Présentation
Données générales
Nom officiel : République de Madagascar
Nature du régime : Présidentiel
Chef de l’Etat : Andry Rajoelina (Président, du 17 mars 2009 au 16 septembre 2011, d’une Haute Autorité de la Transition, puis depuis le 17 septembre 2011, Président de la Transition).
Données géographiques
Superficie : 592.000 km²
Capitale : Tananarive
Villes principales : Tananarive, Tamatave, Majunga
Langue (s) officielle (s) : malgache, français, anglais
Langue (s) courante (s) : malgache, français
Monnaie : Ariary (2.938 ariary pour 1 €, en décembre 2012, Banque de France)
Fête nationale : 26 juin
Données démographiques
Population : 21.3 millions d’habitants (Banque mondiale, 2011)
Densité : 36 habitants/km²
Croissance démographique : 2,9 % (Banque mondiale, 2011)
Espérance de vie : 67 ans (Banque mondiale, 2011)
Taux d’alphabétisation : 66 % (Banque mondiale, 2010)
Religion (s) : Fond commun traditionnel axé sur le respect des ancêtres (50 %) ; Christianisme (45 %), dont 25 % de Catholiques et 20 % de Protestants ; Islam (5 %)
Indice de développement humain : 151ème sur 187 pays (PNUD, 2011)
Données économiques
PIB (2011) : 9,94 Mds $ (Banque mondiale)
PIB par habitant (2011) : 467 $
Taux de croissance (2011) : 1,0 % (Banque mondiale)
Taux de chômage (au sens du BIT) : non renseigné
Taux d’inflation (2011) : 9,48 % (Banque mondiale)
Principaux clients : France (32,8% en 2010), Allemagne (7,4%), Chine (6,3%), Etats-Unis
Principaux fournisseurs : Chine (15,4%), Etats-Unis (8,3%), France (7,4% en 2010, contre 6% en 2009), Afrique du Sud (7,1%), Bahreïn (6,5%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 28 % (Riz)
industrie : 15 % (Textile)
services : 57 % (Tourisme, TIC)
Exportations de la France vers Madagascar : 277 M€ en 2011
Importations françaises depuis Madagascar : 313 M€ en 2011
www.missioneco.org/madagascar
Consulat (s) de France : Tananarive
Chancelleries détachées : Majunga, Diego Suarez, Tamatave
Communauté française à Madagascar : 25.000 personnes (dont 13.000 binationaux)
Communauté malgache en France : environ 70.000 personnes
Politique intérieure
Que ce soit en 1972, 1991-92, 2001-2002 ou 2009, les crises se succèdent et se ressemblent à Madagascar. Fin 2008, le bras de fer entre le Président malgache, Marc Ravalomanana et le Maire de Tananarive, Andry Rajoelina rappelle celui de 2002, qui opposa Didier Ratsiraka à Marc Ravalomanana, alors maire de la capitale malgache, à l’issue d’un scrutin contesté qui paralysa le pays pendant plusieurs mois.
Fin de l’ère Ratsiraka et prise de pouvoir de Ravalomanana (2001-2002)
En décembre 2001, la Haute Cour Constitutionnelle (H.C.C) proclame Marc Ravalomanana Président élu avec 51,4% des voix. Ces résultats sont contestés par le Président sortant, Didier Ratsiraka, qui exige l’organisation d’un second tour. Appelée à trancher, la HCC tarde à se décider. En janvier 2002, les Malgaches descendent dans la rue pour soutenir Marc Ravalomanana, un homme d’affaires autodidacte, maire populaire de Tananarive qui bénéficie du soutien des églises. Il s’autoproclame Président en février 2002 et nomme son gouvernement. La confusion règne. Les deux « Présidents » se retrouvent à Dakar en avril et trouvent un compromis dont les modalités ne seront jamais respectées. Didier Ratsiraka fuit le pays et se réfugie en France. L’élection de Marc Ravalomanana est reconnue par les Etats-Unis le 26 juin et par la France le 3 juillet, un mois après l’investiture officielle.
