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Géographie et histoire

Géographie

Situé à l’ouest de l’Amérique du sud, bordé par l’Équateur et la Colombie au nord, à l’est par le Brésil et la Bolivie, au sud par le Chili et à l’ouest par l’océan Pacifique, traversé par la cordillère des Andes et pénétré par la forêt amazonienne, c’est le troisième pays le plus vaste du sous continent, après le Brésil et l’Argentine.

Son territoire est composé de 3 régions principales : la zone littorale, ou Costa, constituée de plaines fertiles assurant l’essentiel de la production agricole et industrielle, la zone montagneuse, ou Sierra, qui comprend la Cordillère des Andes (culminant à 6768 mètres d’altitude avec le Huascarán) et la région amazonienne ou Selva. Le lac Titicaca, le plus vaste lac d’altitude au monde (8340 km², 3900 m), se situe au sud-est, à la frontière entre le Pérou et la Bolivie.

Histoire

Le Pérou est le berceau de riches civilisations préhispaniques (Chimu, Moche, Huari, etc.) Au moment de la conquête par les troupes de Francisco Pizarro en 1531, le pays était dominé par les Incas, qui avait formé un vaste empire (« Tahuantinsuyu ») englobant des territoires répartis aujourd’hui entre la Colombie, le Pérou l’Equateur, la Bolivie, le Chili et l’Argentine. Le Pérou, siège d’un vice-royaume espagnol, est devenu une République indépendante le 28 juillet 1821. Après la bataille d’Ayacucho, qui scelle la défaite de l’Espagne en 1824, le pays se scinde entre le haut-Pérou, resté fidèle à Bolivar, qui prend le nom de Bolivie, et le bas-Pérou, proche des frontières actuelles péruviennes.
L’histoire du Pérou a été marquée par les conflits frontaliers avec l’Équateur et le Chili. Les premiers débutèrent à partir des années 1830 et se poursuivirent jusqu’au 20ème siècle avec notamment la Guerre de 1941, le Conflit du Falso Paquisha en 1981 et la Guerra du Cenepa en 1995. Les relations entre les deux pays sont désormais stabilisées et ne comporte plus aucun différend frontalier aigu. Le Pérou a également connu des conflits frontaliers avec le Chili, avec la Guerre contre la Confédération péruvio-bolivienne (1836-1839), et surtout la guerre du Pacifique, qui opposa le Pérou et la Bolivie au Chili entre 1879 et 1884. En 1929, un Traité est signé entre les deux pays, qui attribue la région de Tacna au Perou et celle d’Arica au Chili. Les différends ne sont toutefois pas tous éteints : un différend maritime a été réglé par un arrêt de la Cour internationale de Justice du 27 janvier 2014 ; un différend terrestre persiste à propos d’une portion très réduite de territoire (37 000 m2), revendiqué par le Chili (différend qui a repris de la vigueur en 2015 à la suite de la création par le Pérou d’un district englobant ce territoire).

Entre 1980 et 2000, le Pérou a été profondément affecté par les violences liées au conflit interne avec le Sentier Lumineux et le Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (mouvements révolutionnaires terroristes d’extrême-gauche), qui ont fait près de 70.000 morts et disparus.
Le premier mandat du Président Fujimori, entre 1990 et 1995, a été caractérisé par un redressement économique d’inspiration néolibérale et une lutte résolue contre le terrorisme (arrestation du dirigeant historique du Sentier Lumineux, Abimael Guzmán, le 12 septembre 1992). Mis en difficulté par le Parlement, M. Fujimori le dissout et suspend la Constitution en avril 1992 (« auto-coup d’État »). Entre 1995 et 2000, il poursuit la libéralisation de l’économie, sans parvenir à résoudre les problèmes sociaux, tandis que la dérive autoritaire du régime s’accentue. Après les élections contestées d’avril-mai 2000, M. Fujimori abandonne le pouvoir et prend la fuite au Japon (novembre). Le Congrès vote sa destitution le 17 novembre 2000. Arrêté au Chili en novembre 2005 et extradé au Pérou en septembre 2007, il est finalement condamné en avril 2009 par la justice péruvienne à une peine de 25 ans de prison pour violations des droits de l’Homme (massacre de « Barrios Altos », avril 1991).
Après la transition gouvernementale assurée par Valentin Paniagua, Alejandro Toledo (coalition de centre-droit « Perú Posible ») est élu président le 28 mai 2001. Entre 2001 et 2006, il parvient à redresser l’économie grâce à une gestion rigoureuse et orthodoxe (assainissement des finances publiques dégageant un excédent budgétaire, exportations multipliées par 2,5 ; croissance moyenne de 5%, appréciation favorable du risque-pays). Le niveau de pauvreté et le sous-emploi, bien qu’en recul, restent cependant élevés.
Alan García, qui avait déjà été Président entre 1985 et 1990 (son mandat se terminant par l’explosion de la violence terroriste et l’une des plus graves crises économiques jamais connues par ce pays), lui succède. Il conforte l’embellie économique, sans parvenir pour autant à se défaire d’une image d’excessive proximité avec certains milieux affairistes.

