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Présentation du Pérou

Présentation

Données générales

Site de l’ambassade de France au Pérou

Source des données chiffrées : Ambassade de France au Pérou, Ministère de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, PNUD, revue The Economist, FMI, Banque mondiale.

Nom officiel : République du Pérou
Chef d’État : M. Ollanta Humala Tasso (juin 2011)


Données géographiques

Superficie : 1 285 220 km²
Population : 29,9 millions (30 % de moins de 15 ans ; 6 % de plus de 65 ans)
Capitale : Lima (8,2 millions d’habitants)
Villes principales : Piura (1,7 millions), La Libertad (1,6), Cajamarca (1,4), Puno (1,3), Cusco (1,2)
Langue officielle : espagnol. Le quechua, l’aymara et les langues amazoniennes sont également pratiqués.
Monnaie : Nouveau Sol péruvien (PEN) [1 € = 3,79 PEN taux de chancellerie au 4/4/2014]
Fête nationale : 28 juillet (indépendance, le 28 juillet 1821)


Données démographiques

Taux de croissance démographique : 1,6 % par an
Espérance de vie : 71 ans ; mortalité infantile : 3 %
Taux d’alphabétisation : 91 % (hommes), 80 % (femmes)
Religion (s) : catholiques (88 %), évangéliques (8 à 10 %).
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,788 (79e rang sur 179)
Coefficient de GINI : 0,49


Données économiques

PIB 2013 : 206 Mds$
PIB brut par habitant : 7000 $
Taux de croissance (2013) : 5,3% (+6,8% en moyenne annuelle entre 2006 et 2013)
Taux de chômage : 7,7% (mais emploi informel important)
Taux d’inflation : 2,65%
Solde budgétaire : 1,8%
Dette publique : 19% du PIB
Balance commerciale : + 4,5 Mds $
IDE : 12,2 MdUSD

Principaux clients : Chine (17%), États-Unis (13,3%), Suisse (11,2%)
Principaux fournisseurs : États-Unis (18,7%), Chine (18,4%), Brésil (6,1%)

Exportations de la France vers le Pérou (2013) : 205 M€ (235 M€ en 2012)
Importations françaises du Pérou (2012) : 305 M€ (343 M€ en 2012)

Site du Service Economique de Lima : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Consulat de France : section consulaire de l’ambassade de France à Lima, consulats honoraires à Arequipa, Cuzco et Piura.
Communauté française au Pérou : 4100 inscrits (84 % à Lima).
Communauté péruvienne en France : estimée à 10 000 personnes


Politique intérieure

Institutions

  • Régime présidentiel (Constitution de 1993).
  • Pouvoir exécutif : Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Il ne peut pas constitutionnellement prétendre à un deuxième mandat consécutif. Le Président nomme les membres du gouvernement.
  • Pouvoir législatif : Congrès monocaméral de 130 membres élus pour 5 ans au scrutin de liste à la proportionnelle. Le Congrès ne peut être dissout par le président de la République qu’une seule fois par mandat présidentiel.
  • Pouvoir judiciaire : Cour suprême (un président et 18 juges).
  • Prochaines élections : élections générales (présidentielles et législatives) en 2016.


Partis politiques

  • Grande alliance nationaliste (Gana Perú) – gauche : Parti nationaliste péruvien (PNP) de M. Ollanta Humala, Parti communiste du Pérou, Parti socialiste et Parti socialiste révolutionnaire ;
  • Force sociale – gauche réformiste : parti de la maire de Lima (Susana Villaran)
  • Alliance Perú posible – centre : Perú posible (PP) de M. Alejandro Toledo et partis Action populaire et Somos Perú ;
  • Parti Apriste péruvien (APRA : Alliance populaire révolutionnaire américaine) – centre droit : parti de M. Alan García
  • Alliance pour le grand changement – centre droit : Parti populaire chrétien (PPC), Restauration nationale (églises évangéliques), Parti humaniste et Alliance pour le progrès ;
  • Alliance Solidarité nationale – droite : Solidarité nationale (SN) de M. Luis Castañeda, Union pour le Pérou, Toujours unis, Tous pour le Pérou et Changement 90.
  • Force 2011 : droite populaire / parti fujimoriste (APF), mené par Mme Keiko Fujimori (fille de l’ex-chef d’Etat).


Situation politique

Les élections générales du 10 avril 2011 ont mobilisé près de 84 % des électeurs péruviens, appelés à voter en même temps pour le premier tour des élections présidentielles le renouvellement du Congrès et pour leurs représentants nationaux au Parlement andin (le vote est obligatoire au Pérou).

