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Présentation de la Mauritanie

Présentation

Données générales

Nom en forme longue : République islamique de Mauritanie.
Chef de l’État : Mohamed Ould Abdel Aziz.
Premier ministre : Yahya Ould Hademine.

Fête nationale : 28 novembre, fête de l’indépendance.
Monnaie : ouguiya, 1 EUR = 384 MRO en août 2014.
Langue officielle : arabe.
Langues nationales : arabe, pulaar, soninké, wolof.
Religion officielle : islam.

Données géographiques

Superficie : 1 030 700 kilomètres carrés.
Capitale : Nouakchott.
Villes principales : Nouakchott, Nouadhibou, Rosso.

Données démographiques

Population : 3,9 millions d’habitants (PNUD, 2013).
Densité : 3,8 habitants au kilomètre carré (PNUD, 2013).
Taux de croissance démographique : 3,2 % (PNUD, 2013).

Espérance de vie à la naissance : 62 ans (PNUD, 2013).
Taux d’alphabétisation : 59 % (PNUD, 2013).
Indice de développement humain : 0,487, 161e sur 187 (PNUD, 2013).

Données économiques

Produit intérieur brut : 4,2 milliards de dollars (FMI, 2013).
Produit intérieur brut par habitant : 1 127 dollars (FMI, 2013).
Taux de croissance du produit intérieur brut : 6,7 % (FMI, 2013).
Taux de chômage : 31 % (OIT, 2012).
Taux d’inflation : 4,5 % (FMI, 2013).

Dépenses publiques : 1,5 milliards de dollars (FMI, 2013).
Dette publique : 88 % du produit intérieur brut (FMI, 2013)
Solde budgétaire : - 1,1 % du produit intérieur brut (FMI, 2013).

Balance commerciale : - 1,3 milliards de dollars (OMC, 2012).

Principaux clients : Chine, Union européenne, Suisse, Japon (OMC, 2012).
Principaux fournisseurs : Union européenne, Émirats arabes unis, Chine, États-Unis (OMC, 2012).
Part des secteurs d’activité dans le produit intérieur brut : agriculture 17 %, industrie 46 %, services 37 % (Banque mondiale, 2012).

Exportations de la France vers la Mauritanie : 221 millions d’euros (DGDDI, 2013).
Importations françaises depuis la Mauritanie : 71 millions d’euros (DGDDI, 2013).

Aide publique au développement française décaissée : 84 millions de dollars (OCDE, 2012).

Données consulaires

Consulat de France en Mauritanie : Nouakchott.
Communauté française en Mauritanie : 1 826 Français inscrits au registre et 189 ressortissants français ou européens en protection en août 2014.
Consulat de Mauritanie en France : Paris.
Communauté mauritanienne en France : 16 025 Mauritaniens disposant d’un titre ou d’une autorisation de séjour valide en décembre 2013.

Histoire contemporaine et politique intérieure

Moktar Ould Daddah (1960 – 1978)

La Mauritanie, colonie française, accède à l’indépendance en septembre 1960. Moktar Ould Daddah, Premier ministre depuis les élections législatives de juin 1959, devient président de la République en août 1961. Son Parti du peuple mauritanien devient parti unique en janvier 1965.

Moktar Ould Daddah mène une politique d’affirmation de l’identité arabe du pays : l’arabe devient langue de l’enseignement en janvier 1965 puis langue officielle au même titre que le français en mars 1968, une loi sur l’arabisation est promulguée en janvier 1966, enfin la Mauritanie adhère à la Ligue arabe en novembre 1973. La Mauritanie est également membre fondateur de l’Organisation de l’unité africaine depuis mai 1963.

Parallèlement, il décide d’engager le pays au Sahara occidental. En novembre 1975, l’Espagne, la Mauritanie et le Maroc signent en effet un accord prévoyant le partage de ce territoire entre les deux États africains à mesure que la puissance coloniale s’en retire. Mais en février 1976, le Frente Popular para la Liberación de Saguia el-Hamra y Río de Oro y proclame une République indépendante. Dès lors, la guérilla sahraouie mène des attaques contre la Mauritanie, y compris dans la capitale Nouakchott en juin 1976.

Trois gouvernements militaires (1978 – 1984)

C’est dans ce contexte que Moktar Ould Daddah est renversé par un coup d’État en juillet 1978. Un comité militaire de redressement national, dirigé par le colonel Mustapha Ould Salek, s’empare du pouvoir et dissout le Parlement et le Parti du peuple mauritanien.

À la suite de rivalités internes à l’armée, qui portent notamment sur la relation avec le Maroc, Mustapha Ould Salek est écarté en avril 1979, et remplacé par une dyarchie formée du lieutenant-colonel Mohamed Mahmoud Ould Louly et du colonel Mohamed Khouna Ould Haidallah.

Ce dernier accède en janvier 1980 à la présidence de la République, qu’il cumule avec la fonction de Premier ministre qu’il occupait déjà. Deux gestes marquent son mandat : l’abolition officielle de l’esclavage en juillet 1980 et la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique en février 1984.

