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Présentation

Données générales

Nom officiel : Roumanie
Capitale : Bucarest
Président : Klaus Iohannis

Données géographiques

Superficie : 237.500 km²
Population : 19,871 millions (2015)
Villes principales : Iași, Constanța, Brașov, Cluj-Napoca, Timișoara, Craiova, Galați
Langue officielle : roumain
Monnaie : leu (RON)
Fête nationale : 1er décembre

Données démographiques

Croissance démographique : - 0,39 % (2014)
Espérance de vie : 71,4 pour les hommes et 78,7 pour les femmes.
Taux d’alphabétisation : 98,6 %.
Religions : orthodoxes (86,7 %), catholiques, protestants
Indice de développement humain (Classement ONU 2014) : 0,793 – 52ème rang

Données économiques (2015)

PIB : 160,3 Mds €
PIB par habitant : 7 919 €
Taux de croissance : 3,8 %
Taux de chômage : 6,8 %
Taux d’inflation : - 0,4 %
Dette publique : 38,4 % du PIB
Déficit budgétaire : 0,7 % du PIB
Echanges commerciaux franco-roumains : 6,8 Mds €
Exportations françaises : 3 403 M €
Importations françaises : 3 394 M €
Solde : 9 M € (excédent en faveur de la France)
Principaux clients : Allemagne (19,7%), Italie (12,2%), France (6,8%, 3ème client), Hongrie (5,4%), Royaume-Uni (4,3%), Turquie (3,8%)
Principaux fournisseurs : Allemagne (19,8%), Italie (10,7%), Hongrie (7,9%), France (5,6%, 4ème fournisseur), Pologne (4,8%), Chine (4,6%)

Flux d’IDE sortant de France : 28 M €
Stock d’IDE détenu par la France : 3,84 Mds €

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • primaire : 5,4% (29,4% de la population active)
  • secondaire : 27,3% (28,6% de la population active)
  • tertiaire : 67,4% (42% de la population active)

Consulat de France : Bucarest ; agences consulaires à Brașov, Cluj, Constanţa, Iași et Timișoara
Communauté française en Roumanie : 3.630 Français enregistrés

La Roumanie et l’UE

Fonds européens programmés pour la période 2014-2020 : 30,8 Mds € dont

  • 22,5 Mds € pour les fonds structurels et de cohésion
  • 8,3 Mds € pour la PAC

Nombre de députés au Parlement européen : 33 /736
Nombre de voix au Conseil de l’UE (pondération, Traité de Nice) :14 /345 soit 4,1%
Nombre de voix au Conseil de l’UE (critère démographique, Traité de Lisbonne) : 4,36% (augmentation de 0,3%).
Commissaire européen : Mme Corina Creţu (Politique régionale)

Politique intérieure

M. Klaus Iohannis a été élu à la présidence de la Roumanie, le 21 décembre 2014, après dix années de présidence de M. Traian Băsescu. Cette décennie, au cours desquelles la Roumanie a achevé son processus d’adhésion à l’Union européenne et a conforté sa place dans l’OTAN, a également été marquée par une sévère politique d’austérité à partir de 2009 (qui a généré une forte opposition sociale et politique), ainsi que par des périodes de cohabitation tendue avec différents chefs de gouvernement (et deux tentatives avortées de destitution du président en 2007 et 2012).

L’élection en novembre 2014 de M. Iohannis (PNL, centre-droit), représentant de la minorité allemande, a surpris, d’autant que, jusqu’au premier tour, les sondages donnaient favori le premier ministre d’alors, M. Victor Ponta (PSD, centre-gauche). Ce dernier a notamment pâti de la mauvaise organisation du vote des Roumains de l’étranger, qui a privé de son droit de vote une part non négligeable des trois millions de membres de la diaspora. L’électorat jeune, urbain, la diaspora et les habitant sde Transylvanie s’est fortement mobilisé en faveur de la candidature de M. Iohannis porté par une réputation de sérieux et d’intégrité après quatorze ans de bonne gestion de la municipalité de Sibiu (ville prospère de Transylvanie, capitale européenne de la culture en 2007).