À l’issue d’une campagne très disputée, les résultats des élections législatives ont donné 47 sièges à l’alliance nationaliste « Gana Pérou » conduite par le candidat de la gauche, Ollanta Humala, devant le parti de Keiko Fujimori (Fuerza 2011 : 38 sièges) et celui d’Alejandro Toledo (Perú posible, 21 sièges). Ils marquaient également l’effondrement des partis traditionnels, le plus ancien d’entre eux (1924), l’APRA (Alianza Popular Revolucionaria Americana), parti du Président sortant Alan García, n’obtenant que 4 sièges, alors qu’au centre-droit, l’« Alliance pour un grand changement » (Alianza por el Gran Cambio) et l’« Alliance solidarité nationale » (Alianza Solidaridad Nacional, centre-droit) obtenaient respectivement 12 et 8 sièges.

Le 5 juin 2011, Ollanta Humala remportait de justesse le deuxième tour de l’élection présidentielle, avec 51,5 % des voix, face à Keiko Fujimori, fille de l’ancien chef d’État Alberto Fujimori, actuellement en prison. L’appui massif des zones rurales a été déterminant pour la victoire de M. Humala, qui avait largement orienté sa campagne sur un programme de réformes des institutions et de l’administration, de lutte contre la pauvreté et d’un renforcement du rôle de l’État dans l’économie et les investissements.
Investi le 28 juillet 2011, il a calmé, en maintenant les grands équilibres macro-économiques, l’inquiétude des milieux d’affaires et de la communauté internationale qui craignaient la remise en cause de la politique économique libérale et de l’ouverture commerciale du pays.

Les premières mesures du Président Humala se sont inscrites dans la ligne de ses promesses de campagne : augmentation du salaire minimal, retraite à 65 ans, construction de crèches, système de santé universel et bourses scolaires, relance de l’emploi grâce à de grands projets d’infrastructures par ailleurs nécessaires, lutte contre le trafic de stupéfiants… Dans le cadre de son objectif d’inclusion sociale (création d’un ministère ad hoc), il a également mis en place de nouveaux programmes sociaux en faveur des plus défavorisés (Cuna Más, Beca 18 …) ainsi que des programmes de développement productif et de promotion de l’emploi (Foncades, Trabaja Perú).

Certains projets ont été réalisés rapidement : adoption dès les tout premiers mois de la loi sur les consultations préalables des communautés indigènes avant l’exploitation des ressources naturelles, réforme de la fiscalité des entreprises minières et adoption de lois sur la lutte contre la corruption dans la police.
Le Président Humala a également engagé une réforme de l’Etat en officialisant la création d’une Ecole Nationale de l’Administration Publique par décret du 29 juillet 2012.

Après deux ans de pouvoir, le Président Humala, dont le soutien parlementaire s’est effrité, recueille en mars 2014 un taux d’approbation de seulement 25% (contre 54% en février 2013). Dans l’intervalle, M. Humala a tenté, avec des résultats contrastés, plusieurs réformes : "loi de service civil" (qui amorce un code de la fonction publique où le mérite serait un critère déterminant) ; loi universitaire (introduction de normes dans l’enseignement supérieur) ; mise en œuvre de la loi sur la "consultation préalable" des communautés indigènes avant le lancement d’un projet d’investissement sur leur territoire (qui a d’emblée buté sur l’opposition de l’industrie minière).

Depuis son investiture en juillet 2011, le gouvernement Humala a été remanié à 9 reprises (6 changements de Chef de gouvernement), dont le 22 juillet 2014 avec le remplacement du Premier ministre M. René CORNEJO DIAZ, moins de 5 mois après sa nomination, par Mme Ana JARA et la désignation simultanée de M. Fredy OTÁROLA, ex-président du Congrès, au ministère du travail (poste précédemment occupé par Mme Jara).

Enfin, si la lutte contre le Sentier lumineux a connu un épisode décisif en février 2012 avec la capture de son dernier chef historique « Artemio », une guérilla résiduelle de quelques centaines d’hommes armés est encore active dans une région montagneuse de plusieurs milliers de kilomètres carrés, le VRAEM (Valle de los Rios Apurimac, Ene y Mantaro). Ce mouvement s’appuie notamment sur les producteurs de cocaïne qui ont multiplié les coups de main contre les forces de sécurité péruviennes.


