Présentation du Kazakhstan
Présentation
Données générales
Données générales et géographiques
Nom officiel : République du Kazakhstan
Président de la République : Noursoultan Nazarbaev
Premier Ministre : Serik Hygmetuly Akhmetov (depuis le 24 septembre 2012)
Ministre des Affaires étrangères : Erlan Idrisov (depuis le 28 septembre 2012)
Type de régime : présidentiel ; parlement bicaméral (Sénat et Majilis)
Prochaines échéances électorales : élection présidentielle prévue au printemps 2016
Divisions administratives : 14 régions administratives (en kazakh oblys, en russe oblast) et 3 villes à statut spécial (l’ancienne capitale Almaty, la capitale actuelle, Astana, ainsi que le site spatial de Baïkonour).
Données socio-économiques
Superficie : 2 724 900 km2
Capitale : Astana (anciennement Akmola, capitale depuis décembre 1997)
Villes principales : Almaty (1,129 millions d’habitants - l’ancienne capitale demeure un pôle économique et culturel), Karaganda, Atyraou, Aqtau, Pavlodar, Chymkent
Langues officielles : kazakh (langue d’Etat), russe (langue officielle)
Monnaie : Tengué (1 euro = 200 tengués)
Fête nationale : 16 décembre (Fête de l’Indépendance)
Population (estimations 2012) : 17,52 millions (population urbaine : 57%)
Répartition selon l’origine ethnique (déclarée au recensement 2009) : 63,1% de Kazakhs, 23,7% de Russes, 2,9% d’Ouzbeks, 2,1% d’Ukrainiens, 1,4% d’Ouïghours, 1,3% de Tatars et 1,1% d’Allemands.
Densité : 5,9 habitants/km²
Croissance démographique (2011) : 1,23 %
Taux de fécondité (estimations 2012) : 2,51 enfants/femme
Espérance de vie (2009) : 68,6 ans (63,6 ans pour les hommes et 73,5 ans pour les femmes)
Taux d’alphabétisation : 99,5 %
Religions (déclarée au recensement 2009) : islam sunnite (de rite hanafite) (70,2 %), orthodoxie (26%), minorité catholique, minorité protestante
Indice de développement humain : 68ème sur 185 (classement ONU 2011)
PIB (2011) : 180 Mds USD (70% du PIB de l’Asie centrale)
PIB par habitant : 2010 : 8 993 USD ; 2011 : officiellement, plus de 11 000 USD
Salaire moyen par habitant (2009) : 456 USD
Taux de croissance (2011) : 7,5 % (après 7% en 2010 et 1,2% en 2009)
Notation : les agences Standard & Poor’s et Fitch ont relevé d’un cran leur notation de la dette souveraine du Kazakhstan, respectivement à BBB+ et BBB)
Taux de chômage (2010) : 6 %
Taux d’inflation (2011) : 7,4%
Solde budgétaire (2010) : +2,6 % PIB
Principaux clients (2010) : Chine 17,1 %, Italie 16,2 %, Russie 8,1 %
Principaux fournisseurs (2010) : Russie 37 %, Chine 13,3 %, Allemagne 6,1%
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010) :
agriculture : 4 % (l’industrie extractive du pétrol et du gaz représente 35% du PIB) ; industrie : 40 % ; services : 53 %
Echanges commerciaux entre la France et le Kazakhstan (2011) :
5,4Mds €, en hausse de 54% par rapport à 2010 (source : DGT)
Exportations de la France vers le Kazakhstan (2011) : 262 M€ (Source : DGT)
Importations en France depuis le Kazakhstan (2011) : 5,1Mds € (Source : DGT)
Représentation française
Ambassade de France : Astana ; Ambassadeur : M. Jean-Charles Berthonnet
Consulat général de France : Almaty
Communauté française auKazakhstan (décembre 2011) : 343 personnes
Politique intérieure
Ayant accédé à l’indépendance en 1991, le Kazakhstan a pris son essor économique au milieu des années 1990. Il affiche comme objectif de rejoindre à l’horizon 2030 le club des 50 pays les plus concurrentiels. Dans cette perspective, le Président Nazarbaev, qui a mis en place un système présidentiel fort, mène une politique de modernisation économique et d’ouverture internationale.