Maaouya Ould Sid Ahmed Taya (1984 – 2005)

Cette dernière décision provoque de nouveaux remous au sein de l’armée, qui aboutissent à la prise du pouvoir par le colonel Maaouya Ould Sid Ahmed Taya, jusque-là chef d’état-major, en décembre 1984.

Il doit faire face au mécontentement des négro-africains de Mauritanie, dont une partie s’est constituée en Forces de libération des Africains de Mauritanie. Celles-ci dénoncent les discriminations dont sont victimes les négro-africains dans un État dominé par les maures et qui s’ancre un peu plus dans le monde arabe en participant à la création de l’Union du Maghreb arabe en février 1989.

En avril 1989, une rixe entre paysans sénégalais et pasteurs mauritaniens dans la vallée du fleuve Sénégal dégénère en conflit frontalier et provoque des émeutes à Dakar et à Nouakchott. La crise fait plusieurs centaines de morts et trois cent mille réfugiés et provoque la rupture des relations entre les deux pays.

En avril 1991, Maaouya Ould Sid Ahmed Taya annonce la relance du processus de démocratisation, qui aboutit à l’adoption d’une nouvelle constitution en juillet 1991, faisant au passage de l’arabe la seule langue officielle, et à la tenue d’une élection présidentielle en janvier 1992 puis d’élections législatives en mars 1992. Celles-ci sont remportées par Maaouya Ould Sid Ahmed Taya et son Parti républicain démocrate et social face à Ahmed Ould Daddah et son Union des forces démocratiques. Le comité militaire de salut national qui gouvernait le pays depuis avril 1979 est dissous.

Le président est reconduit lors des élections présidentielles de décembre 1997 et novembre 2003. Il est renversé en août 2005 par une junte militaire qui compte notamment les généraux Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazouani ainsi que le colonel Ely Ould Mohamed Vall, jusque-là directeur de la sûreté nationale.

Deux transitions successives (2005 – 2009)

C’est ce dernier qui est choisi pour diriger le comité militaire pour la justice et la démocratie, qui préside à la transition. Un référendum constitutionnel a lieu en juin 2006, ouvrant un cycle électoral complet : élections législatives et municipales en novembre 2006, sénatoriales en janvier 2007 et enfin présidentielle en mars 2007. Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est élu à la tête de l’État avec 53 % des voix face à Ahmed Ould Daddah.

En août 2008, il est à son tour renversé par un coup d’État militaire dirigé par les généraux Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazouani. Après plusieurs mois de crise politique, le pouvoir et l’opposition, en partie regroupée en un Front national de défense de la démocratie, signent en juin 2009 un accord prévoyant l’organisation d’élections présidentielles pluralistes.

Celles-ci ont lieu en juillet 2009. Mohamed Ould Abdel Aziz est élu président de la République avec 53 % des voix, contre 16 % à Messaoud Ould Boulkheir, candidat du Front national de défense de la démocratie, 14 % à Ahmed Ould Daddah, 5 % à Mohamed Jemil Ould Brahim Ould Mansour, du parti islamiste Tawassoul, 5 % à Ibrahima Moctar Sarr, un des fondateurs des Forces de libération des Africains de Mauritanie, et 4 % à Ely Ould Mohamed Vall.

Les mandats de Mohamed Ould Abdel Aziz (depuis 2009)

Les priorités du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf sont la relance du développement économique et social, après un an de suspension de l’aide internationale en raison des circonstances politiques, et le rétablissement de la sécurité, menacée par le terrorisme d’al-Qaida au Maghreb islamique.

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz s’engage également à régler la question du passif humanitaire constitué par les séquelles des violences d’avril 1989 et la perpétuation de pratiques esclavagistes. Il accélère à cette fin le processus de rapatriement des négro-mauritaniens réfugiés au Sénégal, sous l’égide du Haut-Commissariat aux réfugiés. Malgré ces avancées, la question n’est pas encore réglée.

Sur le plan politique, le pouvoir est confronté à l’opposition de la Coalition de l’opposition démocratique et du parti islamiste Tawassoul, ainsi que de groupes portant plus spécifiquement les revendications des négro-mauritaniens ou des harratines, groupe social formé des descendants d’esclaves arabisés, tels que l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie.

En octobre 2012, le président Mohamed Ould Abdel Aziz est blessé par accident par des tirs de l’armée mauritanienne. Évacué en France, il rentre en Mauritanie le mois suivant.

Les élections législatives de novembre 2013 sont remportées par l’Union pour la République, le parti présidentiel, qui obtient 75 % des sièges. La Coordination de l’opposition démocratique ayant refusé de participer au scrutin, Tawassoul prend la tête de l’opposition parlementaire.

Le parti islamiste se rallie néanmoins à l’opposition boycottiste lors de l’élection présidentielle de juin 2014, lors de laquelle Mohamed Ould Abdel Aziz obtient 82 % des suffrages, contre 9 % à Biram Dah Abeid, président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie, 5 % à Boidiel Ould Houmeid du parti el-Wiam et 5 % à Ibrahima Moctar Sarr. La participation, de 65 % en juillet 2009, s’élève officiellement à 57 % en juin 2014.

