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Présentation de la Lituanie

Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Lituanie
Superficie : 65 300 km2

Capitale : Vilnius
Villes principales : Kaunas, Klaipeda, Siauliai, Panevezys

Population : 2,97 M d’habitants
Evolution démographique : 2011-2012 : - 1,4 % ; 2012-2013 : -0,9%
Espérance de vie (2010) : Hommes : 68,4 ans - Femmes : 79,6 ans
Indice de développement humain ONU (2010) : 40ème place (IDH= 0,810)

Langue officielle : lituanien
Fêtes nationales : 16 février (première indépendance 1918) et 11 mars (indépendance de 1990)

Données économiques 2013

Monnaie : le litas, indexé à l’euro depuis 2002 (1 € = 3,4528 litas)
PIB : 34,6 milliards d’euros
PIB par habitant : 8100 € (25ème rang de l’UE)

Salaire mensuel brut moyen : 500 € (France : 2500 €)
Salaire minimum : 230 € (France 1400 €)

Taux de croissance : 3,2 % (2012 : 3,7%/ 2011 : 6 % / 2010 : 1,6 % / 2009 : - 14,8 %)
Taux de chômage : 11,8 %
Taux d’inflation : 1,2% (prévision 1,1% en 2014)

Déficit public/PIB : -2,7% (prévision de -2,3% en 2014)
Dette publique : 39,5 % du PIB (prévision de 42,2 % en 2014)

Principaux fournisseurs : Russie, Allemagne, Pologne, Lettonie, Pays-Bas, Italie
Principaux clients : Russie, Lettonie, Allemagne, Estonie, , Royaume Uni, Pologne, Biélorussie

Secteurs d’activité du PIB :

  • agriculture et pêche 3,4% ;
  • industrie 27,7 % ;
  • services 68,1 %

Exportations de la France vers la Lituanie : 505 M€
Importations françaises de Lituanie : 745 M€
Déficit de la balance commerciale pour la France de 240 M€ (711 M€ en 2012)

Communauté française en Lituanie : 379 inscrits au registre des Français établis hors de France au 31/12/2011

La Lituanie et l’UE

Contribution nationale au budget de l’UE en 2012 : 293 millions €
Fonds européens perçus en 2012 : 1832 millions €
Bénéficiaire net en 2012 : 1539 millions €, dont :

  • 1072 millions € au titre de la politique de cohésion
  • 576 millions € au titre de la PAC

Nombre de députés au Parlement européen : 12 / 736 (11 pour la prochaine législature)
Nombre de voix au Conseil de l’UE : 7 sur 345 soit 1,2 %
Nombre de voix au Conseil de l’UE après 2014 (en fonction de la population) : 0,27 %

Commissaire européen : Vytenis Andriukaitis, chargé de la santé et la sécurité alimentaire.

Politique intérieure

Présidente de la République : Mme Dalia GRYBAUSKAITE (prise de fonctions 12 juillet 2009)
Premier Ministre : M. Algirdas BUTKEVICIUS (depuis décembre 2012), social-démocrate

Prochaines échéances électorales : municipales en février 2015.

Depuis l’adoption de sa constitution en 1992, la Lituanie est une démocratie semi-présidentielle. Le président de la République, élu au suffrage universel direct, dispose de pouvoirs non négligeables, notamment en politique étrangère, puisqu’il siège au Conseil européen. Le Premier ministre est responsable devant le Parlement, composé d’une seule chambre de 141 membres, appelée Seimas.

L’ancienne commissaire européenne Mme Dalia Grybauskaite, élue dès le premier tour de l’élection de mai 2009, avec plus de 68% des suffrages, a succédé en juillet 2009 à M. Valdas Adamkus. Elle a été réélue le 25 mai 2014 à la présidence de la République, au deuxième tour de scrutin, avec 57,87% des voix.

