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Présentation du Pérou

Présentation

Données générales

Source des données chiffrées : Ambassade de France au Pérou, Ministère de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, PNUD, revue The Economist, FMI, Banque mondiale.

Nom officiel : République du Pérou
Chef d’État : M. Ollanta Moisés Humala Tasso (depuis le 28 juillet 2011)

Données géographiques

Superficie : 1 285 220 km²
Population : 29,9 millions (30 % de moins de 15 ans ; 6 % de plus de 65 ans)
Capitale : Lima (8,2 millions d’habitants)
Villes principales : Piura (1,7 millions), La Libertad (1,6), Cajamarca (1,4), Puno (1,3), Cusco (1,2)
Langue officielle : espagnol. Le quechua, l’aymara et les langues amazoniennes sont également pratiqués.
Monnaie : Nouveau Sol péruvien (PEN) [1 € = 3,51 PEN au 13/2/2015]
Fête nationale : 28 juillet (indépendance, le 28 juillet 1821)

Données démographiques

Taux de croissance démographique : 1,1% par an
Espérance de vie : 74,6 ans ; mortalité infantile : 16 pour 1000
Taux d’alphabétisation (personnes âgées de plus de 15 ans) : 97 % (hommes), 91 % (femmes)
Religion (s) : catholiques (estimé à 85 %), évangéliques (estimé à 15 %).
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,734 (84ème rang sur 188)
Coefficient de GINI : 0,45

Données économiques

PIB 2015 : 209 Mds$ (est. Banque mondiale)
PIB brut par habitant : 7000 $
Taux de croissance (2015) : 3%, estimation de la Banque Mondiale (+2,4% en 2014)
Taux de chômage : 7,7% (mais emploi informel important)
Taux d’inflation 2014 : 3,2% (FMI)
Solde budgétaire 2014 : -2% (est. Banque Mondiale)
Dette publique 2014 : 19,5% du PIB (déc. 2013)
Balance commerciale 2015 : -3,7 Md$
IDE : 12,2 MdUSD

Principaux clients : Chine (17%), États-Unis (13,3%), Suisse (11,2%)
Principaux fournisseurs : États-Unis (18,7%), Chine (18,4%), Brésil (6,1%)

Exportations de la France vers le Pérou (2015) : 250 M€ (202 M€ en 2014)
Importations françaises du Pérou (2015) : 430 M€ (325 M€ en 2013)

Site du Service Economique de Lima : http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/perou/

Consulat de France : section consulaire de l’ambassade de France à Lima, consulats honoraires à Arequipa, Cuzco et Piura.
Communauté française au Pérou : 4100 inscrits (84 % à Lima).
Communauté péruvienne en France : estimée à 10 000 personnes

Politique intérieure

Institutions

  • Régime présidentiel (Constitution de 1993).
  • Pouvoir exécutif : Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Il ne peut pas prétendre à un deuxième mandat consécutif. Le Président nomme les membres du gouvernement.
  • Pouvoir législatif : Congrès monocaméral de 130 membres élus pour 5 ans au scrutin de liste à la proportionnelle. Le Congrès ne peut être dissout par le président de la République qu’une seule fois par mandat présidentiel.
  • Pouvoir judiciaire : Cour suprême (un président et 18 juges).

- Prochaines élections : élections régionales et municipales prévues en octobre 2018. Elections générales (présidentielle et législatives) prévues en avril 2021.

