Accès rapide :

Présentation

Données générales

Nom officiel : République Tunisienne
Nature du régime : République
Chef de l’Etat : Béji Caïd Essebsi (depuis le 31 décembre 2014)
Chef de gouvernement : Youssef Chahed (depuis le 3 août 2016)

Données géographiques

Superficie : 162.155 km²
Capitale : Tunis
Villes principales : Tunis, Sfax, Gabès, Sousse, Kairouan, Bizerte
Langue (s) officielle (s) : arabe
Langue (s) courante (s) : arabe dialectal, langues berbères, français
Monnaie : Dinar Tunisien (1 EUR = 2,2 DT le 25/03/16)
Fête nationale : 20 mars (commémoration de l’indépendance en 1956)

Données démographiques

Population : 11,1 millions (01/12/2015 source : INS)
Densité : 67,1 hab./km²
Taux d’accroissement naturel : 1,30 % (2012, source : INS)
Espérance de vie : 74,8 années (2015, source : PNUD)
Taux d’alphabétisation : 79,7 % (source : rapport 2015 du PNUD sur le développement humain)

Religion (s) : Islam (98% de la population dont 85 % de rite malékite, minorité ibadite à Djerba), christianisme (1 %), judaïsme et autres (1%) (2013 source : CIA World Factbook)
Indice de développement humain : 0,721 (96ème) (source : rapport 2015 du PNUD sur le développement humain)

Données économiques

PIB : 43,02Mds $ (2015, source : Banque mondiale)
PIB/hab : 3872, 512 $ (2015, source : Banque mondiale)
Taux de croissance : 1% (premier trimestre 2016)
Taux de chômage : 15, 4% de la population active, dont 30% de diplômés (premier semestre 2016, source : DG Tresor)
Taux d’inflation : 3,5% (premier semestre 2016, source : DG Trésor)
Solde budgétaire : - 4,9 % (2015)
Balance commerciale : - 9% du PIB (2015), source : DG Trésor)
Principaux clients : France (30%), Italie, Allemagne, Espagne, Suisse (2015)
Principaux fournisseurs : France (17%), Italie, Russie, Etats-Unis, Turquie, Chine (2015)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2015, source : CIA World Factbook)

  • agriculture : 10.4%
  • industrie : 28,2%
  • service : 61,4 %

Exportations de la France vers la Tunisie : 3,6 Mds € (2015)
Importations françaises depuis la Tunisie : 4 Mds € (2015)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/tunisie

Consulat (s) de France : Tunis
Communauté française en Tunisie : 30.000 dont 66 % de binationaux
Communauté tunisienne en France : 680.000

Politique intérieure

L’immolation par le feu, à Sidi Bouzid, de Mohamad Tarek Bouazizi, le 17 décembre 2010, a entraîné des manifestations dans tout le pays qui ont conduit au départ du Président Ben Ali, le 14 janvier 2011.

Une troïka alliant le parti islamiste Ennahda, le Congrès pour la République (gauche nationaliste) et Ettakatol (socialiste) a dirigé le pays pendant les trois premières années de la transition, au lendemain du scrutin d’octobre 2011. Mehdi Jomaa (indépendant) a dirigé de janvier 2014 à février 2015 le dernier gouvernement de transition.

Les Tunisiens ont achevé leur transition politique : adoption en janvier 2014 de la nouvelle constitution tunisienne et organisation, dans de bonnes conditions, des élections législatives du 26 octobre 2014, remportées par Nida Tounès, et de l’élection présidentielle des 23 novembre et 21 décembre 2014, dont Beji Caid Essebsi est sorti vainqueur. Le Président Essebsi a d’abord nommé Habib Essid, personnalité indépendante, à la tête d’un gouvernement de coalition avec Ennahda, puis Youssef Chahed, à la tête d’un gouvernement d’union nationale en août 2016.