Toutefois, la constitution roumaine n’a pas permis à M. Iohannis d’éviter une année de cohabitation avec le Premier ministre Ponta et sa majorité parlementaire (coalition PSD-UNPR-ALDE). Si les premiers mois de cette cohabitation se sont déroulés dans un climat relativement apaisé, la multiplication des affaires judiciaires à l’égard de personnalités politiques (dont deux ministres contraints à la démission) et les tentatives croissantes d’obstruction des parlementaires ont progressivement détérioré le climat à partir du printemps 2015. Au terme d’une série de scandales et de tensions politiques et sociales, le Premier ministre Victor Ponta a présenté sa démission le 4 novembre 2015.

Le président Iohannis a chargé le 10 novembre une personnalité indépendante, l’ancien commissaire européen Dacian Cioloș, de former un gouvernement d’experts. Ce dernier a été approuvé le 17 novembre 2015 par le Parlement roumain sur le fondement d’un programme de réformes prioritaires (lutte contre la corruption, réforme de l’Etat, stabilité économique, éducation, santé), qu’il entend mener jusqu’aux élections législatives de décembre 2016.

Lors des élections locales du 5 juin 2016 (élisant les maires, les conseils municipaux et les assemblées départementales) le PSD est arrivé en tête avec environ 37% des voix, et a remporté notamment la municipalité de Bucarest. Le PNL arrive en seconde position (autour de 32% des suffrages), sauf dans la capitale où il est doublé par un parti local issu de la société civile, l’« union sauvez Bucarest ». Forte de ce succès, cette formation a décidé de se transformer en parti à vocation nationale et de proposer des candidats aux législatives du 11 décembre 2016, dont les enjeux seront importants.

Prochaines échéances électorales : législatives le 11 décembre 2016, présidentielles prévues fin 2019, élections locales à l’été 2020.

Situation économique

La Roumanie a corrigé ses déséquilibres macroéconomiques responsables en 2009 d’une crise qui s’est révélée avant tout interne. En effet, la période de forte croissance économique qu’a connue le pays de 2002 à 2008 (croissance de +6,5% par an en moyenne), reposait sur un mécanisme pernicieux, alimenté par diverses bulles (prix, salaires, crédits, immobilier), un afflux important de capitaux étrangers et une politique budgétaire expansionniste. Il en est résulté d’importants déséquilibres économiques : creusement du déficit du compte courant (12,4% du PIB en 2008) et du déficit budgétaire (passé de 3,1% du PIB en 2007 à 7,3% du PIB en 2009), inflation persistante (taux moyen de 5,6% en 2009 malgré la récession). L’économie roumaine a alors connu un sévère ajustement, avec une contraction de son PIB de 6,6% en 2009 et de 1,6% en 2010.

Les difficultés de financement ont obligé la Roumanie à faire appel aux bailleurs de fonds internationaux (principalement FMI, Commission européenne et Banque mondiale), avec qui elle a conclu un premier accord de confirmation en mars 2009 (portant sur une période de deux ans et une somme d’environ 20 Mds d’€), assorti d’un programme d’ajustement ambitieux. Arrivé à son terme en avril 2011, cet accord a été relayé par deux programmes successifs de précaution (soutien financier mis a disposition de la Roumanie, mais ne pouvant être effectivement utilisé qu’en cas d’urgence) qui portaient respectivement sur 5 Mds d’€ pour la période 2011-2013 et 4 Mds d’€ pour le biennium 2013-2015. D’importantes mesures d’austérité ont été prises par le gouvernement (baisse de 25% des salaires dans la fonction publique, baisse de 15% des transferts sociaux hors retraites, augmentation de la TVA de 19% à 24%), permettant au pays de se conformer avec ses obligations macro-économiques (déficit budgétaire maîtrisé dès 2012, contraction du déficit du compte courant, inflation réduite). La Roumanie a par ailleurs mis en œuvre des réformes structurelles (loi de responsabilité fiscale, loi établissant une grille unique de salaires dans la fonction publique, loi de réforme du système des retraites) visant à pérenniser les bons résultats de cet ajustement.

Aussi, après plusieurs années moroses, la croissance roumaine a enfin redémarré en 2013 (3,5%), tirée principalement par les exportations. Cette tendance dynamique s’est prolongée en 2014 et en 2015 (taux de croissance de respectivement 3% et 3,8%), portée majoritairement par la demande intérieure, laquelle devrait encore assurer un taux de croissance de 4,2% en 2016, selon les estimations de la Commission européenne et du FMI. Le taux de chômage est stable, à 6,8%, mais atteint 24% pour les jeunes.