Espoirs déçus de la présidence Ravalomanana (2002-2008)
Le nouveau Président instaure un changement radical de perspective dans le cadre d’un ambitieux programme de mise en valeur du "Madagascar Action Plan" (MAP). Une politique de désenclavement par la construction et réfection des infrastructures routières est lancée dès 2002, des centaines de dispensaires sont ouverts ou réhabilités, ainsi que des milliers d’écoles permettant de passer à un taux d’inscription en primaire de 98% (contre moins de 30% en 1999). 22 régions de l’île remplacent les 6 provinces jugées trop éloignées des réalités de la population. Sur le plan international, Marc Ravalomanana a su renouer avec l’Union Africaine, et a souhaité ancrer son pays dans son environnement régional (adhésion à la SADC en 2005).
Réélu dès le premier tour en décembre 2006, le Président Ravalomanana applique, pendant ses deux mandats, une politique liberticide. Sa gestion des affaires publiques est de plus en plus critiquée et la déception de la population est à la mesure des espoirs immenses que son accession au pouvoir avait suscités en 2002. Tout en verrouillant la vie politique malgache (élections douteuses, intimidations vis-à-vis de l’opposition), il a conjugué méthodes musclées (arrestations, restrictions de libertés, notamment d’expression), entraves à la gestion de la Mairie de Tananarive et pris des décisions maladroites et opaques (commande d’un nouvel avion présidentiel et projet de cession massive de terres au groupe coréen « Daewoo ») qui ont achevé de décrédibiliser le régime.
Origines de la chute de Ravalomanana (2008 - mars 2009)
Dans ce contexte, en décembre 2007, un jeune homme d’affaires indépendant de 33 ans, novice en politique, Andry Rajoelina, remporte la mairie de Tananarive, fief traditionnel du Président. C’est un véritable camouflet pour le Chef de l’Etat qui n’avait jamais connu d’échecs politiques auparavant.
Les deux hommes se ressemblent trop pour ne pas se haïr : tout comme son aîné, Andry Rajoelina (surnommé « TGV ») est un entrepreneur dynamique et ambitieux qui a fait fortune dans la communication avant de conquérir la Mairie de Tananarive. Il est parvenu à mobiliser une partie des déçus du régime mais, ce faisant, s’est également enfermé dans un cercle d’opposants radicaux sans autre programme politique que le départ du Chef de l’Etat, éventuellement par la force.
En décembre 2008, la décision du Président de fermer la chaîne de télévision privée Viva appartenant au maire le conduit à passer à l’offensive et à lancer des manifestations pacifiques, « place du 13 mai », lieu symbolique de la contestation malgache. Le 24 janvier 2009, un rassemblement populaire regroupe entre 25.000 et 30.000 personnes. Il s’ensuit plusieurs jours de manifestations, d’émeutes et de pillages et un bilan lourd : plus de 80 morts. Le 7 février, la Garde présidentielle, chargée de protéger le Palais présidentiel, tire sans sommation sur la foule faisant au moins 28 morts et plus de deux cent blessés. La répression du régime obtient l’effet escompté et met un terme aux manifestations.
Le 8 mars, une partie des forces de sécurité s’est soudainement mutinée contre les autorités légales, précipitant la chute du régime. Le 17 mars, le Président ordonne la dissolution du gouvernement et remet les pleins pouvoirs à un directoire militaire qui les transmet quelques heures plus tard à Andry Rajoelina. Le 18 mars, la Haute Cour Constitutionnelle valide ces ordonnances. A. Rajoelina suspend le Parlement et s’installe dans ses fonctions de Président de la « Haute Autorité de la Transition (H.A.T) ».
Médiation internationale et perspectives de sortie de crise (mars 2009 - 2012))
L’ensemble de la Communauté internationale a condamné le changement de régime. Les médiations africaines UA et SADC ont alors tenté de faire émerger un dialogue inclusif avec l’ensemble des parties malgaches.
En août et novembre 2009, Andry Rajoelina et les chefs des trois autres mouvances politiques (Marc Ravalomanana, Albert Zafy et Didier Ratsiraka) ont signé à Maputo et à Addis-Abeba des Accords de sortie de crise négociés sous les auspices de la médiation africaine UA/SADC conduite par l’ancien Président mozambicain, Joaquim Chissano. Leur mise en œuvre butte cependant sur la répartition des postes.
