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Présentation des Etats Unis

Présentation

Données générales

  • Nom officiel : États-Unis d’Amérique
  • Nature du régime : République fédérale
  • Chef de l’État : Barack Hussein OBAMA

Données géographiques

  • Superficie : 9 363 123 km². 4e rang mondial, 17 fois la superficie de la France - 4 fuseaux horaires (6 si l’on inclut l’Alaska et Hawaï).
  • Capitale : Washington, D.C. (0,6 M. d’h.)
  • Villes principales : New York (8,4 M. d’h.), Los Angeles (3,9 M. d’h.), Chicago (2,9 M. d’h.), Houston (2,3 M. d’h.), Philadelphie (1,6 M. d’h.), Phœnix (1,6 M. d’h.), San Diego (1,3 M. d’h.) [Source : US Census, 2010]
  • Langue(s) officielle(s) : Les États-Unis n’ont pas de langue officielle.
    L’anglais est la langue maternelle de 80 % de la population (12,3 % pour l’espagnol)
  • Monnaie : le dollar américain (USD). 1 euro = 1,35 USD ( octobre 2013)
  • Fête nationale : 4 juillet (célébration de l’indépendance).

Données démographiques

  • Population : 308,8 millions d’habitants (recensement 2010)
  • Densité : 32,06 habitants/km²
  • Croissance démographique : Les États-Unis connaissent une forte croissance démographique : environ +1% par an (+13,1% entre 1990 et 2000, et +9,1% de 2000 à 2010). La population américaine devrait s’élever en 2060 à 468 millions d’habitants (+56 % en 50 ans), l’immigration compensant les effets de la faible natalité.
    Les projections du Bureau du recensement soulignent son rôle moteur dans la croissance de la population américaine à l’horizon 2050, avec une immigration nette annuelle de 1,25 million de personnes [Source : rapport ‘100 Million More’ du Center For Immigration Studies] et ses conséquences quant à la composition ethnique des États-Unis. Les Hispaniques constituent désormais la 1ère minorité des États-Unis (16,3% de la population avec 50 millions d’individus, dont 20 millions ont la nationalité américaine).
  • Espérance de vie : 76 ans pour les hommes, 81 ans pour les femmes.
  • Taux d’alphabétisation : 97%
  • Religion(s) : protestants (52%), catholiques (26%), juifs (1,4%), musulmans (0,6%). Il n’existe pas de religion d’État. 85% des Américains se déclarent croyants. Les protestantismes traditionnels déclinent au profit du courant évangélique. Les experts des questions religieuses soulignent toutefois la progression régulière de l’agnosticisme (15% environ).
  • Indice de développement humain : classement PNUD : 3e en 2012, une position inchangée par rapport à 2011 (France : 20e en 2012).

Données économiques :

  • PIB (2012) : 15 684 Mds USD
  • PIB par habitant (2012) : 49 922 USD
  • Taux de croissance : 2,5% (2e trimestre 2013)
  • Taux de chômage : 7,3% (août 2013)
  • Taux d’inflation (2011, hors alimentation et énergie) : 1,7%
  • Déficit budgétaire (2012) : 1 087 Mds USD (7% du PIB)
  • Dette publique (2012) : 16 708 Mds USD (106,5 % du PIB)
  • Balance commerciale (2012) : - 534,6 Mds USD
  • Principaux clients (2012) : par ordre décroissant : Canada, Mexique, Chine, Japon, Royaume-Uni, Allemagne (France au 12e rang).
  • Principaux fournisseurs (2012) : par ordre décroissant : Chine, Canada, Mexique, Japon, Allemagne (France au 9e rang).
  • Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB : agriculture : 2% ; industrie : 18% ; services : 80%
  • Exportations de la France vers les États-Unis : 26,5 Mds euros en 2012
  • Importations françaises depuis les États-Unis : 32,8 Mds euros en 2012

Consulats de France : Atlanta, Boston, Chicago, Houston, La Nouvelle-Orléans, Los Angeles, Miami, New York, San Francisco, Washington.

