Présentation de la Roumanie

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : Roumanie
Nature du régime : régime semi-parlementaire
Président de la République : Klaus Werner Iohannis (21 décembre 2014)
Premier ministre : Mihai Tudose (29 juin 2017)

Données géographiques

Superficie : 237 500 km²
Capitale : Bucarest
Villes principales : Cluj-Napoca, Timișoara, Iași, Constanța, Craiova, Brașov, Galați
Langue officielle : roumain
Monnaie : leu
Fête nationale : 1er décembre

Données démographiques
(sources : Eurostat, Banque mondiale, PNUD)

Population (2016) : 19 760 314
Densité : 83,2 hab./km²
Croissance démographique (2015) : -0,5%
Espérance de vie (2015) : 71,3 ans (hommes) ; 78,4 ans (femmes)
Taux d’alphabétisation (2015) : 98,8%
Religions : pas de religion officielle. Orthodoxie (env. 80%), protestantisme (env. 7%), catholicisme (env. 5%)
Indice de développement humain (2015) : 0,802 (50e rang)

Données économiques
(sources : Eurostat, Trésor, BIT)

PIB (2016, en prix courants) : 169,08 Mds €
PIB par habitant (2016, aux prix du marché) : 8 600 €
Croissance (2016) : 4,8%
Chômage (2016, au sens du BIT) : 5,9%
Inflation (2016) : -1,1%
Solde budgétaire (2016) : - 5,15 Mds € (-3,0% du PIB)
Balance commerciale (2016) : - 9,9 Mds €
Principaux clients : Allemagne (21,5%), Italie (11,6%), France (7,2%), Hongrie (5,2%)
Principaux fournisseurs : Allemagne (20,5%), Italie (10,3%), Hongrie (7,5%), France (5,5%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (estimation 2016) :

  • agriculture : 3,3%
  • industrie : 35,4%
  • services : 61,3%

Exportations de la France vers la Roumanie (2016) : 3 633,6 M€
Importations françaises depuis la Roumanie (2016) : 3 800,0 M€
http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/roumanie

Composition du gouvernement
(en fonctions depuis le 29 juin 2017)

Mihai TUDOSE, premier ministre (PSD)
Sevil SHHAIDEH, vice-première ministre, ministre du développement régional, de l’administration publique et des fonds européens (PSD)
Grațiela-Leocadia GAVRILESCU, vice-première ministre, ministre de l’environnement (ALDE)
Ion-Marcel CIOLACU, vice-premier ministre (PSD)
Carmen Daniela DAN, ministre des affaires intérieures (PSD)
Teodor-Viorel MELEȘCANU, ministre des affaires étrangères (ALDE)
Mihai-Viorel FIFOR, ministre de la défense (PSD)Ionuţ MIŞA, ministre des finances publiques (PSD)
Tudorel TOADER, ministre de la justice (sans affiliation partisane)
Petre DAEA, ministre de l’agriculture et du développement rural (PSD)
Liviu Marian POP, ministre de l’éducation nationale (PSD)
Lia-Olguța VASILESCU, ministre du travail et de la justice sociale (PSD)
Gheorghe ŞIMON, ministre de l’économie (PSD)
Toma-Florin PETCU, ministre de l’énergie (ALDE)
Alexandru-Răzvan CUC, ministre des transports (PSD)
Ilan LAUFER, ministre pour l’environnement des affaires, le commerce et l’entreprenariat (sans affiliation partisane)
Florian-Dorel BODOG, ministre de la santé (PSD)
Lucian ROMAŞCANU, ministre de la culture et de l’identité nationale (PSD)
Adriana-Doina PANĂ, ministre des eaux et forêts (PSD)
Lucian Puiu GEORGESCU, ministre de la recherche et de l’innovation (PSD)
Lucian ŞOVA, ministre des communications et de la société de l’information (PSD)
Marius-Alexandru DUNCA, ministre de la jeunesse et du sport (PSD)
Mircea-Titus DOBRE, ministre du tourisme (PSD)
Andreea PĂSTÎRNAC, ministre pour les Roumains de l’étranger (PSD)
Gabriel PETREA, ministre de la consultation publique et du dialogue social (PSD)
Viorel ILIE, ministre pour les relations avec le Parlement (ALDE)
Rovana PLUMB, ministre déléguée pour les fonds européens (PSD)
Victor NEGRESCU, ministre délégué pour les affaires européennes (PSD)

