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Présentation de la Roumanie

Présentation

Données générales

Nom officiel : Roumanie
Capitale : Bucarest
Président : Klaus Iohannis

Données géographiques

Superficie : 237.500 km²
Population : 19,947 millions (2014)
Villes principales : Iasi, Cluj, Brasov, Constanta, Timisoara, Galati, Craiova, Sibiu
Langue officielle : roumain
Monnaie : leu (RON)
Fête nationale : 1er décembre

Données démographiques

Croissance démographique : - 0,39 % (2013)
Espérance de vie : 71 pour les hommes et 78,1 pour les femmes.
Taux d’alphabétisation : 98 %.
Religions : orthodoxes (87 %), catholiques, protestants
Indice de développement humain (Classement ONU 2011) : 0,785 – 54ème rang

Données économiques (2014)

PIB : 151,3 Mds €
PIB par habitant : 7 567 €
Taux de croissance : 3 %
Taux de chômage : 7 %
Taux d’inflation : 1,4 %
Dette publique : 38,7 % du PIB
Déficit budgétaire : 1,8 % du PIB (5,5 % en 2011, 3 % en 2012, 2,2 % en 2013, prévision 2015 : 1,5 %)
Echanges commerciaux franco-roumains : 6,58 Mds €
Exportations françaises : 3 432 M €
Importations françaises : 3 148 M €
Solde : 284 M € (excédent en faveur de la France)

Principaux clients : Allemagne (19,2%), Italie (11,7%), France (6,8%, 3ème client), Hongrie (5,1%), Turquie (4,4%)
Principaux fournisseurs : Allemagne (19,1%), Italie (10,7%), Hongrie (7,8%), France (5,7%, 4ème fournisseur), Pologne (4,6%)

Flux d’IDE sortant de France : -138,6 M €
Stock d’IDE détenu par la France : 3,88 Mds €

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • primaire : 6,5% (29% de la population active)
  • secondaire : 38,3% (28,6% de la population active)
  • tertiaire : 51,7% (42,4% de la population active)

Consulat de France : Bucarest ; agences consulaires à Brașov, Cluj, Constanţa et Timișoara
Communauté française en Roumanie : 2100 Français enregistrés

La Roumanie et l’UE

Fonds européens mis à disposition sur la période 2007-2013 : 32,2 Mds € dont

  • 19,2 Mds € pour les fonds structurels et de cohésion
  • 13 Mds € pour la PAC. Taux d’absorption au 31 décembre 2014 : 56,3 %, soit 10,81 Mds € sur les 19,2 Mds € mis à sa disposition (le plus faible taux de l’UE).

Fonds européens mis à disposition sur la période 2014-2020 : 30,6 Mds € dont

  • 22,4 Mds € pour les fonds structurels et de cohésion
  • 8,17 Mds € pour la PAC

Nombre de députés au Parlement européen : 33 /736
Nombre de voix au Conseil de l’UE (pondération, Traité de Nice) :14 /345 soit 4,1%
Nombre de voix au Conseil de l’UE (critère démographique, Traité de Lisbonne) : 4,36% (augmentation de 0,3%).
Commissaire européen : Mme Corina Creţu (Politique régionale)

Politique intérieure

L’accession de Klaus Iohannis à la tête de la Roumanie, le 21 décembre 2014, a tourné la page de dix années de présidence de Traian Băsescu. Cette décennie, au cours desquelles la Roumanie a achevé son processus d’adhésion à l’Union européenne et a conforté sa place dans l’OTAN, a également été marquée par une sévère cure d’austérité à partir de 2009 (qui a généré une forte opposition sociale et politique), ainsi que par des périodes de cohabitation tendue avec différents chefs de gouvernement (et deux tentatives avortées de destitution du Président en 2007 et 2012).