Sur le plan budgétaire, les performances du pays en 2015 ont été bonnes (déficit de 0,7% en fin d’année, dette publique de 38,4% du PIB), notamment en raison de l’amélioration de la collecte fiscale et de la contraction de l’investissement public. La Commission européenne et le FMI ont toutefois exprimé des craintes au sujet des allègements fiscaux voulus par le gouvernement Ponta dans le cadre d’une réforme du code fiscal, dont la mesure-phare était la baisse de la TVA (passée le 1er juin 2015 de 24% à 9% sur les produits alimentaires, les services de restauration et d’hôtellerie, et devant être progressivement abaissée pour les autres produits et services, de 24% à 20% au 1er janvier 2016, puis à 19% au 1er janvier 2017). Les deux institutions, rejointes par la Banque centrale de Roumanie, ont estimé en effet que cette réduction fiscale devrait entraîner à partir de 2016 un creusement du déficit public annuel à 2,8% du PIB, ce qui pourrait remettre en cause à terme les efforts de consolidation de l’économie roumaine, dans un contexte où, en parallèle, de fortes pressions s’exercent sur l’exécutif pour une revalorisation générale de la grille de rémunération des fonctionnaires.

Commerce extérieur

Après un impressionnant rebond en 2010 (+25%), suivi d’une hausse soutenue en 2011 (+19%) qui l’a porté à un niveau historique (100,1 Mds €), le commerce extérieur roumain a stagné en 2012 (-0,5%), mais est reparti en 2013 (+5,2%), 2014 (+5,9%) et 2015 (+5,9%), s’établissant ainsi à 117,5 Mds € d’échanges. Avec 54,6 Mds € d’exportations pour 62,9 Mds € d’importations, le déficit commercial de la Roumanie se creuse à 8,9 Mds € en 2015 (contre 5,8 Mds € en 2013 et 6 Mds € en 2014), mais reste inférieur au niveau de 2011 et 2012 (plus de 9,5 Mds €).

La zone euro reste le principal partenaire de la Roumanie mais a vu ses parts s’éroder, notamment au profit des pays d’Europe de l’Est. Si les perspectives du commerce extérieur roumain restent intimement liées à la reprise dans la zone euro, on assiste à un redémarrage, notamment grâce aux ventes de véhicules (renouvellement de gamme Dacia, début de production Ford).

Energie

Taux de dépendance énergétique (Eurostat) : 22,7%
Moyenne UE : 53,4%

Mix énergétique :

  • Gaz : 30,6%
  • Charbon : 21,5%
  • Energies renouvelables : 14,7%
  • Pétrole : 24,8%
  • Nucléaire : 8,4%

La Roumanie, producteur de gaz et de pétrole, bénéficie d’une bonne autonomie énergétique. Les réserves cumulées de gaz et de pétrole lui assurent respectivement, à paramètres constants, 28 et 16 années de consommation et couvrent 70% de ses besoins en gaz. Les 30 % restants proviennent de Russie via l’Ukraine. Le pays disposerait d’importants gisements de gaz de schiste, évalués à 1 444 Mds de m3 par l’agence américaine EIA, équivalant à 100 ans de la consommation actuelle, concentrés en Transylvanie et en Dobroudja (au sud-est entre Danube et mer Noire), ainsi que des gisements offshore en mer Noire, qui pourraient lui assurer l’indépendance énergétique. Le mix énergétique de consommation est relativement équilibré : 29% de produits pétroliers, 27% de gaz, 18% d’énergies renouvelables, 15% d’électricité.

La Roumanie possède deux réacteurs nucléaires de technologie canadienne CANDU, Cernavoda 1 et 2, mis en service respectivement en 1996 et 2007, et générant environ 20% de l’électricité du pays. Un projet de construction de nouvelles tranches, initié au début des années 2000 n’a pas abouti par manque de capacité de financement. La Roumanie extrait et produit son propre uranium sur trois sites : Bihor, Banat et Crucea (Bucovine). Il couvre l’ensemble des besoins du pays, mais n’est pas exporté.