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://ro.ambafrance.org
Consulat(s) : agences consulaires à Brașov, Cluj-Napoca, Constanța, Iași et Timișoara
Délégations régionales de l’Institut Français de Roumanie à Cluj-Napoca, Iasi et TimisoaraCommunauté française (2016) : 3 945 inscrits, en nette croissance, notamment grâce à la communauté estudiantine
Communauté roumaine en France : environ 200 000 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Klaus Iohannis, porté au pouvoir par le PNL (parti de centre-droit), a été investi à la présidence de la Roumanie le 21 décembre 2014. L’élection en novembre 2014 de ce membre de la minorité allemande a surpris, alors que les sondages donnaient pour favori le premier ministre d’alors, Victor Ponta (PSD, centre-gauche), et a révélé un désir de changement d’une partie de la société roumaine. Le président Iohannis a dû toutefois cohabiter près d’un an avec M. Ponta et sa majorité parlementaire, jusqu’à la démission de ce dernier, le 4 novembre 2015, suite au mouvement de protestation contre la corruption provoqué par un tragique fait divers (incendie de la discothèque Colectiv).

Le président Iohannis a alors chargé une personnalité indépendante, l’ancien commissaire européen Dacian Cioloș, de former un gouvernement d’experts pour mener le pays jusqu’au terme normal des élections législatives, fin 2016. Ce gouvernement a été approuvé le 17 novembre 2015 par le Parlement sur le fondement d’un programme de réformes prioritaires (lutte contre la corruption, réforme de l’Etat, stabilité économique, éducation, santé), dont il a posé les bases durant son année d’exercice du pouvoir.

Les législatives du 11 décembre 2016 ont ramené au pouvoir le PSD qui, avec son allié libéral ALDE, est assuré d’une solide majorité dans les deux chambres du Parlement (174 sièges sur les 329 de la Chambre des députés et 76 sur les 136 du Sénat). Cette coalition semble pouvoir compter au besoin sur un soutien du parti de la minorité hongroise (UDMR, 21 députés, 9 sénateurs), les formations de droite (PNL et PMP) et le parti issu de la société civile (Union « Sauvez la Roumanie » / USR) formant l’opposition.

Investi le 4 janvier 2017, le gouvernement de Sorin Grindeanu a créé la polémique en adoptant le 31 janvier une réforme contestée de la justice, restreignant sensiblement les moyens des magistrats dans la lutte contre la corruption. Un mouvement de protestation, soutenu par le président Iohannis et les principales instances judiciaires, s’est développé à travers tout le pays et a atteint une ampleur inégalée depuis 1989 (jusqu’à 600.000 participants le 5 février). Face à ces réactions, le gouvernement a fait des gestes de compromis (abrogation des textes contestés le 5 février, démission le 9 février du ministre de la Justice, instigateur de la réforme, et remaniement partiel le 23 février), qui ont permis un retour au calme.

Suite à des divergences internes apparues au sein même des partis de la coalition, le gouvernement Grindeanu a cependant été renversé le 21 juin 2017 par une motion de censure du Parlement. Un nouveau gouvernement a été investi le 29 juin, sous la direction de M. Mihai Tudose, qui détenait auparavant le portefeuille de l’Économie. La société civile reste plus que jamais vigilante sur l’action du gouvernement et du Parlement, alors que vient d’être présenté un nouveau projet de loi apparaissant réduire l’indépendance des magistrats vis-à-vis du gouvernement.

Un projet de référendum d’initiative populaire (3 millions de signatures) visant à inscrire dans la Constitution une définition exclusivement hétérosexuelle du mariage est en cours d’examen au Parlement, étape préalable à son organisation. Il est activement soutenu par l’homme fort de la coalition au pouvoir, Liviu Dragnea, président du Parti social-démocrate et président du Parlement.

