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Présentation du Koweït

Présentation

Données générales

Nom officiel : Etat du Koweït
Nature du régime : monarchie parlementaire
Constitution : 1962
Chef de l’Etat et/ou du gouvernement :
Emir : Cheikh Sabah Al Ahmad Al Jaber Al Sabah (depuis 2006)
Prince héritier : Cheikh Nawaf Al Hamad Al Sabah
Premier ministre : Cheikh Jaber Al Moubarak Al Hamad Al Sabah (depuis décembre 2011)
Premier Vice-Premier ministre et ministre des affaires étrangères : Cheikh Sabah Al Khaled Al Hamad Al Sabah (depuis octobre 2011)
Le pays est doté d’un parlement composé de 50 députés élus au suffrage universel.
Le Koweït est un des six membres du Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe (CCEAG, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Oman, Bahreïn), de la Ligue des Etats Arabes et de l’Organisation de la Coopération Islamique.

Données géographiques

Superficie : 17.818 km²
Capitale : Koweït (Kuwait-City)
Villes principales : Kuwait-City (510.500 hab), Jahra, Ahmadi
Langue (s) officielle (s) : arabe
Monnaie : dinar koweitien (1KD = 2, 59 €, mai 2014)
Fête nationale : 25 février (indépendance acquise en 1961)

Données démographiques

Population : 3,8 millions d’habitants
Nationaux : 1,2 million
Non-nationaux : 2,6 millions
Densité : 115/hab/km²
Taux de croissance de la population : 2,9 (Banque mondiale, 2013)
Indice de fécondité : 2,3 (Banque mondiale 2013)
Espérance de vie à la naissance : 75 ans (Banque mondiale, 2013)
Taux d’alphabétisation : 94 % (Unicef, 2013)
Religions : musulmans (85,2% : chiites duodécimains un tiers, sunnites de rite malékite, deux tiers ; Islam : religion officielle), chrétiens (11,1%), hindous (3,5 %), autres (0,2%).
Indice de développement humain : 0,790 54ème rang mondial (2013) (PNUD, 2013)

Données économiques

PIB nominal du Koweït : 186 Mds $ (2013, FMI)
PIB par habitant PPA : 48.000 $/hab (2013, FMI)

Taux de croissance 2013 : 0,8% (FMI)
Taux de croissance 2014 (prévisions FMI) : 3%
Taux de chômage (au sens du BIT) : 2,1 % (FMI, 2013)
Taux d’inflation (2013) : 2,7 % en moyenne annuelle (FMI)
Taux d’inflation 2014 (prévisions) : 3% (FMI)

Solde des comptes publics (année fiscale 2013-2014) : +42 Mds $
Solde la balance commerciale (2013) : + 91 Mds $

Principaux clients en ordre décroissant (FMI, 2013) : Corée du Sud, Inde, Japon, Etats-Unis, Chine, Taïwan,Singapour, Pakistan, Pays-Bas, Egypte (France 12ème)
Principaux fournisseurs en ordre décroissant (FMI, 2013) : Chine, Etats-Unis, Arabie saoudite, Japon, Allemagne, Corée du Sud, France, Inde, Italie, Emirats arabes unis.

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (FMI, 2013)

  • agriculture : 0.5 %
  • industrie : 51 %
  • services : 48.5 %

Production de pétrole brut : 3 mb/j (2013)
Quota OPEP : 2,2 mb/j (depuis janvier 2009)
Réserves : 6èmes réserves pétrolières dans le monde, 101,5 milliards de barils, 6% des réserves mondiales
11ème producteur et 5ème exportateur de pétrole de la planète
95% des exportations du Koweït constituées par le pétrole brut et les produits dérivés
Membre fondateur de l’OPEP (1960)

Exportations de la France vers le Koweït (2013) : 858 M€ (dont 435M€ : livraison d’aéronefs)
Importations françaises depuis le Koweït (2013) : 920 M€
Solde de la balance commerciale (2013) : - 62M€
Part de marché française : 4,6% (2013)

Le site du ministère de l’économie et des finances propose de plus amples données statistiques.