Partis politiques

  • Parti « Fuerza Popular » (anciennement « Fuerza 2011 ») – droite populaire –, présidé par Mme Keiko Fujimori (fille de l’ancien président Alberto Fujimori), majorité absolue au Congrès depuis les élections parlementaires d’avril 2016 (73 sièges sur 130).
  • Parti « Peruanos por el Kambio » – centre-droit – du Président Pedro Pablo Kuczynski (PPK) ; 18 sièges au Congrès.
  • Frente Amplio por Justicia, Vida y Libertad, coalition de gauche : dirigeante Verónika Mendoza (19% au 1er tour de l’élection présidentielle en avril 2016) ; 20 sièges au Congrès. Inclut le parti « Tierra y Libertad » dirigé par M. Marco Arana.
  • Parti « Alianza para el Progreso » – centre-droit – présidé par l’ancien maire de Trujillo et ancien gouverneur régional de La Libertad, M. César Acuña ; 9 sièges au Congrès ;
  • Parti Apriste péruvien (APRA : Alliance populaire révolutionnaire américaine), centre droit ; 5 sièges au Congrès (l’ex-président Alan Garcia, qui dirigeait ce parti, a annoncé sa retraite de la vie politique suite à sa défaite à l’élection présidentielle d’avril 2016).
  • Parti nationaliste péruvien (PNP) – centre-gauche – : ce parti qui avait permis l’élection de M. Ollanta Humala en 2011, n’a plus de représentation parlementaire depuis son retrait des listes de candidats aux élections générales d’avril et juin 2016 (sa présidente était Mme Nadine Heredia, épouse de l’ex-président Humala).

Situation politique

Pedro Pablo Kuczynski, dit PPK (« Peruanos por el Kambio ») a été élu le 5 juin 2016 Président de la République du Pérou à l’issue d’un scrutin particulièrement serré : 50,12% des suffrages contre 49,88%, soit 42 597 voix d’écart avec son adversaire Keiko Fujimori. Cette élection a été marquée par un fort taux d’abstention (20%), vu que le vote est obligatoire au Pérou.
M. Kuczynski (78 ans) a notamment été le ministre de l’Economie, puis le Premier ministre du Président Toledo (2001-2006). Aux élections présidentielles de 2011, il était arrivé en troisième position derrière Ollanta Humala et Keiko Fujimori (pour laquelle il avait appelé à voter au second tour).
PPK ne dispose que de 18 sièges au Congrès. Il devra composer avec le parti de Mme Fujimori, « Fuerza Popular », qui détient la majorité absolue avec 73 sièges sur 130.
Le président a annoncé la composition de son gouvernement le 21 juillet 2016, avant même son investiture. Il a choisi comme Premier ministre un économiste de 45 ans, Fernando Zavala, qui, comme lui, bénéficie d’une solide expérience à la fois dans le secteur privé et dans l’administration de l’Etat (il a notamment été ministre de l’Economie et des Finances en 2005-2006 lorsque M. Kuczynski était lui-même Premier ministre).
Le président a nommé un autre de ses proches comme ministre de l’Economie et des Finances, M. Alfredo Thorne, ancien cadre de la Banque mondiale, puis de JP Morgan Chase Bank.
Julio Velarde, Président de la Banque centrale péruvienne et Jaime Saavedra, ministre de l’Education, qui occupaient déjà ces fonctions sous le mandat de M. Humala, sont maintenus dans leurs fonctions.

Situation économique

Économie de taille moyenne avec un PIB d’environ 209 Md$ en 2015 (estimation Banque mondiale), le Pérou connaît l’un des plus forts développements de la région, même si cette croissance a sensiblement marqué le pas en 2014 (+2,4% du PIB) et 2015 (+3%), du fait de la baisse des prix des matières premières (minerais) sur le marché international, elle-même liée à la diminution de la demande chinoise (premier client du Pérou).

Si, en termes de PIB, le pays se situe dans le premier tiers des économies de la planète (50ème place), il n’occupe que la 85e place s’agissant de son PIB/habitant (de l’ordre de 7000 USD pour 30 M d’habitants). Le pays possède un IDH relativement élevé (0,734) mais il reste marqué par la pauvreté, même si celle-ci est en recul (de 58,7 % en 2004 à 22,7 % en 2014), par le poids de l’économie informelle (60 % de la population active) et par les disparités sociales, ethniques et géographiques. Trois zones économiques coexistent : une économie moderne située à Lima et Callao (plus d’1/3 du PIB), les villes de la côte qui ont bénéficié du boom de ces dernières années et une économie de subsistance dans les zones rurales de la Sierra et l’Amazonie (hors champs de gaz de CAMISEA).

Caractérisé par une situation macro-économique saine (endettement et déficit budgétaire limités, réserves budgétaires), le Pérou a fondé son expansion sur le secteur primaire (mines, pêche, agriculture), l’ouverture avec la multiplication des accords de libre-échange (14 accords en vigueur, notamment avec l’Union européenne et les Etats-Unis, l’Alliance du Pacifique avec le Chili, la Colombie et le Mexique) et une politique juridique et fiscale favorable aux investisseurs. Il est candidat à une adhésion à l’OCDE (échéance 2021).

