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Présentation de l’Iran

Présentation

Données générales

Nom officiel : République islamique d’Iran
Nature du régime : République islamique
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. Hassan Rohani


Données géographiques

Superficie : 1 648 000km2
Capitale : Téhéran
Villes principales : Machhad, Ispahan, Karaj, Tabriz
Langue (s) officielle (s) : Persan
Langue (s) courante (s) : kurde, baloutchi, turc, arabe
Monnaie : Rial (1 euro = 33.000 IR en janvier 2014)
Fête nationale : 11 février (révolution islamique)


Données démographiques

Population : 77, 19 millions (janvier 2014)
Densité : 48,4 hab/km2
Croissance démographique : 1,29% en 2012 (contre 1.62% en 2006)
Espérance de vie : 68,84 ans (hommes), 71.93 ans (femmes) en 2012
Taux d’alphabétisation : 93% (pour les Iraniens de 19 à 40 ans)
Religion (s) : musulmans (99,4%), en très grande majorité chiite, musulmans sunnites, bahaïs (religion interdite), chrétiens (117.700), zoroastriens (25.271), juifs (8.756).
Indice de développement humain : 0,707 (88è rang mondial)


Données économiques

PIB (2012/2013) : 548.6 milliards $
PIB par habitant (2012/2013) : 7 209 $

Taux de croissance (2012/2013) : -0.9% (contre 2% en 2011/2012 et 5.9% en 2010/2011)
Taux de chômage (est. 2012/2013) : officiellement 15.5%, estimé à environ 30%.
Taux d’inflation (2013) : fluctuant autour de 30%

Déficit budgétaire (2012/2013) : 2.3% du PIB en 2012/2013 (solde budgétaire de 4% du PIB en 2011/2012)
Solde commercial (2012/2013) : 4.9% du PIB en 2012/2013 (12% du PIB en 2011/2012)

Principaux clients : Chine, Emirats arabes unis, Turquie, Union européenne, Inde, Corée du Sud, Japon

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 11,3%
  • industrie : 37,6%
  • services : 51%

Exportations de la France vers l’Iran (2013) : 379 M
Importations françaises depuis l’Iran (2013) : 48 M
Solde : 331 M

Plus de données statistiques sont disponibles sur le site du ministère de l’économie et des finances : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Consulat (s) de France : Section consulaire de l’ambassade à Téhéran
Communauté française en Iran : 1077 personnes (dont 784 à Téhéran)
Communauté iranienne en France : 10 100 personnes


Politique intérieure

Situation politique

La République islamique d’Iran, proclamée le 1er avril 1979, est un régime autoritaire revendiquant une double légitimité théocratique et populaire. Elle repose sur la loi islamique (charia) et sur le principe de la tutelle du jurisconsulte (velayat-e faqih) : la Constitution iranienne place l’ensemble des institutions (politiques, judiciaires, militaires et médiatiques) sous l’autorité du Guide suprême de la Révolution islamique et du Conseil des Gardiens. Cette fonction est assumée depuis juin 1989 (décès de l’ayatollah Khomeyni) par l’ayatollah Khamenei. Il est assisté du Conseil suprême de sécurité nationale, dont le responsable est le vice-amiral Ali Shamkhani et du Conseil de discernement des intérêts supérieurs du régime, présidé par le hodjatoleslam Rafsandjani (ancien président de la République), qui exerce depuis octobre 2005 une fonction de supervision des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Le président de la République, Hassan Rohani exerce certaines fonctions de chef d’Etat (signature des traités, accréditation des ambassadeurs, etc.) et assume celles de chef de gouvernement ; il est responsable devant le Guide et devant le Parlement. Hassan Rohani a été élu à la présidence de la République islamique, dès le premier tour du scrutin, le 14 juin 2013, à 50,68% des suffrages exprimés (taux de participation électorale estimé à 72,7%).

Le nouveau président, conservateur modéré, a fait campagne sur un programme réformateur et a obtenu l’appui des grandes figures réformatrices, telles que l’ancien président Mohammad Khatami. Investi le 4 août, Hassan Rohani a nommé un gouvernement d’experts rompus à l’international.

La constitution finale du gouvernement n’est intervenue qu’en novembre 2013 en raison de l’opposition du Majles, dominé par les conservateurs, aux figures directement impliquées ou jugées proches du Mouvement vert réprimé en juin 2009. Les priorités affichées du gouvernement sont le redressement économique du pays, qui passe par la levée complète des sanctions et une détente avec la communauté internationale, amorcée depuis l’été 2013.

L’arrivée au pouvoir du président Rohani suscite de fortes attentes de la part de la population iranienne, qui a choisi le plus modéré des candidats que le régime lui a soumis. Cette élection traduit la maturité politique de la population iranienne qui s’est rendue aux urnes en dépit du verrouillage exercé, en amont, sur le scrutin.

La marge de manœuvre du président Rohani dépendra de celle que lui accordera le Guide suprême, les milieux les plus conservateurs (majoritaires au parlement iranien) ainsi que les Gardiens de la Révolution.


Situation économique

Le poids des sanctions internationales

Bien que l’accord intérimaire de Genève ait produit des effets, principalement liés aux anticipations positives des acteurs économiques, la situation économique reste préoccupante. Au cours des deux dernières années, l’Iran a enregistré une croissance négative ininterrompue, ce qui n’était pas arrivé depuis la guerre Iran-Irak. Le secteur industriel connaît des difficultés croissantes, liées en particulier aux difficultés d’importation et de financement. Le taux de chômage estimé à 12% est sans doute sous-évalué, le FMI l’évaluant à près de 30%.