Institutions
Pouvoir exécutif
Elu au suffrage universel le 1er décembre 1991 avec 98% des voix, Noursoultan Nazarbaev (dernier secrétaire général du Parti communiste local) a été réélu en janvier 1999 avec 79% des suffrages lors d’élections présidentielles anticipées. En décembre 2005, N. Nazarbaev a été réélu une troisième fois avec 91% des voix.
En 2007, une réforme constitutionnelle a réduit le mandat présidentiel à 5 ans et autorise N. Nazarbaev, en sa qualité de « premier président du Kazakhstan », à se représenter sans limitation de mandat. En juin 2010, le parlement a adopté une loi lui attribuant le statut de « Leader de la Nation » qui lui offre, ainsi qu’à ses proches, une immunité à vie et un droit de regard sur certaines des décisions politiques que prendront ses successeurs.
Des initiatives populaires et parlementaires ont été lancées en décembre 2010, proposant au Président Nazarbaev de prolonger son mandat par référendum jusqu’en 2020.
Le Président Nazarbaev a suivi l’avis négatif émis par le Conseil constitutionnel, qu’il avait saisi. Il a convoqué une élection présidentielle anticipée qui s’est tenue le 3 avril 2011 et a été réélu avec 95,55% des voix. L’opposition avait appelé au boycott du scrutin.
Le Premier Ministre, M. Serik Akhmetov, a été nommé lors du remaniement gouvernemental du 24 septembre 2012.
Pouvoir législatif et partis politiques
Le Parlement kazakhstanais est bicaméral avec d’une part, une chambre basse (le Majilis) composée de 107 députés dont 98 sont élus au suffrage universel à la proportionnelle, et d’autre part, une chambre haute (le Sénat), composée de 47 sénateurs dont 15 sont nommés par le Président de la République. L’Assemblée des peuples, institution consultative créée en 1995 pour représenter la diversité ethnique du Kazakhstan, nomme 9 députés et 32 sénateurs.
Les amendements constitutionnels de 2007 ont renforcé les pouvoirs du Parlement (approbation du Premier ministre, de la Commission électorale) et autorisé le cumul des fonctions de chef de l’Etat et de chef de parti politique. La présence de 2007 à 2012 d’un seul parti au Parlement a toutefois limité ce rééquilibrage des pouvoirs.
Les élections législatives du 18 août 2007 avaient en effet vu la victoire avec 88,4 % des voix, du parti présidentiel « Nour Otan » (patrie radieuse), seul parti à atteindre le seuil nécessaire de 7%.
Dans la perspective de la présidence de l’OSCE qu’il a exercée en 2010, le Kazakhstan s’était engagé lors de la conférence ministérielle de Madrid en 2007 à adopter une série de réformes. Début 2009, il a rempli partiellement ses engagements en adoptant une nouvelle loi sur les partis politiques ainsi qu’un mécanisme garantissant la présence d’au moins deux partis au Parlement.
Parmi les dix partis politiques enregistrés, on compte notamment outre le parti présidentiel « Nour Otan » : « Ak-zhol » (« voie lumineuse », pro-gouvernemental), « Azat » (liberté) et le Parti social-démocrate national (OSDP) en cours de fusion ainsi que le parti communiste (interdit pour six mois en octobre 2011, et de nouveau en avril 2012). Le parti d’opposition « Alga » (en avant) est toujours en attente d’enregistrement. Ce parti est l’héritier du mouvement d’opposition le « Choix démocratique du Kazakhstan » (DVK), créé en 2001 à l’initiative de représentants de l’appareil gouvernemental se posant comme les représentants des nouvelles élites économiques et qui avait disparu après avoir provoqué une crise gouvernementale fin 2001.