En 2010, A. Rajoelina a poursuivi, sans la Médiation, la mise en œuvre de son programme issu de l’Accord d’Ivato et de la Conférence nationale (août et septembre 2010). Un projet de constitution proposé par la H.A.T a été validé par référendum, le 17 novembre 2010.
La médiation de la SADC s’est engagée en décembre 2010 dans un dialogue constructif avec les autorités en place. Cette nouvelle approche a abouti à la signature d’une « feuille de route », le 17 septembre 2011, par la majorité des formations politiques malgaches, par la SADC et les autorités de la Transition, et en concertation avec la Commission de l’océan Indien. Cette Feuille de route doit permettre la tenue prochaine d’élections avec l’aide de la Communauté internationale. En application des dispositions de cette feuille de route, un Premier Ministre de Transition, Jean-Jean-Omer Beriziky, a été nommé le 28 octobre.
Le 21 novembre, un Gouvernement d’Union Nationale de Transition a été formé. Les institutions de la transition (le Congrès de Transition (CT), le Conseil Supérieur de Transition (CST)) ont ensuite été élargies puis ont ratifié la Feuille de Route début décembre. En mars 2012, la Commission Electorale Nationale Indépendante a été mise en place (CENI-T) et une loi d’amnistie a été adoptée en avril par le Parlement.
Les élections présidentielles et législatives initialement prévues en mai et juillet 2013, ont été décalées par la CENI-T le 5 février 2013, en raison de contraintes techniques. Les nouvelles dates sont désormais les suivantes : premier tour des présidentielles : 24 juillet 2013 ; élections législatives et second tour des présidentielles : 25 septembre 2013.
Au niveau politique, le processus de sortie de crise a connu, grâce aux efforts de la SADC, une avancée très significative, avec l’annonce par le Président de la Transition Andry Rajoelina, de son renoncement à se porter candidat à l’élection présidentielle. Cette annonce, symétrique de celle faite en décembre par l’ancien Président en exil, Marc Ravalomanana, ouvre la voie à la tenue d’élections crédibles dans un climat politique apaisé.
Plusieurs organisations internationales ont déjà réalisé des missions d’expertise technique (Nations Unies, SADC, OIF/COI) en prévision des futures élections. Deux missions d’assistance électorale, des Nations Unies et de l’OIF, se sont rendues à Madagascar au printemps 2012. Une mission préparatoire à la mission d’observation électorale de l’Union européenne était à Madagascar en janvier-février 2013.
La France accorde une grande importance à la tenue de ces élections, au financement desquelles elle contibue à hauteur de 4,5 millions d’euros (3,3 millions à travers le canal UE et 1,2 M€ à travers les organisations régionales) : Union Africaine, SADC, COI, OIF ainsi que l’ONG Interpeace).
Situation économique
(source : mission économique à Tananarive)
Madagascar continue de figurer parmi les pays les plus pauvres du monde, en 151ème position sur 187 pays selon l’Indicateur de développement humain (PNUD 2011). D’après les chiffres du PAM en 2011, près de 50% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition et 76% de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Le pays a connu une forte croissance économique quasi ininterrompue depuis 1995 (exception faite de 2002) avec une accélération jusqu’en 2008 (estimation de +7,2%). Les principaux moteurs actuellement sont les grands projets miniers et les Technologies de l’Information et de la Communication.
Depuis début 2009, la crise politique interne contribue à amplifier les effets de la crise économique mondiale ; la plupart des secteurs économiques sont touchés, qu’ils soient tournés vers l’exportation (les clients internationaux craignant pour la sécurité de leurs approvisionnements) ou vers le marché intérieur qui s’est effondré. En 2011, la croissance a été de 1%, contre 7,1% en 2008 (Banque Mondiale).
Le secteur primaire (agriculture, pêche et secteur forestier) représente 28% du PIB et a augmenté de +4,1% en 2008. L’agriculture occupe 70% de la population active et représente 20% des exportations. Les produits de la mer, dont la crevetticulture et la pêche, sont à l’origine de la moitié des exportations du secteur, en déficit depuis 2008. Viennent ensuite le riz, les fruits tropicaux, les cultures de rente (girofle, cacao, café, poivre).