L’élection en novembre 2014 de M. Iohannis (PNL, centre-droit), représentant de la minorité allemande, a surpris, d’autant que, jusqu’au premier tour, les sondages donnaient favori le premier ministre d’alors, Victor Ponta (PSD, centre-gauche). Ce dernier a notamment pâti de la mauvaise organisation du vote des Roumains de l’étranger, qui a privé de son droit de vote une part non négligeable des 3 millions de membres de la diaspora. Un fort mécontentement a catalysé les profonds espoirs de réformes et de changement nourris par la frange la plus active de la société civile roumaine (comprenant notamment, outre la diaspora, les jeunes, l’électorat urbain et les habitants de Transylvanie). Ces électeurs se sont fortement mobilisés en faveur de la candidature de M. Iohannis qui, par sa bonne gestion pendant quatorze ans de la municipalité de Sibiu (ville prospère de Transylvanie, capitale européenne de la culture en 2007), s’est forgé une réputation de sérieux et d’intégrité.

Toutefois, en raison des spécificités de la Constitution roumaine, qui ne permet pas au président de révoquer son premier ministre et qui restreint fortement ses pouvoirs de dissolution du Parlement, M. Iohannis a dû cohabiter avec le premier ministre Ponta qui, fort d’une solide majorité parlementaire (coalition PSD-UNPR-ALDE), est resté au pouvoir jusqu’en novembre 2015. Dans les premiers mois de son mandat, profitant de sa légitimité issue des urnes et de sa popularité, le Président Iohannis est parvenu à instituer un dialogue relativement apaisé avec le premier ministre et a pu rassembler les différents partis politiques autour de certaines mesures symboliques (retrait d’un projet de loi controversé renforçant l’immunité des parlementaires ; accord politique pour une augmentation du budget de la défense ; débats en vue d’une réforme de la législation électorale et du fonctionnement des partis, adoptée au printemps 2015 ; etc).

Cependant, la multiplication des affaires judiciaires initiées par la Direction nationale anti-corruption (DNA) à l’égard de personnalités politiques de premier plan (dont deux ministres contraints à la démission) et les tentatives croissantes d’obstruction des parlementaires ont progressivement détérioré le climat de la cohabitation à partir du printemps 2015. Une première passe d’armes ouverte entre les deux têtes de l’exécutif a eu lieu début juin 2015, lorsque le premier ministre a, à son tour, fait l’objet d’une enquête pour faux en écriture, complicité d’évasion fiscale et blanchiment. Soutenu par sa majorité parlementaire, M. Ponta a résisté aux appels à la démission lancés par le Président Iohannis (mais a quitté symboliquement la présidence du PSD au profit de M. Dragnea). Il a par la suite été mis en difficulté par le Président sur son projet de réforme du code fiscal (cf. infra le point 6. Situation économique) jusqu’à ce qu’un compromis soit trouvé fin août 2015 et que les fils du dialogue soient renoués entre la majorité et l’opposition.

C’est dans ce contexte qu’est survenu le 30 octobre 2015, dans une discothèque de Bucarest, un tragique incendie, dont le lourd bilan (au moins 60 morts et 200 blessés) a été aggravé par de sérieux manquements aux règles de sécurité. Choqués par cette situation, de nombreux manifestants ont organisé dans plusieurs villes du pays une large vague de protestation contre la corruption et plus généralement contre la classe politique. Tirant les conséquences de ce mouvement, le premier ministre Victor Ponta (en outre officiellement traduit en justice depuis le 17 septembre) a présenté le 4 novembre 2015 sa démission.

Après des consultations avec les représentants des partis politiques et de la société civile, et afin de répondre aux attentes de l’opinion publique, le Président Iohannis a chargé le 10 novembre une personnalité indépendante, l’ancien commissaire européen Dacian Cioloș, de former un gouvernement d’experts transcendant les divisions partisanes. Ce dernier, composé de nombreuses personnalités issues des institutions européennes ou ayant travaillé régulièrement avec elles, a été approuvé le 17 novembre 2015 par le Parlement roumain. Il propose un programme réformateur axé sur plusieurs priorités : lutte contre la corruption, réforme de l’Etat, système électoral, stabilité économique, éducation, santé.

Prochaines échéances électorales : élections locales en juin 2016, législatives prévues fin 2016, présidentielles fin 2019.

