Présentation de la Mauritanie
Présentation
Sommaire
Données générales
Nom officiel : République islamique de Mauritanie
Chef de l’Etat : Mohamed Ould Abdel Aziz (élu le 18 juillet 2009)
Premier ministre : Moulaye Ould Mohamed Laghdaf (nommé le 11 août 2009)
Données géographiques
Superficie : 1 030 700 km² (France : 675 417 km²)
Capitale : Nouakchott
Villes principales : Nouadhibou, Kaedi, Rosso, Zouerat, Atar
Langue officielle : arabe
Langues nationales : arabe, poular, soninké, wolof
Monnaie : ouguiya (1€ = 383 ouguiyas environ)
Fête nationale : 28 novembre (indépendance, en 1960)
Données démographiques
Population : 3,36 M (CIA World Factbook, 2011)
Densité : 1,95 habitant/km²
Croissance démographique : 2,3 % par an (Banque mondiale, 2011)
Espérance de vie : 58,6 ans (PNUD, 2011)
Taux d’alphabétisation : 57 % (UNICEF, 2010)
Religion : Islam (religion officielle)
Indice de développement humain : 159ème sur 187 pays (PNUD, 2011)
Données économiques
PIB (2010) : 3,62 Mds$ (Banque mondiale, 2011)
PIB par habitant (2010) : 1044 $ (Banque mondiale, 2009)
Taux de croissance (2011) : 4% (FMI)
Taux de chômage : 30% (2008 est. CIA World Factbook)
Taux d’inflation (2010) : 5 %
Budget 2011 : 269 Mds ouguiyas (environ 977 M$)
Solde budgétaire (2012) : + 0,6 % (FMI, prévision)
Balance commerciale (1er trimestre 2012) : - 288,8 M$ (EIU, 2012)
Principaux clients (2011) : Chine (50,5 %) ; Italie (9,6 %) ; France (8,8) ; Côte d’Ivoire (5,5 %) (EIU, 2012)
Principaux fournisseurs (2011) : Chine (16,9 %) ; Pays-Bas (12,2 %) France (11,8 %) ; Etats-Unis (10,6 %) (EIU 2012)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB en 2009 (EIU 2012) :
agriculture : 20,2 %
industrie : 35,1 %
services : 44,7 %
Exportations de la France vers la Mauritanie : 190 M€ (Mission économique, 2009)
Importations françaises depuis la Mauritanie : 50 M€ (Mission économique, 2009)
Données consulaires
Consulat de France : Nouakchott
Communauté française en Mauritanie : 2150 inscrits au registre des français de l’étranger en novembre 2012.
Communauté mauritanienne en France : 12 473 au 31 décembre 2007
Politique intérieure
La chute du président Taya, la transition démocratique (2005-2008)
L’histoire récente de la Mauritanie est marquée par plusieurs coups d’Etat militaires. Le Président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, arrivé au pouvoir par la force en décembre 1984, a ensuite été élu en 1991 puis réélu en 1992, 1997 et 2003 dans des conditions ne permettant pas d’alternance. Impopulaire en raison notamment de son rapprochement avec Israël en 1999 et de son soutien à la politique américaine en Irak, il a été victime de plusieurs tentatives de coup d’Etat avant d’être renversé le 3 août 2005 par les généraux Abdel Aziz et Ghazouani.
Le coup d’Etat du 3 août 2005 a été suivi d’une transition démocratique, dirigée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall, président du Comité Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD). La transition a abouti au référendum constitutionnel de juin 2006, aux élections législatives et municipales de novembre 2006 et aux sénatoriales de janvier 2007. L’élection présidentielle de mars 2007, observée par la communauté internationale, a clôturé ce processus. Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a été élu au second tour de cette élection avec 53 % des voix, face à Ahmed Ould Daddah, opposant historique au régime de Taya, qui a ensuite été officiellement désigné « chef de l’opposition ».
