terme du transport commercial par le passage du Nord-Est (triplement prévu du trafic maritime en moins de 10 ans du fait de la fonte de la banquise). Ces perspectives doivent être conciliées avec la protection d’un environnement particulièrement fragile. Dans ce contexte, la Norvège souhaite renforcer le rôle du Conseil de l’Arctique, dont elle héberge le secrétariat permanent à Tromsø. Elle est le pays le plus favorable à une implication des États observateurs du Conseil dans la coopération en Arctique et soutient la candidature de l’UE à un statut d’observateur. Outre son rôle actif au sein du Conseil nordique qui réunit les cinq pays nordiques, ses territoires autonomes et, comme observateurs, les pays baltes, elle est à l’origine de la création du Conseil euro-arctique de la mer de Barents et participe au Conseil des États riverains de la mer Baltique.

Par ailleurs, la Russie et la Norvège développent leur coopération dans la région : après 40 ans de négociations, les deux pays ont signé un accord sur la délimitation et la coopération en Mer de Barents et dans l’Océan Arctique, à Mourmansk (Russie) le 15 septembre 2010, et un accord sur le « petit trafic frontalier », entré en vigueur le 29 mai 2012, facilitant les échanges à la frontière russo-norvégienne.

L’appartenance de la Norvège à l’ONU depuis sa création a joué un rôle de premier plan dans la politique étrangère du pays. Les Norvégiens ont fourni un effort considérable dans ce domaine (plus de 41 000 casques bleus depuis l’origine et le premier secrétaire général, Trygye Lie). Oslo considère qu’il revient à l’ONU de jouer un rôle central comme promoteur de la paix et des droits de l’homme et comme acteur du développement international. La Norvège est, selon les années, le 7e contributeur volontaire aux Nations unies (1er par habitant).

En 2015, le budget de l’Aide publique au développement (APD) norvégienne s’est élevé à 34,5 milliards de couronnes norvégiennes (NOK), soit 2,4 milliards de NOK de plus qu’en 2014. Pour la quatrième année consécutive, le Brésil a été le premier bénéficiaire de l’aide norvégienne, suivi de l’Afghanistan, du Malawi et de la Syrie. 97% des 1,268 millions de NOK alloués au Brésil ont été consacrés à la lutte contre la déforestation. 42% des 3,2 milliards de NOK consacrés à l’aide d’urgence ont été destinés à la Syrie. L’APD constitue 1,05% du revenu national brut de la Norvège.
A l’approche des discussions sur la loi de finances 2017, le ministre des affaires étrangèresBørge Brende a défini les axes de l’APD norvégienne : aide humanitaire, santé, éducation, développement économique et climat/environnement.

Depuis les accords d’Oslo, le Proche-Orient fait l’objet d’un engagement constant de la diplomatie norvégienne. La Norvège préside le « Comité ad hoc de liaison des donateurs » (AHLC, où la France est membre « invité spécial ») et participe régulièrement aux dîners de suivi de la Conférence de Paris. Le ministre norvégien des affaires étrangères a participé à la réunion ministérielle du 3 juin 2016. Oslo estime important de ne pas dupliquer les mécanismes existants, le Comité des bailleurs de fonds de l’Autorité palestinienne pouvant jouer un rôle important.

Membre fondateur et partenaire fiable de l’OTAN, la Norvège considère l’Alliance comme le garant de sa sécurité et reste très attachée à la préservation du rôle et des compétences de l’organisation, perçue comme un instrument de sécurité et d’influence inégalable en Europe (la PSDC apparaissant comme un complément). Attachée au maintien d’une implantation significative sur le sol européen, la Norvège soutient l’idée d’un recentrage du rôle de l’Alliance sur ses fonctions traditionnelles et sur son territoire premier, l’Europe. Elle défend un rôle important des implantations sur son propre territoire (commandement de Stavanger) et n’hésite pas pour cela à mobiliser des moyens importants. La nomination de Jens Stoltenberg au poste du SG de l’OTAN en 2014 reflète la reconnaissance de l’engagement de la Norvège au sein de l’Alliance et de sa capacité à mener un dialogue responsable et ferme avec la Russie.

Les relations russo-norvégiennes des derniers mois ont été marquées par des tensions et reflètent l’inquiétude croissante de la Norvège face à son voisin russe. En témoigne le rapport annuel d’évaluation de la menace de l’agence de sécurité de la police norvégienne (PST) qui a indiqué que l’intensification des activités de renseignement russes pouvait porter atteinte aux intérêts norvégiens. L’annonce par PST début février 2017 que des individus norvégiens - parmi eux, des parlementaires et l’agence nationale de surveillance du nucléaire - avaient été victimes d’un piratage russe a confirmé l’inquiétude envers la Russie-. Les échanges entre les autorités respectives des deux pays ont aussi récemment mis en exergue des désaccords, comme le refus des autorités russes d’accorder un visa à deux députés norvégiens membres de la commission des affaires étrangères et de la défense, qui avaient été invités par leurs homologues russes à Moscou le 2 février. L’ambassade de Russie à Oslo a expliqué ces refus de visas par l’établissement d’une « stop-liste » en réponse aux sanctions européennes. Le ministre des affaires étrangères norvégien a pour sa part jugé l’attitude russe « injustifiable » dans la mesure où les sanctions européennes ont été adoptées pour répondre à une violation du droit international.

Mise à jour : 18.05.17

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