Situation économique

La Roumanie a corrigé ses déséquilibres macroéconomiques responsables en 2009 d’une crise qui s’est révélée avant tout interne. En effet, la période de boom économique qu’a connue le pays de 2002 à 2008 (croissance de +6,5% par an en moyenne), reposait sur un mécanisme pernicieux, alimenté par diverses bulles (prix, salaires, crédits, immobilier), un afflux important de capitaux étrangers et une politique budgétaire expansionniste. Il en est résulté d’importants déséquilibres économiques : creusement du déficit du compte courant (12,4% du PIB en 2008) et du déficit budgétaire (passé de 3,1% du PIB en 2007 à 7,3% du PIB en 2009), inflation persistante (taux moyen de 5,6% en 2009 malgré la récession). L’économie roumaine a alors connu un sévère ajustement, avec une contraction de son PIB de 6,6% en 2009 et de 1,6% en 2010.

Les difficultés de financement ont obligé la Roumanie à faire appel aux bailleurs de fonds internationaux (principalement FMI, Commission européenne et Banque mondiale), avec qui elle a conclu un premier accord de confirmation en mars 2009 (portant sur une période de deux ans et une somme d’environ 20 Mds d’€), assorti d’un programme d’ajustement ambitieux. Arrivé à son terme en avril 2011, cet accord a été relayé par un deuxième programme sur deux ans également, mais cette fois de précaution (le soutien financier apporté par le FMI et la Commission européenne, de 5 Mds d’€, est mis à la disposition de la Roumanie mais ne peut être effectivement utilisé qu’en cas d’urgence). Des mesures d’austérité très amères ont été prises par le gouvernement (baisse de 25% des salaires dans la fonction publique, baisse de 15% des transferts sociaux hors retraites, augmentation de la TVA de 19% à 24%), mais ont porté leurs fruits (respect du critère de Maastricht en termes de déficit budgétaire dès 2012, contraction du déficit du compte courant, inflation réduite). La Roumanie a par ailleurs mis en œuvre des réformes structurelles (loi de responsabilité fiscale, loi établissant une grille unique de salaires dans la fonction publique, loi de réforme du système des retraites) visant à pérenniser les bons résultats de cet ajustement.

Aussi, après plusieurs années moroses, la croissance roumaine a enfin redémarré en 2013 (3,4%), tirée principalement par les exportations (contribution de +4,1% à la croissance). Cette tendance dynamique s’est prolongée en 2014, quoiqu’à un rythme légèrement moindre (3%) et portée majoritairement par la demande intérieure (+2,1%), laquelle devrait encore assurer des taux de croissance de 2,7% en 2015 et 2,9% en 2016, selon les estimations de la Commission européenne. Le taux de chômage est stable, autour de 7%, mais atteint 24% pour les jeunes.

Sur le plan budgétaire, les performances du pays en 2014 ont été meilleures que prévu (déficit de 1,8% en fin d’année, après avoir connu un surplus budgétaire de 0,29% sur les 10 premier mois). La Commission européenne et le FMI ont toutefois exprimé des craintes au sujet des allègements fiscaux voulus par le gouvernement Ponta dans le cadre d’une réforme du code fiscal, dont la mesure-phare était la baisse de la TVA (passée le 1er juin 2015 de 24% à 9% sur les produits alimentaires, les services de restauration et d’hôtellerie, et qui devait être abaissée le 1er janvier 2016 de 24% à 19% pour les autres produits et services). Les deux institutions, rejointes par la Banque centrale de Roumanie, ont en effet estimé que cette réduction fiscale aurait entraîné en 2016 une hausse de la dette publique de 35% à 42,5 % du PIB et un creusement du déficit public de 1% à 3,5%.

Le gouvernement Ponta, qui tablait sur une stimulation de la consommation et sur ses marges budgétaires actuelles pour absorber l’impact de ces mesures, a contesté cette analyse et a fait adopter son projet par le Parlement en juin 2015. Le président Iohannis a toutefois rejeté ce texte, dont il a demandé un réexamen. Après s’être opposés sur ce thème durant l’été, les partis de la majorité et de l’opposition sont parvenus fin août 2015 à un compromis, entériné par le Parlement : conformément à une demande du PNL, la baisse de la TVA sur les produits non alimentaires devrait se faire en deux temps (20% au 1er janvier 2016, puis 19% au 1er janvier 2017) ; d’autres mesures (allègement du droit d’accises sur les carburants et abaissement de 16 à 5% de l’impôt sur les dividendes, etc) sont également repoussées à 2017. Le gouvernement Ciolos, qui aura pour première tâche de faire adopter le budget 2016, devra tenir compte de ce contexte, de même que des discussions qui avaient lieu depuis l’été 2015 sur une possible hausse des salaires des fonctionnaires (une augmentation de 25% au 1er octobre 2015 a d’ores et déjà été accordée aux personnels médicaux du secteur public).