Des élections législatives anticipées ont eu lieu le 15 janvier 2012. Le parti présidentiel « Nur Otan » a largement remporté le scrutin avec 80,99% des suffrages, suivi du parti « Ak Jol » avec 7,47% des suffrages, puis du KNPK (Parti Communiste Populaire du Kazakhstan) avec 7,19% des voix. Ces deux partis sont tous deux liés au pouvoir. Les quatre autres partis en lice, dont l’OSDP, seul vrai parti d’opposition ayant été autorisé à se présenter, ont tous obtenu moins de 7% des suffrages et n’ont donc pas d’élus.
Grandes orientations politiques et situation intérieure
Situation intérieure
Depuis son indépendance, le Kazakhstan a mené une politique de modernisation sociale et économique et a su maintenir l’entente interethnique entre Russes (1/3 de la population) et Kazakhs tout en procédant à la « kazakhisation » progressive de l’appareil d’Etat. Dans une région marquée par les tensions interethniques, le Kazakhstan met en avant son modèle de coexistence. Il s’est attaché à développer une nouvelle élite grâce à la formation à l’étranger, depuis 1996, des meilleurs étudiants du Kazakhstan.
Si le Kazakhstan subit, à l’image de ses voisins centre-asiatiques, la croissance du trafic de stupéfiants en provenance d’Afghanistan, qui transitent vers Moscou et l’Europe, il est en revanche longtemps apparu moins exposé que ses voisins à la menace islamiste, même si certaines sources font état d’une implantation du Hizb-ut-Tahrir dans le sud du pays, dans les régions majoritairement peuplées d’Ouzbeks. Les Kazakhs, nomades convertis tardivement et superficiellement à l’Islam, professent un islam tolérant et imprégné de traditions soufies.
L’année 2011 a toutefois vu remise en cause la stabilité qui avait prévalu depuis l’indépendance. Elle a en effet été marquée d’une part par une série d’attentats, y compris suicides, d’autre part par des émeutes d’origine sociale survenues dans la ville de Janaozen (province de Manguistau, ouest du pays) à l’occasion du 20ème anniversaire de l’indépendance le 16 décembre, suivie les deux jours suivants d’autres manifestations violentes dans cette province, faisant au total officiellement 16 morts. En réponse à ces émeutes, le Président Nazarbaev a proclamé l’état d’urgence et imposé le couvre-feu pour 20 jours à Janaozen, dénoncé les actes criminels de « hooligans » et fait ouvrir une enquête par le Parquet, tout en procédant à des limogeages dans les cercles du pouvoir et en chargeant une commission spéciale incluant des représentants de la compagnie nationale KazMunaïGaz d’engager un dialogue avec les grévistes du secteur pétrolier du Mangistau, dont le mouvement durait depuis mai 2011.
Droits de l’homme
Le Kazakhstan met en œuvre progressivement des réformes pour améliorer la situation des droits de l’Homme, la gouvernance démocratique et renforcer l’Etat de droit (réforme en cours du système pénitentiaire, projet de dépénalisation de la diffamation, politique des genres). Doté d’un « plan national d’action dans le domaine des droits de l’Homme (2009-2012), le Kazakhstan rappelle toutefois qu’il est « une jeune démocratie » et que la libéralisation doit se faire en accord avec le développement global du pays et les aspirations de la société kazakhstanaise.
Dans la perspective de sa présidence de l’OSCE, le Kazakhstan s’était engagé à donner de plus grandes garanties pour la liberté d’expression et le pluralisme politique (« engagements de Madrid »). Les lois adoptées en janvier 2009 traduisent un assouplissement de la législation mais demeurent en-deçà des engagements internationaux du Kazakhstan.
Le Kazakhstan est ouvert au dialogue et à des coopérations sur ces sujets, notamment dans le cadre de ses relations avec l’Union européenne à travers les sessions annuelles de dialogue sur les droits de l’Homme. Le soutien à l’Etat de droit fait parti des priorités du programme d’assistance de l’Union européenne au Kazakhstan. La France co-préside, avec l’Allemagne, l’initiative européenne pour le renforcement de l’Etat de droit en Asie centrale.