Consulats de France : une chancellerie consulaire au sein de l’ambassade
Communauté française au Koweït : 1.115 de Français enregistrés (2014), dont 426 double-nationaux
Le Lycée français, établissement homologué, accueille 1.354 élèves de la maternelle à la terminale.

Politique intérieure

Le système politique koweitien, à la fois monarchique et parlementaire, est l’un des plus libéraux du monde arabe et a fortiori de la péninsule arabique. Le parlement est élu au suffrage universel (cinquante membres, renouvelés tous les quatre ans). La vie politique est active, marquée par une véritable culture de débat (presse libre, rôle des salons politiques ou diwaniya…). Le système est, en outre, un des plus inclusifs de la zone : le parlement comprend de manière générale des sunnites, des chiites, des islamistes, des représentants tribaux et des libéraux.

La forme participative du pouvoir au Koweït, incluant les femmes qui ont le droit de vote depuis 2005, a permis de pacifier sunnites et chiites du pays. Ces derniers apparaissent comme un soutien important à l’émir et à la famille Al Sabah en général, en raison de la protection et des avantages qui leur ont été accordés depuis les années 90.

Conservateurs islamistes et Koweïtiens modernistes tournés vers l’Occident coexistent également dans une forme de paix civile, en dépit des tensions qui peuvent les opposer. L’Emir a personnellement veillé durant ces dix dernières années à ce qu’aucun des deux groupes n’impose sa vision de la société à l’autre. Chacun s’accorde du reste à valoriser la culture de débat qui prévaut au sein de l’émirat et dont les diwaniyyas (quelque 3000 salons que tiennent grandes et petites familles du pays) sont l’expression la plus visible.

L’instabilité gouvernementale a cependant longtemps été la faiblesse du modèle monarchique constitutionnel de l’émirat. Cheikh Sabah Al Khaled en est parfaitement conscient et a été à l’origine de profonds changements qui ont grandement contribué à stabiliser les structures : la fonction de Premier ministre, traditionnellement dévolue au Prince héritier, est désormais attribuée à un membre de la famille régnante. Le pays est gouverné aujourd’hui par 15 ministres, quasiment tous technocrates et représentant les différents courants (islamistes, modernistes), segments (bédouins, familles marchandes) et membres de la famille régnante. Depuis deux ans, le Koweït jouit d’une stabilité gouvernementale inédite dans un pays pourtant fortement clivé (70% de sunnites, 30% de chiites, 65% de familles d’origine bédouine, 35% de citadins, des bidouns – environ 120 000 apatrides sans papiers – dont la gestion demeure problématique, une population composée d’1/3 de Koweïtiens et 2/3 d’étrangers).

Le Parlement est l’enceinte légitime des débats et a traditionnellement permis à l’opposition, notamment aux islamistes, de contrer le gouvernement et indirectement l’Emir. Ce dernier a subtilement et méthodiquement réussi à en changer la composition, sans pour autant dénaturer son caractère démocratique – unique dans la région –. Un habile découpage des circonscriptions et du mode d’élection a ainsi permis, lors des dernières élections de juillet 2013, certes boycottées par l’opposition, de faire élire des députés moins vindicatifs. A la tête de ce Parlement, a été hissé un président jeune, talentueux et autoritaire, M. Marzouq Al Ghanim.

La presse koweïtienne est la plus libérale de la région avec des médias écrits et audiovisuels inquisiteurs, polémistes, abordant toutes les questions y compris les plus taboues et s’emparant de tous les sujets à l’exception de la personne de l’Emir, dont le rôle et la personne sont protégés par la constitution. A cette presse s’ajoutent les réseaux sociaux qui font du Koweït le pays le plus « branché » dans le monde (record mondial de tweets et de publications instagram par habitant).