Commerce extérieur

Après un impressionnant rebond en 2010 (+25%), suivi d’une hausse soutenue en 2011 (+19%) qui l’a porté à un niveau historique (100,1 Mds €), le commerce extérieur roumain a stagné en 2012 (-0,5%), mais est reparti en 2013 (+5,2%) et en 2014 (+5,9%), s’établissant ainsi à 111 Mds € d’échanges. Avec 52,5 Mds € d’exportations pour 58,5 Mds € d’importations, le déficit commercial de la Roumanie s’élève à 6 Mds € en 2014, chiffre stable par rapport à 2013 (5,8 Mds €) et en nette réduction par rapport à 2011 et 2012 (plus de 9,5 Mds €).

La zone euro reste le principal partenaire de la Roumanie mais a vu ses parts s’éroder, notamment au profit des pays d’Europe de l’Est. Si les perspectives du commerce extérieur roumain restent intimement liées à la reprise dans la zone euro, on assiste à un redémarrage, notamment grâce aux ventes de véhicules (renouvellement de gamme Dacia, début de production Ford).

Energie

Taux de dépendance énergétique (Eurostat) : 22,7%
Moyenne UE : 53,4%

Mix énergétique :

  • Gaz : 30,6%
  • Charbon : 21,5%
  • Energies renouvelables : 14,7%
  • Pétrole : 24,8%
  • Nucléaire : 8,4%

La Roumanie présente la caractéristique d’être un pays producteur de gaz et de pétrole et bénéficie d’une bonne autonomie énergétique. Les réserves cumulées de gaz et de pétrole lui assurent respectivement, à paramètres constants, 28 et 16 années de consommation. Elle est dépendante du gaz russe pour 30% de ses approvisionnements (via l’Ukraine). Les 70% restants sont fournis par sa production nationale (10-12 Mds m³), qui a cependant tendance à décliner. Le pays disposerait d’importants gisements de gaz de schiste, évalués à 1 444 Mds de m3 par l’agence américaine EIA, équivalant à 100 ans de la consommation actuelle, concentrés en Transylvanie et en Dobroudja (au sud-est entre Danube et mer Noire), ainsi que des gisements offshore en mer Noire, qui pourraient lui assurer l’indépendance énergétique.

Le mix énergétique de consommation est relativement équilibré : 29% de produits pétroliers, 27% de gaz, 18% d’énergies renouvelables, 15% d’électricité.

La Roumanie possède deux réacteurs nucléaires de technologie canadienne CANDU, Cernavoda 1 et 2, mis en service respectivement en 1996 et 2007, et générant environ 20% de l’électricité du pays. Un projet de construction de nouvelles tranches a été initié au début des années 2000 mais n’a pas abouti à ce jour essentiellement par manque de capacité de financement, malgré la volonté politique inaltérée de développer le parc nucléaire. La Roumanie extrait et produit son propre uranium sur trois sites : Bihor, Banat et Crucea (Bucovine). Il couvre l’ensemble des besoins du pays, mais n’est pas exporté.

En matière de coopération industrielle, AREVA est présent aujourd’hui dans la filière nucléaire à travers un contrat de fourniture de systèmes de ventilation, signé en janvier 2012, avec le canadien SNC-Lavallin, qui est chargé de moderniser les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Cernavoda.

La Roumanie dispose d’une géographie favorable au développement des énergies renouvelables. Selon sa Stratégie énergétique pour la période 2007-2020 et son Plan National d’Action dans le domaine de l’énergie de sources renouvelables (PNAER), la Roumanie disposerait d’un potentiel important en matière d’énergies renouvelables : énergie solaire (1,2 TWh), énergie éolienne (23 TWh), énergie hydroélectrique (40 TWh).