Coup d’Etat du 6 août 2008 et retour à l’ordre constitutionnel (2008-2010)
18 mois après le début de son mandat, le président Abdallahi a été renversé par des hauts responsables militaires, dont le chef d’état-major particulier du président, le Général Abdel Aziz, et le chef d’état-major des armées, le Général Ghazouani, tous deux déjà à l’origine du coup d’Etat qui avait renversé Maaouya Ould Taya en 2005.
Après plusieurs mois de crise politique, la junte au pouvoir et l’opposition, en partie regroupée dans un Front national de défense de la démocratie (FNDD), ont accepté d’engager des négociations sous l’égide du Sénégal. Ces discussions ont abouti à la signature le 4 juin 2009 à Nouakchott d’un accord intermauritanien (dit « accord de Dakar ») prévoyant notamment l’organisation d’élections présidentielles pluralistes.
Ce scrutin, observé par la communauté internationale (OIF et UA notamment) a consacré la victoire du candidat Abdel Aziz, élu dès le premier tour avec 52,47 % des voix, devançant Messaoud Ould Boulkheir (président de l’Assemblée nationale, principal candidat du FNDD), Ahmed Ould Daddah (président du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), chef de l’opposition), et le Colonel Vall, qui avait dirigé la transition de 2005.
La priorité du nouveau gouvernement, dirigé par Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, est de relancer le développement économique et social, après un an d’isolement diplomatique et de suspension de l’aide internationale. Les menaces terroristes qu’Al Qaida au Maghreb Islamique fait peser sur la Mauritanie mettent au même rang de préoccupation les questions de sécurité que le président Abdel Aziz regarde, de même que la réforme de la justice, comme des conditions du développement.
Des élections législatives et municipales devaient se tenir en novembre 2011. Elles avaient été repoussées sine die, jusqu’à l’aboutissement du processus de recensement électoral (enrôlement), toujours en cours.
Le président Abdel Aziz s’est également engagé à régler la question du « passif humanitaire » (violences interethniques de 1989 et séquelles de l’esclavage). Accélérant, sous l’égide du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), le processus de rapatriement des négro-mauritaniens réfugiés au Sénégal, le gouvernement a également commencé à réintégrer dans l’administration des fonctionnaires négro-mauritaniens expulsés en 1989.
L’actuel gouvernement est confronté à l’opposition de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), regroupant une dizaine de partis politiques. La COD s’est lancée dans un bras de fer avec le pouvoir, organisant des manifestations, principalement dans la capitale Nouakchott. Réunissant 12 000 personnes le 12 mars 2012, ce mouvement a, depuis, diminué d’intensité.
Le Président Abdel Aziz a été victime d’un incident de tir impliquant sa propre armée, le 13 octobre 2012. Evacué en France pour des soins complémentaires, il était de retour en Mauritanie quelques jours avant la fête nationale de la Mauritanie, le 28 novembre 2012.
Situation sécuritaire
Le rattachement en 2007 du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) à la mouvance Al Qaida avec la création d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) a sensiblement renforcé la menace terroriste dans la région sahélo-saharienne. Les modes d’action de ce groupe se caractérisent par des attaques contre les forces armées, des enlèvements et assassinats de ressortissants occidentaux, voire des attentat-suicides.
La Mauritanie constitue une cible privilégiée d’AQMI après le Mali : assassinat de 4 touristes français à Aleg le 24 décembre 2007, attaque de Tourine en septembre 2008 faisant 12 morts parmi les militaires mauritaniens, assassinat d’un ressortissant américain le 23 juin 2009 à Nouakchott, attentat suicide contre l’ambassade de France à Nouakchott le 8 août 2009, enlèvement de 3 Espagnols le 29 novembre sur la route Nouakchott-Nouadhibou et de 2 touristes italiens le 19 décembre près de la frontière malienne, attentat déjoué contre une caserne militaire à Nema le 25 août 2010, attentats déjoués dans la nuit du 1er au 2 février 2011 à proximité de Nouakchott contre l’ambassade de France, une caserne militaire et la présidence de la République islamique de Mauritanie.
