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Présentation du Zimbabwe

Présentation

Données générales

Nom officiel : République du Zimbabwe
Nature du régime : présidentiel
Chef de l’Etat : M. Robert Gabriel MUGABE (ZANU-PF)

Données géographiques

Superficie : 390 757 km²
Capitale : Harare (2 M. hab.)
Villes principales : Bulawayo (656 675 hab.), Chitungwiza (321 000 hab.), Gweru (137 000 hab.).
Langues officielles : anglais, shona, ndebele (utilisé surtout au Matabeleland)

Monnaie : l’hyperinflation a conduit à une « dollarisation » de l’économie début 2009 : le dollar zimbabwéen a été mis à l’écart et remplacé par un régime multidevises incluant le dollar US et l’euro notamment, étendu en 2013 (yuan chinois, roupie indienne, rouble russe). Les transactions s’effectuent principalement en dollar US, également en rand sud-africain et dans une moindre mesure en pula botswanais. Le 18 décembre 2014 ont été introduites des pièces de monnaies appelées « bond coins » car adossées à une obligation d’Etat.

Fête nationale : 18 avril (indépendance : 18 avril 1980)

Données démographiques

Population : 15.6 millions (2015). Environ 3 millions de Zimbabwéens vivraient à l’étranger, dont la moitié en Afrique du Sud.
Croissance démographique : 3%
Espérance de vie : 56 ans (Banque mondiale) contre 60 ans en 1990. 1,4 million de Zimbabwéens sont séropositifs (Onusida)
Taux d’alphabétisation : 86% (Estimation Unesco - le plus élevé d’Afrique subsaharienne après l’Afrique du Sud)
Religions : chrétiens : ≈ 67 % (dont anglicans, catholiques, méthodistes, pentecôtistes et apostoliques) ; autres religions et animistes : ≈ 30 %
Indice de développement humain (2011) : 0,376 (173ème/187)

Données économiques

PIB : 14 Mds USD (Banque mondiale 2015)
PIB/habitant : 850 USD (Banque mondiale 2015)
Taux de croissance : 1.1% en 2015, 1.4% prévu pour 2016
Taux de chômage : estimé à 80 % (hors secteur informel.)
Taux d’inflation : 3% en 2012, 4% en 2013, -2% en 2014

Principaux clients : Chine, UE, Afrique du Sud
Principaux fournisseurs : Afrique du Sud, Zambie, Chine
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB : agriculture : 14%, industries (dont mines) : 30%, services : 57%

Exportations de la France vers le Zimbabwe (2015) : 20.4 M€(machines industrielles)
Importations françaises du Zimbabwe (2015) : 57.2 M€(produits de base)

Consulat de France : Chancellerie diplomatique à Harare
Communauté française au Zimbabwe : ≈ 260
Communauté zimbabwéenne en France : nd

Politique intérieure

A la suite des violences et des élections frauduleuses de 2008, dénoncées par les observateurs africains et l’ONU, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a imposé un accord politique et un gouvernement d’Union nationale (l’opposant Morgan Tsvangiraï obtenant le poste de ministre et une grande partie des ministères, dont l’économie, Robert Mugabe restant président et conservant les ministères clefs).
Des élections générales ont pu se dérouler sans violence, le 31 Juillet 2013, sous le contrôle des missions d’observations déployées par la SADC et l’Union africaine. Bien qu’entachée de fraudes, la large victoire du Président Mugabe et de son parti la ZANU-PF reflète la volonté populaire et l’usure du crédit du parti MDC après cinq ans de pouvoir..
Sur le plan régional, la SADC a qualifié ces élections de libres, pacifiques et globalement crédibles et appelle à la levée des sanctions. Les Etats-Unis ont annoncé le maintien de leurs sanctions.

La vie politique est actuellement dominée par les luttes internes au sein du ZANU-PF pour la succession du Président Mugabe (92 ans en février 2016).

Le VIème congrès du Zanu PF s’est déroulé en décembre 2014, dans un contexte de purges et de déchirements. Après une campagne de dénigrement contre la vice-présidente Joice Mujuru, ex-favorite à la succession, le Président Mugabe a congédié l’intéressée et quinze ministres proches de l’aile dite modérée du Zanu-PF tout en renouvelant le bureau politique du parti (Politburo) dans lequel son épouse Grace Mugabe est entrée après avoir été nommée à la tête de la Ligue des femmes du parti . Mme Mujuru a depuis créé son parti « Zimbabwe people first ».
Un remaniement du gouvernement a été annoncé dans la foulée, portant Emmerson Mnangagwa au poste de Vice-Président de la République, le consacrant ainsi au statut de dauphin du Président Mugabe. Plusieurs remaniements comportant quelques ajustements mineurs ont été annoncés en juillet et septembre 2015.

Après une défaite très sévère en 2013, l’opposition historique (MDC de Morgan Tsvangirai) rassemble ses forces envue des prochaines présidentielles (2018).

Situation économique

Fondée sur l’exploitation d’abondantes ressources minières (platine, charbon, or, diamant, chrome, nickel, cuivre, fer…) et agricoles, l’économie a connu une phase de libéralisation (1991-1996) avant d’être confrontée à une crise économique profonde depuis 1999. La déstabilisation a résulté de politiques budgétaires non soutenables, de l’intervention militaire en RDC en 1998, puis d’une réforme agraire catastrophique. L’économie nationale s’est contractée d’environ 40 % entre 1998 et 2008, et la production agricole a diminué de moitié.