Le Président de la République, M. Béji Caïd Essebsi, représente l’Etat tunisien et dispose de pouvoirs partagés, soit avec le chef du gouvernement (diriger la politique étrangère, nommer les ambassadeurs), soit avec l’Assemblée des représentants du peuple (déclarer la guerre). Il est le chef des armées.

Le chef du gouvernement, M. Youssef Chahed, a été nommé par BCE le 3 août 2016. Son gouvernement d’union nationale a obtenu la confiance de l’ARP le 26 août 2016.

Le Président de l’Assemblée des représentants du peuple est M. Mohamed Ennaceur (président de Nidaa Tounes, parti majoritaire à la sortie des urnes avec 86 élus, mais devenu 2e force parlementaire après la démission d’une partie des députés fin 2015. Les blocs parlementaires de Nida et Ennahda sont aujourd’hui à égalité avec 69 députés chacun).

Le Prix Nobel de la Paix 2015 a été décerné à 4 organisations de la société civile tunisienne, pour leur rôle décisif dans la réussite du dialogue national. Les récipiendaires ont été reçus par le Ministre des Affaires étrangères et par le Président de la République, avant de recevoir la Légion d’Honneur le 8 décembre 2015.

Depuis octobre 2015, le parti du Président Essebsi, Nida Tounès, traverse une crise : une trentaine de députés ont quitté le bloc parlementaire de Nida Tounès. Ces tensions n’ont pas remis en cause la coalition gouvernementale, mais le rapport de force au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple a changé avec Ennahda en première position.

Au lendemain du 5e anniversaire de la révolution tunisienne, un mouvement de contestation de grande ampleur a gagné tout le pays. Le Premier ministre a écourté sa visite en France, au cours de laquelle il a été reçu à l’Elysée par le Président Hollande et Manuel Valls. A cette occasion, la France a annoncé la mise en œuvre d’un plan de soutien à la Tunisie d’1 milliard sur 5 ans, dont les deux champs d’action prioritaires sont le développement des régions défavorisées et le soutien à la formation et à l’emploi des jeunes.

La situation sécuritaire est une des principales préoccupations de la Tunisie : en un an, la Tunisie a connu quatre attaques qui illustrent l’intensité de la menace terroriste dirigée contre sa démocratie. Après deux attaques terroristes contre des sites touristiques, coûtant la vie à 59 ressortissants étrangers (21 touristes décédés, dont 4 Français, dans l’attentat du 18 mars 2015 au Bardo ; 38 victimes dont 30 Britanniques, dans l’attaque du 26 juin 2015 à Sousse), la Tunisie a subi un nouvel attentat le 24 novembre 2015 à Tunis, contre un bus de la garde présidentielle. Les trois attentats ont été revendiqués par daech.

Le 7 mars 2016, près de 60 assaillants (tunisiens) se revendiquant de daech ont mené une attaque à Ben Guerdane, près de la frontière libyenne. Le bilan est de plus de 50 morts, dont une trentaine de djihadistes. Il s’agissait d’une opération lourde, longuement préparée, qui s’est néanmoins heurtée à une réaction efficace des forces de sécurité tunisiennes.

Le rétablissement de la sécurité est une priorité absolue pour les autorités tunisiennes, qui ont renforcé le dispositif sécuritaire à la suite des attentats. Le 24 juillet 2015, le parlement a adopté à la quasi-unanimité une loi polémique de lutte contre le terrorisme. Alors qu’un moratoire de fait est observé en matière d’exécutions depuis 1991, la nouvelle loi prévoit dans certains cas la peine de mort. Elle n’a toutefois pas été appliquée à ce stade. Environ 2000 individus ont été à ce jour déférés à la justice sous des chefs d’inculpation relevant de la loi anti-terroriste. L’état d’urgence, rétabli par le Président BCE après l’attentat du 24 novembre 2015, a été prolongé jusqu’au 19 janvier 2017.