Dans ce contexte aggravé par la crise au Mali et dans la mesure où les intérêts et les ressortissants français constituent des cibles identifiées par AQMI et par le MUJAO (mouvement terroriste apparu en 2012 au Mali), il est fortement recommandé de suivre les consignes de vigilance et de prudence du site Conseils aux voyageurs du ministère des affaires étrangères et européennes.
Situation économique et financière
La base des exportations est réduite à l’industrie minière (fer, cuivre et or) et à la pêche. Ces activités représentent près de 80 % du total des exportations de la Mauritanie. Cette concentration des exportations et la dépendance du pays aux importations à hauteur de 65% l’exposent au retournement des cycles haussiers des prix des produits d’exportation et aux fluctuations erratiques des prix des produits alimentaires de base. La Mauritanie figure en-dessous de la moyenne régionale, au 159ème rang pour l’IDH, avec une espérance de vie de 58,6 ans. Le climat des affaires reste dégradé, bien que la Mauritanie ait progressé de trois places, figurant au 159ème rang du classement Doing Business 2012.
L’économie doit faire face aux conséquences de la sécheresse et la mise en œuvre (tardive) du programme d’urgence (44,4 Mds UM-150,7 MUSD-dont 90 MUSD financés sur le budget) risque de creuser les déficits budgétaire et de la balance des paiements. Il faudra par ailleurs compter sur le coût de l’assistance aux réfugiés maliens. Pour 2012, la SNIM (Société nationale industrielle et minière) table sur un volume de + 14% mais le maintien des prix et des commandes n’est pas garanti compte tenu des risques d’impact à la baisse liés à la crise européenne. Le projet d’extension de la mine d’or de Tasiast (3,5MdsUSD) qui devait passer la barre des 500 MUSD d’exportations, accusera un retard de 6 à 9 mois causé par des problèmes techniques et de programmation (mine opérée par le Canadien Kinross Gold Corporation).
Les éléments du cadrage macro-économique retenu par le FMI à l’occasion de la cinquième revue ont été révisés de 4,8 % à 4% s’agissant de la croissance sur 2011. En 2012, le taux de croissance pourrait atteindre 6,2%, du fait du dynamisme du secteur des BTP et d’une saison agricole favorable. Pour ce qui est de l’inflation, le taux a été contenu à 6% et devrait le rester en 2012. Toutefois, le FMI, conscient que la croissance n’est pas assez inclusive et ayant noté une baisse du pouvoir d’achat des pauvres, a décidé de mener une EPCV (enquête permanente sur les conditions de vie) fin avril. La troisième revue du programme a, de son côté, révélé une forte baisse des exportations en valeur, de + 38,2% en 2011 à + 6,2% en 2012 (3,042 MdsUSD), affectant les comptes extérieurs. De même, le déficit de la balance courante qui s’établirait à -7,2%, soit 328 MUSD, sera largement couvert, selon le FMI, par les IDE (599,2 MUSD) et les décaissements des bailleurs (255,9 MUSD). Les importations afficheraient en 2012 une baisse de 7,2% à 2,5 MdsUSD.
Le climat des affaires est en voie d’amélioration. Le nouveau code des investissements, élaboré avec l’appui du PNUD et approuvé avec retard en juin 2012, et l’opérationnalisation du guichet unique, souhaitée par le FMI pour fin 2012, permettront de simplifier les procédures et de raccourcir les délais administratifs pour les nouveaux investissements.