Ce potentiel s’explique par des conditions naturelles particulièrement adéquates (relief, climat, ressources, géographie), favorisant le déploiement des technologies dans les régions suivantes :

  • pour l’énergie solaire, le Delta du Danube, la Dobroudja et la Plaine du Sud ;
  • pour l’énergie éolienne, la Dobroudja et la Moldavie (région de plaine et de colline) ;
  • pour le petit hydraulique, le plateau de Transylvanie, la Moldavie (région de plaines et de collines), les Carpates, ainsi que les régions au pied des Carpates Orientaux et Méridionaux ;
  • pour la biomasse - la Plaine du Sud, la Moldavie (région de plaine et de colline), les Carpates, ainsi que les régions au pied des Carpates Orientaux et Méridionaux ;
  • pour l’énergie géothermale – la Plaine du Sud et la Plaine de l’Ouest.

L’objectif d’assurer 38% de sa consommation brute d’électricité par des sources d’énergies renouvelables en 2020 devrait être atteint sans difficultés : ainsi, au 21 juin 2013, la production d’énergie électrique générée par des sources renouvelables s’élevait à 37,16%, dont 33,06% d’origine hydraulique et 4,10% d’origine éolienne. Malgré le caractère variable de cette production, la mise en service des projets en cours de réalisation dans l’éolien et le solaire donne une marge confortable au pays.

Le secteur de l’énergie est au centre des préoccupations des autorités roumaines en raison de son poids dans l’économie. Les enjeux sont notamment liés à la dérégulation de ce marché. La bonne mise en œuvre des réformes structurelles apparaît aujourd’hui comme une condition préalable incontournable pour inscrire la stabilité macroéconomique dans la durée et relancer l’activité sur une base saine. La Commission a dû engager une procédure d’infraction contre la Roumanie et lui a demandé de déréguler le secteur d’ici 2015.

Les minorités en Roumanie

Les deux minorités les plus importantes numériquement sont les Hongrois, qui représentent selon le recensement de 2011 6,11% de la population (soit 1,23 millions d’habitants), et les Roms, dont le nombre est difficile à établir (cette population ne se déclarant souvent pas comme telle lors des recensements) mais est évalué dans une fourchette entre un et deux millions de personnes (le recensement de 2011 ne décompte officiellement que 621 000 Roms, soit 3,09% de la population).

La minorité hongroise est représentée politiquement par l’Union démocratique des Magyars de Roumanie (UDMR), qui a quitté en décembre 2014 la coalition gouvernementale de Victor Ponta. La minorité rom, moins bien structurée politiquement, est représentée à la Chambre par le « Parti rom de Roumanie ».

Les autres minorités ethniques sont numériquement beaucoup plus modestes : 51 000 Ukrainiens, 36 000 Allemands, 28 000 Turcs, 20 000 Tatars, mais aussi des Juifs, des Albanais, des Ruthènes… Dix-huit organisations nationales représentant les minorités siègent actuellement au Parlement roumain.

Hors de Roumanie, la plus grande minorité roumanophone est située en Hongrie, avec plus de 400 000 personnes. En Serbie, un dialecte du roumain est parlé par environ 40 000 Valaques ou Aroumains. Les autres minorités roumaines d’importance se situent en Bulgarie (environ 11 000 personnes) et en Hongrie (près de 8 000 personnes). La langue roumaine est parlée dans de nombreux pays par des émigrés roumanophones ayant acquis la nationalité des pays de résidence ou y résidant temporairement. Les principales communautés se trouvent en Espagne, aux Etats-Unis, en Israël et en Italie.

Situation des populations Roms en Roumanie

A la différence de la Bulgarie, les Roms vivent rarement dans des quartiers distincts du reste de la population. Les Roms de Roumanie sont pour la plupart sédentaires et vivent souvent en milieu rural, où ils possèdent des micro-exploitations. Ils sont majoritairement chrétiens orthodoxes, mais on peut constater un certain essor des nouvelles églises protestantes (pentecôtistes, évangéliques, adventistes). Certains Roms n’ont pas le romani (langue vernaculaire de la communauté) comme langue natale, mais le roumain.

Les cas d’agressions ciblées contre des Roms sont rares. En revanche, les ONG qui travaillent avec les communautés Roms signalent de nombreux cas de discriminations sociales. Plus d’un tiers des enfants Roms de Roumanie ne sont pas scolarisés.