En matière de coopération industrielle, AREVA est présent aujourd’hui dans la filière nucléaire à travers un contrat de fourniture de systèmes de ventilation, signé en janvier 2012, avec le canadien SNC-Lavallin, qui est chargé de moderniser les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Cernavoda. La Roumanie dispose d’une géographie favorable au développement des énergies renouvelables. Selon sa stratégie énergétique pour la période 2007-2020 et son plan national d’action dans le domaine de l’énergie de sources renouvelables (PNAER), la Roumanie disposerait d’un potentiel important en matière d’énergies renouvelables : énergie solaire (1,2 TWh), énergie éolienne (23 TWh), énergie hydroélectrique (40 TWh).

Ce potentiel s’explique par des conditions naturelles particulièrement adéquates (relief, climat, ressources, géographie), favorisant le déploiement des technologies dans les régions suivantes :

  • pour l’énergie solaire, le Delta du Danube, la Dobroudja et la Plaine du Sud ;
  • pour l’énergie éolienne, la Dobroudja et la Moldavie (région de plaine et de colline) ;
  • pour le petit hydraulique, le plateau de Transylvanie, la Moldavie (région de plaines et de collines), les Carpates, ainsi que les régions au pied des Carpates Orientaux et Méridionaux ;
  • pour la biomasse - la Plaine du Sud, la Moldavie (région de plaine et de colline), les Carpates, ainsi que les régions au pied des Carpates Orientaux et Méridionaux ;
  • pour l’énergie géothermale – la Plaine du Sud et la Plaine de l’Ouest.

L’objectif d’assurer 38% de sa consommation brute d’électricité par des sources d’énergies renouvelables en 2020 devrait être atteint sans difficultés : ainsi, au 21 juin 2013, la production d’énergie électrique générée par des sources renouvelables s’élevait à 37,16%, dont 33,06% d’origine hydraulique et 4,10% d’origine éolienne. Malgré le caractère variable de cette production, la mise en service des projets en cours de réalisation dans l’éolien et le solaire donne une marge confortable au pays.

Le secteur de l’énergie est au centre des préoccupations des autorités roumaines en raison de son poids économique. Les enjeux sont notamment liés à la déréglementation de ce marché. La bonne mise en œuvre des réformes structurelles est une condition de la stabilité macroéconomique du pays dans la durée selon la Commission européenne, qui a dû engager une procédure d’infraction contre la Roumanie et lui a demandé de déréglementer le secteur d’ici 2015.

Les minorités en Roumanie et les Roumanophones hors de Roumanie

Les deux minorités les plus importantes numériquement sont les Hongrois, qui représentent selon le recensement de 2011 6,11% de la population (soit 1,23 millions d’habitants), et les Roms, dont le nombre est difficile à établir (cette population ne se déclarant souvent pas comme telle lors des recensements) mais est évalué dans une fourchette entre un et deux millions de personnes (le recensement de 2011 ne décompte officiellement que 621 000 Roms, soit 3,09% de la population).

La minorité hongroise est représentée politiquement par l’Union démocratique des Magyars de Roumanie (UDMR), qui a quitté en décembre 2014 la coalition gouvernementale de Victor Ponta. La minorité rom, moins bien structurée politiquement, est représentée à la Chambre par le « Parti rom de Roumanie ».

Les autres minorités ethniques sont numériquement beaucoup plus modestes : 51 000 Ukrainiens, 36 000 Allemands, 28 000 Turcs, 20 000 Tatars, mais aussi des Juifs, des Albanais, des Ruthènes… Dix-huit organisations nationales représentant les minorités siègent actuellement au Parlement roumain.

Hors de Roumanie, la plus grande minorité roumanophone est située en Hongrie, avec plus de 400 000 personnes. En Serbie, un dialecte du roumain est parlé par environ 40 000 Valaques ou Aroumains. Les autres minorités roumaines d’importance se situent en Bulgarie (environ 11 000 personnes) et en Hongrie (près de 8 000 personnes). La langue roumaine est parlée dans de nombreux pays par des émigrés roumanophones ayant acquis la nationalité des pays de résidence ou y résidant temporairement. Les principales communautés se trouvent en Espagne, aux Etats-Unis, en Israël et en Italie.