Politique intérieure

Après une crise budgétaire qui a paralysé une partie de l’administration fédérale pendant 16 jours (shutdown), et conduit les Etats-Unis au bord du défaut de paiement, le Congrès est finalement parvenu le 16 octobre à un accord - signé quelques heures plus tard par le Président Obama - qui a permis de sortir de l’impasse. Celle-ci avait été provoquée par l’échec en septembre des négociations entre le Sénat (à majorité démocrate) et la Chambre des représentants (à majorité républicaine) sur le budget 2014. Le Sénat avait en effet refusé de céder face à la Chambre, qui n’acceptait d’adopter un budget temporaire (continuing resolution) qu’à la condition que soient, au minimum, reportés d’un an le financement et l’entrée en vigueur de l’Affordable Care Act (ACA), surnommée « Obamacare », mesure-phare de l’ère Obama et de la future legacy du Président devant l’histoire. Faute d’un compromis au Congrès qui aurait permis le vote du budget avant le 1er octobre –début de l’année fiscale 2014– la fermeture partielle des services fédéraux est intervenue dès cette date, avec comme conséquence l’arrêt des activités jugées non essentielles (parcs, musées et monuments nationaux), et un fonctionnement à effectifs réduits pour les autres administrations. Au total, au début du shutdown, plus de deux millions d’employés fédéraux aux fonctions désignées comme essentielles ont travaillé sans être rémunérés dans l’immédiat (sauf les militaires, pour lesquels une loi spéciale avait été adoptée par le Congrès), et 900 000 personnels civils (43 % des effectifs totaux) ont été placés en chômage technique.

À l’impasse au Congrès sur la question du shutdown s’est rapidement superposé un conflit sur le plafond de la dette : les États-Unis risquaient le défaut de paiement si le Congrès ne relevait pas ce dernier avant le 17 octobre. La majorité républicaine de la Chambre avait également pris en otage cette échéance, avec la même exigence de dé-financement de l’Obamacare, à laquelle elle avait ajouté de nouvelles coupes budgétaires visant en particulier les programmes sociaux fédéraux.

L’accord bipartisan conclu et voté le 16 octobre par le Sénat (avec une majorité de 81 voix, dont 27 républicaines) pour sortir de la crise (et qui a été adopté à la Chambre avec seulement 87 voix républicaines) établit le financement provisoire de l’administration fédérale jusqu’au 15 janvier, relève le plafond de la dette jusqu’au 7 février, et garantit le paiement rétroactif des jours de chômage technique pour les fonctionnaires concernés (qui ont pu retourner au travail dès le 17 octobre). Il prévoit par ailleurs la mise en place d’une commission bicamérale chargée de mener des négociations larges sur les déficits publics, (« supercommission ») avec pour objectif de parvenir à un accord avant le 13 décembre, y compris en vue d’annuler une partie des coupes budgétaires automatiques prévues sur 10 ans (les « séquestres », entrées en vigueur le 1er mars dernier) et de définir une réforme fiscale.

Au final, à court terme, le camp démocrate et surtout le président Obama apparaissent comme les grands vainqueurs de cette confrontation. Le Président Obama a refusé jusqu’au bout de céder, et l’accord de sortie de crise ne prévoit finalement qu’un changement mineur à la réforme de santé, à savoir un renforcement des procédures visant à vérifier l’éligibilité, sous conditions de ressources, aux subventions fédérales pour ceux qui contractent une assurance-maladie privée dans le cadre de l’Obamacare. Se trouve donc entérinée de facto l’entrée en vigueur de la première partie d’une des mesures phares de l’ACA, qui rend obligatoire pour tous les Américains de se doter d’une couverture maladie au 1er janvier 2014 sous peine d’amende. En effet, depuis le 1er octobre, une partie des 55 millions d’Américains (selon les estimations du Congressional Budget Office, CBO) qui ne disposent d’aucune couverture maladie (fournie par un employeur ou par un programme fédéral) ont pu commencer – en dépit de problèmes techniques ayant ralenti le processus - à souscrire une assurance maladie privée (plus ou moins subventionnée en fonction de leurs revenus) via une bourse aux assurances en ligne.

C’est l’aile radicale du parti républicain qui, au-delà même de ce qui sonne comme la reddition de ce dernier, apparaît dans l’immédiat comme la grande perdante du conflit. Refusant tout compromis, les jeunes élus républicains radicaux, notamment à la Chambre, aiguillonnés par le Tea Party, ont poussé, avant et pendant le shutdown, l’ensemble du parti à adopter une ligne inflexible. Leur détermination à prendre le risque d’un défaut de paiement des États-Unis sur leur dette publique, pour assouvir leur opposition idéologique à l’ObamaCare leur vaut maintenant les critiques des élus républicains modérés (agacés par une stratégie radicale qui s’est révélée perdante et qui ont finalement soutenu le Président, notamment au Sénat) et de l’opinion publique : les Américains désapprouvent à 75 % l’attitude des élus républicains après 2 semaines de shutdown). Les milieux d’affaires, traditionnels soutiens financiers du parti républicain, sont devenus suspicieux à l’égard des candidats soutenus par les Tea Party.