Politique extérieure

L’Alliance atlantique et les relations avec les Etats-Unis

L’Alliance atlantique : la relation transatlantique est essentielle pour la Roumanie, qui a marqué avec faste en 2014 le dixième anniversaire de son appartenance à l’OTAN. En 2008, elle a obtenu l’organisation du XXème Sommet de l’Alliance, le premier dans un pays de l’ex-bloc communiste (et également le premier auquel participait le président russe Vladimir Poutine, parallèlement à la première visite bilatérale en Roumanie d’un chef d’Etat russe depuis la chute du régime communiste). La Roumanie a déployé jusqu’à 1.800 hommes en Afghanistan, et contribue aujourd’hui à hauteur de 650 personnels à la mission de conseil et de formation de l’armée afghane (« Resolute Support »), qui a succédé à la FIAS le 1er janvier 2015. Elle déploie également 53 personnels au sein de la KFOR. Ces opérations, bien qu’effectuées avec l’aide des Etats-Unis, ont représenté pour le pays un effort logistique et financier considérable, qui a pesé sur sa disponibilité globale de projection. Dans la réponse de long terme à la crise russo-ukrainienne, la roumanie accorde un rôle important à l’OTAN, qui passe, dans un premier temps, par la demande de mesures de réassurance (missions de contrôle et de surveillance des espaces aériens, notamment). Dans le cadre du plan d’action pour la réactivité (RAP) décidé au sommet du Pays de Galles de septembre 2014, Bucarest accueille depuis l’été 2015 une des six unités d’intégration des forces de l’OTAN (NFIU), ainsi que le commandement de la division multinationale Sud-Est de l’OTAN (prévue pour être opérationnelle au printemps 2016). Enfin, les autorités roumaines organiseront début novembre 2015 un Sommet des pays du flanc Est de l’Alliance, en amont du Sommet de Varsovie de 2016. L’OTAN reste l’institution internationale la plus fiable aux yeux de la population roumaine (soutien à 62% en juillet 2015).

Relations avec les Etats-Unis : les deux pays sont liés par un partenariat stratégique depuis 1997. La Roumanie accueille deux bases américaines, en vertu d’un accord du 6 décembre 2005, qui a constitué un succès extérieur et intérieur pour le président Basescu. Lors de sa visite à Washington en septembre 2011, ce dernier a signé avec le président Obama une « Déclaration commune sur le partenariat stratégique pour le 21ème siècle » qui, outre sa dimension militaire, inclut également d’autres domaines de coopération comme : le soutien à la démocratie et aux droits fondamentaux dans les Etats membres du partenariat oriental ; la sécurité énergétique de la région ; le commerce et l’investissement ; et enfin la diversification des contacts entre communautés scientifiques. A cette occasion a également été l’accord intergouvernemental prévoyant la mise en place d’éléments du système de défense antimissile (ABM) sur la base roumaine de Deveselu (sud du pays). Les travaux ont été lancés en octobre 2013 et devraient s’achever d’ici la fin de l’année 2015.

La politique régionale de la Roumanie : diplomatie de bon voisinage et ouverture sur la Mer noire

Bucarest s’efforce depuis sa transition démocratique d’établir de bonnes relations avec ses voisins et de jouer un rôle régional. Elle soutient le renforcement de la présence de l’Union européenne dans la région à travers la « Synergie mer Noire » lancée en avril 2007, qui vise à améliorer la coopération régionale, notamment à travers l’Organisation de coopération économique de la Mer noire (OCEMN ou BSEC selon l’acronyme anglais), dont elle est membre.

Moldavie

Intégrée à l’Empire russe en 1812, avant d’être rattachée à la Roumanie en 1918, puis annexée par l’URSS en 1941, et enfin devenue indépendante après l’éclatement de celle-ci en 1991, la Moldavie, majoritairement peuplée de roumanophones, entretient avec Bucarest des relations traditionnellement proches. La Roumanie a ainsi été le premier Etat à reconnaître l’indépendance de la Moldavie, dès 1991. Ses dirigeants lui réservent d’ordinaire leur première visite à l’étranger (tel le président Iohannis le 28 novembre 2014, avant même son investiture). Symboliquement, les deux gouvernements ont même tenu une session commune le 3 mars 2012 à Iasi, capitale de la région roumaine homonyme de Moldavie.