Au-delà du dialogue, la France et le Kazakhstan coopèrent en matière de réforme juridique et de renforcement de l’Etat de droit (formation de hauts fonctionnaires et de magistrat, participation au projet européen de réforme de la justice).
Situation économique
Dès son indépendance, le Kazakhstan a adopté la voie des réformes afin de favoriser la libéralisation du pays et le rendre accessible aux investisseurs étrangers. De 1997 à 2007, le PIB a été multiplié par 3,5. La croissance de l’économie du Kazakhstan, qui repose sur la rente pétro-gazière (35 % du PIB, 60% des exportations, 40% des revenus budgétaires), a bénéficié de la hausse du cours des hydrocarbures. Aujourd’hui, le Kazakhstan cherche à diversifier son tissu industriel et technologique, notamment à travers des partenariats avec des entreprises étrangères.
Une économie centrée sur le secteur pétrolier
Le Kazakhstan détient 75% des réserves d’hydrocarbures de la mer Caspienne (3% des réserves mondiales de pétrole, 1,7% de gaz) et pourrait devenir d’ici à 2020 le 7ème producteur mondial de pétrole, une fois le gisement géant de Kashagan (40% des réserves prouvées du pays) entré en activité. Le Kazakhstan possède en outre les 2èmes réserves mondiales d’uranium (1er producteur).
La compagnie KazMunaïGaz (KMG), créée en 2002, dont les actifs sont détenus par la holding d’Etat Samruk-Kazyna, assure 80% du transport du pétrole et du gaz dans le pays et dispose d’une filiale en charge de l’exploration-production. La mise en exploitation du champ pétrolier géant de Kashagan, réalisée par le consortium North Caspian Operating Company, réunissant KMG, Eni, Total, Exxon Mobil, Shell (16,81% chacun), Inpex (7,56%) et ConocoPhillips (8,40%) a été reportée du fait de contraintes techniques. Les estimations officielles évaluent à 160 milliard de dollars les investissements à réaliser dans les dix prochaines années sur ce gisement.
Une reprise en 2010 après des mesures de stabilisation pour répondre à la crise financière
Après plus de huit années de croissance continue à un rythme moyen de 10 %, le Kazakhstan a ressenti dès l’été 2007 les effets de la crise hypothécaire américaine et a connu un fort ralentissement de sa croissance en 2009 (1,2%) tout en évitant la récession. Le secteur bancaire a été fragilisé par la part importante des gages sur le secteur immobilier (36% en 2008) et son exposition aux financements extérieurs.
Face à la crise financière, le gouvernement a adopté un ensemble de mesures. Les autorités kazakhstanaises ont mené à bien la restructuration de deux des principales banques du pays, BTA et Alliance, nationalisées début 2009 et engagé un plan anticrise en mobilisant les ressources du fonds pétroliers doté de 25 milliards de dollars avant la crise (mi-2008). Les autorités ont soutenu l’activité par un allègement de la fiscalité et un soutien direct aux secteurs financiers, immobilier, des PME, de l’agriculture et de l’industrie. La mise en place de ce plan s’est accompagnée d’une restructuration de l’action de l’Etat par la fusion de Samruk, holding des actifs publics, et de Kazyna, fonds d’investissement.
Une volonté de diversifier l’économie
Sous l’impulsion d’un Etat dirigiste et omniprésent dans les questions économiques, un programme de diversification de l’économie kazakhstanaise a été mis en place, orienté sur l’industrialisation, l’innovation et les technologies nouvelles. A ce stade, 234 projets industriels d’un montant total de 6 Mds USD ont été lancés, dont 82 en 2011, financés par le budget de l’Etat et des bailleurs de fonds multilatéraux.
Au coeur de l’Eurasie, le Kazakhstan entend mettre à profit sa situation centrale entre l’Europe, la Russie et la Chine pour développer son commerce extérieur et devenir un hub de transit régional. L’intégration régionale (union douanière avec la Russie et la Biélorussie, coopération transfrontalière sino-kazakhstanaise à Khorgos, création d’un corridor routier Europe-Chine) mais aussi globale (adhésion en cours à l’OMC) permettent au Kazakhstan d’enregistrer au cours de l’année 2011 une hausse de 40 % de son commerce extérieur (46 % avec les pays membres de l’union douanière).