La violence du conflit qui vient de se terminer donne cependant à penser que le répit sera de courte durée, et que les travaux de la commission bicamérale seront difficiles, à l’instar de ceux de la « supercommission » mise en place à l’été 2011 à l’occasion du précédent débat sur le relèvement du plafond de la dette, qui s’étaient soldés par un échec, conduisant à l’entrée en vigueur des séquestres en mars 2013. Car chacun des deux camps entend régler à travers le budget et la dette un choix de société. Le président Obama et les démocrates souhaitent en effet toujours éliminer une partie des séquestres qui affectent déjà durement les politiques fédérales. Mais les républicains restent déterminés à maintenir voire à amplifier ces coupes budgétaires, dont l’entrée en vigueur constitue une victoire majeure pour eux, difficilement arrachée en 2011.

S’il y a donc aujourd’hui, entre les républicains et les démocrates, un accord de principe pour réduire les déficits publics de manière à faciliter le désendettement public (la dette fédérale représentait 106% du PIB en 2012, contre 77% en 2008), leurs points de vue divergent fortement sur les moyens et les finalités de cette réduction. Les deux camps sont en effet d’accord pour constater la nécessité de contenir le coût des grands programmes sociaux fédéraux qui représentent aujourd’hui 43% du budget fédéral. Le président Obama est favorable à une baisse du coût budgétaire de la couverture maladie, mais souhaite en contrepartie augmenter la pression fiscale sur les plus riches, et utiliser les ressources dégagées notamment pour financer une partie de son programme (éducation, infrastructures, hubs industriels) visant à créer des emplois et redonner un avenir à la classe moyenne américaine.

À l’inverse, les républicains récusent toute nouvelle hausse d’impôts, tandis que leur aile radicale entend éradiquer les politiques sociales où elle voit les racines d’une évolution « socialiste » des États-Unis en cours depuis les années 1960. Au final, le shutdown et le conflit sur le plafond de la dette d’octobre 2013 risquent de n’avoir été qu’une répétition générale d’une crise encore plus grave qui pourrait surgir en décembre, dans le cas où la « supercommission » échoue à trouver un accord.

Le calme revenu au Congrès devrait permettre à ce dernier et à l’administration Obama d’avancer (probablement séparément) sur d’autres réformes. Face aux controverses suscitées par les révélations continues sur l’ampleur des programmes de surveillance de l’Internet et des communications privées, le Président Obama avait ainsi annoncé en août de nouvelles mesures de transparence (dont la nomination d’un groupe d’experts indépendants, qui devra publier un rapport d’évaluation de l’ensemble des agences de renseignement avant la fin de l’année ) et de contrôle (par le Congrès et la Justice). Le Congrès s’est lui aussi saisi de la réforme des programmes de surveillance, et une douzaine de projets de lois ont été déposés en ce sens à la Chambre des représentants et au Sénat. Est notamment en ligne de mire le programme de collecte systématique des métadonnées des appels téléphoniques passés aux États-Unis (à l’intérieur du territoire américain ou avec l’étranger) révélé en juin dernier (et d’ailleurs renouvelé en octobre par la Cour de surveillance du renseignement étranger, qui encadre les activités des agences de renseignement). Si certains projets cherchent seulement à limiter ce programme, d’autres souhaitent aller plus loin et interdire la collecte générale des métadonnées téléphoniques et électroniques aux États-Unis, qu’ils jugent non conforme à la Constitution. Les élus du Congrès, particulièrement les républicains, restent cependant divisés sur ce sujet.

Le Congrès pourrait également être amené à se pencher à nouveau sur la réforme de l’immigration, dont le Président Obama a fait une priorité de son second mandat. En effet, alors que le projet de loi, « Border Security, Economic Opportunity and Immigration Modernization Act » (qui prévoit notamment la régularisation et l’accès à la citoyenneté, dans un délai de 13 ans, pour plus de 11 millions de personnes en situation irrégulière), a été adopté au Sénat en juin 2013, le débat reste toutefois difficile à la Chambre des Représentants. De nombreux républicains y critiquent ce projet comme une « amnistie » pour les immigrants illégaux, aux effets néfastes pour les travailleurs américains. Les leaders républicains de la Chambre ont annoncé qu’ils ne débattraient pas à partir du texte adopté par le Sénat et privilégient pour l’instant la perspective d’une réforme qui prendrait la forme d’une série de textes ciblant des domaines particuliers, avec un volet sécuritaire renforcé.

Si les débats s’annoncent donc ardus, un consensus pourrait malgré tout être trouvé sous l’influence d’un nombre croissant d’élus républicains qui, dans le sillage du sénateur Marco Rubio, considèrent cette réforme comme une nécessité électorale à l’approche des élections de mi-mandat de 2014, dans l’espoir de récupérer une part de l’électorat hispanique qui a voté à plus de 70 % pour B. Obama en novembre dernier. Afin d’inciter la Chambre des représentants à se saisir de la réforme de l’immigration, les élus démocrates ont d’ailleurs soumis au début du mois d’octobre leur propre projet de loi pour une réforme d’ensemble. Ce projet reprend largement celui adopté en juin au Sénat, mais n’inclut pas la plupart des mesures figurant dans ce dernier concernant le renforcement de la sécurité aux frontières.