Le ciment national demeure l’Emir et probablement la famille Al Sabah en général, intimement mêlée à la population du pays. Les familles marchandes détiennent une fortune supérieure à celle de ses dirigeants, perpétuant ainsi le pacte qui lie les Koweïtiens entre eux et qui a été reconfirmé au lendemain de la libération du pays.

Situation économique

Le Koweït est un pays rentier, dont les citoyens (86% sont fonctionnaires) bénéficient de la générosité d’un Etat providence financé par les recettes pétrolières (60% du PIB en 2012, plus de 95% des recettes budgétaires).

Le pays, qui dispose des 6èmes réserves pétrolières dans le monde, dégage des excédents budgétaires considérables (42 Mds $ en 2013) qui lui permettent d’investir massivement à l’étranger avec un succès certain (44 Mds $ en IDE et 120 Mds $ en investissements de portefeuilles sur la période 2004-2010).

Le PIB nominal de l’émirat, estimé à 186 Mds $ en 2013, place le Koweït au 4ème rang des pays du CEEAG, derrière l’Arabie saoudite (727 Mds $), les Emirats arabes unis (390 Mds $) et le Qatar (192 Mds $). Le PIB/habitant (48.000 $ en 2013) place le Koweït au 2ème rang des pays du CCEAG, derrière le Qatar.

L’inflation reste à un niveau raisonnable et maîtrisé (2,7% en moyenne annuelle en 2013, compte tenu du poids des produits alimentaires importés). Les estimations du FMI prévoient un taux de 3% pour 2014. Le solde de la balance commerciale a dégagé un excédent de près de 91 Mds $ pour l’année fiscale 2012-2013 (contre un peu moins de 58,8 Mds $ sur 2011-2012).

Du fait de sa forte sensibilité à la conjoncture pétrolière, la crise mondiale a eu un impact sévère sur l’économie du pays en 2009 : le PIB a reculé de 5,2%. Mais avec la reprise des cours du pétrole et une production en augmentation, le PIB est reparti à la hausse dès 2010 pour atteindre 177 Mds $ pour l’année fiscale 2011-2012, et 186 Mds $ pour l’année suivante. La croissance a été de 8,3% en 2011, de 6,3% en 2012 et de 0,8% en 2013. Les estimations de la Banque centrale prévoient une reprise de la croissance en 2014, estimée à 3%.

L’économie demeure faiblement diversifiée en dépit des annonces gouvernementales de dépenses d’investissement nécessaires au développement du pays. Une mise en œuvre du plan quadriennal de développement 2010-2014 de 127 Mds $ a été votée en 2009. La mise en œuvre a été lente mais les premiers grands projets du plan de développement 2010-2014 ont été lancés au deuxième semestre 2011, marquant un tournant dans la vie économique du Koweït. Il a été prolongé jusqu’en 2015 et pourrait être reconduit à hauteur de 100 Mds $ sur la période 2015-2020. La dynamique de lancements de projets enclenchée en 2011 se poursuit.

Par ailleurs, des textes législatifs récents sur les Build Operate Transfer (BOT) et les zones franches fournissent un cadre plus favorable à l’investissement international. Enfin, un certain nombre de réformes ont été engagées pour améliorer la gouvernance de l’économie koweitienne et le climat des affaires.

Le Koweït dispose d’importantes réserves financières : Le Fonds pour les générations futures, géré par la Kuwait investment Authority (KIA) détient des réserves connues de plus de 380 Mds $. KIA fait partie depuis sa création des dix plus puissants fonds souverains au monde (le 6ème en 2012, selon le forum international des fonds souverains). Les réserves internationales de l’Etat sont estimées à 29 Mds $ en 2013 (contre 17 Mds $ en 2009).

Politique extérieure

Le Koweït, en dépit de son ancrage marqué au sein du CCEAG, revendique une place singulière dans le paysage régional. Sa richesse et la structure de son économie de rente le rapprochent fortement du Qatar, dont il a le même PIB. Pour autant, le Koweït a fait le choix depuis le traumatisme de l’invasion irakienne (1990) d’une politique mettant en avant des considérations de bon voisinage, de modération et de médiation dans un contexte régional extrêmement troublé. La leçon de la guerre du Golfe a modéré toute velléité de surexposition régionale, a induit une proximité et reconnaissance particulières envers l’ONU et une propension à une politique de l’humanitaire et de l’aide au développement.