Fin 2008, l’inflation avait, selon le FMI, dépassé le milliard de % (impression d’un billet de 100 trillions de dollars). Cette situation a conduit les autorités à mettre temporairement la monnaie nationale (dollar zimbabwéen) à l’écart et à « dollariser » l’économie. Depuis l’automne 2008, les échanges s’effectuent principalement en dollars US et en rand sud-africain. Ce système, alors que les devises entrent peu, semble avoir atteint ses limites – le manque de liquidités étouffant l’activité.

L’économie zimbabwéenne conserve toutefois de nombreux atouts. Les deux principaux sont les infrastructures (routes, réseaux, bâtiments) et une population instruite. A cet égard, le retour de la diaspora (environ 3 millions d’émigrés, pour moitié en Afrique du Sud) constitue un important défi.

L’importante dette et les arriérés accumulés depuis le début des années 2000 contraignent le pays à une certaine rigueur budgétaire. La menace d’un durcissement de la législation sur « l’indigénisation » des entreprises étrangères (détention de 51% du capital par des citoyens zimbabwéens de souche) brandie régulièrement par la ZANU dissuade les investisseurs étrangers, y compris chinois. Cependant, le nouveau gouvernement s’est engagé à plusieurs reprises dans une voie d’ouverture au plan économique (protection des investissements, assouplissement de la politique d’indigénisation pour les compagnies apportant expertise et/ou capital).

Une aide technique du FMI (Staff Monitored Programme) est en cours afin de préparer une solution progressive au problème de la dette et a ouvert la voie au lancement en juin dernier, du premier programme (sans financements) d’assistance du FMI au Zimbabwe depuis 10 ans. Le FMI, tout en constatant les profondes difficultés économiques auxquelles fait face le Zimbabwe, a récemment déclaré que les autorités avaient atteint les objectifs attendus dans le cadre du dernier programme mis en œuvre.

Politique extérieure

La diplomatie zimbabwéenne a deux fondements principaux : la solidarité avec les frères d’armes, notamment les anciens membres de la Ligne de Front, qui se retrouvent au sein de la Communauté pour le Développement de l’Afrique australe (SADC), et l’opposition aux pays qui ont pris des sanctions à l’encontre du Zimbabwe suite aux graves violations des droits de l’homme commises en 2001.

1. Le Zimbabwe entretient des relations étroites avec ses anciens alliés de la Ligne de Front (Angola, Botswana, Mozambique, Tanzanie et Zambie). Devenue SADC en 1992, celle-ci compte aujourd’hui 15 Etats membres, dont l’Afrique du Sud. Première puissance politique et économique régionale, ce pays a été désigné, par la SADC, dès mars 2007, en qualité de « facilitateur » dans la crise zimbabwéenne. La mission a été confiée au Président Mbeki jusqu’en novembre 2009, puis le Président Zuma a désigné trois de ses proches conseillers pour assurer le suivi. Cette médiation s’est achevée avec les élections de juillet 2013. L’Afrique du Sud a salué la victoire de Robert Mugabe, qualifiant l’élection de réussie, pacifique, exprimant la volonté du peuple. L’Afrique du Sud souhaite contribuer à la reconstruction du pays, afin notamment de maîtriser les flux migratoires en provenance du Zimbabwe (1,5 millions de Zimbabwéens se seraient établis en Afrique du Sud). La présence économique sud-africaine au Zimbabwe est considérable, tant par le poids de ses exportations que par celui des entreprises sud-africaines implantées localement.

Le Président Mugabe a exercé la Présidence de la SADC d’août 2014 à août 2015, et a présidé l’Union africaineen 2015., ce qui lui a donné une tribune et a mis en lumière sa popularité en Afrique.

La Chine, qui a soutenu la ZANU au pouvoir durant la guerre contre le régime de Ian Smith, est devenue le partenaire incontournable d’un pays isolé par les sanctions occidentales. Les liens entre les deux pays sont principalement de nature politique et économique (achat de tabac par Pékin, intérêts chinois dans les mines, vente d’armes et de véhicules au Zimbabwe). Un contrat d’1 milliard de dollars pour l’extension de la centrale hydroélectrique de Kariba a été signé en juin 2014 avec la société Sino Hydro. Air Zimbabwe est actuellement en négociation avec un opérateur chinois, dans le but d’ouvrir des routes vers Pékin et Londres, alors que, parallèlement, Air France-KLM a suspendu la seule liaison aérienne directe entre le Zimbabwe et l’Europe. La présence chinoise est favorisée par des régimes favorables dans de nombreux secteurs. Par ailleurs, l’immigration chinoise au Zimbabwe est un phénomène important, bien que peu de données permettent de le quantifier.

Les investisseurs chinois sont toutefois méfiants vis-à-vis de la politique « d’indigénisation » des intérêts économiques étrangers. Ces réserves expliquent sans doute les résultats décevants de la visite du Président Mugabe en Chine (24 – 28 août 2014) en matière d’aide et d’investissements. Réciproquement, les acteurs zimbabwéens ont conscience que l’aide liée chinoise les contraint à surpayer certains projets.

2. Les graves violations des droits de l’homme commises lors des élections de 2002 et 2008 et de la réforme agraire de 2001 ont conduit un certain nombre de pays à prendre des sanctions à l’encontre du Zimbabwe (Union européenne, Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande). Ces mesures ont pour objet de sensibiliser les autorités zimbabwéennes à la nécessité de rétablir au plus vite l’Etat de droit et le respect des libertés fondamentales.

Mise à jour : 11.07.16

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