Situation économique

La crise économique déclenchée en 2008 a été la pire que les États-Unis aient connue depuis les années trente (avec 8 à 9 millions d’emplois détruits, une très forte baisse du patrimoine des ménages et de la valeur des actifs immobiliers, une explosion des déficits publics), partant du marché de l’immobilier pour s’étendre à l’ensemble de l’économie. La hausse des défauts de paiements des ménages surendettés a alimenté la baisse continue de la valeur des actifs et l’augmentation des saisies des biens hypothéqués. L’insolvabilité d’établissements financiers a conduit la Fed à intervenir massivement (la Fed a injecté près de 3 000 Mds USD dans le circuit financier depuis le début de la crise pour soutenir l’activité et le crédit. ). Ces interventions couplées à une politique monétaire souple, un plan de relance d’un montant de 787 Mds USD, et un plan de sauvetage centré sur les secteurs financier et de l’automobile, ont été la réponse à cette crise.

Dans un discours prononcé en septembre dernier à l’occasion du 5e anniversaire de la crise financière , Barack Obama a mis en avant les progrès accomplis depuis son premier mandat, qui ont permis de créer 7,5 millions d’emplois depuis 2010, de restaurer une partie du patrimoine des ménages et de la valeur des actifs immobiliers, et de rendre le système financier plus stable.

La reprise de l’économie américaine a été sensible à partir de 2010 et, après un ralentissement en 2011, perceptible durant l’année 2012 avec une croissance de 2,2 %, laquelle devrait atteindre entre 2 et 2,3% en 2013 (selon les prévisions de la Fed). Les derniers chiffres de l’emploi d’août 2013 montrent un taux de chômage à 7,3 %, son niveau le plus faible depuis 2008 même si le taux d’activité reste toujours à un niveau faible (63,2% en août 2013, son plus bas niveau depuis 35 ans). Cette réussite s’appuie d’abord sur le volontarisme d’une politique monétaire accommodante, avec des taux d’intérêt très bas et une baisse du dollar permettant un gain de compétitivité réel sur les marchés étrangers (la part des exportations dans le PIB est de 13 %). La consommation intérieure est en hausse, des secteurs économiques clés tels le marché immobilier ou l’automobile sont en nette reprise (General Motors qui était en 2009 en état de quasi faillite et placé sous protection du chapitre 11 affiche en 2012 un bénéfice de 4,9 milliards $ et des ventes en augmentation de 13%).

Cette reprise et les perspectives à moyen terme sont largement portées par la nouvelle situation énergétique du pays. La production d’hydrocarbures non conventionnels (gaz de schistes, condensats des puits mixtes et pétrole de réservoirs lenticulaires – tight oils-) est en forte hausse ; les États-Unis devraient retrouver, à l’horizon 2020, le statut de premier producteur mondial d’hydrocarbures qu’ils occupaient dans les années 1970. L’impact sur les créations d’emplois est réel et la baisse du coût de l’énergie devrait continuer à favoriser la compétitivité et l’attractivité de l’économie américaine, notamment par le retour sur le sol américain d’industries ayant été délocalisées (pétrochimie, matériaux plastiques, etc.). Cette nouvelle donne énergétique pourrait générer entre 0,5 et 1 % de croissance au cours des cinq prochaines années.

Cette nouvelle donne (caractérisée par la disponibilité et le faible coût du gaz de schiste, et par la réduction des émissions de CO2 qu’il permet, par substitution au charbon) met cependant sous tension la politique de Barack Obama visant à accélérer la transition énergétique, réduire les émissions, accroître les économies d’énergie et se préparer au changement climatique, sans entraver la production d’énergies fossiles (« all of the above strategy »). Un fonds fédéral richement doté destiné à la recherche pour l’efficacité énergétique et les énergies du futur a été créé. Après avoir appelé sans grand succès le Congrès à adopter une réglementation plus avancée en matière de réduction des émissions de CO2 et d’efficacité énergétique, le président Obama a présenté en juin dernier un nouveau plan climat centré sur des actions pouvant être prises par voie réglementaire. Ce plan prévoit notamment la mise en place par l’agence de protection de l’environnement (EPA) d’une réglementation des émissions des centrales thermiques existantes, ainsi que la finalisation (proposée en septembre dernier par l’EPA) des normes d’émissions concernant les nouvelles centrales. Si ces mesures visent à permettre aux États-Unis de tenir leur engagement de réduction des émissions de GES de 17% d’ici 2020, elles sont cependant contestées par le lobby des énergies fossiles et le camp républicain (plutôt hostile à l’agenda environnemental du président Obama), voire par les élus démocrates originaires d’États producteurs de charbon et d’énergies fossiles.