La crise libyenne attise la menace terroriste en Tunisie. Les autorités tunisiennes peinent à contrôler la frontière tuniso-libyenne, qui constitue actuellement le principal point de transit menant les futurs combattants vers la Syrie (plus de 5 000 Tunisiens auraient rejoint les rangs de daech), ou permettant l’entrée en Tunisie de djihadistes libyens. Les forces de sécurité tunisiennes conduisent des opérations à succès contre les maquis terroristes et harcèlent les groupuscules encore actifs. Par ailleurs, la frontière tuniso-libyenne est de nouveau fermée depuis l’attaque de Ben Guerdane.

Situation économique

Le défi du redressement économique est fortement impacté par l’agonie du secteur essentiel du tourisme (7% du PIB tunisien), cible de deux attaques terroristes d’ampleur, et dont la chute se répercute progressivement sur tous les secteurs productifs. En 2015, alors que la croissance n’a pas dépassé 0,8%, le manque à gagner sur la saison était de 500M€ selon le ministère tunisien du tourisme.

La dégradation des conditions économiques a engendré dans le courant du mois de janvier 2016 le plus grand mouvement social depuis 2011. Partie de Kasserine, la mobilisation a progressivement gagné toutes les grandes villes du pays. Si le mouvement général s’est dissipé, les points de fixation se multiplient (sit-in des chômeurs de Sidi Bouzid devant le ministère du travail depuis décembre 2015, 9 mois de mouvement de protestation à l’usine Petrofac de Kerkennah, scandale de corruption dans le secteur de la santé etc). Le forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDS) a recensé, en avril 2016, 987 mouvements sociaux collectifs. Néanmoins, les visites de membres du gouvernement dans les régions défavorisées (l’ancien PM Essid au Kef le 15/04, les ministres de l’industrie et de l’agriculture à Sidi Bouzid le 23/04) semblent refléter une prise de conscience nouvelle de la part des autorités.

Le gouvernement Essid est parvenu laborieusement à mettre en œuvre les premières réformes économiques structurelles (réforme de la banque centrale, loi bancaire, partenariats publics privés, loi sur les faillites etc.). Conditions préalables au décaissement de l’intégralité des aides des bailleurs multilatéraux (nouveaux programmes, approuvés en mai 2015, de 2,9Mds$ sur 4 ans avec le FMI, et de 5Mds$ sur 5 ans avec la Banque mondiale) les avancées, quoiqu’essentielles, demeurent minoritaires face l’engorgement législatif qui a cours à l’ARP. L’essentiel des réformes attend toujours sa mise en œuvre et la stratégie de développement 2016-2020, enfin finalisée, sera présentée aux bailleurs internationaux fin novembre 2016.

Politique extérieure

La Tunisie mène traditionnellement une politique extérieure marquée par la recherche du consensus, la préservation de bonnes relations avec son voisinage proche, notamment maghrébin, et le renforcement de son ancrage euro-méditerranéen. Le discours d’investiture du président Caïd Essebsi a tracé les grandes lignes d’une politique étrangère fondée sur « le respect de la légalité nationale, la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays, la diffusion des valeurs de droits de l’Homme, la consolidation de l’appartenance maghrébine, africaine, arabe, islamique, et méditerranéenne de la Tunisie ».

La priorité européenne

La Tunisie aspire à accéder au statut de « partenaire privilégié » de l’Union européenne, qui est, de très loin, son principal partenaire économique (80 % de ses échanges commerciaux). Elle est le premier partenaire du Sud à avoir conclu en 1995 un accord d’association avec l’UE. La Tunisie est aussi l’un des premiers bénéficiaires de l’assistance macro-financière européenne (300M€ en 2015, dont la dernière tranche devrait être versée au 1e trimestre 2016 et 500M€ annoncés pour 2016), et bénéficie de programmes ambitieux d’accompagnement des grands chantiers de la transition (programmes d’appui à la réforme de la justice, 23M€ pour la réforme du secteur de la sécurité, etc). Le pays est le troisième bénéficiaire des prêts de la banque européenne d’investissements au sud de la Méditerranée.

Le Premier ministre tunisien était convié, avec le ministre tunisien des affaires étrangères, au conseil des affaires étrangères à Bruxelles du 20 juillet 2015.