Le Premier ministre Algirdas Butkevicius a formé son gouvernement en décembre 2012.Les sociaux-démocrates ont déjà exercé le pouvoir (gouvernement Kirkilas, 2006-2008). Les élections législatives d’octobre 2008 avaient permis une alternance, au profit des chrétiens-conservateurs, premier parti au parlement en octobre 2008 (46 sièges) devant les sociaux-démocrates (25 sièges). Les partis populistes avaient confirmé lors de cette élection de 2008 leur place importante sur l’échiquier politique, confirmée aux législatives de 2012.

La période 2008-2012 du gouvernement de centre-droit de M. Andrius Kubilius reposait sur une coalition associant chrétiens-conservateurs et libéraux. Cette coalition, qui disposait d’une courte majorité au Parlement, a mis en œuvre des mesures de rigueur budgétaire pour faire face à la crise économique. Cette politique a suscité des critiques, à commencer par celles de la présidente, Mme Grybauskaité. Elle n’a toutefois pas été remise en question dans son principe. M. Kubilius a perdu les élections législatives de 2012 en raison de l’impopularité que lui valait la politique menée, malgré de bons résultats macro-économiques (croissance de 5,8% en 2011).

Aux élections législatives du 28 octobre 2012, le parti social-démocrate de M. Algirdas Butkevicius est arrivé en tête du scrutin, obtenant 37 sièges. Le parti chrétien-démocrate du premier ministre sortant a subi une défaite mais obtenu cependant 33 élus dans le nouveau parlement (contre 45 dans le parlement sortant). Le Mouvement libéral, allié du premier ministre, n’a obtenu que 10 sièges. Le Parti du Travail, populiste de gauche, s’est classé en troisième position à l’issue du scrutin, avec 29 sièges. Son dirigeant au moment des élections, Viktor Uspaskitch (remplacé depuis avril 2013 par Vytautas Gapsys), se dit favorable à une plus grande intégration européenne, tout en adoptant un programme populiste (réduction du chômage à 0% en 3 ans, doublement du SMIC en un an). Le parti populiste de droite « Ordre et Justice » de l’ancien président Paksas est devenu le quatrième parti avec 11 sièges. Certains petits partis sont entrés au parlement : l’Action électorale des Polonais (8 sièges), le parti anti-pédophile Voie et Courage, constitué après des faits divers (7 sièges), 3 indépendants et 1 élu pour le parti de l’union des paysans et des écologistes.

Il a fallu plus de cinq semaines pour former le nouveau gouvernement. Le premier ministre a rassemblé autour de lui une coalition comptant son parti social-démocrate, associé aux deux partis populistes, celui de gauche du Parti du Travail et celui de droite Ordre et Justice, avec l’appoint du parti d’Action pour les Polonais de Lituanie.

La présidente a un temps favorisé une improbable alliance entre sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates. Devant le refus de M. Butkevicius, s’est engagée alors une longue tractation entre les deux têtes de l’exécutif, pour négocier le nom de chaque prétendant à un poste ministériel. Le parti social-démocrate obtient sept sièges ministériels. Le Parti du Travail en compte quatre, le parti Ordre et Justice deux, et le parti Action des Polonais, un.

La nouvelle majorité ne remet pas en cause les grandes orientations de la politique étrangère lituanienne. M. Butkevicius se déclare favorable à l’intégration européenne : il espère une adhésion de son pays à l’euro en 2015..La Lituanie s’efforce de réorienter les relations avec la Russie dans le sens d’une plus grande ouverture, et avec la Pologne dans le sens d’un dialogue plus serein, grâce à l’entrée au gouvernement du parti de la minorité polonaise de Lituanie.