La reprise, encore fragile, devrait cependant être affectée par le shutdown, A court terme, les économistes estiment à ce stade que le shutdown devrait coûter entre 0,3 et 0,6 point de croissance de PIB au 4e trimestre 2013. L’impact du shutdown pourrait même aller au-delà du ralentissement temporaire de l’activité économique. La confiance des consommateurs est au plus bas depuis la crise financière de 2008, des secteurs en reprise comme celui de l’immobilier ont été touchés, et les entreprises ont pour la première fois depuis un an réduit leurs prévisions d’embauche. Alors qu’aux premiers jours du shutdown, certains économistes tablaient sur un rebond de la croissance dès le 1er trimestre 2014, il apparaît désormais que la perspective de nouveaux conflits au Congrès, si la commission prévue par l’accord du 16 octobre ne parvient pas à un compromis, pourrait affecter les décisions d’investissement et de consommation des agents économiques dans les prochains mois, affectant ainsi l’activité économique. À plus long terme, une résurgence du conflit sur le budget et surtout sur la dette pourrait entamer encore davantage la crédibilité internationale des États-Unis (comme cela a pu être observé pendant le shutdown) et accélérer la remise en cause du statut de l’économie américaine et de sa devise. L’agence Fitch a ainsi annoncé le 15 octobre qu’elle plaçait la dette souveraine à long terme des États-Unis sous surveillance négative au moins jusqu’en mars, considérant que les négociations prolongées sur le plafond de la dette risquaient de miner le rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale.

Politique extérieure

Les priorités de la politique étrangère sous le premier mandat d’Obama

À son arrivée en 2009, la politique étrangère du président Obama était principalement guidée par trois objectifs.

La restauration de l’image de l’Amérique dans le monde, mise à mal les années précédentes, constituait le premier chantier de Barack Obama. Porté par un discours volontariste, l’espoir d’un vent nouveau a été partagé par nombre de sympathisants à travers le monde. Cette forte attente a sans doute été la mieux illustrée par l’attribution du prix Nobel de la paix au président américain en 2009. L’adoption d’un ton nouveau (discours directs aux populations, ouverture au monde musulman) ainsi que la volonté de mettre fin à certaines pratiques controversées du passé (volonté de fermer Guantanamo, interdiction de l’usage de la torture) et de solder l’héritage de son prédécesseur (Irak, Afghanistan) reflètent cette impulsion nouvelle.

Confrontés à des crises croissantes et des défis globaux d’envergure (prolifération nucléaire, régulation financière mondiale, changement climatique), les États-Unis ont envoyé des signaux en faveur d’un réengagement sur plusieurs dossiers clés (« reset » avec la Russie, Moyen-Orient, rééquilibrage vers l’Asie), deuxième priorité du président lors de son entrée en fonction.

Enfin, les États-Unis ont souhaité rompre avec l’approche unilatérale en réinvestissant les instances multilatérales délaissées pour certaines (Conseil des droits de l’Homme des Nations unies), appelant des réformes pour d’autres (ONU, G8/G20) ou une plus grande intégration des émergents dans la gouvernance mondiale.

Un bilan en demi-teinte sur les grands dossiers internationaux

Si beaucoup se sont interrogés sur la nature de la politique étrangère du Président Obama, le pragmatisme semble avant tout dominer son action diplomatique.

La première année a fortement été marquée par des opérations « de reconquête des cœurs » : discours du Caire, premier déplacement en Afrique (Ghana), perspective de relations apaisées avec l’Amérique latine (sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago). L’ancienne secrétaire d’ tat s’est largement faite l’écho, tout au long de ses 112 déplacements à l’étranger, de cette nouvelle voix américaine plus à l’écoute et plus respectueuse. En faisant du « smart power » sa marque de fabrique, Hillary Clinton a œuvré pour une grande part à redorer le blason américain et porter les intérêts et les valeurs américaines dans le monde.

En réponse aux évolutions démocratiques en cours en Birmanie, la normalisation de la relation entre Washington et Rangoun, dont le point d’orgue est intervenu avec la visite historique du président Obama en novembre 2012, symbolise peut-être l’un des succès les plus visibles de cette nouvelle diplomatie américaine. Le retrait effectif des 39 000 soldats américains d’Irak fin 2011 ainsi que le retrait des 33 000 soldats, correspondant au « surge » de 2009 en Afghanistan, constituent également une victoire de taille et traduit cette volonté de tourner la page d’une décennie de guerre.