Des difficultés croissantes d’accès aux devises et dans les circuits financiers, dues en grande partie aux sanctions économiques internationales, sont relevées. Les autorités tentent d’y faire face en réduisant drastiquement le niveau des importations. Le contrôle de la spirale inflationniste est la principale réussite économique du gouvernement Rohani. L’indice des prix à la consommation s’établissait fin février à 22,8%, soit 22 points en dessous de la moyenne de juin 2013 (chiffres de la banque centrale iranienne).

Habitués à dénier aux sanctions le moindre impact sur leur économie, les dirigeants iraniens reconnaissent aujourd’hui les difficultés croissantes de l’économie iranienne du fait des sanctions mais cherchent également à mener les réformes de fond recommandées par les institutions de Bretton Woods.

La mission du Fonds monétaire international de février 2014 a souligné la nécessité d’adopter des réformes importantes dans les secteurs bancaire et fiscal, en particulier sur la taxation des fondations religieuses et parapubliques. Les missionnaires ont également pointé du doigt le programme de logements sociaux Mehr. Dans l’immédiat, le gouvernement s’efforce de réduire le nombre de bénéficiaires des subventions alimentaires et énergétiques. La nécessité d’aboutir à une levée des sanctions est désormais reconnue comme une priorité politique, comme l’a rappelé le discours du Nouvel an du Guide suprême.


L’impact de l’accord intérimaire de Genève sur l’économie

L’élection du président Rohani, dont la priorité affichée est le redressement de la situation économique, semble avoir créé un regain d’optimisme chez les agents économiques. Les annonces de son élection ainsi que de la reprise des négociations nucléaires et plus encore, à la suite de l’accord intérimaire de Genève ont été suivies d’une appréciation sensible de la monnaie iranienne, signe de l’espoir que les acteurs économiques et politiques placent dans le nouveau président. La nomination par le président d’experts ouverts à l’international et ayant travaillé avec les présidents réformateurs, aux postes-clefs de ministres (affaires étrangères, économie, pétrole) est de nature à rassurer les milieux économiques. Le climat demeure néanmoins très attentiste et sensiblement dépendant des évolutions sur les négociations nucléaires en cours.

Depuis la signature de l’accord intérimaire de Genève, les déplacements de délégations économiques et commerciales, parfois appuyées par les autorités politiques, se sont multipliées en Iran. Les entreprises européennes sont particulièrement actives. Ces anticipations positives, associées à la mesure de l’accord de Genève prévoyant de ne pas imposer de limitations supplémentaires aux consommateurs de pétrole iranien, ont conduit à l’augmentation des exportations de pétrole en janvier, qui ont atteint 1,357 mb/j en hausse de 36% par rapport à la moyenne du second semestre 2013. Afin de préparer le retour éventuel d’entreprises étrangères, le gouvernement iranien mène des travaux sur les contrats pétroliers et la gouvernance de ce secteur.


Politique extérieure

Après près d’une décennie d’isolement diplomatique, l’Iran cherche à renouer avec la communauté internationale

Dès son élection en juin 2013, le président Rohani a exprimé son souhait d’améliorer les relations de l’Iran avec la communauté internationale, fortement dégradées au cours des présidences de Mahmoud Ahmadinejad.

Parallèlement aux avancées sur le dossier nucléaire, le nouveau dirigeant iranien s’est efforcé d’apaiser ses relations avec les puissances régionales, en adoptant un discours moins nationaliste et moins provocateur que ses prédécesseurs mais aussi à reprendre le dialogue bilatéral avec les Etats-Unis, totalement interrompu depuis la Révolution islamique et la crise des otages de l’ambassade américaine en 1979. Ainsi, la conversation téléphonique avec le président Obama de septembre 2013 a constitué une rupture historique.


Sur le plan régional, la défense de l’allié syrien, point d’appui stratégique, est perçue comme essentielle

Depuis le déclenchement de la crise syrienne, l’Iran a apporté un soutien indéfectible à Damas qui constitue, avec l’Irak et le Hezbollah au Liban ses points d’appui essentiels. En Syrie, Téhéran continuer de faire valoir une lecture strictement sécuritaire du conflit, mettant l’accent sur le danger posé par les djihadistes étrangers, et de plaider pour la formation d’un gouvernement d’union nationale, avec Bachar el-Assad, et la tenue d’élections libres auxquelles ce dernier pourrait se présenter.

En Irak, alors que l’insurrection sunnite gagne plusieurs provinces, l’Iran a réaffirmé son plein soutien au Premier ministre, Nouri al Maliki, qui brigue un troisième mandat consécutif à l’approche des élections du 30 avril.


Des tensions majeures avec les puissances sunnites que le nouveau gouvernement cherche à apaiser

Après le crédit gagné à la suite de la guerre du Liban en 2006, la répression interne de 2009 puis le soutien apporté à Bachar al-Assad a contribué à la dégradation de l’image de l’Iran dans la région. La répression de la contestation postélectorale de juin 2009, préfigurant les mouvements de transition politique qui allaient suivre dans la région suivi par l’appui sans faille apporté au régime syrien, dès le déclenchement de la crise en 2011, a valu à l’Iran non seulement la réprobation des opinions publiques du monde arabo-musulman mais aussi une forte détérioration de ses relations avec les puissances sunnites, en particulier l’Arabie.

Aujourd’hui, les relations de l’Iran avec ses voisins se développent, en particulier sur le plan économique. Après une période de confrontation alimentée par les divergences de positions sur la Syrie, une détente est observable avec la Turquie qui représente une voie obligée vers l’Union européenne et dépend de Téhéran pour son approvisionnement en gaz.


Mise à jour : 09.04.14

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