Situation des populations Roms en Roumanie

A la différence de la Bulgarie, les Roms de Roumanie vivent rarement dans des quartiers distincts du reste de la population. Ils sont pour la plupart sédentaires et vivent souvent en milieu rural, où ils possèdent des micro-exploitations. Ils sont majoritairement chrétiens orthodoxes, mais on peut constater un certain essor des nouvelles églises protestantes (pentecôtistes, évangéliques, adventistes). Certains Roms n’ont pas le romani (langue vernaculaire de la communauté) comme langue natale, mais le roumain.

Les cas d’agressions ciblées contre des Roms sont rares. En revanche, les ONG qui travaillent avec les communautés Roms signalent de nombreux cas de discriminations sociales. Plus d’un tiers des enfants Roms de Roumanie ne sont pas scolarisés.

Politique extérieure

L’Alliance atlantique et les relations avec les Etats-Unis

L’Alliance atlantique : la relation transatlantique est essentielle pour la Roumanie, qui a marqué avec faste en 2014 le dixième anniversaire de son appartenance à l’OTAN. En 2008, elle a obtenu l’organisation du XXème sommet de l’alliance, le premier dans un pays de l’ex-bloc communiste (et également le premier auquel participait le président russe Vladimir Poutine, parallèlement à la première visite bilatérale en Roumanie d’un chef d’Etat russe depuis la chute du régime communiste). La Roumanie a déployé jusqu’à 1 800 hommes en Afghanistan, et contribue aujourd’hui à hauteur de 650 personnels à la mission de conseil et de formation de l’armée afghane (« Resolute Support »), qui a succédé à la FIAS le 1er janvier 2015. Elle déploie également 53 personnels au sein de la KFOR. Ces opérations, bien qu’effectuées avec l’aide des Etats-Unis, ont représenté pour le pays un effort logistique et financier considérable, qui a pesé sur sa disponibilité globale de projection. Dans la réponse de long terme à la crise russo-ukrainienne, la Roumanie accorde un rôle important à l’OTAN, qui passe, dans un premier temps, par la demande de mesures de réassurance (missions de contrôle et de surveillance des espaces aériens, notamment). Dans le cadre du plan d’action pour la réactivité (RAP) décidé au sommet du Pays de Galles de septembre 2014, Bucarest accueille depuis l’été 2015 une des six unités d’intégration des forces de l’OTAN (NFIU), ainsi que le commandement de la division multinationale Sud-Est de l’OTAN (actif depuis le 1er décembre 2015). Enfin, les autorités roumaines ont organisé début novembre 2015 un sommet des pays du flanc Est de l’alliance, en amont du sommet de Varsovie de 2016. L’OTAN reste l’institution internationale la plus fiable aux yeux de la population roumaine (soutien à 62% en juillet 2015).

Relations avec les Etats-Unis : les deux pays sont liés par un partenariat stratégique depuis 1997. La Roumanie accueille deux bases américaines, en vertu d’un accord du 6 décembre 2005 conclu à l’époque du président Basescu. Lors de sa visite à Washington en septembre 2011, ce dernier a signé avec le président Obama une « Déclaration commune sur le partenariat stratégique pour le 21ème siècle » qui, outre sa dimension militaire, inclut également d’autres domaines de coopération comme : le soutien à la démocratie et aux droits fondamentaux dans les Etats membres du partenariat oriental ; la sécurité énergétique de la région ; le commerce et l’investissement ; et enfin la diversification des contacts entre communautés scientifiques. A cette occasion a également été signé l’accord intergouvernemental prévoyant la mise en place d’éléments du système de défense antimissile (ABM) sur la base roumaine de Deveselu (sud du pays). Les travaux, lancés en octobre 2013, se sont achevés fin 2015, permettant une mise en service effective du dispositif le 12 mai 2016.

La politique régionale de la Roumanie : diplomatie de bon voisinage et ouverture sur la Mer noire

Bucarest s’efforce depuis sa transition démocratique d’établir de bonnes relations avec ses voisins et de jouer un rôle régional. Elle soutient le renforcement de la présence de l’Union européenne dans la région à travers la « Synergie mer Noire » lancée en avril 2007, qui vise à améliorer la coopération régionale, notamment à travers l’Organisation de coopération économique de la Mer noire (OCEMN ou BSEC selon l’acronyme anglais), dont elle est membre.