Le secteur secondaire représente près de 15 % du PIB. Sa croissance a été solide en 2008 (+10,8%) grâce à la construction des grands projets miniers (+28% pour les industries extractives), et une amélioration de la fourniture en électricité aux industries (+6%). Avant la crise, le gouvernement souhaitait développer l’exploitation des ressources minières dont le pétrole, le fer, la bauxite, l’uranium et le charbon.
Le secteur tertiaire, qui représente 57% du PIB, tirait en 2008 la croissance vers le haut (+15,6%). Les secteurs phares étaient le BTP et les infrastructures (+64%), les télécommunications (+48,7%), les transports (+11%). Le secteur des télécommunications a connu une forte accélération pendant la période 2005-2010 grâce à une progression rapide du nombre d’abonnés de la première liaison internet à débit en fibre optique grâce au câble Lion en service depuis 2009. De nouvelles liaisons haut-débit sont attendues (Eassy, Seacom). Ces nouvelles liaisons de Madagascar aux grands réseaux internationaux constituent un axe de développement clé pour le pays.
Les entreprises du secteur prospectent pour implanter des centres d’appel, des plateformes de traitement des données, logiciels et gestion de sites internet. Le secteur a connu un véritable essor ces dernières années.
Le secteur touristique a bénéficié d’une augmentation d’environ 10,5% des arrivées de touristes entre 2006 et 2008. Il est traditionnellement le premier pourvoyeur de devises du pays devant le textile et la crevetticulture. On comptait environ 25 000 emplois directs dans le tourisme en 2008 mais la crise de 2009 a fortement touché ce secteur.
Sur le plan démographique, la population est estimée en 2011 à 21.3 millions d’habitants, en croissance de 2,9% par an (Banque Mondiale).
Politique extérieure
Jusqu’en 2009, la diplomatie malgache était axée principalement sur :
l’entretien de bonnes relations avec le FMI, la Banque mondiale et les bailleurs bilatéraux (France, Union Européenne, Etats-Unis) ;
une meilleure intégration régionale : adhésions à la COI en 1982, au COMESA en 1993, à l’IOR-ARC en 1996, à la SADC en août 2005, demande d’adhésion à l’association des « petits Etats insulaires en développement » en janvier 2005, recherche de partenariats avec Maurice, l’Afrique du Sud, le Mozambique ;
le développement de relations commerciales et de coopération avec l’Asie (Japon, Chine, déjà très présents, Thaïlande, Australie) ;
la recherche d’une visibilité internationale, surtout sous les mandats de M. Ravalomanana, (participation du Président à de nombreux sommets, candidature pour l’organisation des sommets de l’UA en 2009 et de la Francophonie en 2010).
Depuis mars 2009, et en raison de la crise politique, certains partenaires bilatéraux ont annoncé le gel total de leur aide. Les Etats-Unis ont annoncé le 23 décembre le retrait de Madagascar des bénéficiaires de l’AGOA.
Comme l’ensemble de la Communauté internationale, l’Union européenne a dénoncé le changement de régime anticonstitutionnel au profit d’Andry Rajoelina. Elle a suspendu, à titre conservatoire, la coopération communautaire : 630 M €, dont 577 M € au titre du 10ème FED (30 % d’ABG -170 M €- ; 40 % pour les infrastructures de transport -240 M €- ; 20 % pour le développement rural, l’agriculture et la sécurité alimentaire -120 M €).
Faute de voir émerger une solution consensuelle à la crise politique, l’Union Européenne a adopté en juin 2010 une décision clôturant les consultations au titre de l’article 96 de Cotonou et pris des « mesures appropriées » en ce qui concerne la coopération (Fonds européen de développement). La signature de la Feuille de Route et la nomination du Premier ministre de Transition ont conduit l’Union européenne à revoir ses mesures appropriées. Ainsi la décision du Conseil du 5 décembre 2011 prévoit une reprise progressive de la coopération (et notamment un soutien au processus électoral) dans le cadre d’un dialogue politique renforcé avec les autorités malgaches. Le Premier ministre de Transition, Jean-Omer Beriziky, s’est à ce titre rendu à Bruxelles, début juillet 2012.
Mise à jour : 15.02.13
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