Le pays se classe parmi les cinq premiers producteurs mondiaux d’argent, de cuivre, de zinc, d’étain, de plomb et d’or. Il bénéficie en outre du développement de la production de gaz du gisement de CAMISEA. Malgré des efforts de diversification, le pays est dépendant de la bonne santé du secteur minier (56% des exportations totales et 1/3 de l’impôt sur les revenus). Le défi de l’évolution vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée reste encore à relever dans un contexte de maintien des prix des matières premières à des niveaux élevés à moyen-long terme. L’activité touristique est devenue en 2012 le 2e secteur récepteur de devises, tandis que la vulnérabilité externe a été considérablement réduite, notamment grâce à l’accumulation de réserves de change (64,72 Mds USD en juin 2014, soit environ 15 mois d’importations).

Le pays connaît toutefois un faible niveau d’exécution des investissements publics et une décentralisation inachevée. Le pays se maintient dans le classement Compétitivité Globale 2013-14 du WEF à la 69e place sur 140, mais les carences du système éducatif (136e place) et du dispositif d’innovation (116e rang) constituent d’autres freins à la compétitivité du pays.

Le Pérou est devenu l’un des deux premiers producteurs mondiaux de cocaïne (avec la Colombie) et ces activités représentent 5,3 Mds USD selon l’ONUDC. Ces cinq dernières années, les autorités ont renforcé l’arsenal législatif en application des recommandations du GAFI (nouvelle loi sur le financement du terrorisme) et les moyens financiers et humains de l’UIF (Unité d’Investigation Financière).

Site du Service Economique

Politique extérieure

Le Pérou suit une diplomatie ouverte et pragmatique, tant au plan régional qu’au plan international. Au plan régional, il est l’un des quatre piliers, avec le Chili, la Colombie et le Mexique, de l’Alliance du Pacifique, zone de libre commerce lancée en avril 2011 avec un fort tropisme asiatique (volonté de rapprochement avec l’APEC). Le développement de cette organisation favorise en particulier la coopération entre Lima et Santiago du Chili, dont le contentieux maritime a été résolu, en janvier 2014, par une décision de la Cour Internationale de Justice (à laquelle les deux chefs d’Etat concernés se sont aussitôt rangés).

Au niveau multilatéral, le Pérou, qui a assuré la vice-présidence de l’AGNU lors de la 67e session en 2012-2013, s’implique sur plusieurs fronts. Lima a ainsi été chargée de l’organisation, en décembre 2014, de la vingtième édition de la Conférence des Parties (COP 20) sur les changements climatiques.

Dans le domaine du maintien de la paix, le Pérou participe activement à la MINUSTAH en Haïti. Autre enjeu sur lequel le Pérou est en première ligne : la lutte contre les stupéfiants. Désormais premier producteur de cocaïne dans le monde devant la Colombie (selon le rapport du Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime de septembre 2013), le Pérou, indépendamment de son approche nationale (adoption en 2011 d’une « Stratégie anti-drogue 2012-2016 »), veut promouvoir son rôle au plan international : il a signé le 10 mai 2012 l’accord de Paris sur la lutte contre le trafic transatlantique de stupéfiants ; quelques semaines plus tard, en juin, le président Humala a suscité une grande conférence internationale (69 pays représentés) consacrée à la lutte contre le trafic de drogue.

Au plan bilatéral, le même principe d’ouverture prévaut : les États-Unis et la Chine sont les deux principaux partenaires commerciaux du Pérou mais les échanges avec l’Union européenne (notamment Espagne, Allemagne, Grande-Bretagne, France) restent importants et connaissent un élan supplémentaire à la faveur de l’accord de libre-échange UE-Pérou appliqué depuis le 1er mars 2013. Le président Humala veut également renforcer les liens avec Israël et la Corée du Sud. Les relations avec le monde arabe ne sont pas non plus négligées : reconnaissance de l’indépendance de la Palestine en janvier 2011 ; organisation à Lima en octobre 2012 du 3e Sommet ASPA Amérique latine et Caraïbes / Pays arabes.