Moldavie

Intégrée à l’Empire russe en 1812, avant d’être rattachée à la Roumanie en 1918, puis annexée par l’URSS en 1941, et enfin devenue indépendante après l’éclatement de celle-ci en 1991, la Moldavie, majoritairement peuplée de roumanophones, entretient avec Bucarest des relations traditionnellement proches. La Roumanie a ainsi été le premier Etat à reconnaître l’indépendance de la Moldavie, dès 1991. Symboliquement, les deux gouvernements ont même tenu une session commune le 3 mars 2012 à Iasi, capitale de la région roumaine homonyme de Moldavie.

La Roumanie entretient d’intenses échanges humains avec son voisin du nord-est, notamment dans le domaine culturel et universitaire (plus de 10 000 étudiants moldaves seraient inscrits dans les universités roumaines), de nombreux Roumains ayant en outre de la famille en Moldavie. Ces échanges, un temps compliqués par l’adhésion de la Roumanie à l’UE et l’obligation de visa qui en a découlé pour les ressortissants moldaves, sont à nouveau facilités depuis la levée de cette exigence dans le cadre des accords entre Chisinau et l’UE. En outre, plus de 200 000 Moldaves, dont les parents ou grands-parents étaient roumains en 1941, auraient profité depuis 1991 de la possibilité qui leur était donnée d’obtenir la nationalité roumaine.

La proximité des deux pays n’est cependant pas exempte d’une certaine ambiguïté sur la question de la « réunification », qui a pu créer des irritants entre les deux gouvernements dans le passé. En effet, l’héritage commun des deux pays a conduit, au moment de l’indépendance, une partie des roumanophones de Moldavie à envisager une réunification avec la Roumanie. Toutefois, le conflit en Transnistrie et le poids des populations slavophones (Russes, Ukrainiens) et turcophones (Gagaouzes) en Moldavie ont rapidement montré que cette option n’était pas réaliste. Elle reste pourtant perçue favorablement par près des deux tiers des Roumains et, depuis 2012, une « marche pour la Bessarabie », regroupant quelques milliers de personnes, est organisée chaque année dans les rues de Bucarest par la plateforme civique « Acţiunea 2012 » pour la revendiquer.

Pour surmonter cette contradiction, les élites roumaines envisagent désormais la communauté de destins des deux Etats dans le cadre européen, d’où le souhait de Bucarest qu’une perspective d’adhésion à l’UE soit accordée à Chisinau. Les autorités roumaines s’attachent ainsi à soutenir la modernisation de la Moldavie. Elles ont accordé à Chisinau en 2013 un prêt non remboursable de 100 M€ (pour des projets dans les domaines de la santé, de l’environnement et de l’éducation) et ont prévu à l’automne 2015 une assistance financière de 150 M€, dont le versement a toutefois été conditionné à la mise en œuvre de réformes et à un accord entre Chisinau et le FMI (la première tranche, de 60 M€, a finalement été versée le 24 août 2016). Bucarest a également pour priorité de garantir à terme l’indépendance énergétique de sa voisine : un premier gazoduc entre Iași et Ungheni, qui raccorde la Moldavie au réseau gazier roumain (autosuffisant à 70%), est opérationnel depuis le 4 mars 2015 ; son extension est envisagée, de même que l’interconnexion entre les réseaux électriques des deux pays.

Ukraine

Les relations entre la Roumanie et l’Ukraine sont marquées par la question des minorités ethniques : la minorité ukrainienne en Roumanie représente, d’après les chiffres du recensement de 2011, 51 000 personnes. Cette minorité est représentée au Parlement (un mandat de député lui est réservé) et dispose d’une offre en matière d’écoles bilingues réelle, mais limitée en regard de la taille de cette population (un lycée bilingue à Sighet à la frontière ukrainienne, des cours de langue ukrainienne dans plusieurs écoles). L’Ukraine s’inquiète périodiquement du respect des droits de cette minorité. La minorité roumaine en Ukraine représente quant à elle plus de 300 000 personnes.