Situation économique

L’économie roumaine qui, après plusieurs années d’expansion rapide, a connu un sévère ajustement en 2009 et 2010 (contraction du PIB de 6,6% puis 1,6%) a renoué depuis 2013 avec une croissance dynamique (oscillant entre 3% du PIB en 2014 et 4,8% en 2016). Elle a corrigé ses déséquilibres macroéconomiques au prix d’une cure d’austérité drastique (baisse de 25% des salaires de la fonction publique et de 15% des transferts sociaux hors retraites, augmentation de la TVA à 24%) et de trois programmes successifs d’aide conclus avec le FMI et la Commission européenne (en vigueur de 2009 à 2015). Ces mesures ont permis à Bucarest de maîtriser son déficit public dès 2012 et d’afficher depuis de bonnes performances économiques : en 2016, la dette publique représentait 37,7% du PIB roumain, et le taux de chômage a poursuivi sa baisse (5,9%, sans toutefois endiguer un phénomène de « fuite des cerveaux », notamment chez les jeunes).

Cependant, les allègements fiscaux introduits par le gouvernement Ponta en 2015 (retour progressif de la TVA à 19%, et abaissement à 9% pour les produits alimentaires, la restauration et l’hôtellerie), non remis en cause par le gouvernement Ciolos, s’ils ont contribué à soutenir la croissance, ont sensiblement creusé le déficit public, passé de 0,7% en 2015 à 2,4% du PIB en 2016. Les mesures pro-cycliques du gouvernement Grindeanu (revalorisation substantielle des salaires et des retraites) pourraient accentuer cette tendance et détourner la Roumanie de ses objectifs au titre du Pacte de stabilité et de croissance. La Commission européenne anticipe pour 2017 un déficit public roumain de 3,6% (2,96% selon les prévisions du gouvernement) et une dette dépassant les 40%, ce qui pourrait remettre en cause à terme les efforts de consolidation de l’économie roumaine. D’autant que la croissance roumaine, principalement soutenue par une demande interne à laquelle la production domestique ne répond que partiellement, s’accompagne d’un commerce extérieur en hausse (124,7 Mds € d’échanges, +6,1%), mais dont le déficit se creuse (9,9 Mds €, soit +11,2% en un an).

Politique européenne

La Roumanie est entrée dans l’Union européenne le 1er janvier 2007, mais reste à ce stade en dehors de l’espace Schengen et de la zone euro. L’appartenance à l’UE fait largement consensus parmi la classe politique et l’opinion publique roumaines. Bucarest assurera la présidence du Conseil de l’UE pour la première fois au 1er semestre 2019.

Présence dans les institutions européennes : Corina Crețu est Commissaire européenne pour la politique régionale. Bucarest dispose de 32 députés au Parlement européen.

Avenir de l’UE : La Roumanie souhaite une relance du projet européen sur le fondement des traités et un approfondissement de l’intégration européenne. Elle est réticente à une Europe à plusieurs vitesses, au sein de laquelle elle craint d’être marginalisée, et reste attachée à la politique de cohésion et à la PAC.

Brexit : La Roumanie regrette le Brexit, tout en respectant la décision britannique. Elle souhaite le maintien de liens aussi étroits que possible entre Londres et les 27, notamment sur les questions de politique étrangère, et reste très attentive aux conséquences budgétaires du Brexit (notamment sur les fonds structurels), ainsi qu’aux droits de ses ressortissants au Royaume-Uni (environ 135.000 personnes).

Défense européenne : La Roumanie manifeste un intérêt croissant pour la PSDC, en restant attachée à sa complémentarité avec l’OTAN. Avec 144 personnels mis à disposition, elle participe à l’ensemble des missions et opérations de l’UE (sauf EUBAM Rafah), avec des contributions significatives à EUFOR Althea, EULEX Kossovo, EUMM Géorgie et EUCAP Sahel Mali.

Réfugiés : Relativement épargnée par la crise migratoire, la Roumanie se veut cependant un partenaire responsable et solidaire : malgré un refus initial des décisions du Conseil JAI de septembre 2015, elle s’est finalement engagée à accueillir 4 260 personnes au titre des relocalisations et réinstallations (568 l’avaient effectivement été à la mi-avril 2017, en provenance essentiellement de Grèce).