Situation économique

Économie de taille moyenne avec un PIB atteignant 206 Mds USD en 2013 et un taux de croissance annuel moyen de +6,78 % entre 2006 et 2013 et estimé à +5,5 % pour 2014 par le FMI, le Pérou connaît l’un des plus forts développements de la région. Si en termes de PIB le pays se situe parmi le premier tiers des économies de la planète (50e place), il n’occupe que la 85e place s’agissant de son PIB/habitant (de l’ordre de 7000 USD pour 30 M d’habitants).

Le pays possède un IDH élevé mais reste marqué par la pauvreté, même si celle-ci est en recul (de 58,7 % en 2004 à 26 % en 2012), par le poids de l’économie informelle (60 % de la population active) et par les disparités sociales, ethniques et géographiques. Trois zones économiques coexistent : une économie moderne située à Lima et Callao (plus d’1/3 du PIB), les villes de la côte qui ont bénéficié du boom de ces dernières années et une économie de subsistance dans les zones rurales de la Sierra et l’Amazonie (hors champs de gaz de CAMISEA).

Caractérisé par une situation macro-économique solide, le Pérou a fondé son expansion sur le secteur primaire (mines, pêche, agriculture), l’ouverture commerciale avec la multiplication des accords de libre-échange (22 accords en vigueur ou en passe de l’être) et une politique juridique et fiscale favorable aux investisseurs. Il est candidat à une adhésion à l’OCDE.

Le pays se classe parmi les cinq premiers producteurs mondiaux d’argent, de cuivre, de zinc, d’étain, de plomb et d’or. Il bénéficie en outre du développement de la production de gaz du gisement de CAMISEA. Malgré des efforts de diversification, le pays est dépendant de la bonne santé du secteur minier (56% des exportations totales et 1/3 de l’impôt sur les revenus). Le défi de l’évolution vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée reste encore à relever dans un contexte de maintien des prix des matières premières à des niveaux élevés à moyen-long terme. L’activité touristique est devenue en 2012 le 2e secteur récepteur de devises, tandis que la vulnérabilité externe a été considérablement réduite, notamment grâce à l’accumulation de réserves de change (64,72 Mds USD en juin 2014), soit environ 15 mois d’importations.

Le pays connaît toutefois un faible niveau d’exécution des investissements publics et une décentralisation inachevée (manque de compétences humaines, réticences des régions pourtant bien pourvues financièrement). Les agents économiques se plaignent de l’indigence des infrastructures de transport, de celle des services d’assainissement et de la politique de prix appliquée à la distribution électrique. Le pays se maintient dans le classement Compétitivité Globale 2013-14 du WEF à la 61e place sur 148, mais les carences du système éducatif (134e place) et du dispositif d’innovation (122e rang) constituent d’autres freins à la compétitivité du pays.

Le Pérou est devenu le premier producteur de cocaïne et ces activités représentent 5,3 Mds USD selon l’ONUDC. Ces cinq dernières années, les autorités ont renforcé l’arsenal législatif en application des recommandations du GAFI (nouvelle loi sur le financement du terrorisme) et les moyens financiers et humains de l’UIF (unité d’investigation financière). Il doit faire l’objet d’un examen par ses pairs en 2014.

Le pays constitue, avec le Chili, la Colombie et le Mexique, l’Alliance du Pacifique depuis juin 2012. Il est membre fondateur de la CAN (Communauté Andine) et membre associé du Mercosur. S’il a signé un accord de complémentarité économique avec Cuba, le Pérou ne prend pas part aux initiatives bolivariennes (Banque du Sud, ALBA, Petrocaribe).

Site du Service Economique


Politique extérieure

Le Pérou suit une diplomatie ouverte et pragmatique, tant au plan régional qu’au plan international. Au plan régional, il est l’un des quatre piliers, avec le Chili, la Colombie et le Mexique, de l’Alliance du Pacifique, zone de libre commerce lancée en avril 2011 avec un fort tropisme asiatique (volonté de rapprochement avec l’APEC). Le développement de cette organisation favorise en particulier la coopération entre Lima et Santiago du Chili, dont le contentieux maritime a été résolu, en janvier 2014, par une décision de la Cour Internationale de Justice (à laquelle les deux chefs d’Etat concernés se sont aussitôt rangés).

Au niveau multilatéral, le Pérou, qui a assuré la vice-présidence de l’AGNU lors de la 67e session en 2012-2013, s’implique sur plusieurs fronts. Lima est ainsi responsable de l’organisation, en décembre 2014, de la vingtième édition de la Conférence des Parties (COP 20) sur les changements climatiques.