Deux questions venaient en outre traditionnellement troubler les relations roumano-ukrainiennes, dont l’une a été résolue :

  • la délimitation de la frontière maritime entre la Roumanie et l’Ukraine (dite « problème de l’Ile-aux-Serpents »), aux enjeux économiques forts dans cette zone riche en hydrocarbures, a été tranchée par la Cour internationale de justice en janvier 2009, la Roumanie obtenant environ 80% du territoire contesté ;
  • les travaux d’aménagement du canal de Bystroe entrepris par l’Ukraine pour se doter d’une voie navigable du Danube à la Mer Noire sont à l’origine d’un nouveau contentieux entre ces deux Etats, la Roumanie s’inquiétant des conséquences qu’auraient ces travaux sur l’environnement du delta du Danube, écosystème unique au monde inscrit par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.

La Roumanie soutient en tout état de cause les aspirations de l’Ukraine à rejoindre l’UE et l’OTAN, et une ligne de grande fermeté vis-à-vis de la Russie dans ce contexte.

Hongrie

Les relations entre la Roumanie et la Hongrie ont longtemps été rendues difficiles par la question des minorités hongroises de Transylvanie. La Transylvanie, région de l’Empire d’Autriche-Hongrie à population majoritairement roumaine, mais comportant une très forte minorité hongroise, a en effet été intégrée à la Roumanie après la Première Guerre mondiale par le traité de Trianon, d’où des tensions occasionnelles autour de la question des droits de la minorité hongroise (qui représente 1,2 millions d’habitants, soit environ 6% de la population totale du pays).

La transition démocratique et la constitution roumaine de 1991 qui garantit les droits des minorités, ainsi que la participation du parti représentant la minorité hongroise, l’UDMR, à la plupart des coalitions gouvernementales depuis 1991, ont permis un rapprochement entre les deux pays. Le Traité de base signé à Timisoara en septembre 1996 a constitué le point de départ d’une coopération bilatérale qui s’est déployée dans tous les domaines : politique, économique, militaire (exercices communs dans le cadre du Partenariat pour la paix en préparation de l’adhésion à l’OTAN) et culturel.

Bulgarie

Fondées sur le Traité de base de 1992, les relations avec la Bulgarie se sont resserrées dans le cadre des négociations pour l’entrée des deux pays dans les structures euro-atlantiques (adhésions simultanées à l’UE et à l’OTAN) ; Bucarest et Sofia souhaitent en outre intégrer l’espace Schengen.

Le dialogue bilatéral est aujourd’hui davantage nourri que par le passé. L’accord signé en 2007 pour la construction d’un deuxième pont sur le Danube (entre Vidin et Calafat, dont la mise en service, plusieurs fois retardée, est toujours attendue), ou encore les démarches communes pour le rétablissement de la navigation sur le Danube en sont une bonne illustration. Un différend territorial relatif à la délimitation du plateau continental sur la mer Noire persiste cependant (17 km2 contestés par Bucarest). Enfin, les deux pays souhaitent un renforcement de la présence de l’UE dans la région de la mer Noire.

Kosovo

Bucarest fait partie des cinq Etats membres de l’UE qui ne reconnaissent pas la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo. La Roumanie, dont la position reste liée à celle de la Serbie, a toutefois assoupli sa position depuis que la Serbie et le Kosovo ont accompli de très importants progrès dans la normalisation de leurs relations (accord de principe du 19 avril 2013 et début de mise en œuvre depuis). La Roumanie maintient 53 soldats au sein de la KFOR et 36 personnels dans la mission PSDC EULEX Kosovo.

Serbie

La Roumanie soutient les négociations d’adhésion de la Serbie avec l’Union européenne. Elle reconnait que quelques pas ont été faits par les autorités de Belgrade concernant le traitement de la minorité roumanophone mais estime la situation encore insatisfaisante. Elle souhaite la mise en œuvre intégrale du Protocole d’accord signé avec la Serbie en 2012.

Le Protocole prévoit des engagements concrets visant à protéger le droit des personnes appartenant à des minorités nationales, qui va de la représentation parlementaire à l’autorisation de construire des églises ou assurer le droit à l’éducation dans la langue maternelle. Il mentionne expressément la nécessité pour Belgrade d’admettre le lien entre son adhésion à l’Union et les critères de Copenhague qui incluent la protection des minorités. Un article important pour Bucarest recommande notamment à la partie serbe "de permettre le service religieux en langue maternelle à la population roumanophone de la Serbie orientale."

Mise à jour : 07.09.16


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