Les élections générales du 10 avril 2011 ont mobilisé près de 84 % des électeurs péruviens (le vote est obligatoire au Pérou), appelés à voter simultanément pour le premier tour des élections présidentielles, le renouvellement des 130 membres du Congrès et la désignation des représentants nationaux au Parlement andin. Les résultats des élections législatives ont donné 47 sièges à l’alliance nationaliste « Gana Perú » conduite par le candidat de la gauche, Ollanta Humala, devant le parti de Keiko Fujimori (« Fuerza 2011 », 38 sièges) et celui d’Alejandro Toledo (« Perú Posible », 21 sièges). Ils ont marqué l’effondrement des partis traditionnels, le plus ancien d’entre eux (1924), l’APRA (« Alianza Popular Revolucionaria Americana »), parti du Président sortant Alan García, n’obtenant que 4 sièges, alors qu’au centre-droit, l’« Alliance pour un grand changement » (« Alianza por el Gran Cambio ») et l’« Alliance Solidarité nationale » (« Alianza Solidaridad Nacional », centre-droit) obtenaient respectivement 12 et 8 sièges. Le 5 juin 2011, Ollanta Humala remportait, grâce à l’appui massif des zones rurales, le second tour de l’élection présidentielle, avec 51,5 % des voix, face à Keiko Fujimori, fille de l’ancien chef d’État Alberto Fujimori. M. Humala, « candidat anti-système », avait axé sa campagne sur un programme de réformes des institutions et de l’administration, de lutte contre la pauvreté et d’un renforcement du rôle de l’État dans l’économie et les investissements. Investi le 28 juillet 2011, il a cependant rassuré rapidement les milieux d’affaires et la communauté internationale en maintenant les grandes orientations libérales de la politique économique et les équilibres macro-économiques. Les premières mesures du Président Humala ont par ailleurs concrétisé quelques-unes de ses promesses sociales : augmentation du salaire minimal, retraite à 65 ans, construction de crèches, système de santé universel et bourses scolaires (l’effort financier en faveur du domaine de l’éducation s’est poursuivi tout au long du mandat) et relance de l’emploi grâce à de grands projets d’infrastructures. Dans le cadre de son objectif d’inclusion (création d’un ministère social ad hoc), M. Humala a également mis en place de nouveaux programmes en faveur des plus défavorisés (« Cuna Más », « Beca 18 », entre autres) ainsi que des programmes de développement productif et de promotion de l’emploi (Foncades, « Trabaja Perú »). M. Humala a fait adopter dès août 2011 la loi emblématique de consultation préalable des communautés autochtones (« comunidades indigenas »), qui visait à mieux encadrer les activités des industries extractives et à protéger les droits des communautés affectées par les projets menés. Il a également entrepris une réforme de la fiscalité des entreprises minières, pris des mesures pour la lutte contre la corruption dans la police et tenté une réforme de la Fonction publique (« Ley de servicio civil », création d’une Ecole Nationale de l’Administration Publique par décret du 29 juillet 2012).
Dans les mois précédant la fin de son mandat, la popularité du Président Humala, dont le gouvernement aura été marqué par une forte instabilité (7 Premiers ministres et une douzaine de remaniements ministériels entre 2011 et 2015), s’est fortement érodée (16% d’opinions favorables en décembre 2015, 19% en juin 2016). Les critiques, émanant de la droite comme de la gauche, ont notamment porté sur la lenteur des réformes engagées (« loi de service civil », mise en œuvre de la loi universitaire, réforme de la fonction publique, loi sur la consultation préalable des communautés autochtones est jugée partielle, lutte contre la corruption). En dépit des efforts menés en matière de politique environnementale par le ministre de l’environnement (et ancien président de la COP20), M. Manuel Pulgar-Vidal, le nombre de conflits socio-environnementaux (généralement élevé au Pérou) a augmenté au cours du mandat, comme l’ont illustré, entre avril et juillet 2015, les tensions sociales engendrées par le projet minier Tía María de la compagnie mexicaine Southern Copper dans la région d’Arequipa, au sud du pays (et, depuis 2012, le projet de mine d’or « Conga » dans la région de Cajamarca au nord du pays). En matière de lutte contre le narcotrafic, le gouvernement Humala, s’appuyant sur l’action de la Commission nationale pour le développement et la vie sans les drogues (DEVIDA), a concentré ses efforts sur les saisies et la réduction des surfaces dédiées à la culture de la coca mais il n’est pas parvenu à contrôler la principale zone de production, celle du VRAEM (Vallée des fleuves Apurímac, Ene et Mantaro), zone montagneuse et difficile d’accès de plusieurs milliers de kilomètres carrés à cheval sur les régions d’Ayacucho, Junín, Cuzco et Huancavelica (centre du pays).
L’élection présidentielle du 5 juin 2016 a porté à la magistrature suprême l’économiste Pedro Pablo Kuczynski.

Mise à jour : 28.07.16


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