En marge des élections législatives s’est tenu le 14 octobre 2012 un référendum sur l’arrêt du nucléaire en Lituanie. 63% des électeurs ont répondu non à la question : « Approuvez-vous la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en Lituanie ? » Le oui n’a recueilli que 34% des voix, alors qu’il était donné gagnant avant la campagne électorale, notamment en raison du consensus sur la nécessité de s’affranchir de la dépendance énergétique à l’égard de la Russie. Le soutien de la coalition sortante au oui aura finalement joué contre l’engagement nucléaire. Ayant dépassé les 50% de participation, le référendum est considéré valide, même s’il n’a qu’une valeur consultative. Un débat énergétique est donc engagé, qui doit tenir compte des deux voisins baltes, l’Estonie et la Lettonie étant partie au projet de construction nucléaire à Visaginas. Les deux têtes de l’exécutif sont divisées sur la question, la présidente restant favorable à la poursuite de ce projet, alors que le nouveau premier ministre et son parti avaient appelé à voter non.

Situation économique

En dépit d’une chute de 14,8% de son PIB en 2009, soit l’une des plus fortes contractions observées en Europe, la Lituanie est parvenue, non sans difficulté, à renouer avec la croissance en enregistrant un chiffre positif dès 2010. La reprise économique a surtout été portée par les secteurs industriel et énergétique, ainsi que par les transports et les télécommunications

L’activité économique a connu en 2012 une croissance soutenue (+3,7%), maintenue en 2013 (+3,2%). Elle a été portée notamment par la dynamique du secteur industriel (croissance des exportations suite à la restauration de la compétitivité en 2009) et par la hausse de la consommation, sans atteindre cependant la performance remarquable de 2011 (+5,9%). La source principale de l’activité se trouve dans l’exportation de biens. Les marchés traditionnels de la Lituanie (Russie et autres pays de la CEI, ainsi que les voisins baltes) restent des destinations en croissance pour les produits lituaniens.

La consommation des ménages a contribué à la croissance, même si elle se tasse au fil des années 2012 et 2013, passant de 6,2% à 2,6%.

La baisse du chômage est encore fragile, mais régulière (15,4% en 2011, 13,4% en 2012 et 11,8% en 2013). Le pouvoir d’achat est à la hausse pour les salariés (+0,8%). L’émigration est stabilisée et les retours se sont inscrits à un niveau record de 15 000 en 2011. Si le solde reste déficitaire (37800 départs), le profil professionnel de ceux qui rentrent correspond à une meilleure formation. Les à-coups sociaux sont donc amortis, dans un environnement social où la foi en l’économie de marché n’est nullement remise en cause.

On peut y ajouter deux autres facteurs de succès du redressement économique. D’abord, les leçons de la crise de 1999-2000, d’une ampleur semblable, et où les mêmes recettes de rigueur avaient porté leurs fruits. Cette fois, avec la ferme volonté de ne pas subir d’intervention du FMI, les Lituaniens se sont appliqués d’eux-mêmes les mêmes règles. Ensuite, l’économie grise a servi de soupape économique et sociale, l’Etat montrant compréhension temporaire et officieuse, en la quasi-absence d’un filet social collectif et a priori coûteux.

La Lituanie adhérera à la zone euro en 2015. L’opinion publique reste à ce stade, cependant, majoritairement réservée sur une telle adhésion.

Énergie

La consommation énergétique lituanienne se décompose comme suit : produits pétroliers 41%, gaz naturel 39%, autres énergies non renouvelables et nucléaire 16%, charbon et tourbe 4%. La Lituanie dépend fortement (gaz 100%, électricité 60%) de la Russie, vers laquelle tous ses réseaux de transport, hérités de l’URSS, restent tournés. Cette situation est très inconfortable au niveau politique, la Lituanie ayant déjà été l’objet de deux blocus énergétiques russes depuis l’indépendance. Le gaz russe lui est facturé par Gazprom à un tarif élevé (environ 30% de plus qu’à ses voisins baltes et à l’Allemagne).

L’énergie fossile est en effet devenue prépondérante en Lituanie depuis la fermeture définitive de la centrale nucléaire d’Ignalina le 31 décembre 2009 (lors de son adhésion à l’UE en 2004, la Lituanie avait dû s’engager à fermer cette centrale, qui ne présentait pas les garanties de sécurité requises par Bruxelles). Les deux tiers de l’énergie électrique consommée sont désormais importés, pour plus de la moitié en provenance de Russie. La production nationale électrique repose presque entièrement sur le gaz russe.