Politique régionale : Pour la période 2014-2020, la Roumanie bénéficie de 30,8 Mds € de fonds européens (env. 1.560 € par habitant), dont 22,5 Mds € au titre des fonds structurels et de cohésion et 8,3 Mds € au titre de la PAC. L’impact de ces fonds est important pour la croissance économique du pays et le développement de ses infrastructures. Avec, fin 2016, un taux d’absorption de 90% de son enveloppe 2007-2013, Bucarest a réduit une partie de son retard (elle n’était qu’à 38% d’absorption fin 2013), mais affiche toujours un faible taux d’engagement et de consommation des fonds de son enveloppe 2014-2020.

Travailleurs détachés : La Roumanie fait partie des 11 États dont les Parlements nationaux ont transmis un avis motivé contre la proposition de la Commission européenne de révision de la directive de 1996 sur le détachement des travailleurs (procédure dite du « carton jaune »). Un dialogue bilatéral est entretenu dans le cadre d’un groupe de travail constitué depuis avril 2016.

Climat : Le président Iohannis a promulgué le 10 avril 2017 la loi ratifiant l’accord de Paris (texte approuvé par la Chambre des députés le 7 novembre 2016, puis par le Sénat le 13 mars 2017).

Euro : La Roumanie se fixe pour objectif d’adopter à terme la monnaie unique, mais n’a pas déterminé de date pour rejoindre au préalable le mécanisme de taux de change européen (MCE II).

MCV : La Roumanie (comme la Bulgarie) a été soumise, lors de son adhésion à l’UE, au mécanisme de coopération et de vérification (MCV), mis en place pour l’aider à progresser dans deux domaines prioritaires (réforme judiciaire et lutte contre la corruption). Dans ce cadre, la Commission européenne rend des rapports annuels, dont le dernier, publié le 25 janvier 2017, tire aussi un bilan décennal. Pour la 4e année consécutive, elle note une tendance positive dans les progrès réalisés par la Roumanie, mais met l’accent sur la nécessaire irréversibilité des réformes accomplies. Elle formule 12 recommandations concrètes dont la mise en œuvre pleine et durable conduirait à terme à une levée du mécanisme.

Schengen : L’entrée dans l’espace Schengen, dans un premier temps au moins pour ses aéroports, demeure un objectif central de la Roumanie. En juin 2011, le Conseil a adopté des conclusions relevant un niveau de préparation de Bucarest et Sofia suffisant sur le plan technique, mais il n’y a pas eu d’unanimité des Etats membres en vue de l’adhésion des deux pays. L’examen de la question a été renvoyé à une date ultérieure au Conseil JAI de décembre 2013.

Politique étrangère

Russie : La Roumanie défend traditionnellement une ligne dure à l’égard de Moscou, dont elle dénonce la politique de déstabilisation dans les pays du Partenariat oriental et des Balkans occidentaux. Elle soutient le maintien des sanctions jusqu’à la pleine application des accords de Minsk et plaide en outre pour une communication stratégique de l’UE face à la propagande russe.

Ukraine : La Roumanie soutient les aspirations de l’Ukraine (où vit une minorité roumanophone d’environ 300.000 personnes) à rejoindre l’UE et l’OTAN.

Partenariat oriental / Moldavie : Bucarest soutient le Partenariat oriental et souhaite l’ouverture de « perspectives européennes » pour ces pays, au premier rang desquels la Moldavie (pays dont elle partage la langue et la culture). La Roumanie apporte à Chisinau une assistance financière bilatérale de 150 M€, désormais assortie de conditionnalités de réformes, et contribue à son approvisionnement gazier (gazoduc Iași-Ungheni ouvert en 2015). Les deux pays ont tenu en mars 2017 leur 3e conseil des ministres conjoint.

Relations transatlantiques : Bucarest, qui voit en Washington le principal garant de sa sécurité, est très attachée au maintien de liens forts avec les Etats-Unis, avec lesquels elle a conclu un partenariat stratégique en 1997.

OTAN : La Roumanie considère l’OTAN, qu’elle a rejointe en 2004, comme la clé de voûte de sa politique de défense. Elle héberge, depuis 2015, le commandement de la division multinationale Sud-Est de l’Alliance et des éléments avancés de contrôle (NFIU) ainsi que, depuis 2016, une partie du « bouclier antimissile » sur sa base de Deveselu. Elle consacre 2% de son PIB à son budget de défense depuis 2017.

Mise à jour : 12.09.17

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