Opposant guerre de choix et guerre de nécessité, le Président n’a pas hésité à assumer des choix importants, notamment en augmentant les effectifs engagés en Afghanistan, en décidant d’une intervention des Forces spéciales au Pakistan conduisant à l’élimination d’Oussama Ben Laden le 2 mai 2011 ou en augmentant considérablement l’utilisation des attaques par drones pour des éliminations physiques dites « ciblées », y compris de citoyens américains. Malgré les controverses sur cette guerre « technologique », son image de Commander in Chief en est sortie considérablement renforcée.

Parmi l’un des thèmes importants de la diplomatie d’Obama figure la promotion du désarmement nucléaire, qui a fait l’objet de plusieurs développements durant son premier mandat. Ce fut l’un des objectifs du « reset » avec la Russie, conduisant à la signature et à la ratification du nouveau traité START, mais aussi l’un des messages principaux du discours prononcé à Prague en 2009 sur un monde sans armes nucléaires (Global zero).

Bien que la relation bilatérale avec l’Iran reste très dégradée et centrée sur le dossier du programme nucléaire iranien, deux aspects positifs peuvent être relevés : le président américain, fidèle à sa stratégie du « dual track » (priorité à la voie diplomatique tout en imposant des sanctions lourdes sans exclure le recours à la force militaire) veut encore croire à la possibilité d’une résolution de la crise, Téhéran étant plus isolé que jamais et les responsables iraniens faisant face à des « sanctions écrasantes ». Par ailleurs, le Président Obama s’est efforcé de convaincre Israël de ne pas se lancer dans une attaque préventive contre l’Iran, en dépit des fortes pressions exercées par son allié israélien.

Enfin, l’évolution du leadership américain, sans pour autant adhérer aux thèses déclinistes, conduit les États-Unis à privilégier la voie du « minilatéralisme », en partageant notamment les instruments de la gouvernance mondiale avec les émergents (volonté d’en faire des « responsible stakeholders ») ou le fardeau sécuritaire avec leurs alliés (Libye ou plus récemment Mali).

Si l’administration Obama a voulu se réinvestir dans le processus de paix au Proche-Orient, les États-Unis n’ont pas pu convaincre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu de geler les colonies de peuplement dans les territoires occupés, accentuant l’impasse des négociations. L’administration a néanmoins été vivement critiquée au Congrès pour cette initiative. Washington a refusé par ailleurs toute initiative palestinienne dans les enceintes multilatérales, seules des négociations directes avec Israël pouvant, à ses yeux, déboucher sur la création d’un État palestinien. Les États-Unis se sont ainsi opposés à l’adhésion palestinienne à l’UNESCO ainsi qu’à la reconnaissance de son statut d’État non membre observateur aux Nations unies. L’aide américaine à l’autorité palestinienne pour 2012 (d’un montant de 200M USD) a été gelée par le Congrès en conséquence.

Washington s’est montré également prudent face aux révolutions dans le monde arabe. Si les États-Unis ont accompagné la chute du régime Ben Ali et la transition vers l’après-Moubarak, enjeu autrement plus stratégique pour Washington, ils ont moins pu jouer de leur influence au Yémen et à Bahreïn. En Libye, ils ont voulu s’impliquer de façon limitée, adoptant une stratégie du « leading from behind » et partageant la responsabilité de l’après-Khadafi avec leurs alliés européens et arabes. L’accession au pouvoir du Président Morsi en Egypte et d’autres leaders islamistes dans certains pays de la région a suscité des craintes américaines, notamment sur une possible « perte » de l’Egypte, les nouveaux pouvoirs n’étant plus forcément en phase avec les intérêts américains. De même, l’attaque du consulat américain de Benghazi le 11 septembre 2012 a démontré la fragilité d’un régime issu des printemps arabes. L’enlisement de la situation en Syrie depuis deux ans sonne sans aucun doute comme un constat d’échec pour la communauté internationale. Bien que les États-Unis se soient mobilisés sur le plan diplomatique, aient reconnu la Coalition nationale syrienne, et aient appelé à de nombreuses reprises au départ de Bachar El-Assad, l’administration Obama a choisi de suivre une ligne prudente, renforcée par le double veto opposé par la Russie et le Chine à toute résolution des Nations unies.

En réaction à cette situation délicate au Proche-Orient est intervenue l’annonce fin 2011 du « pivot » américain vers l’Asie-Pacifique, rebaptisé par la suite « rééquilibrage ». D’un côté, ce mouvement stratégique de long terme vise à renforcer la présence américaine en Asie face aux opportunités et menaces que représente la région et se manifeste par un réinvestissement multiforme (renforcement des alliances traditionnelles et des relations avec les puissances émergentes, présence militaire américaine accrue, réinvestissement dans les instances régionales et relance du projet de partenariat Trans-Pacifique) et à désengager les États-Unis d’un « Proche-Orient compliqué » qui leur a valu beaucoup de déboires (intervention militaire au sol longue et coûteuse) et peu de satisfaction (PPPO à l’arrêt). De l’autre côté, cet ajustement a pu entraîner plusieurs incompréhensions, au premier rang desquelles l’idée d’un endiguement de la Chine ou d’un désengagement américain de l’Europe.