Le taux de dépendance énergétique de la Lituanie est de 80%, contre 48% en 2009 (du fait notamment de la fermeture de la centrale nucléaire d’Ignalina).

La priorité gouvernementale est donc de desserrer cette contrainte. A cette fin, le gouvernement lituanien a présenté fin 2010 une nouvelle stratégie énergétique, avec deux objectifs :

- la diversification des approvisionnements, à travers l’interconnexion des réseaux énergétiques et des systèmes de transmission des pays baltes avec le reste de l’Europe. L’arrivée au port de Klaipeda du terminal flottant de GNL « Independence », le 27 octobre 2014, consacre une étape importante dans la stratégie nationale visant l’indépendance énergétique de la Lituanie à l’égard des fournisseurs russes de gaz et d’électricité. Entièrement financé par l’Etat lituanien (145 M€), ce terminal garantira l’indépendance énergétique de la Lituanie, qui pourra acheter son gaz à d’autres fournisseurs que Gazprom actuellement. Un contrat d’achat est déjà signé avec la société norvégienne Statoil. Le terminal opérera sous le régime du « third party access », qui donne accès au terminal à tout pays voisin ou partenaire intéressé à utiliser ses capacités pour son propre compte, et ce sur une base non-discriminatoire. Au besoin, le terminal pourrait satisfaire jusqu’à 90% des besoins en gaz de la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie.

- le développement de la production, avec le projet de construction d’une nouvelle centrale nucléaire à Visaginas. Les négociations avec le candidat sélectionné, Hitachi GE, sont en cours. La victoire des opposants au nucléaire lors du référendum du 14 octobre 2012, au cours duquel 63% des électeurs ont répondu non à la question « Approuvez-vous la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en Lituanie ? » relance le débat énergétique et nucléaire. . Suivant une décision politique unanime prise en mars, la firme japonaise Hitachi et le gouvernement de Lituanie vont accélérer les négociations en discutant dans un premier temps les contours précis d’une "Société de projet" à laquelle devraient aussi prendre part ultérieurement l’Estonie et la Lettonie. La décision finale concernant cet investissement est attendue pour 2015

L’efficacité énergétique laisse à désirer, puisqu’elle est actuellement 2,5 fois plus faible que la moyenne européenne (mauvaise isolation du parc immobilier notamment).

La présence des entreprises françaises sur le marché lituanien, à la fois en tant qu’investisseurs et en tant que fournisseurs, est solide et porteuse de projets de taille importante. Ceux-ci présentent un double intérêt pour la Lituanie : ils s’appuient sur une part significative de financements privés français ; ils ne concernent le plus souvent pas les énergies fossiles, et s’intègrent donc pleinement dans la stratégie gouvernementale lituanienne.

Politique extérieure

La Lituanie est membre non-permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour le biennum 2014-2015.

Russie

La politique étrangère de la Lituanie reste dominée par un sentiment de méfiance, parfois passionnel, vis-à-vis de la Russie. La Lituanie cherche à se garantir contre ce qu’elle considère être les dangereux atavismes russes (militaire, politique et énergétique). Elle cherche à se dégager de sa dépendance à l’égard du gaz et de l’électricité russes, renforcée depuis l’arrêt de la centrale nucléaire d’Ignalina.

Son adhésion en 2004 à l’OTAN, activement recherchée dès le renouveau de son indépendance, suffit à peine à la rassurer à l’endroit de la Russie. Ce facteur, combiné à l’existence d’une forte diaspora lituanienne outre-atlantique, a contribué à rendre la Lituanie très proche des Etats-Unis et d’autres Etats d’Europe orientale partageant ses craintes (dont les voisins baltes).