La Roumanie entretient d’intenses échanges humains avec son voisin du nord-est, notamment dans le domaine culturel et universitaire (plus de 10.000 étudiants moldaves seraient inscrits dans les universités roumaines), de nombreux Roumains ayant en outre de la famille en Moldavie. Ces échanges, un temps compliqués par l’adhésion de la Roumanie à l’UE et l’obligation de visa qui en a découlé pour les ressortissants moldaves, sont à nouveau facilités depuis la levée de cette exigence dans le cadre des accords entre Chisinau et l’UE. En outre, plus de 200.000 Moldaves, dont les parents ou grands-parents étaient roumains en 1941, auraient profité depuis 1991 de la possibilité qui leur était donnée d’obtenir la nationalité roumaine.

La proximité des deux pays n’est cependant pas exempte d’une certaine ambiguïté sur la question de la « réunification », qui a pu créer des irritants entre les deux gouvernements dans le passé. En effet, l’héritage commun des deux pays a conduit, au moment de l’indépendance, une partie des roumanophones de Moldavie à envisager une réunification avec la Roumanie. Toutefois, le conflit en Transnistrie et le poids des populations slavophones (Russes, Ukrainiens) et turcophones (Gagaouzes) en Moldavie ont rapidement montré que cette option n’était pas réaliste. Elle reste pourtant perçue favorablement par près des deux tiers des Roumains et, depuis 2012, une « marche pour la Bessarabie », regroupant quelques milliers de personnes, est organisée chaque année dans les rues de Bucarest par la plateforme civique « Acţiunea 2012 » pour la revendiquer.

Pour surmonter cette contradiction, les élites roumaines envisagent désormais la communauté de destins des deux Etats dans le cadre européen, d’où le souhait de Bucarest qu’une perspective d’adhésion à l’UE soit accordée à Chisinau. Les autorités roumaines s’attachent ainsi à soutenir la modernisation de la Moldavie (une assistance financière roumaine de 150 millions d’euros est même envisagée par un accord bilatéral conclu le 7 octobre 2015, dont la ratification est toutefois conditionnée par le Président Iohannis à la poursuite des réformes par les autorités de Chisinau). Bucarest a également pour priorité de garantir à terme l’indépendance énergétique de sa voisine : un premier gazoduc entre Iași et Ungheni, qui raccorde la Moldavie au réseau gazier roumain (autosuffisant à 70%), est opérationnel depuis le 4 mars 2015 ; son extension est envisagée, de même que l’interconnexion entre les réseaux électriques des deux pays.

Ukraine

Les relations entre la Roumanie et l’Ukraine sont marquées par la question des minorités ethniques : la minorité ukrainienne en Roumanie représente, d’après les chiffres du recensement de 2011, 51 000 personnes. Cette minorité est représentée au Parlement (un mandat de député lui est réservé) et dispose d’une offre en matière d’écoles bilingues réelle, mais limitée en regard de la taille de cette population (un lycée bilingue à Sighet à la frontière ukrainienne, des cours de langue ukrainienne dans plusieurs écoles). L’Ukraine s’inquiète périodiquement du respect des droits de cette minorité. La minorité roumaine en Ukraine représente quant à elle plus de 300 000 personnes.

Deux questions venaient en outre traditionnellement troubler les relations roumano-ukrainiennes, dont l’une a été résolue :

  • la question de la délimitation de la frontière maritime entre la Roumanie et l’Ukraine (dite « problème de l’Ile-aux-Serpents »), aux enjeux économiques forts dans cette zone riche en hydrocarbures, a été tranchée par la Cour internationale de justice en janvier 2009, la Roumanie obtenant environ 80% du territoire contesté ;
  • les travaux d’aménagement du canal de Bystroe entrepris par l’Ukraine pour se doter d’une voie navigable du Danube à la Mer Noire sont à l’origine d’un nouveau contentieux entre ces deux Etats, la Roumanie s’inquiétant des conséquences qu’auraient ces travaux sur l’environnement du delta du Danube, écosystème unique au monde inscrit par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.

La Roumanie soutient en tout état de cause les aspirations de l’Ukraine à rejoindre l’UE et l’OTAN. Elle a très vite apporté son appui à la nouvelle équipe issue des manifestations de la place Maïdan, en février 2014, et soutient une ligne de grande fermeté vis-à-vis de la Russie dans la crise ukrainienne.