Plusieurs dossiers n’ont toutefois pas été au cœur de l’agenda du premier mandat d’Obama. Si l’administration Obama a souhaité, à ses débuts, réinvestir des régions délaissées par l’administration Bush, comme l’Afrique et l’Amérique latine, les espoirs suscités par l’élection du Président Obama ne se sont qu’en partie concrétisés, en raison des efforts accordés en premier lieu au traitement de la crise économique et financière mais aussi des autres priorités de politique étrangère. L’approche américaine envers Cuba n’a, par exemple, pas connu de changement sur le fond, même si certaines restrictions ont été assouplies ou levées (voyages, transferts d’argent des Cubains exilés). De même, l’Afrique est sans doute la région la moins investie par Obama (un seul déplacement en 2009) alors que les enjeux y sont d’envergure. Enfin, présentée comme l’une des priorités du premier mandat du Président Obama, la mise en œuvre de la lutte contre le changement climatique n’a pas réussi à se concrétiser pleinement, à l’exception de plusieurs initiatives de l’exécutif pour contourner les réticences du Congrès. Finalement, ce sont en grande partie les effets de la crise économique et la révolution des gaz de schiste (qui remplacent progressivement le charbon) qui permettent le respect des engagements américains en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Les enjeux d’Obama II : une politique étrangère marquée du sceau de la continuité

Le tableau quatre ans plus tard a quelque peu changé. La politique étrangère américaine demeure traversée par deux mouvements qui s’opposent : la volonté de s’investir sur les grands dossiers internationaux et pour le Président Obama d’imprimer son empreinte, et la volonté de se consacrer aux chantiers intérieurs porteurs d’immenses défis mais nécessitant un fort investissement politique (voir supra). La war fatigue de la population ainsi que les contraintes budgétaires qui pèsent sur l’appareil diplomatico-militaire américain, couplées à une dépendance énergétique des États-Unis sensiblement réduite, risquent de jouer en faveur d’un engagement américain plus limité sur la scène mondiale (certains redoutent même un néo-isolationnisme). Cette situation aura pour corolaire un appel renforcé à une plus grande responsabilité et un plus grand partage du fardeau sécuritaire de la part des alliés de l’Amérique, en particulier chez les Européens. Pourtant, les crises actuelles ou potentielles nécessiteront inéluctablement l’implication américaine.

Lors de son discours sur l’état de l’Union le 12 février 2013, le Président Obama a énoncé un agenda sans surprise des priorités de la politique étrangère pour son second mandat. En annonçant le retrait de la moitié des troupes d’Afghanistan (34 000) dans les 12 mois à venir, le Président Obama souhaite clore le chapitre d’une décennie de guerre. Toutefois, le nombre de soldats que les États-Unis entendent positionner en Afghanistan après 2014 demeure encore à l’étude. Cet impératif de mettre fin à une décennie de guerres au sol est d’autant plus renforcé que la menace terroriste d’Al Qaeda et ses alliés s’est déplacée vers d’autres terrains. L’intervention française au Mali et l’appui logistique clé accordé par les Américains illustrent « l’empreinte légère » qu’entend désormais privilégier Washington : en fonction des intérêts américains en jeu, les États-Unis préfèreront des actions indirectes (formation et aide au niveau local, appui logistique des Alliés, emploi de drones, fin des guerres au sol). La lutte contre la prolifération nucléaire reste un chapitre important du second mandat d’Obama, alors que le premier semestre 2013 a été marqué par de nouvelles gesticulations nucléaires et balistiques de la Corée du Nord, que le programme nucléaire iranien va entrer dans une phase critique et que le Président Obama souhaite négocier une réduction supplémentaire des arsenaux nucléaires avec la Russie. Le secrétaire d’État, J. Kerry, qui s’est personnellement très investi dans le dossier israélo-palestinien dès sa nomination en mars 2013, a obtenu la relance très attendue du processus de paix au Proche-Orient, fin juillet, tout en restant prudent sur l’issue des négociations. La gestion des conséquences des printemps arabes, au centre des préoccupations américaines, demeure un sujet très sensible sur lequel les États-Unis privilégient le pragmatisme et la défense de leurs intérêts (Egypte). La crise syrienne mobilise l’attention de l’administration américaine qui a affirmé à plusieurs reprises sa volonté de trouver une solution politique à la crise. Cette crise symbolise la prudence américaine à intervenir sur un théâtre extérieur qui n’engage pas directement les intérêts américains. Bien qu’il ait été confirmé mais qu’il demeure à concrétiser (conclusion du TPP, positionnement de 60% de la flotte américaine), le mouvement de rééquilibrage vers l’Asie-Pacifique peut être compromis à tout moment, en raison de nouveaux développements au Moyen-Orient. Lors de son discours à l’AGNU, le président Obama a rappelé la nécessité d’un leadership américain au Moyen-Orient, alors que les évolutions positives enregistrées (résolution 2118 sur le démantèlement de l’arsenal chimique de la Syrie, détente vis-à-vis de l’Iran) doivent être confirmées.