Pour autant, la relation avec le voisin russe n’est pas exempte d’ambiguïté, la Russie étant le premier partenaire commercial de la Lituanie. Ainsi, la présidente Grybauskaité, dès sa prise de fonctions en 2009, s’est attachée, tout en restant très vigilante, à décrisper la relation avec Moscou. L’extension aux pays baltes du plan de défense de la Pologne, dans le cadre de l’OTAN, entérinée par le sommet de l’Alliance atlantique à Lisbonne, s’accompagne des partenariats OTAN-Russie et UE-Russie. La présidence lituanienne de l’UE, au deuxième semestre 2013, a tendu de nouveau les relations avec la Russie. Cette dernière a perçu le sommet du Partenariat oriental, moment fort de la présidence lituanienne, qui s’est tenu à Vilnius les 28 et 29 novembre 2013, comme une volonté de rapprochement avec les pays d’Europe orientale. Ce sommet a avivé la concurrence entre influences russe et de l’UE, en Ukraine particulièrement. De fait, l’Ukraine est devenue un enjeu grandissant de la politique étrangère de la Lituanie depuis le sommet de Vilnius, les autorités lituaniennes ne dissimulant pas leur sympathie pour le mouvement pro-Union européenne qui s’est développé en Ukraine depuis novembre 2013. L’annexion russe de la Crimée a ravivé toutes les inquiétudes existant depuis l’invasion russe de la Géorgie en 2008. La Lituanie se montre extrèmement préoccupée, elle soutient pleinement le nouveau gouvernement de Kiev et recherche activement la solidarité des alliés de l’OTAN, afin de préserver sa propre intégrité territoriale qu’elle estime potentiellement menacée par les Russes. Elle a fermement soutenu les volets de sanctions touchant la Russie, en dépit de conséquences négatives sur son économie (croissance revue à la baisse de 3,4% à 2,9% en 2014).

La Lituanie fait l’objet de « tests » de la part de la Russie (violations régulières de l’espace aérien, cyberattaques, etc.) : dernier en date, le 19 septembre, un bateau de pêche lituanien, le « Juru Vilkas », a été arrêté en mer de Barents par les Russes au motif d’une violation de ses eaux territoriales (infirmée par les images satellite) et détenu au port de Mourmansk. Son capitaine et son équipage sont toujours retenus par les autorités russes.

Pologne

La Lituanie entretient une relation complexe avec la Pologne, conséquence du partage d’une longue histoire commune dont les lectures diffèrent à Vilnius et Varsovie, notamment concernant l’entre-deux guerres et l’annexion de la région de Vilnius par la Pologne.

La question du statut de la minorité polonaise en Lituanie est un irritant entre les deux pays. Forte d’environ 250 000 personnes, soit 6.4% de la population lituanienne, elle est concentrée dans les districts de Vilnius et de Salcininkai au sud est de la Lituanie.

Représentée par l’Alliance électorale des Polonais, elle est très active politiquement. Ses principales revendications portent sur l’écriture des noms polonais dans les documents officiels, l’appellation des rues dans les zones à forte densité de population polonaise et l’enseignement de la langue "nationale" dans les écoles polonaises de Lituanie. Ces revendications s’accompagnent de présentations volontairement dramatisées de la situation des Polonais de Lituanie, les dirigeants de l’Alliance n’hésitant pas à évoquer des "violations des droits fondamentaux", voire l’"oppression" et les "discriminations" dont seraient victimes les Polonais de Lituanie.

Le sort fait en Pologne à la communauté lituanienne qui y réside est récemment devenu en Lituanie un sujet d’émotion, instrumentalisé aux fins de répondre à ce que les Polonais perçoivent comme une maltraitance de la minorité polonaise.

Cependant, les représentants de la communauté lituanienne en Pologne font état de la naissance d’un sentiment anti-lituanien, phénomène nouveau à relier aux propos excessifs des représentants de l’Alliance électorale des Polonais. Cette tension a été mise en évidence par l’annulation d’un voyage du chef de l’Etat, Mme Dalia Grybauskaité, à Varsovie, pour une rencontre officielle afin de préparer le sommet de l’OTAN, le 17 avril 2012.