Dans le domaine du maintien de la paix, le Pérou participe activement à la MINUSTAH en Haïti. Autre enjeu sur lequel le Pérou est en première ligne : la lutte contre les stupéfiants. Désormais premier producteur de cocaïne dans le monde devant la Colombie (selon le rapport du Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime de septembre 2013), le Pérou, indépendamment de son approche nationale (adoption en 2011 d’une « Stratégie anti-drogue 2012-2016 »), veut promouvoir son rôle au plan international : il a signé le 10 mai 2012 l’accord de Paris sur la lutte contre le trafic transatlantique de stupéfiants ; quelques semaines plus tard, en juin, le président Humala a suscité une grande conférence internationale (69 pays représentés) consacrée à la lutte contre le trafic de drogue.

Au plan bilatéral, le même principe d’ouverture prévaut : la Chine et les États-Unis sont les deux principaux partenaires commerciaux du Pérou mais les échanges avec l’Union européenne (notamment Espagne, Allemagne, Grande-Bretagne, France) restent importants et devraient connaître un élan supplémentaire à la faveur de l’accord de libre-échange UE-Pérou entré en vigueur le 1er mars 2013. Le président Humala veut également renforcer les liens avec Israël et la Corée du Sud. Les relations avec le monde arabe ne sont pas non plus négligées : reconnaissance de l’indépendance de la Palestine en janvier 2011 ; organisation à Lima en octobre 2012 du 3e Sommet ASPA Amérique latine et Caraïbes / Pays arabes.

Le Pérou est membre du G 77 et du Mouvement des Non-Alignés.


Relations avec l’Union européenne

La nouvelle diplomatie péruvienne a œuvré activement au renforcement de ses relations avec l’Europe, où le Président Humala effectuait, début 2012, son premier déplacement officiel hors d’Amérique du Sud. Le Président Humala a par la suite tenu à marquer son engagement personnel en faveur de l’entrée en vigueur progressive de l’Accord multipartite de libre-échange UE-Pérou-Colombie, en se rendant à Bruxelles et Strasbourg en juin 2012. Les dispositions commerciales de l’ALE sont ainsi entrées en vigueur entre les deux partenaires le 1er mars 2013 (application provisoire dans l’attente de la ratification par chacun des 28 États-membres de l’UE).

L’ALE organise la suppression des droits de douane sur les produits industriels et de la pêche et réduit les autres obstacles au commerce, notamment en établissant des normes communes en matière de propriété intellectuelle, de transparence et de concurrence. Il comporte également des clauses politiques relatives au désarmement et à la non-prolifération des armes de destruction massive, ainsi qu’une clause suspensive sur les droits de l’Homme et la mise en œuvre des conventions internationales relatives aux droits du travail et à la protection de l’environnement. Enfin, il comprend en annexe un protocole de coopération culturelle.

Ce dix-septième accord signé par le Pérou vient s’ajouter aux accords commerciaux (régionaux et de libre-échange) déjà en vigueur et permet à près de 95 % du commerce extérieur péruvien de bénéficier d’un accès privilégié, et désormais pérenne, aux principaux marchés mondiaux.

En 2012, la balance commerciale de l’UE avec le Pérou a été déficitaire : les exportations péruviennes (produits agricoles, produits miniers et carburants) à destination de l’UE ont représenté 7,7 milliards de dollars en 2012 (17 % du total des exportations péruviennes), avec toutefois une baisse de 11 % comparativement à 2011. L’Allemagne (24 %), l’Espagne (24 %) et l’Italie (13 %) sont les principaux marchés de destination. Les importations péruviennes (machines, matériels de transport et d’équipement) en provenance de l’UE se sont établies à 5 Md USD mais elles sont en nette augmentation (+22 % par rapport à 2011 et +92 % sur 3 ans).

La coopération demeure un élément important des relations UE-Pérou. L’UE a alloué 135 millions d’euros au Pérou pour la période 2007-2013, consacrés en particulier à la modernisation de l’État, à la bonne gouvernance et à l’inclusion sociale. Le projet de règlement sur l’ICD pour la période 2014-2020 prévoit l’introduction d’un principe de différenciation, dans le but de concentrer les ressources là où elles peuvent avoir le plus d’impact pour faire reculer la pauvreté.

Site du service européen pour l’action extérieure sur les relations entre le Pérou et l’Union Européenne


Mise à jour : 30.07.14

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