Cette politique se traduit d’abord au niveau régional.

Avec l’Arabie saoudite, les relations sont denses et proches (le gouvernement koweïtien en exil a trouvé refuge à Taëf en 1990). Sur les grands enjeux régionaux, les deux pays se concertent régulièrement et convergent, même si le Koweït doit tenir compte de ses équilibres internes (70% sunnites – 30% chiites), différents de ceux de son grand voisin préservation des équilibres externes et internes du pays.

L’Irak et le Koweït entretiennent de bonnes relations depuis l’invasion de 1990. Les Koweïtiens sont fort reconnaissants à la logistique onusienne de superviser la réconciliation. Les frontières ont ainsi été délimitées, les relations de gouvernement à gouvernement sont, depuis la chute de Saddam Hussein, confiantes et constructives et les conflits et différends latents (accès au Chatt Al Arab) sont traités au travers de mécanismes régulateurs. Le Premier Ministre irakien a effectué une visite officielle au Koweït à la fin de l’année 2014 venu clore la commission mixte bilatérale mais aussi remercier le Koweït d’avoir accepté de différer les derniers remboursements (4,6 Mds $) dus au titre des dommages de guerre.

Avec l’Iran, les relations se veulent tout à la fois cordiales, constructives et méfiantes. Il est certainement de l’intérêt stratégique du Koweït d’éviter toute surenchère à l’égard de Téhéran et de juger l’Iran, surtout depuis l’élection saluée de Rohani, sur ses actes et non pas ses intentions. La priorité immédiate de l’émirat est de veiller à la sécurité des installations nucléaires civiles proches du Koweït et de cantonner les velléités d’hégémonie régionale de l’Iran.

Le CCEAG constitue le premier cercle de la politique extérieure koweïtienne. Au sein de l’organisation, sous présidence du Koweït en 2014, le pays apparaît soucieux de veiller à la bonne entente en dépit des tensions opposant le Qatar aux Emirats arabes unis, à l’Arabie saoudite et à Bahreïn. La médiation personnelle de l’Emir a été décisive dans le processus de résolution de la crise ouverte née, en mars 2014, entre l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn, d’une part, le Qatar, d’autre part.

Le Koweït exerce par ailleurs la présidence du sommet de la Ligue arabe en œuvrant en faveur de la cause palestinienne, comme en témoigne la visite historique que le ministre des Affaires étrangères a effectuée à Jérusalem en septembre dernier.

Sur les grands sujets régionaux (Syrie, Daech, Egypte), le Koweït fait le choix de l’action humanitaire : le Koweït a ainsi accueilli en janvier 2013 et 2014 les conférences internationales des donateurs pour le peuple syrien, tout en donnant l’exemple (500 M $ d’aide en 2014). Plus récemment, le Koweït a manifesté son appartenance à la coalition anti-Daech, sans s’impliquer dans des opérations militaires. Le report d’un an du remboursement de la dette irakienne au Koweït a ainsi été présenté comme la contribution de l’émirat au renforcement de Bagdad dans la lutte contre Daech. En Egypte, depuis l’éviction de M. Morsi, le Koweït se tient aux côtés des autorités égyptiennes et se montre fort généreux avec le Caire. La première visite étrangère au Koweït en 2015 aura été celle du président Sissi le 5 janvier.

La politique d’aide de l’émirat, notamment dans l’action humanitaire, a permis au Koweït ces dernières années de se forger une respectabilité internationale et a valu à l’Emir de recevoir du SGNU le titre honorifique de « leader humanitaire mondial » : aide à la Syrie, aide à l’Afrique (don à l’OMS pour la lutte contre Ebola, aide humanitaire au Soudan du Sud), etc.

Mise à jour : 12.01.15

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