Le Pérou est membre du G 77 et du Mouvement des Non-Alignés.

Relations avec l’Union européenne

La nouvelle diplomatie péruvienne a œuvré activement au renforcement de ses relations avec l’Europe, où le Président Humala a effectué, début 2012, son premier déplacement officiel hors d’Amérique du Sud. Le Président Humala a par la suite tenu à marquer son engagement personnel en faveur de l’entrée en vigueur progressive de l’Accord multipartite de libre-échange UE-Pérou-Colombie, en se rendant à Bruxelles et Strasbourg en juin 2012. Les dispositions commerciales de l’ALE sont ainsi appliquées entre les deux partenaires depuis le 1er mars 2013 (application provisoire dans l’attente de la ratification par chacun des 28 États-membres de l’UE). L’ALE organise la suppression des droits de douane sur les produits industriels et de la pêche et réduit les autres obstacles au commerce, notamment en établissant des normes communes en matière de propriété intellectuelle, de transparence et de concurrence. Il comporte également des clauses politiques relatives au désarmement et à la non-prolifération des armes de destruction massive, ainsi qu’une clause suspensive sur les droits de l’Homme et la mise en œuvre des conventions internationales relatives aux droits du travail et à la protection de l’environnement. Enfin, il comprend en annexe un protocole de coopération culturelle.

Ce dix-septième accord signé par le Pérou vient s’ajouter aux accords commerciaux (régionaux et de libre-échange) déjà en vigueur et permet à près de 95 % du commerce extérieur péruvien de bénéficier d’un accès privilégié, et désormais pérenne, aux principaux marchés mondiaux.

La balance commerciale de l’UE avec le Pérou est structurellement déficitaire : les exportations péruviennes (produits agricoles, produits miniers et carburants) à destination de l’UE ont représenté 5 Md€ en 2014 (17 % du total des exportations péruviennes), avec toutefois une baisse de 6 % comparativement à 2013. L’Espagne (26 %), l’Allemagne (19 %), les Pays Bas (13 %) et l’Italie (11 %) sont les principaux marchés de destination. Les importations péruviennes (machines, matériels de transport et d’équipement) en provenance de l’UE se sont établies à 3,2 Md€, en baisse de 7% par rapport à 2013.

En termes de coopération bilatérale, le Pérou fait partie des pays ayant perdu le bénéfice d’une enveloppe nationale dans le règlement sur l’Instrument de coopération pour le développement (ICD) pour la période 2014-2020, suite à l’introduction du principe de différenciation visant à concentrer les ressources là où elles peuvent avoir le plus d’impact pour faire reculer la pauvreté. En tant que pays de la tranche supérieure des pays à revenus intermédiaires, il est en revanche éligible à l’Instrument de partenariat (IP), destiné à promouvoir les intérêts stratégiques de l’UE ainsi qu’à renforcer sa visibilité et ses échanges commerciaux. Le Pérou peut également bénéficier de tous les programmes mondiaux, comme le « Mécanisme d’appui aux politiques » ou le programme TAIEX d’assistance technique et échange d’information.

Au niveau régional, la coopération se poursuit dans le cadre des programmes régionaux et thématiques de l’ICD (2,5 milliards d’euros pour la région Amérique latine pour la période 2014-2020) à travers des programmes tels qu’Erasmus Mundus II, ALFA III (formation professionnelle), AL-INVEST IV (promotion de l’investissement), @LIS (société de l’information) ou URB-AL III (coordination des politiques urbaines). Le Pérou bénéficie en outre de la LAIF (Facilité d’investissement pour l’Amérique latine), lancée en mai 2010.

Le 14 mars 2016, l’Union européenne et la ministre péruvienne des Relations extérieures, en présence du Président Humala, ont signé un accord à Bruxelles pour exempter les ressortissants péruviens de visa de court séjour dans les vingt-six pays européens de l’espace Schengen, et inversement. Cette mesure est appliquée depuis le 15 mars 2016.

Site du service européen pour l’action extérieure sur les relations entre le Pérou et l’Union Européenne

Mise à jour : 28.07.16

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