Le développement accéléré de l’économie kazakhstanaise risque toutefois d’être confronté à ses propres limites et contradictions. L’intégration régionale risque d’accentuer sa dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs, tandis qu’elle pourrait ralentir le développement d’une industrie domestique. Le manque de cohérence des stratégies de diversification, malgré la volonté affichée du gouvernement, peut compromettre leur réalisation. Enfin, le regain de nationalisme économique est perceptible notamment dans la gestion des ressources humaines (réduction à 10 % du quota de personnels expatriés à partir de janvier 2012) avec un fort accent sur le contenu local et le transfert de technologies.
Politique extérieure
Le Kazakhstan ambitionne de devenir une tête de pont entre l’Asie et l’Europe et se positionne comme l’Etat eurasien par excellence. En quête de reconnaissance sur la scène mondiale, il participe activement aux réunions des organisations internationales et entend mener une politique étrangère multivectorielle qui ne peut toutefois ignorer sa situation géopolitique.
Lors du conseil ministériel de l’OSCE des 29 et 30 novembre 2007 à Madrid, un consensus a été atteint afin que le Kazakhstan soit le premier pays de la CEI à exercer la Présidence de l’OSCE en 2010. Le Kazakhstan, qui avait fait d’une rencontre des Chefs d’Etat une des priorités de sa Présidence, a accueilli les 1er et 2 décembre 2010 un Sommet de l’OSCE à Astana, onze ans après celui d’Istanbul. La France y était représentée par le Premier Ministre F. Fillon.
Sur la scène internationale, Astana se pose en promoteur du désarmement et de la non-prolifération (le Kazakhstan a renoncé à l’arsenal nucléaire hérité de l’URSS) et en facilitateur du dialogue entre les civilisations et les religions (Congrès sur les religions mondiales et traditionnelles d’Astana en 2003 et 2007, Conférence d’Astana du 17 octobre 2008). Le Kazakhstan a exercé la présidence de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) de juin 2010 à juin 2011 et exerce celle du Conseil des Ministre des Affaires étrangères de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) depuis juin 2011 (elle a été prolongée en juin dernier jusqu’à la mi-novembre 2012).
Russie : la Russie reste pour le Kazakhstan un partenaire incontournable (frontière commune de 7 500 km, minorité russe représentant 35 % de la population, dépendance pour l’évacuation des hydrocarbures et pour les questions de sécurité, premier partenaire économique). Ces dernières années, le Kazakhstan a secondé les initiatives russes en matière de sécurité (Organisation du Traité de Sécurité Collective) et de coopération économique régionale (EURASEC) mais a su conserver des positions indépendantes notamment dans la crise russo-géorgienne (refus de la reconnaissance des indépendances ossètes et abkhazes). Le Kazakhstan participe à l’Union douanière avec la Russie et la Biélorussie qui s’est dotée d’un tarif douanier unique depuis le 1er janvier 2010 et s’est transformée en un espace économique unique en 2012. Pour le Kazakhstan, cette union douanière doit favoriser sa croissance économique à l’horizon 2015. Les difficultés administratives et techniques demeurent nombreuses et son impact réel encore incertain en raison de la hausse des droits de douanes (extension du régime douanier russe, moins libéral que celui du Kazakhstan).
Chine : ses dernières années sont caractérisées par un essor spectaculaire des relations bilatérales, faisant de la Chine le deuxième partenaire du Kazakhstan après la Russie. Les échanges économiques ont été multipliés par 17 entre 2000 et 2008. Les deux tiers des échanges commerciaux ont lieu avec le Xinjiang où vivent 1,5 millions de Kazakhs. Cette dynamique a d’abord été portée par un rapprochement politique, sur les questions de sécurité en particulier au sein de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Aujourd’hui, ce sont principalement les enjeux économiques et énergétiques qui structurent une relation dense entre Pékin et Astana, malgré l’asymétrie des deux partenaires et les craintes que le Kazakhstan peut éprouver à l’égard de ce déséquilibre.