La Loi de Finances 2012 maintient la discipline budgétaire et fait place aux dépenses de lutte contre la sécheresse, en préservant les dépenses d’investissement. Elle s’établit en recettes et en dépenses à 1,175 Md USD ( + 9,18%). Avec la part du budget d’investissement financée sur ressources extérieures, soit 120 MdsUM (407,5 MUSD), l’enveloppe globale des dépenses publiques s’élève à 466,4 Mds UM (1,58 MUSD, 38,73% du PIB hors pétrole). Le budget consolidé d’investissement (BCI) s’établit à 190,8 Mds UM (647,8 MUSD, + 11,45%). Il représente 15,8% du PIB hors pétrole, est financé pour près d’un tiers sur ressources propres, en progression de 27,27%, et pour 63,15% sur ressources extérieures (+ 5,65%). Le BCI sera alloué principalement aux infrastructures (57 ,44%).
Le cadrage macro-économique retient pour principaux objectifs : croissance du PIB de 5,5% (contre 4,8% sur la LFR 2011), une inflation contenue à 6,8% en moyenne annuelle contre 5,9 % en 2011, ramener le déficit budgétaire de base de 1% du PIB en 2011 à l’équivalent de 0,7% du PIB grâce à un meilleur recouvrement des impôts et taxes, porter les réserves de change à 4 mois d’importation (stabilisées en fin d’année à 445 MUSD, soit environ 3,6 mois d’importations).
Politique extérieure
Du fait de sa position au contact des mondes arabo-berbère et africain, la Mauritanie, où coexistent des Maures et Haratines arabophones et des Négro-africains, a vocation à mener une diplomatie de compromis. Si son retrait de la CEDEAO en 1999 et la poursuite de son intégration au sein de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) montrent la volonté du pouvoir de privilégier l’ancrage arabo-berbère, elle reste néanmoins membre d’organisations spécifiques avec ses voisins du sud (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal, Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel).
La rupture des relations avec Israël (gel en janvier 2009, rupture en mars 2010) et l’attention soutenue portée à la Libye, aux pays du Golfe, au Soudan à la Syrie et à l’Iran (visite officielle du président Abdel Aziz en janvier 2010, et d’Ahmedinejad à Nouakchott en septembre 2011), confirment la volonté des autorités de jouer avant tout de l’identité arabo-musulmane de la Mauritanie. Les relations avec l’Algérie et le Maroc sont marquées par la question du Sahara occidental : depuis son retrait du conflit, la Mauritanie tente de respecter à l’égard de ses deux voisins un équilibre rigoureux (politique de « neutralité positive » vis-à-vis de la République arabe sahraouie démocratique).
La Mauritanie a témoigné de sa volonté de participer aux instances euro-méditerranéennes (processus de Barcelone, dialogue 5+5, dialogue méditerranéen de l’OTAN). Associée dès 1995 au dialogue euro-méditerranéen en tant qu’invité spécial (en sa qualité de membre de l’UMA), la Mauritanie est devenue membre du processus de Barcelone, sans remettre en cause son appartenance au groupe ACP, lors de la réunion Euromed de Lisbonne des 5 et 6 novembre 2007. Le Président Abdallahi avait participé le 13 juillet 2008 au Sommet de Paris pour la Méditerranée.
Après la reprise des relations diplomatiques avec le Sénégal en 1992, le règlement des contentieux subsistants a connu une évolution satisfaisante, notamment s’agissant du rapatriement des réfugiés négro-mauritaniens établis au Sénégal. Le Président Abdallahi a effectué une visite de travail au Sénégal, du 9 au 10 juillet 2007. Les relations sénégalo-mauritaniennes sont restées bonnes avec l’arrivée au pouvoir du Président Aziz et l’élection du Président Macky Sall.
La Chine occupe en Mauritanie une place importante, sur un plan essentiellement économique : premier acheteur de minerais, permis pétrolier, nombreux contrats et dons dans le domaine des BTP dont l’extension du port de Nouakchott et la réfection du terminal minéralier de Nouadhibou. Le chef de l’Etat mauritanien a effectué, le 19 juillet 2010 pour l’exposition universelle de Shangaï, l’une de ses rares visites hors du monde arabo-musulman.
Mise à jour : 10.01.13
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