Les relations avec les grandes puissances (Inde, Brésil, Russie, Chine) sont aussi un point d’attention de la diplomatie américaine. Avec la Russie, l’enjeu est notamment de relancer la relation après la récente dégradation des relations bilatérales (loi Magnitsky, interdiction d’adoption d’enfants russes, divergences sur les crises internationales, annulation du sommet bilatéral etc.). De même, si elle reste marquée par des divergences profondes (monnaie, commerce, Taïwan, droits de l’Homme), la relation sino-américaine représente un des défis du deuxième mandat Obama au regard de la forte interdépendance,de la montée en puissance chinoise et du « pivot » américain. Enfin, la relance de la relation avec le Brésil, espérée par les États-Unis durant ce second mandat, a été pour l’heure compromise (report de la visite d’État de D. Rousseff) par les révélations d’écoutes illégales pratiquées par la NSA au Brésil.

Enfin, la lutte contre le changement climatique constituera vraisemblablement un sujet réinvesti par le Président Obama et son nouveau secrétaire d’Etat. Si l’actuel équilibre des forces au Congrès ne permet pas d’envisager la ratification par le Congrès d’un vaste accord international contraignant en matière d’émissions de GES ou l’adoption d’une législation instaurant un prix du carbone, une dynamique positive recommence à émerger aux États-Unis avec une opinion publique de plus en plus convaincue de la réalité du changement climatique et des États fédérés qui multiplient les initiatives dans ce domaine (lancement d’un marché du carbone en Californie le 1er janvier 2013, Clean Energy Standards, c’est-à-dire un taux minimal d’énergies renouvelables à incorporer dans le mix énergétique, adoptés par près de 30 États). Dans ce contexte, un engagement américain en faveur d’un accord international souple (ne nécessitant pas de ratification) portant sur des engagements mutuels des pays développés et émergents et mis en œuvre par des mesures exécutives est l’hypothèse la plus probable. Le président Obama entend poursuivre sa politique des « petits pas » par voie réglementaire pour atteindre l’objectif de réduction de 17% des émissions de GES entre 2005 et 2020. L’effet conjugué de la crise économique, l’essor des gaz de schiste, des mesures réglementaires (normes d’émission des véhicules) et les actions des États fédérés ont permis aux États-Unis de réduire leurs émissions de 5% en 2010 par rapport à 2005.

Relation transatlantique

Trois grands thèmes d’intérêt mutuel sont au cœur du dialogue transatlantique : l’économie globale et transatlantique (la crise de la zone euro retient particulièrement l’attention des États-Unis), les enjeux globaux (notamment le développement, le changement climatique et l’énergie) et les questions de sécurité globale et régionale. Le dernier sommet Union européenne - États-Unis qui s’est tenu le 28 novembre 2011 à Washington, a répondu partiellement aux attentes européennes, et françaises en particulier. Il a notamment conduit à la mise en place d’un groupe de travail sur la croissance et l’emploi chargé d’étudier les options visant à accroître le commerce et les investissements, dont celle d’un accord de libre-échange (ALE) entre les deux zones. Le rapport final du groupe a été publié le 13 février 2013, au lendemain du discours sur l’état de l’Union, par lequel le Président Barack Obama a confirmé l’engagement américain pour un accord de libre-échange complet et approfondi. L’ALE, rebaptisé Partenariat Transatlantique pour le Commerce et l’Investissement, devra s’articuler autour de trois volets : 1o l’accès au marché, 2o les questions réglementaires et les barrières non-tarifaires, 3o les règles, principes et nouveaux modes de coopération visant, au-delà de l’intégration économique bilatérale, à renforcer le système commercial multilatéral. La négociation qui s’est engagée avec les États-Unis début juillet 2013 sera vraisemblablement longue et difficile : les intérêts ne sont pas convergents, qu’il s’agisse du secteur agricole, de la protection de la propriété intellectuelle (indications géographiques), des obstacles à la convergence réglementaire, des préférences collectives européennes (OGM, viande aux hormones), et de l’exception culturelle. Une coopération a été également établie sur la sécurité et le développement au Sahel ainsi que sur le dossier du programme nucléaire iranien.

Mise à jour : 22.10.13

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