La Pologne reste un partenaire économique majeur de la Lituanie puisqu’il s’agit de son sixième client et de son troisième fournisseur, après la Russie et l’Allemagne. De grands projets sont également entrepris entre les deux Etats : la liaison électrique, prévue pour 2015, entre la Pologne et la Lituanie est en cours de réalisation via le consortium LitPol, projet majeur pour la Lituanie. Une étude de faisabilité financée en partie par l’Union européenne a été lancée pour la construction d’un gazoduc reliant les deux Etats. Elle devrait être achevée prochainement.


Biélorussie

La Lituanie s’efforce de promouvoir une politique active d’engagement envers le régime biélorusse, notamment par les échanges économiques, et s’efforce tant bien que mal de maintenir cette ligne, notamment à Bruxelles, malgré les dérives répétées du régime biélorusse. Par ailleurs, l’Université européenne des sciences humaines, créée à Minsk en 1992, et financée en grande partie par l’UE, a ouvert ses portes à Vilnius en 2005, après sa fermeture imposée en 2004 par le pouvoir biélorusse.

OTAN

la Lituanie voit un intérêt à la PSDC en complément d’une OTAN qu’elle conçoit comme d’abord destinée, comme au temps de la guerre froide, à dissuader et contrer la Russie. Vilnius appelle à une présence plus visible de l’organisation sur son sol dans le but de renforcer son effet dissuasif sur la Russie. La Lituanie ne défend pas une politique interventionniste de l’OTAN hors des frontières européennes car elle y voit un risque d’affaiblissement de l’Alliance.

La Lituanie a participé aux opérations de l’ISAF en Afghanistan. En septembre 2013, le contingent lituanien a été rapatrié après avoir servi dans le cadre de la PRT (Provincial Reconstruction Team) de Chaghcharan, dans la province de Ghor. Ces soldats ont assuré des missions variées (la seule perte lituanienne sur le théâtre afghan remonte à 2008) : formation, logistique et renfort au quartier général de l’opération.

Depuis leur accession à l’Alliance en avril 2004, les trois Etats baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) bénéficient d’une mission de "police du ciel" permanente fournie, sur une base volontaire, par les Alliés. Initialement prévue pour la période 2004-2011, cette solution intérimaire a été reconduite, avec une clause de réévaluation fin 2018. La France, qui a participé à ces missions en 2007, 2010 et 2011 avec 4 Mirage, y participe à nouveau en 2013. Les alliés de l’OTAN ont renforcé leur présence dans cette mission de « police du ciel » suite à l’annexion russe de la Crimée, afin de répondre aux inquiétudes lituaniennes, ainsi qu’estoniennes et lettones.

Vilnius a créé un Centre de Sécurité énergétique, accrédité comme « centre d’excellence OTAN ». La France participe, depuis l’été 2013, à la réflexion dans ce domaine en mettant un officier à disposition du centre.

La Lituanie adhère au projet de bouclier antimissiles balistiques de l’OTAN mais insiste pour que tous les membres soient protégés par les moyens propres de l’Alliance, excluant ainsi l’approche sectorielle d’un bouclier en coopération avec la Russie. Toutefois, afin d’éviter les tensions avec son voisin, la Lituanie ne prévoit pas d’accueillir des éléments américains du système antimissile.

Mali et République centrafricaine

La Lituanie participe à l’effort militaire au Mali, par l’envoi de trois formateurs engagés au sein de la mission EUTM, et intégrés à l’opération conjointe de la Suède et de la Finlande. C’est un effort symbolique mais significatif politiquement pour un pays de moins de 3 millions d’habitants.

La Lituanie participe aux efforts de stabilisation en République centrafricaine par l’envoi d’un appareil de transport tactique C-27 Spartan et son personnel opérationnel de 10 personnes.

Mise à jour : 20.11.14

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