Lors de son investiture en août 2014, Mohamed Ould Abdel Aziz s’engage à répondre aux préoccupations des plus démunis et à combattre la corruption. Il affirme également qu’il ne cherchera pas à modifier la constitution qui lui interdit de se représenter à l’issue de son mandat.

Situation sécuritaire

La création en janvier 2007 d’al-Qaida au Maghreb islamique a sensiblement renforcé la menace terroriste dans la région sahélo-saharienne. Ce groupe a été créé par le ralliement du Groupe salafiste pour la prédication et le combat à al-Qaida. Ses modes d’action sont multiples : attentats, suicides ou non, attaques contre les forces armées, enlèvements et assassinats de ressortissants occidentaux.

La Mauritanie constitue une cible des groupes terroristes : assassinat de quatre touristes français à Aleg en décembre 2007, attaque contre des militaires mauritaniens à Tourine en septembre 2008, assassinat d’un ressortissant américain à Nouakchott en juin 2009, attentat suicide contre l’ambassade de France en août 2009, enlèvement de trois ressortissants espagnols en novembre 2009 sur la route de Nouakchott à Nouadhibou et de trois touristes italiens en décembre 2009 près de la frontière malienne, tentatives d’attentats contre une caserne à Nema en août 2010, contre le président Mohamed Ould Abdel Aziz et contre l’ambassade de France en février 2011.

Situation économique et financière

Après deux années de récession en 2008 et 2009, qui témoignent de la vulnérabilité de l’économie mauritanienne aux chocs extérieurs, le pays a renoué avec la croissance dès 2010, retrouvant son niveau d’avant la crise. Le produit intérieur brut a encore augmenté de 6,7 % en 2013. L’inflation, quant à elle, reste maîtrisée à 4,5 % en 2013.

Sur le plan budgétaire, la Mauritanie a connu en 2013 un léger déficit de 1,1 % du produit intérieur brut. L’État tire près d’un tiers de ses ressources des recettes fiscales et non fiscales apportées par les mines.

Le fer, l’or et le cuivre, ainsi que le pétrole, composent également les quatre cinquièmes des exportations, le reste étant pour l’essentiel constitué de produits de l’agriculture et de la pêche. Les importations sont majoritairement des produits manufacturés. Le déficit de la balance commercial est de 1,3 milliard de dollars en 2012. Néanmoins, le pays dispose d’importantes réserves de change, de près d’un milliard de dollars.

La croissance économique mauritanienne demeure peu inclusive, et ne permet pas de résorber significativement la pauvreté et les inégalités. 66 % de la population vit en situation de pauvreté multidimensionnelle au sens du Programme des Nations unies pour le développement et la Mauritanie arrive en 161e position au classement par l’indice de développement humain.

Le climat des affaires est dégradé, la Mauritanie figurant au 173e rang du classement sur la facilité de faire des affaires pour 2014. Plusieurs progrès ont cependant été notés ces dernières années : nouveau code des investissements, efforts pour faciliter le commerce transfrontalier.

Politique extérieure

La politique extérieure de la Mauritanie est marquée par la situation du pays au point de contact entre les mondes arabe et berbère et l’espace africain. Membre fondateur de l’Organisation de l’unité africaine puis de l’Union africaine depuis mai 1963, le pays a adhéré à la Ligue arabe en novembre 1973 et participé à la création de l’Union du Maghreb arabe en février 1989. Les autorités mauritaniennes mettent en avant l’identité arabo-musulmane de la Mauritanie, qui est également membre de l’Organisation de la communauté islamique depuis sa création en septembre 1969.

Si elle a fait le choix de quitter la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest en décembre 1999, la Mauritanie continue de participer à des organisations qui le rapprochent de ses voisins subsahariens, comme la Communauté des États sahélo-sahariens, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal ou le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel.

Historiquement, la question du Sahara occidental et les relations avec Israël ont tenu une place importante dans la politique extérieure du pays. Depuis son retrait du territoire sahraoui, la Mauritanie a rééquilibré ses relations avec le Maroc et l’Algérie et se réclame d’une politique de neutralité positive. Les relations diplomatiques avec Israël, quant à elles, ont été gelées à la suite de la guerre israélo-palestinienne de décembre 2008 et janvier 2009, puis rompues en mars 2010.

Plus récemment, la Mauritanie s’est investie dans la coordination des États sahéliens pour la sécurité et le développement. Alors qu’elle exerce la présidence de l’Union africaine depuis janvier 2014, elle a initié en février 2014 le G5 Sahel, avec le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso. Elle est également partie au processus de Nouakchott, qui regroupe onze États sous l’égide de l’Union africaine.

La Mauritanie participe également aux instances euro-méditerranéennes. Depuis juillet 1990, elle est impliquée dans le dialogue 5 + 5. Associée au processus de Barcelone dès novembre 1995, elle en est devenue membre à part entière en novembre 2007, tout en continuant d’appartenir au groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique concernés par l’accord de Cotonou de juin 2000.

Elle est également partie au dialogue méditerranéen de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord créé en décembre 1994.

Mise à jour : 29.09.14

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