La politique arabe

La crise libyenne favorise l’implantation de foyers djihadistes sur le territoire du voisin oriental de la Tunisie et constitue la première source de préoccupation des autorités tunisiennes. Tunis privilégie la coopération régionale et la médiation entre les différentes factions libyennes. La Tunisie plaide pour une solution politique inclusive, et rejette toute perspective d’intervention militaire étrangère, s’accordant sur ce point avec son voisin algérien.

C’est à l’Algérie que BCE a réservé son premier déplacement à l’étranger, le 4 février dernier. Outre leur convergence de vues sur la question libyenne, les deux pays se retrouvent en matière de lutte contre le terrorisme : confrontées depuis deux ans à des poches terroristes à sa frontière orientale, les autorités tunisiennes comptent sur une coopération sécuritaire forte de la part de l’Algérie (en matière de renseignements notamment).

La question palestinienne bénéficie traditionnellement d’un fort capital de sympathie en Tunisie et reste prioritaire pour l’opinion publique tunisienne. La Tunisie avait accueilli le siège de l’OLP de 1982 à la signature des accords d’Oslo en septembre 1993. Hamadi Jebali, ex-Premier ministre tunisien, avait invité Ismaïl Haniyeh, chef du gouvernement Hamas de Gaza, à effectuer une visite en Tunisie en janvier 2012. Cette initiative d’Ennahda avait tendu les relations de la diplomatie tunisienne avec l’autorité palestinienne.

La réorientation de la politique étrangère vers les Etats arabes du Golfe n’est pas allée aussi loin que l’espérait Ennahda au lendemain de la révolution. Le précédent Premier ministre tunisien, Mehdi Jomaa, avait effectué une série de visites officielles dans le Golfe du 15 au 19 mars 2014 (Emirats Arabes Unis, Qatar, Koweït, Bahreïn et Arabie Saoudite). Les aides financières apportées par ces pays se sont avérées avantageuses, mais celles des bailleurs traditionnels de la Tunisie restent indispensables.

S’agissant de la Syrie, le Conseil national syrien (CNS) s’était réuni à Tunis du 16 au 19 décembre 2011. Cette rencontre avait été rendue possible par le soutien personnel du Président Marzouki à l’opposition syrienne. Le 4 février 2012, M. Marzouki avait annoncé que la Tunisie cessait de reconnaître le régime de Bachar Al Assad comme l’autorité légitime en Syrie et avait expulsé l’ambassadeur syrien à Tunis. L’ancien ministre des affaires étrangères, Othman Jarandi, avait condamné en août 2013 le recours aux armes chimiques contre les civils, mais avait néanmoins souligné le refus de son pays d’une intervention militaire étrangère.

Les autres partenaires de la Tunisie

Les Etats membres du G7 se mobilisent pour lutter contre le terrorisme en Tunisie. Ils ont été rejoints par d’autres pays après le sommet d’Elmau, les 7 et 8 juin 2015(Espagne, l’Union européenne, Belgique et Pays-Bas). Dans ce format en G7 +, les partenaires de la Tunisie coordonnent leur appui dans quatre domaines sécuritaires : la protection des sites sensibles, la lutte contre le terrorisme, la protection des frontières et la sûreté portuaire et aéroportuaire. Une coordination G7 a également été initiée fin 2015 sur les problématiques économiques et sociales.

L’arrivée du gouvernement Jomaa, en 2014, avait permis un retour de la confiance dans les relations de la Tunisie avec les États-Unis, qui s’était traduit par des appuis financiers conséquents (en particulier une garantie d’émissions obligataires de 500M USD) et la reprise d’une coopération en matière sécuritaire. Dans le sillage de la visite officielle du président Essebsi à Washington en mai 2015, le statut d’« allié majeur non-membre de l’Otan », qui donne accès à une coopération militaire renforcée avec les Etats-Unis, a été accordé en juillet 2015 à la Tunisie.

Mise à jour : 14.11.16


Informations complémentaires

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2016