Etats-Unis : les attentats du 11 septembre 2001 ont provoqué un regain d’intérêt des Etats-Unis pour l’Asie centrale qui s’est manifesté par un accroissement de la coopération militaire et de sécurité, par une forte augmentation de l’assistance économique et un soutien politique accru aux pays d’Asie centrale engagés dans la lutte contre le terrorisme. Le Président Nazarbaev a effectué en décembre 2001 une visite aux Etats-Unis, au cours de laquelle a été signée une déclaration de « Partenariat stratégique » dans le domaine énergétique.
OTAN : Le Kazakhstan a fait partie des premiers partenaires de l’OTAN en signant le document-cadre du Partenariat pour la paix en 1994 et fait figure de premier partenaire de l’Alliance dans la région. Il participe au Processus de planification et d’examen du Partenariat (PARP) depuis 2002, et est le premier pays d’Asie centrale à avoir signé avec l’OTAN un Plan d’action individuel pour le Partenariat (IPAP), en 2006. Un objectif central de cette coopération est d’accroître l’interopérabilité des forces kazakhstanaises avec celles de l’OTAN. Il a notamment abouti à la mise en place d’un bataillon, le « Kazbat ». L’intérêt du Kazakhstan pour une coopération concrète avec l’OTAN demeure toutefois limité.
Union européenne : l’accord de partenariat et de coopération (APC) constitue le cadre juridique des relations entre l’UE et le Kazakhstan depuis 1999, pour dix ans et renouvelable tacitement. En novembre 2006, l’UE et le Kazakhstan ont signé un protocole d’accord relatif à la coopération dans le domaine de l’énergie. En plus de l’aide dont il bénéficie au titre de l’instrument de financement de la coopération au développement,le Kazakhstan participe à plusieurs programmes régionaux.
La relation entre l’UE et le Kazakhstan se développe dans le cadre de la Stratégie de l’UE pour l’Asie centrale, adoptée en 2007 et qui est entrée dans sa phase de mise en œuvre sous Présidence Française de l’Union européenne en 2008 (Forum UE-Asie centrale sur les enjeux de sécurité, lancement de l’initiative Etat de Droit). La représentante spéciale de l’UE (RSUE) pour l’Asie centrale, l’allemande Patricia Flor, a succédé à notre compatriote Pierre Morel le 25 juin 2012. Son mandat, qui couvre la période allant du 1er juillet 2012 au 30 juin 2013, consiste à promouvoir de bonnes relations entre l’UE et les pays d’Asie centrale, à assurer la coordination de l’action de l’Union dans la région et à superviser la mise en œuvre de la stratégie de l’UE pour l’Asie centrale.
Le Kazakhstan a lancé en 2008 un programme « La voie vers l’Europe » qui doit se traduire par un rapprochement des normes et standards européens et permettre, dans une logique bilatérale, de renforcer les relations avec les principaux pays membres. Dans cette perspective, le Kazakhstan a obtenu la négociation d’un nouvel accord avec l’UE ; il s’agira d’un APC renforcé, et non d’un accord d’association comme le souhaitait le Kazakhstan, dont les négociations ont débuté le 12 octobre 2011. Le Président Nazarbaev a effectué une visite à Bruxelles en octobre 2010.
· Coopération régionale : en dépit des différentes enceintes de coopération régionale (Organisation de Coopération de Shanghai, Organisation du traité de sécurité collective, Eurasec), les relations entre les cinq Etats centrasiatiques demeurent tendues du fait de la concurrence pour le leadership régional, de l’existence de contentieux (minorités, tracé des frontières, gestion des ressources en eau) et de l’absence de réelle complémentarité entre les économies des pays de la région. Le Président Nazarbaev, qui souhaite faire de son pays le leader régional, a été à l’origine de la Conférence pour l’interaction et les mesures de Confiance en Asie (CIMCA) dont un premier sommet de Chefs d’Etat s’est tenu les 3 et 4 juin 2002 à Almaty.
Mise à jour : 11.2012
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