Hongrie

Les relations entre la Roumanie et la Hongrie ont longtemps été rendues difficiles par la question des minorités hongroises de Transylvanie. La Transylvanie, région de l’Empire d’Autriche-Hongrie à population majoritairement roumaine, mais comportant une très forte minorité hongroise, a en effet été intégrée à la Roumanie après la Première Guerre mondiale par le traité de Trianon, d’où des tensions occasionnelles autour de la question des droits de la minorité hongroise (qui représente 1,2 millions d’habitants, soit environ 6% de la population totale du pays).

La transition démocratique et la constitution roumaine de 1991 qui garantit les droits des minorités, ainsi que la participation du parti représentant la minorité hongroise, l’UDMR, à la plupart des coalitions gouvernementales depuis 1991, ont permis un rapprochement entre les deux pays. Le Traité de base signé à Timisoara en septembre 1996 a constitué le point de départ d’une coopération bilatérale qui s’est déployée dans tous les domaines : politique, économique, militaire (exercices communs dans le cadre du Partenariat pour la paix en préparation de l’adhésion à l’OTAN) et culturel.

Bulgarie

Fondées sur le Traité de base de 1992, les relations avec la Bulgarie se sont resserrées dans le cadre des négociations pour l’entrée des deux pays dans les structures euro-atlantiques (adhésions simultanées à l’UE et à l’OTAN) ; Bucarest et Sofia souhaitent en outre intégrer l’espace Schengen.

Le dialogue bilatéral est aujourd’hui davantage nourri que par le passé. L’accord signé en 2007 pour la construction d’un deuxième pont sur le Danube (entre Vidin et Calafat, dont la mise en service, plusieurs fois retardée, est toujours attendue), ou encore les démarches communes pour le rétablissement de la navigation sur le Danube en sont une bonne illustration. Un différend territorial persiste relatif à la délimitation du plateau continental sur la mer Noire (17 km2 contestés par Bucarest). Enfin, les deux pays souhaitent un renforcement de la présence de l’UE dans la région de la mer Noire.

Kosovo

Bucarest a rappelé, après la déclaration d’indépendance de Pristina du 17 février 2008, son opposition sur le fond à une indépendance unilatérale du Kosovo, qu’elle refuse de reconnaître (de même, au sein de l’UE, que l’Espagne, la Grèce, la Slovaquie et Chypre). La Roumanie a toutefois assoupli sa position depuis que la Serbie et le Kosovo ont accomplis de très importants progrès dans la normalisation de leurs relations (accord de principe du 19 avril 2013 et début de mise en œuvre depuis). Le président Basescu a ainsi tenu à souligner que la position roumaine s’était infléchie au sujet de la participation de Pristina à des organisations régionales mais qu’elle demeurait liée à celle de Belgrade et aux quatre Etats membres de l’Union (Chypre, Slovaquie, Espagne et Grèce) ne reconnaissant pas le Kosovo. La Roumanie maintient 53 soldats au sein de la KFOR et 36 personnels dans la mission PSDC EULEX Kosovo.

Serbie

La Roumanie soutient les négociations d’adhésion de la Serbie avec l’Union européenne. Elle reconnait que quelques pas ont été faits par les autorités de Belgrade concernant le traitement de la minorité roumanophone mais estime la situation encore insatisfaisante. Elle souhaite la mise en œuvre intégrale du Protocole d’accord signé avec la Serbie en 2012.

Le Protocole prévoit des engagements concrets visant à protéger le droit des personnes appartenant à des minorités nationales, qui va de la représentation parlementaire à l’autorisation de construire des églises ou assurer le droit à l’éducation dans la langue maternelle. Il mentionne expressément la nécessité pour Belgrade d’admettre le lien entre son adhésion à l’Union et les critères de Copenhague qui incluent la protection des minorités. Un article important pour Bucarest recommande notamment à la partie serbe "de permettre le service religieux en langue maternelle à la population roumanophone de la Serbie orientale."

La Roumanie indique que, malgré ces difficultés, elle ne souhaite pas bloquer le processus d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne.

Mise à jour : 23.11.15

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